La Transat Lorient-Les Bermudes-Lorient, appelée transat en double lors des premières éditions, est une course transatlantique à la voile et en double. Elle se distingue des autres courses transatlantiques par le fait que les concurrents doivent traverser l'océan Atlantique deux fois. Partant de Lorient et arrivant à Lorient, les marins sont contraints de passer par une bouée au large des Bermudes ou de l'île antillaise de Saint-Barthélemy selon les éditions. Cette transat, patronnée par Le Point, Neptune-Nautisme et Europe 1, ne connut que trois éditions en 1979, 1983 et 1989.

À la suite d'un changement de sponsor et de l'abandon du principe de la double traversée, ses organisateurs créèrent la transat Jacques Vabre, dont la première édition se déroula en 1993.

En 2017, le maire de Lorient annonce le retour de la course Lorient-Les Bermudes-Lorient en avril-, pour fêter la quarantième année de sa création. Les Ultims inscrits ayant subi des avaries importantes lors de la Route du Rhum-Destination Guadeloupe, entraînant des délais de réparation incompatibles avec le calendrier de la course, les organisateurs reportent alors la quatrième édition. Cette édition est annoncée pour 2023, puis finalement reportée en raison du faible nombre d'engagés.

Éditions Première édition : 1979

La première édition marque les débuts de la médiatisation de la voile en France. C'est la première fois dans une course au large que les bateaux embarquent une balise Argos« Lorient-Les Bermudes-Lorient. Renaissance en 2007 », sur letelegramme.fr, 16 juin 2006 (consulté le 13 mai 2023).. Les positions peuvent ainsi être transmises à la direction de course et au centre de presse. En revanche, elles ne sont pas communiquées aux concurrents« 40 ans plus tard, Riguidel et Pajot n’ont rien oublié du finish de 1979 », sur lorientlesbermudeslorient.com, 4 mai 2018 (consulté le 10 mai 2023)..

Départ

Vingt-huit monocoques et onze trimarans (dont trois à hydrofoils) vont prendre le départ. Parmi ces , celui qui suscite le plus la curiosité est le Paul Ricard d'Éric Tabarly et Marc Pajot, trimaran à hydrofoils mis à l'eau trois semaines plus tôt. Il n'est ni un hydroptère comme on le croyait (il n'a pas de foil à l'arrière), ni un trimaran classique (à bonne vitesse, le tout petit flotteur sous le vent ne repose pas sur l'eau)Didier Grégory, « Le trimaran sur hydrofoils d'Éric Tabarly », Voiles et Voiliers, mars 1979, 37.. VSD, deuxième du nom, le trimaran d'Eugène Riguidel et de Gilles Gahinet, est plus légerDominique Bourgeois, « La renaissance d´une première », sur courseaularge.com, 20 décembre 2005 (consulté le 14 mai 2023).. Il est lui aussi équipé de foils « Kersauson-Riguidel, 1978. Foils ou pas foils ? » sur mer-ocean.com, 5 février 2018 (consulté le 13 mai 2023)..

vignette|alt=Vue de la ville que borde la mer. À droite, entrée du port.|droite|redresse=1|Entrée du port de Saint George's, aux Bermudes.

Le parcours théorique est de . Partant de Lorient, les concurrents doivent enrouler une bouée mouillée à un mille du port de Saint George's, aux Bermudes, et revenir à Lorient. La période, le printemps, est celle d'une météo plutôt imprévisible en raison du renforcement de l'anticyclone des Açores sur l'Atlantique nordAudrey Chauvet, « L'anticyclone des Açores, le vrai coupable du mauvais temps en Europe », sur 20minutes.fr, 13 juillet 2012 (consulté le 14 mai 2023).. Le départ est donné le à .

Le , Paul Ricard est le premier aux Bermudes. VSD a beaucoup cassé : les foils, les carénages de bras, la bôme. À l'aube du , il arrive aux Bermudes. Il y fait, comme l'y autorise le règlement, une escale technique de pour réparer.

Remontée de VSD

Il repart en fin d'après-midi, toujours en cinquième position, avec et de retard sur Paul Ricard« K7, VSD (2), 3 », sur histoiredeshalfs.com, 2018 (consulté le 13 mai 2023)., qui n'a pas relâché. Les trois premiers suivent une même route, celle de l'orthodromie. VSD opte pour une route nord qui lui offre des vents plus soutenus. Dans la nuit du 16 au , il reprend à Paul Ricard. Le , il dépasse le , le monocoque de Kersauson et Dijkstra, puis le trimaran Télé de Birch et Vidal. VSD est , à de Paul Ricard. Le , Riguidel et Gahinet apprennent qu'ils ont dépassé le monocoque de Malinovsky et Lenormand. Ils sont . Le , ils reprennent une vingtaine de milles à Paul Ricard. Pilote automatique en panne, Riguidel et Gahinet barrent en permanence. N'ayant plus de liaison météo, ils se fient à leur baromètre : selon que la pression monte ou descend, ils s'écartent de l'anticyclone ou s'en rapprochent. Tabarly et Pajot ont eux aussi un pilote automatique en panne et doivent barrer. Paul Ricard a perdu dès le début son spi à tuyères et, au retour, son spi léger. Il lui reste le spi de brise, trop petit et trop lourd. Le , Paul Ricard augmente légèrement son avance. Il précède maintenant VSD de . Dans la nuit du 26 , Paul Ricard est dans une zone de calmes, tandis que VSD bénéficie d'un bon vent. , l'écart entre les deux bateaux de tête n'est plus que de .

Régate finale

Le , à l'approche de la chaussée de Sein, VSD va chercher un courant favorable à un demi-mille à l'ouest du phare d'Ar-Men. Il descend par vent du nord , sous spi médium. En baie d'Audierne, les deux bateaux naviguent à vue, Paul Ricard un peu plus près de la côte. À la pointe de Penmarc'h, VSD est en tête. Les deux bateaux lofent. Paul Ricard est sous spi lourd, VSD sous génois. Paul Ricard reprend l'avantage. Après la bouée de la Jument de Glénan, VSD lofe. Les deux trajectoires se croisent. C'est maintenant VSD qui est le plus près de la côte, au vent de Paul Ricard. En lofant, il va plus vite et dépasse celui-ci. Le vent est maintenant au nord-ouest. VSD veut envoyer son spi médium, qui reste coincé dans la chaussette. Paul Ricard en profite pour reprendre la tête.

vignette|alt=Au premier plan, rochers avec une toute petite jetée. En arrière-plan à gauche, le littoral du continent.|droite|redresse=1|La pointe du Courégant, devant laquelle s'est disputé le . À l'horizon, à droite, l'île de Groix.

À de l'arrivée, Paul Ricard, toujours sous spi lourd, voit que VSD est plus rapide et va le dépasser. Il lofe pour lui barrer le chemin, manœuvre autorisée. VSD, sous spi médium, est contraint de lofer à son tour. S'il y a abordage, il sera en tort pour refus de priorité, et sera pénalisé. Il prend le risque. Il tente le dépassement, en évitant de toucher. Les deux bateaux se dirigent bord à bord vers la côte, vers la pointe du Courégant. Mais VSD va plus vite. Il remonte peu à peu son rival. Lorsque sa barre dépasse le mât de Paul Ricard, Gahinet peut lancer le vieux cri de régate  qui oblige Paul Ricard à abattre. VSD double Paul Ricard, et lui vole son vent. Les deux bateaux se remettent vent arrière, l'allure où VSD est plus rapide. La course vient de se jouer. Après la pointe du Talud, VSD marque Paul Ricard en venant de placer entre celui-ci et la ligne d'arrivée.

Arrivée

Eugène Riguidel et Gilles Gahinet remportent la course avec et d'avance sur Éric Tabarly et Marc Pajot. Le est le trimaran Télé 7 Jours de Mike Birch et Jean-Marie Vidal.

L'année précédente, Mike Birch avait fait sensation en remportant la première Route du Rhum à la barre du petit trimaran Olympus Photo. La Transat en double 1979 confirme donc la domination des multicoques sur les monocoques. Le premier monocoque : il s'agit du rival malheureux de Birch dans la Route du Rhum, le de Michel Malinovsky. Fernande, le monocoque de Jean-Claude Parisis et Olivier de Rosny, .

Le , Bruno Bacilieri (qui s'est cassé un bras, quelques jours avant l'arrivée) et Marc Vallin, à bord de Serenissima (), , et remportent le trophée des monocoques de moins de .

Classe-ment Concurrents Bateau Pays Type Longueur Jourd'arrivée Heured'arrivée Temps1 Eugène Riguidelet Gilles GahinetVSDtrimaranà hydrofoils15,80 m 2 Éric Tabarlyet Marc PajotPaul Ricard Francetrimaranà hydrofoils16,50 m « J3, Paul Ricard, 14 », sur histoiredeshalfs.com, 2013 (consulté le 13 mai 2023).3 Mike Birchet Jean-Marie VidalTélé 7 Jourstrimaran16,15 m « E3, Quest, 77M », sur histoiredeshalfs.com, 2016 (consulté le 18 mai 2023).4 Michel Malinovskyet Pierre LenormandKriter V Francemonocoque21 m « Kriter V, 28 », sur histoiredeshalfs.com, septembre 2020 (consulté le 18 mai 2023).5 Jean-Claude Parisiset Olivier de RosnyFernande Francemonocoque21,10 m 6 Bruno Bacilieriet Marc VallinSerenissimamonocoque13,70 m7 Patrick Tabarlyet Philippe PouponPen Duick III Francemonocoque17,45 m8 Olivier de Kersausonet Gerard DijkstraKriter VI Francemonocoque16,40 m9 Patriceet Jean-Michel CarpentierAvi 3000 Francemonocoque14,60 m10 Florence Arthaudet Catherine HermannBiotherm Francemonocoque15 mTel est le classement de Biotherm donné par . Ce classement de Biotherm est confirmé par Neptune nautisme, « Florence Arthaud et Miss Dubonnet », juin 1980. Il est également confirmé par Florence Arthaud elle-même, dans Fiancée de l'Atlantique, Rueil-Malmaison, Pen Duick, 1981, 86 : 11 Alainet Denis GliksmanTimex Francemonocoque17,37 m12 Philippe Bougouinet Jacques SarasinLabonal Francemonocoque14,28 m13 Jean-Pierre Milletet Dominique MarsaudonCasavian Francemonocoque15 m

Deuxième édition : 1983 Le départ est donné le avec cinquante-cinq concurrents, principalement des multicoques. Cette édition voit la disparition de Didier Bestin, tombé à la mer à la suite de la rupture du stick de barre. : Jean-François Fountaine et Pierre Follenfant sur le catamaran Charente Maritime : Eugène Riguidel et Jean-François Le Ménec sur William Saurin : Patrick Morvan et Jean Le Cam sur Jet Services.

Troisième édition : 1989 Le départ est donné le et est disputée en deux étapes avec escale à Saint-Barthélemy. Sur les vingt-trois concurrents, treize sont des multicoques. Bottin entreprise d'Éric Tabarly et Jean Le Cam et Elf Aquitaine de Jean Maurel et Jean-Luc Nélias chavirent après avoir mené la course. : Bruno Peyron et Jacques Vincent sur Charal : Éric Loizeau et Yvon Berrehar sur Duel

Quatrième édition Annulée en 2019, la course Lorient-Les Bermudes-Lorient est annoncé pour et réservée aux maxi-trimarans Ultime et grands multicoques. En , les organisateurs annoncent le report en raison du faible nombre d'engagés.

Notes et références

Bibliographie . . .

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