Le caractère potentiellement sectaire de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours est sujet à controverses. Pour certains organismes de lutte contre les sectes (UNADFI en France, Redune en Espagne), l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours est un mouvement sectaire. Pour la Mission interministérielle de lutte contre les sectes (MILS) et la Miviludes, en revanche, celle-ci ne devrait pas être qualifiée de secte. L'Église n'est pas non plus reprise comme secte dans le rapport parlementaire français sur les sectes, ni par Jean Vernette, secrétaire national de l'épiscopat français pour l'étude des sectes et nouveaux mouvements religieux pour l'Église catholique de France, ni par Odon Vallet, spécialiste français des religionsLa Marche de l'Histoire, 9 janvier 2012, , ni par Georges Fenech, député, ex-président de la MiviludesJournal Le Ravi du 15 janvier 2013 : http://www.leravi.org/spip.php?article1422.
Définition d'une secte Une secte était à l'origine un ensemble de personnes qui se sont détachées de l'enseignement officiel d'une Église pour créer leur propre doctrine philosophique, religieuse, etc.
Il est devenu un terme polémique, qui désigne un groupe ou une organisation le plus souvent à connotation religieuse dont les croyances ou le comportement sont jugés obscurs ou malveillants par le reste de la société. Généralement les responsables de ces groupes sont accusés d'une part de brimer les libertés individuelles au sein du groupe ou de manipuler mentalement leurs disciples afin de s'approprier leurs biens, de les maintenir sous contrôle, etc. et d'autre part d'être une menace pour l'ordre social.
Pour dénoncer des activités éventuellement néfastes de certains groupes, l'expression dérive sectaire est devenue récemment la formule officielle de certaines structures gouvernementales comme la Miviludes.
Le terme de secte, ayant pris une connotation négative, est récusé par la plupart des groupes visés. Certains juristes et sociologues le jugent discriminatoire et inutilisable tant que le dysfonctionnement du groupe n'a pas été prouvé, c'est-à-dire tant qu'un drame n'est pas survenu et considèrent qu'il ne peut pas être utilisé de façon préventive.
France Point de vue des organismes de lutte contre les sectes L'UNADFI dénonce le mouvement comme secte en raison du rôle de la femme qu'elle juge subalterne et de l'enseignement religieux des enfants qu'elle qualifie d'endoctrinement. Le CCMM ne considère pas ce mouvement comme dangereux. La Mission interministérielle de lutte contre les sectes (MILS) a estimé que l'Église est « un groupe religieux qui ne pose pas de problèmes en France » et Miviludes déclare que les mormons ne constituent pas une secte.
UNADFI et ADFI Dans son périodique Bulles, l'UNADFI certifie être « régulièrement contactée par des familles ou des personnes confrontées à des situations conflictuelles et douloureuses du fait de l'appartenance d'un de leurs proches à ce mouvement », les reproches concernant les méthodes d'évangélisation, le détachement progressif du fidèle de son entourage, la place accordée aux femmes, le manque de liberté de pensée et l'enseignement des enfants que l'association considère comme un endoctrinement., et a publié en deux parties le témoignage critique d'une ex-membre... Par ailleurs, sur son site, l'association relaie les actualités liées aux mormons, une catégorie ayant été prévue pour répertorier les articles se rapportant à ce mouvement.. Catherine Picard, présidente de l'association, a déclaré au sujet de l'Église mormone : « Il s'agit d'un mouvement à déviance sectaire. C'est une communauté qui vit en vase clos, où la place de la femme est réduite à néant. L'enseignement religieux pour les enfants est tellement important qu'ils n'ont pas de temps à consacrer à autre chose. C'est un fonctionnement très limite »"Les Mormons s'offrent le tiers de Villepreux", Le Parisien, 9 mars 2006.
Certains représentants des antennes locales de l'UNADFI se sont exprimées sur les mormons, donnant parfois des avis différents : ADFI du Nord-Pas-de-Calais : Lors des travaux de la commission parlementaire de 2006 sur l'influence des sectes sur les mineurs, Charline Delporte, alors présidente de cette ADFI, a déclaré : « Je connais les mormons. L'ADFI a reçu des familles qui y avaient adhéré et se livraient à des agissements sectaires », ajoutant : « Une famille m'a annoncé qu'elle s'était retrouvée chez les mormons : ils avaient appâté le gamin avec des cours d'anglais gratuits et, peu à peu, on leur a proposé d'aller voir le culte et ils s'étaient laissés séduire ».. René Delporte estime que les cours d'anglais proposés par l'Église constitue une « technique de recrutement déguisé de nouveaux adeptes »Toutefois, certains ont pu expérimenter un accueil non prosélyte, dont Pierre-Valéry Archassal, généalogiste, spécialiste en paléographie et en nouvelles technologies en lien avec la généalogie, qui a écrit : « Les mormons forment une Église qui respecte l'autre et ne fait pas de prosélytisme outrancier. J'ai personnellement bénéficié de leur accueil au centre de consultation de Versailles dès la fin des années 1970. Jeune à l'époque, je n'ai jamais été incité à entrer dans l'Église ou à participer à quelque cérémonie que ce soit. Les responsables du pieu de Paris (l'équivalent d'un évêché) m'ont toujours accueilli sans jamais rien me demander en échange et surtout sans chercher à me convaincre. Je leur serai éternellement reconnaissant de ce respect qui force l'admiration à une époque où plusieurs communautés religieuses abusent de méthodes agressives. » (Pierre-Valéry Archassal, Généalogie d'aujourd'hui, Hachette, 2008)., et juge que « le risque est grand que la généalogieL'Église microfilme les registres de l'état civil et des registres paroissiaux aux États-Unis et en Europe, et les centralise à Salt Lake City. ne devienne un instrument majeur de prosélytisme des mormons ». Quant à Robert Limb, spécialiste des groupements « pseudo-protestants », il estime qu'il « est peu utile de vouloir classer cette Église dans les sectes ou les non-sectes » et que sa doctrine contient des « aberrations ». ADFI de Touraine : Marie-Françoise Bardet, sa présidente, explique pour sa part que chez les mormons, « le contrôle social est important, il y a beaucoup de suspicion mutuelle parmi les membres de l'Église, qui sont un peu en rupture avec l'extérieur ».. ADFI des Yvelines : Marie Drilhon, sa présidente et par ailleurs vice-présidente de l'UNADFI, souligne plusieurs problèmes en rapport avec l'Église mormone, notamment l'« atteinte à la liberté de penser », le « contrôle de la vie privée de ses membres », la difficulté à se poser des questions et à quitter le mouvement sans être culpabilisé., le prosélytisme, le baptême des morts., les « exigences financières très importantes » dont la dîme — son acquittement étant indispensable pour accéder au temple., et les « séquelles psychologiques » qu'elle génère chez les ex-membres.. ADFI de Midi-Pyrénées : Gérard Fodor, son président, affirme : « Toutes les ADFI de France ne sont pas d'accord sur le sujet. Tout dépend des dossiers auxquelles elles sont confrontées. En Midi-Pyrénées, ils ne nous préoccupent pas et nous ne les considérons pas comme un mouvement sectaire ».. ADFI de l'Hérault : Hervé Flachaire explique : « Dans leur fonctionnement et dans leur manière de vivre leur foi, je les assimilerais à certains protestants. Je ne crois pas que les mormons coupent leurs adhérents du reste du monde. En tous cas, dans la région, ils n’ont jamais fait parler d'eux »..
CCMM
À propos de cette Église, le Centre contre les manipulations mentales (CCMM) relève son « prosélytisme missionnaire constant », son mode de vie « rigoriste, très familial, peu ouvert aux non-mormons » et sa « considérable puissance médiatique, politique, universitaire, industrielle ». Cependant le CCMM considère que « débarrassée de principes inacceptables comme la polygamie, cette confession a évolué peu à peu en cult », c'est-à-dire en mouvement qui, « se débarrassant des aspects contestables de son idéologie et de ses pratiques, se transforme peu à peu en une confession socialement acceptable (dénommée alors religion) »..
MILS et Miviludes
En l'absence de plaintes de fidèles, la Mission interministérielle de lutte contre les sectes (MILS) a estimé en 2000 que l'Église est « un groupe religieux qui ne pose pas de problèmes en France ». Elle a en outre estimé, dans son rapport de 2001, « que (…), compte tenu de la définition du caractère sectaire d'une association par l'examen exclusif de son comportement au regard des droits de l'Homme et de l'ordre public (rapport au Premier ministre, ), (…) l'Église de Jésus-Christ des [Saints des] Derniers Jours ne devrai[t] pas être considéré[e] comme secte »..
À l'occasion de l'acquisition d'un terrain à Villepreux, comme la population s'était émue de ce projet, Jean-Michel Roulet, le président de la Miviludes, a fait une mise au point sur France 2, en déclarant que les mormons ne constituent pas une secte (il a parlé notamment de l'absence de pressions en cas de volonté de quitter l'Église)..
Dans son rapport de 2006, la Miviludes fait cependant état de sa préoccupation vis-à-vis de la société Calvin Thomas, spécialisée dans l'organisation de séjours linguistiques à l'étranger, « en raison de placement des enfants dans des familles d'obédience mormone. Le dossier de cette société, non agréée jeunesse et éducation populaire et non inscrite au registre du tourisme, fait l'objet d'une enquête »MILIVUDES, Rapport 2006, p.262.
Rapports parlementaires
L'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours est étudiée dans le rapport parlementaire de 1995, mais ne figure pas dans la liste des sectes établie par ce rapport où elle est citée parmi les mouvements spirituels dont le « rôle peut même être, parfois, considéré comme très positif »..
Le rapport parlementaire suivant, celui de 1999, relatif à la situation financière des mouvements supposés sectaires, ne mentionne pas du tout l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours..
Dans une question publiée au Journal Officiel en date du , à la page ., le député Éric Raoult (Union pour un Mouvement Populaire - Seine-Saint-Denis) a qualifié de « dérives sectaires » certaines des doctrines de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, en particulier celle ayant trait aux différences raciales qu'il a assimilées à du racisme, et s'est plaint de la possibilité qu'a le mouvement religieux d'utiliser les registres civils et paroissiaux. Il a qualifié l'Église de « pseudo-mouvement religieux », a affirmé que celui-ci est « parfois contesté dans les pays où il est présent et actif ». Néanmoins, ce point de vue ne reflète pas celui de l'ensemble de l'Assemblée Nationale, mais uniquement celui de ce député.
En 2009, l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours est devenue Association cultuelle, loi 1905 (JO du ).
Autres points de vue Selon Jean Vernette, spécialiste des sectes pour l'Église catholique de France : « Le terme de secte ne peut leur être appliqué. Les mormons ne sont pas violents ; ils n'exercent pas de pressions sur leurs membres, comme le font habituellement les sectes. Leur doctrine diffère de l'enseignement catholique. Ainsi, pour les mormons, Dieu le Père, Jésus-Christ et le Saint-Esprit sont trois entités différentes. Pour eux, la faute originelle n'existe pas. C'est pourquoi ils ne participent pas au dialogue œcuménique. »Pèlerin Magazine n° 6219 du 8 février 2002, p. 35
Selon Odon Vallet, spécialiste français des religions, les mormons ne sont pas une secteLa Marche de l'Histoire, 9 janvier 2012.
Selon Georges Fenech, député, ex-président de la Miviludes : « En France, le mormonisme n’est plus une secte depuis longtemps. Ils ne pratiquent plus la polygamie depuis le . »
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