Jean-Baptiste Drouet d'Erlon, né le à Reims et mort le à Paris, est un militaire français, simple soldat de la Révolution devenu général en 1799, fait comte d'Empire par Napoléon, gouverneur général en Algérie entre 1834 et 1835 et élevé à la dignité de maréchal de France en 1843.
Biographie Jean-Baptiste Drouet est issu d'une famille d'artisans : son grand-père et son père sont des charpentiers et lui-même est formé comme serrurier. Le il s'engage au régiment de Beaujolais, stationné à Lille, en tant que volontaire et se trouve libéré le Jean-Baptiste Drouet d'Erlon sur napoleon-monuments.eu. Il meurt le et est enterré dans le canton 10 du cimetière du Nord de Reims.
La Révolution et l'Empire vignette|centre|Le volontaire Drouet en 1792, médaille frappée à Reims.
En , il reprend du service en tant que volontaire, caporal, au bataillon des chasseurs de Reims et fait les campagnes de 1793, 1794, 1795 et 1796 aux armées du Nord de la Moselle et de Sambre-et-Meuse. Élu capitaine, le , il passe après l'amalgame à la demi-brigade légère de première formation avant de devenir le aide de camp du général Lefebvre avec lequel il participe aux sièges de Valenciennes et de Condé. Il est promu adjudant-général le . Il sert ensuite dans l’armée de Hanovre. Il est nommé général de brigade le , puis général de division le . Il commande une division du Corps du maréchal Bernadotte en 1805 et participe à la bataille d'Austerlitz. En 1806, il se distingue lors de la bataille d'Iéna et à la prise de Halle. Il est blessé à la bataille de Friedland, où il est chef d’état-major du corps d’armée du maréchal Lannes. Il reçoit le , le titre de grand officier de la Légion d'honneur.
En 1809, il joue un rôle décisif dans la soumission du Tyrol. De 1810 à 1814, il sert sous André Masséna en Espagne et au Portugal et y obtient de nombreux succès. Il commande un corps d'armée à la bataille de Vitoria. Il devient alors l’un des lieutenants du maréchal Soult. En 1814, il participe aux batailles de l’Adour, d’Orthez et de Toulouse. Il est fait comte d’Erlon sous l’Empire.
La Première Restauration et les Cent-Jours Sous la Première Restauration, il est nommé chevalier de Saint-Louis, grand cordon de la Légion d'honneur et commandant de la division militaire. Malgré cela, il est un des premiers à reconnaître Napoléon au retour de l'île d'Elbe. Il est arrêté le comme complice de Lefebvre-Desnouettes qui a formé le projet de rassembler toutes les forces se trouvant dans le Nord de la France pour tenter un coup de main sur Paris ; mais le rendent bientôt à la liberté et lui permettent de s'emparer de la citadelle de Lille.
Pendant les Cent-Jours, il est nommé pair de France et reçoit le commandement du de l'armée du Nord. Lors de la campagne de Belgique en 1815, il ne peut participer à aucune des deux batailles simultanées de Ligny et des Quatre-Bras, le , à cause d'ordres contradictoires de Napoléon et de Ney, sous le commandement duquel son corps a été placé par l'Empereur. Par conséquent, c'est lui qui est chargé de l'attaque principale à Waterloo le . Malgré la valeur dont il fait preuve, son intervention reste inutile :
L'exil et le retour en France (1815-1830) Après la capitulation de Paris, Drouet d'Erlon se rend avec son corps d'armée au-delà de la Loire. Il fait partie des personnalités soumises à arrestation immédiate par l'ordonnance du 24 juillet 1815 (article 1) : après que Jacques-Joseph Champollion l'ait caché quelque temps au domaine des Ombrages de Vif puis aidé à quitter le pays, il se réfugie en Prusse à Bayreuth. Il est condamné à mort par contumace en 1816. Par la suite, il établit une brasserie aux environs de Munich. Gracié par Charles X lors de son sacre, il rentre en France en 1825 et vit dans la retraite jusqu'à la révolution de 1830.
La Monarchie de Juillet vignette|gauche|Jean-Baptiste Drouet, comte d'Erlon, maréchal de France (1765-1844), Charles-Philippe Larivière, 1844.
Le , il est créé pair de France dans la fournée des trente-six pairs viagers, destinée à permettre l'adoption par la Chambre haute du projet de loi abolissant l'hérédité de la pairie.
L'échec en Algérie (1834-1835) En juillet 1834, il est nommé gouverneur général en AlgériePrécisément : « Gouverneur général des possessions françaises en Afrique du Nord » ; à l'époque, la France n'occupe encore que quelques villes : Alger, Oran, Bougie..., fonction qu'il est le premier à occuper (ses prédécesseurs étaient seulement commandants militaires des troupes françaises en Algérie). Il adopte quelques mesures utiles, crée les bureaux arabes et introduit le régime municipal. Il prend son poste alors que le général Desmichels, commandant à Oran, vient de conclure avec Abd el-Kader un traité (en partie secret) accordant de grands avantages à l'émir. En , Drouet d'Erlon remplace le général Desmichels par le général Trézel, qui mène une politique favorable aux tribus hostiles à Abd el-Kader, ce qui entraîne une reprise du conflit. Le général Trézel subit un échec grave lors de la bataille de la Macta (). En juillet 1835, il est relevé de ses fonctions par le gouverneur général, qui est cependant aussi sanctionné : le gouvernement décide de le remplacer par le général Clauzel, pour mener une politique plus énergique (il subira aussi un échec à Constantine en 1836).
Après l'Algérie vignette|Les obsèques de Drouet, parvis de la cathédrale, peinture de V. Darjou, Bibliothèque Carnegie (Reims).
Drouet d'Erlon, revenu en France, est nommé commandant de la division militaire de Nantes.
Par ordonnance royale du , il est élevé à la dignité de maréchal de France quelques mois avant sa mort. Il est inhumé au cimetière du Nord à Reims, comme il le souhaitait. Il bénéficie d'obsèques grandioses. Une armée de tapissiers vient de Paris décorer la cathédrale avec les tentures qui avaient servi quelques mois auparavant aux obsèques du fils de Louis-Philippe, à Notre-Dame de Paris.
Publications Drouet a écrit une autobiographie, intitulée Vie militaire, 1844. Les papiers personnels de Jean-Baptiste Drouet d'Erlon sont conservés aux Archives nationales sous la cote 28AP : inventaire du fonds 28AP.
Armoiries Figure Blasonnement Armes du comte d'Erlon et de l'Empire : Écartelé: au 1, d'argent chargé du canton des comtes militaires à cinq trèfles d'azur, rangés autour en orle ; au 2, de gueules, au lion d'argent; au 3, de gueules, au chevron d'argent, acc. de trois étoiles du même ; au 4, d'argent cantonné en pointe à senestre d'azur à cinq trèfles d'azur, rangés autour en orle.Classement hiérarchique des personnages présentés sur napoleon-monuments.eu Armes du comte Drouet d'Erlon, pair de France, maréchal de France et grand-croix de la Légion d'honneur
Hommages
Son nom est gravé sur l'arc de triomphe de l'Étoile : pilier Est, et .
La principale place piétonne de Reims, située face à la gare, porte son nom (place Drouet-d'Erlon). Sa statue, due au sculpteur Louis Rochet, située sur cette place à la hauteur de la rue de Châtivesle, a été inaugurée le . Pour ne pas nuire à la perspective de la nouvelle fontaine Subé, elle a été transférée le à l’angle des boulevards Victor-Hugo et Henry-Vasnier.
La rue d'Erlon à Nantes (ancienne « rue du Palais-de-Justice ») porte ce nom depuis 1856. Un camp créé par lui près de Boufarik conserve au le nom de camp d'Erlon.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
.
Liens externes
François Goulin : Jean-Baptiste Drouet , comte d'Erlon, un étonnant destin (1765 - 1844) Mausolée au Cimetière du Nord à Reims Buste au Cimetière du Nord à Reims Armoiries Portrait Généalogie
Catégorie:Naissance en juillet 1765 Catégorie:Naissance à Reims Catégorie:Général de la Révolution française promu en 1799 Catégorie:Comte de l'Empire Catégorie:Pair de France (Cent-Jours) Catégorie:Grand-croix de la Légion d'honneur Catégorie:Chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis Catégorie:Pair de France (monarchie de Juillet) Catégorie:Gouverneur de l'Algérie Catégorie:Maréchal de France de la monarchie de Juillet Catégorie:Nom gravé sur l'arc de triomphe de l'Étoile Catégorie:Général français de la monarchie de Juillet Catégorie:Personnalité militaire de la bataille de Waterloo Catégorie:Militaire français des guerres de la Révolution française Catégorie:Chef militaire français des guerres napoléoniennes Catégorie:Décès en janvier 1844 Catégorie:Décès dans l'ancien 1er arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 78 ans Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière du Nord (Reims)