vignette|350px| La censure d'Internet, appelée aussi cybercensure, désigne les limitations de l'information disponible par l'intermédiaire de ce réseau, pratiquée en général au niveau des États, parfois à l'encontre des droits de l'homme.
En effet, bien que la Déclaration universelle des droits de l'homme fasse de l'accès à l'information un droit indéniable (article 19Article 19 : Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.), certains États ou entreprises semblent, comme pour d'autres médias, vouloir réguler Internet. Dans certains cas, l'État limite la propagande et autres publications qui n'ont pas un but informatif mais politique ou personnel ; par exemple, les infox (fake news), en nette croissance, et limités en France par la Loi contre la manipulation de l'information, ou les incitations à la haine raciale tombant sous le coup du Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Dans d'autres cas, ce contrôle gouvernemental est en claire violation du droit à l'information et certaines associations, comme Reporters sans frontières, accusent ces États de censure. Entre 1999 et 2004, cette association s'est même fait l'écho d'une augmentation spectaculaire du filtrage d'Internet.
Techniques
Les technologies employées peuvent être le blocage IP par routeur ou la redirection DNS. Des gouvernements peuvent bloquer les contenus du Web qui leur déplaisent, tout en bénéficiant néanmoins de ce qu'ils considèrent comme les avantages d'Internet. En , le code d'erreur HTTP 451 est officialisé pour permettre aux sites web d'indiquer lorsque le contenu d'une page web a été censuré... Plusieurs États interdisent toutefois son utilisation, via une obligation de silence..
D'après RSF, des pays comme l'Ouzbékistan créent des miroirs modifiés. Ainsi, pour l'internaute, l'accès aux sites des dissidents politiques ne semble pas être bloqué. Les autorités ouzbèkes copieraient les sites controversés, puis les modifieraient afin de saper ou d'affaiblir les prises de positions interdites. Les internautes ouzbeks accédant à ces sites consultent alors des copies falsifiées. Ce type de manipulation sera peut-être décelée par un expert, mais elle est extrêmement difficile à détecter par l'internaute lambda.. D'autres informations dans l'article Filtrage d'Internet.
Dans le monde right|250px|thumb|Contrôle des données Internet par pays.
Dans le monde, la censure en ligne se fait de plus en plus fréquente., souvent à l'aide de techniques sophistiquées. Les motivations, buts, et effets de la censure d'Internet varient selon les pays. Les contenus contenant des images liées au nazisme ou à la négation de l'holocauste par exemple sont bloqués de différentes manières et à différents niveaux en France et en Allemagne. La pédopornographie et les discours de haine sont bloqués dans la plupart des pays dans le monde Access Denied: The Practice and Policy of Global Internet Filtering - Jonathan Zittrain et John Palfrey, MIT Press, 2008 .
En fait, de nombreux pays à travers le monde, dont certaines démocraties qui soutiennent fortement la liberté d'expression et la liberté de la presse, s'engagent à lutter contre certains contenus montrés sur Internet. La censure d'Internet en Chine est parmi les plus restrictives au monde, le gouvernement bloquant l'accès à de nombreux sites. dont des sites de partage ou des réseaux sociaux comme Facebook, Twitter et YouTube. ou des sites de discussion sur le dalaï-lama par exemple.
Rapports Des informations détaillées de la censure d'Internet pays par pays sont fournies par des organisations telles que OpenNet Initiative, Reporters sans frontières, Freedom House, ou le Département d'État des États-Unis..
Reporters sans frontières
En 2006, Reporters sans frontières (RSF) publie une liste dite d', ..
Ennemis d'Internet (au ..) :
Pays sous surveillance :
Prédateurs numériques de la liberté de la presse En 2020. RSF publie une liste de vingt organisations ou administrations qui compromettent le travail des journalistes. Parmi elles, six États sont accusés de cybercensure : la Chine, l'Égypte, l'Inde, l'Iran, la Russie et le Venezuela..
OpenNet Initiative Jusqu'en 2010, OpenNet Initiative a répertorié le filtrage Internet effectué par les gouvernements de plus d'une quarantaine de pays dans le monde.. Le degré de filtrage dans 26 pays en 2007, et dans 25 pays en 2009, a été classé en trois catégories : politique, sociale, et sécurité. Sur 41 pays classés, sept d'entre eux n'ont montré aucun signe de restriction dans aucune des trois catégories (l'Égypte, la France, l'Allemagne, l'Inde, l'Ukraine, le Royaume-Uni et les États-Unis) tandis qu'un, la Chine, effectuait des filtrages importants dans les trois catégories. Treize opéraient un filtrage important dans une ou plusieurs des catégories citées précédemment, et 34 étaient engagés dans le filtrage, à des niveaux différents, d'une ou plusieurs des catégories.
Principaux opérateurs de services Web La plupart des principaux opérateurs de services Web se réservent le droit de supprimer ou pré-filtrer le contenu publié au travers de leurs services, parfois sans donner une liste spécifique des conditions à respecter. Les opérateurs donnent parfois une liste générale vague des raisons pouvant entraîner un blocage. Les expressions « à notre entière discrétion », « sans préavis », et « pour d'autres raisons » sont communément utilisées dans les termes des contrats d'utilisation des services. Les moteurs de recherche retirent souvent de leurs résultats des sites dont le contenu est jugé indésirable : pédophilie, racisme, œuvres protégées par le droit d'auteur… le filtrage différant d'un pays à l'autre. Ainsi, les sites allemand et français de Google, contrairement au site américain, excluent un certain nombre de pages diffusant des idées d'extrême droite.. Plusieurs moteurs allemands ont signé en un « code de bonne conduite » proposé par l'association FSM (Freiwillige Selbstkontrolle Multimedia-Diensteanbieter), s'engageant ainsi à respecter une « liste noire » établie à partir de signalements faits par les internautes..
Monopole Au cours du premier semestre 2014, Google a dépensé 9,5 millions de dollars pour faire du lobbying, soit plus que presque toute autre entreprise. Selon , président du Electronic Privacy Information Center, Google finance un grand nombre de groupes de réflexion axés sur la politique d'Internet et des télécommunications. Cette stratégie a réduit au silence les critiques contre l'entreprise au cours des dernières années. D'après Barry Lynn de la , . Toujours selon Lynn, Google essaye de . À la suite d'une publication louant les sanctions de l'Union européenne contre Google, Barry Lynn a été licencié de la New America Foundation et sa publication a été temporairement supprimée en raison d'un « problème interne non intentionnel ». La New America Foundation est un think tank de Washington qui a reçu plus de 21 millions de dollars de Google. La New America Foundation est perçue comme une voix qui compte au sein de la gauche américaine.
En 2016, Eric Schmidt, ancien PDG de Google, dirige un conseil consultatif sur l'innovation au Pentagone.
Durant la campagne présidentielle américaine, après que Hillary Clinton ait présenté un « programme technologique » qui semblait conçu sur mesure pour faire plaisir à la Silicon Valley, Elizabeth Warren dénonce Google, Apple et Amazon qui, selon elle, utilisent leur taille pour « éliminer la concurrence ».
En , l'auteur et chercheur Jonathan Taplin s’inquiète dans le New York Time du danger que représentent les cinq plus grands groupes Internet américains. Il cite alors Louis Brandeis pour qui « dans une société démocratique, l'existence de grands centres de pouvoir privé est dangereuse pour la liberté du peuple ». Selon Taplin, les autorités américaines « devraient décider assez rapidement si Google, Facebook et Amazon sont des monopoles naturels qui doivent être réglementés, ou si nous autorisons le statu quo à continuer, en prétendant que ces monolithes ne causent pas de dégâts à notre vie privée et à la démocratie ». Dans un ouvrage publié également en 2017, il affirme que les cinq plus grandes entreprises du monde que sont Apple, Google, Microsoft, Amazon et Facebook abusent de leurs positions de monopole et utilisent le lobbying pour étouffer la concurrence. Il dénonce également l'augmentation de la concentration du pouvoir entre les mains de ces quelques géants. Toujours selon Taplin, Google, Facebook et Amazon bénéficient maintenant d'un pouvoir politique comparable sinon supérieur aux grandes entreprises pharmaceutiques ou pétrolières, ce qui rend encore plus difficile la recherche de solutions à ce problème. Certaines rumeurs laissaient en 2017 penser que Mark Zuckerberg pourrait pousser le mélange des genres jusqu'à être candidat en 2020 pour les élections présidentielles américaines pour le parti démocrate. En 2020, ces rumeurs se sont avérées inexactes.
En , le réseau social Gab.ai a intenté un procès contre Google qu'il accuse de violer les lois antitrust fédérales en ayant banni l'application du Google Play Store. À cette occasion, Andrew Torba, chef de la direction de Gab.ai, a déclaré « Google est la plus grande menace pour la libre circulation de l'information ». Google a déjà du payé une amende de 2,7 milliards de dollars de la Commission européenne pour violation des lois antitrust européennes en raison du fait que la société faisait injustement promouvoir ses propres services de comparaison d'achats au détriment de ses concurrents.
En plus de Gab, Google a déjà supprimé l'accès au Google Play Store à de nombreuses entreprises, parmi lesquelles Disconnect qui a porté plainte auprès de l'Union européenne, les applications AdBlock Plus en 2013 et AdBlock Fast en 2016 et d'une manière générale Google crée systématiquement des obstacles pour les utilisateurs Android pour télécharger d'autres magasins d'applications depuis Google Play.
Censure Lors de l'élection présidentielle française de 2017, Facebook a annoncé avoir supprimé plus de .
À la suite du rassemblement « Unite the Right » à Charlottesville en 2017, de nombreux opérateurs de services Web ont mis en place des mesures de suppression de contenu et bloqué l'accès à leurs services par des individus ciblés, des groupes d’individus et des entreprises. La liste suivante donne un aperçu et n’est pas exhaustive :
Airbnb, OkCupid et Facebook ont supprimé les comptes de certains des organisateurs de l'événement de Charlottesville, des comptes individuels et collectifs, ainsi que des organisations entières. Airbnb a notamment publié un communiqué disant que « la violence, le racisme et la haine démontrés par les néonazis, les suprématistes alt-right et blancs ne devraient pas avoir de place dans ce monde ». Après le rassemblement, Google retire l’application Gab de Google Play. Twitter a suspendu un nombre inconnu d'utilisateurs, y compris des comptes populaires associés au forum de discussion 4chan ouvertement fascistes ou politiquement incorrect. PayPal a coupé les fonds de l'organisation du nationaliste blanc Richard Spencer, qui a ensuite perdu son hôte Web, Squarespace. Spotify a même supprimé la musique « suprémaciste blanche » de sa bibliothèque..