En hockey sur glace, les combats entre deux joueurs ou plus sont monnaie courante dans certaines ligues, particulièrement en Amérique du Nord. Certains joueurs, les « policiers »., sont spécialisés dans les combats et interviennent dans les moments cruciaux pour une équipe afin d'essayer de faire basculer le match.. Leur intervention peut également survenir afin de protéger la vedette de l'équipe. Ces joueurs spéciaux de l'équipe ont souvent un temps de jeu limité, compensant une technique moindre par leur impact physique sur l'adversaire.
Même si les combats au hockey sont de moins en moins courants, et que certains considèrent ce comportement brutal comme un frein à la promotion de ce sport et un comportement inadapté., un combat entre deux joueurs reste pour certains partisans un moment attendu lors d'un match et bien souvent les médias s'en font l'écho..
Historique + Combats dans la LNH Données de http://www.hockeyfights.com/. Saison 2015-2016 344 2014-2015 391 2013-2014 469 2012-2013Saison écourtée par un lock-out. 347 2011-2012 546 2010-2011 645 2009-2010 714 2008-2009 734 2007–2008 664 2006–2007 497 2005–2006 466 2003–2004 789
Historiquement, le hockey a toujours été lié à des combats entre joueurs, même au Canada du début du Bernstein, « », 3., le Canada étant la base du développement du jeu moderne Article sur le décès d'un joueur en 1907, Owen McCourt, à la suite d'un coup de crosse, article sur www.collectionscanada.ca.. Une des raisons est qu'à l'époque, les règles du hockey n'étant pas réellement définies, certains abus pouvaient être commis et il n'était pas rare de voir un joueur d'une équipe en intimider un autre et Hockey : La fierté d'un peuple, DVD, 2007..
En 1918, la Ligue nationale de hockey introduit une nouvelle règle : la ligne bleue. Cette ligne va permettre aux joueurs de faire des passes vers l'avant — auparavant, ils jouaient sur des règles similaires à celles du rugby avec l'interdiction de la passe en avant. Cependant, ces passes sont alors uniquement autorisées dans la zone neutre (entre les deux lignes bleues) et dans toutes les zones de la patinoire, celui qui possédait le palet (ou rondelle) était sans interruption soumis à la pression physique adverse. Ainsi, un nouveau rôle non officiel de joueur fait rapidement ses débuts, le « policier », avec pour mission de protéger la vedette de son équipe qui manie le paletBernstein, « », ..
En 1922, la LNH introduit une nouvelle règle dans son règlement Les Règles de la LNH, nhl.com., la règle 56 qui autorise officiellement les combats entre joueurs. La LNH parle alors de « ». Alors qu'à l'époque, lors des matchs de hockey universitaire ou même dans les circuits amateurs, les combattants sont tous deux exclus directement du match, la LNH introduit la notion d'acceptabilité en infligeant cinq minutes de pénalités aux belligérants. Cette règle 56 fera par la suite son chemin au sein des ligues mineures Règlement de la Ligue américaine de hockey, paragraphe 47 page 92, règlement disponible sur http://theahl.com.. Certains commencent déjà à mettre en avant les combats du hockey pour promouvoir le sport : c'est le cas par exemple de Tex Rickard, du Madison Square Garden, promoteur de hockey mais également de boxe qui, voyant là une aubaine, va faire enfler les affaires entre différents policiers de franchises dites rivalesBernsetin, « », ..
Cette fameuse règle 56 est maintenant reprise dans le livre de règles de la LNH sous le numéro 46 et le terme désuet de « » est désormais absent. Les arbitres ont également beaucoup de latitude pour donner des pénalités plus hautes que les cinq minutes classiques du passé.
Même si entre les années 1920 et les années 1960, les combats dans la LNH étaient beaucoup moins nombreux qu'aujourd'hui, ils étaient tout de même bien souvent beaucoup plus violents, voire dangereux pour une équipe. Les policiers étaient alors rares et souvent les joueurs vedettes n'avaient pas d'autre choix que de se défendre eux-mêmes : avec seulement six franchises dans la LNH, les places des joueurs au sein des effectifs étaient assez rudes à obtenir et les joueurs avec moins de technique que d'agressivité ne parvenaient pas à se faire leur place.
En 1967, la LNH décide de doubler le nombre de franchises. Elle organise une sélection spéciale de joueurs pour les équipes ainsi créées et un nombre important de policiers va pouvoir évoluer dans la LNHAvec l'augmentation du nombre de franchises, le nombre de joueurs potentiels de la LNH va également augmenter créant une demande en joueurs. Ainsi, certains joueurs qui n'auraient pas eu leur place au sein d'un effectif se retrouvent convoités par plusieurs équipes.. Au cours des années 1980, le nombre de combats est supérieur à un par match et de nombreuses franchises vont recruter des policiers pour protéger leurs joueurs vedettesBernsetin, « », . : c’est ainsi le cas de Dave Semenko Biographie de Semenko sur http://www.oilersheritage.com/. et de Marty McSorley Biographie de McSorley sur http://www.oilersheritage.com. pour Wayne Gretzky, ou encore de Stu Grimson protecteur de Paul Kariya des Mighty Ducks d'Anaheim Biographie de Grimson sur http://www.hockeygoon.com/..
Malgré tout, depuis les années 1970, trois règles de la LNH ont contribué à diminuer le nombre de combats lors d’un match : la première intervient en 1977 et introduit la notion du « troisième homme » — en anglais . Cette règle met en avant que tout joueur venant se mêler à un combat déjà en cours est automatiquement exclu du match et vient en réponse à la tendance qu’avaient les équipes à se lancer entièrement sur la glace pour se battre lors du déclenchement d’un combat ; une autre règle, visant la même pratique, vient interdire à un joueur dont la ligne n’est pas sur la glace de rentrer sur la glace lors d’un combat sous peine d’encourir une suspension ; la dernière règle a été introduite au début de la saison 2006-2007 et prévoit de donner deux minutes supplémentaires au joueur ayant démarré le combat – la règle porte le nom d’« ».
Règles et punitions thumb|alt=Photo d'arbitres s'interposant entre plusieurs joueurs.|Les arbitres tentent d'empêcher une bagarre entre Ottawa et Tampa Bay dans la LNH en 2006.
Le combat est une pratique illégale aussi bien dans la Ligue nationale de hockey que dans les ligues juniors d’Amérique du Nord ou même dans n’importe quelle ligue professionnelle mineure nord-américaine. Mais la différence principale entre ces ligues et d'autres ligues — comme les ligues européennes par exemple — ou même d'autres sports, réside dans le fait que les arbitres n'excluent pas du match un joueur ayant participé à un combat Règlement de la Fédération internationale sur http://www.iihf.com..
C’est tout de même le cas dans les ligues des plus jeunes, dans le championnat universitaire mais également dans les championnats Élites européens, dans les compétitions des Jeux olympiques d'hiver. Enfin, dans le hockey sur glace féminin, quel que soit le niveau, les combattantes sont exclues du match.
Le livre de règles de la LNH précise tout de même que pour qu’un combat se passe entre joueurs, certains points doivent être respectés. Le premier point étant que les deux joueurs doivent jeter leur crosse afin de ne pas s’en servir comme armes. Ils doivent également jeter leurs gants afin de se battre à mains nues. C’est une manière détournée de jeter le gant sur l’adversaire mais s'explique également par souci de sécurité pour les joueurs. Les gants de hockey étant renforcés de cuir et de parties plastiques, les dommages sur les combattants ne pourraient être que pires. La dernière règle est que les joueurs doivent écouter les consignes de l’arbitre quand celui-ci indique qu’un combat est fini. En cas de manquement à un de ces points, les joueurs sont susceptibles d’être punis d’une exclusion de match avec de possibles suspensions ultérieures.
Dans une majorité de ligues, les arbitres tolèrent une bagarre entre deux joueurs tant que ceux-ci tiennent sur leurs patins. Une fois un genou posé sur la glace, les arbitres vont se précipiter pour séparer les adversaires. À l’inverse, les arbitres essaient le plus souvent d’éviter d’avoir un combat entre plus de deux personnes ou même d’avoir plusieurs combats entre deux joueurs en même temps.
Les ligues nord-américaines thumb|alt=Photo de George Parros dans le maillot des Ducks d'Anaheim.|George Parros des Ducks d'Anaheim dans la LNH, le joueur s'étant le plus battu en 2006-2007 Liste des plus gros combattants de la LNH en 2006-07 sur http://www.hockeyfights.com/..
Que ce soit dans la LNH, dans la Ligue américaine de hockey, dans l’ECHL, dans la Ligue centrale de hockey, dans la Ligue internationale de hockey, ou dans une autre ligue mineure, les officiels ont pour consigne de punir de cinq minutes de pénalités les joueurs coupables — la phrase de rigueur étant « ». thumb|alt=Photo de Georges Laraque et Zdeno Chara poings levés, prêts à se battre, sous les regards du public et d'un arbitre.|left|Georges Laraque et Zdeno Chára jettent les gants pour une bagarre en . Plusieurs cas de pénalités supérieures peuvent malgré tout se présenter : si le joueur veut venir sur la glace de la patinoire alors que sa ligne ne jouait pas ou si un joueur utilise une arme de n’importe quel genre – un patin de hockey par exemple, le joueur pourra être directement exclu du match. L’entraîneur ayant laissé un joueur de son banc se présenter sur la glace lors d’un combat encourt une suspension de banc allant jusqu’à dix matchs.
Enfin, un joueur qui reçoit deux fois deux minutes en tant qu’instigateur du combat ou participe à trois combats est immédiatement exclu du match et son équipe jouera en infériorité numérique pendant cinq minutes. Les joueurs exclus sont également sanctionnés financièrement par la ligue.
Depuis 2003, dans l’ECHL, l’instigateur d’un combat lors des cinq dernières minutes d’un match ou au cours des prolongations est immédiatement exclu du match, peine assortie d’une amende et d’une suspension d’un match Règlement de l'ECHL, page 92 chapitre 47.11, règlement disponible sur http://www.echl.com/.. À la suite des bons résultats de cette règle, la LNH et la LAH l’ont adopté en 2005-06 et la LNH a même été jusqu’à mettre en place une amende pour l’entraîneur du joueur instigateur du combat.
Autres championnats
Dans le championnat universitaire (NCAA), les combats sont rares en raison du règlement sévère. En effet, les combattants sont exclus du match et se voient punis d'un ou plusieurs matchs de suspension Point a du règlement de l'ECHL, page 68. Règlement disponible sur https://www.ncaa.org/.. La particularité vient du nombre de matchs de suspension : si le joueur impliqué a déjà été exclu lors d’un match de la même saison pour un combat, il sera d’autant plus suspendu. À la première exclusion, il rate un match, à la seconde deux et ainsi de suite Section du règlement de l'ECHL, page 43. Règlement disponible sur https://www.ncaa.org/..
En ce qui concerne les compétitions européennes et les Jeux Olympiques, ces compétitions sont régies par la Fédération internationale de hockey sur glace qui spécifie au paragraphe 528, les sanctions suivantes : pénalité de mauvaise conduite (10 minutes) — pour un joueur qui retire intentionnellement ses gants dans le but de se battre ; pénalité de match — pour un joueur qui participe à un combat ; pénalité mineure (2 minutes) — pour un joueur qui a reçu un coup et se venge (ou tente de se venger) ; pénalité de mauvaise conduite avec exclusion du matchLa différence entre pénalité de match et pénalité de mauvaise conduite avec exclusion du match résulte dans les conséquences immédiates. Dans le cas d'une pénalité de match, un autre joueur doit servir la pénalité pendant cinq minutes. — pour un joueur (de champ ou gardien de but) qui a rejoint un combat déjà en cours ;