Le quai de l'Horloge est une voie située sur l’île de la Cité, dans le de Paris.

Situation et accès Il longe le grand bras de la Seine, séparant cette île de la rive droite de la capitale.

Origine du nom

Il doit son nom au voisinage de l'horloge ornant la tour de l'Horloge du palais de la Cité, qui fait partie du palais de justice de Paris (son cadran n'est cependant pas installé sur la face de la tour bordant le quai, mais sur celle bordant le boulevard du Palais).

Historique

Jusqu'à la fin du , l'île de la Cité s'arrêtait au bout du palais de la Cité. Plus au nord, se trouvait trois îlots alluvionnaires à fleur d'eau : l'îlot du Passeur-aux-Vaches (ou « île aux Bœufs »), l'île à la Gourdaine (appelée aussi « île du Patriarche ») et l'île aux Juifs. Entre la Seine et les murs qui entouraient le palais et son jardin, se trouvait un terrain en pente.

En 1578, il est décidé de construire un nouveau franchissement sur la Seine, le Pont-Neuf. Les trois îlots sont alors rattachés à l'île de la Cité. Pour cela, la construction du quai des Orfèvres et du quai de l'Horloge commence en 1580.

Les travaux sont terminés en 1611. Il est cité sous le nom de « rue du quay de l'isle du Pallais, du costé de la Megisserye » dans un manuscrit de 1636. Il porta les noms de « Grand-Cours-d'Eau », « des Morfondus », puis « du Nord » sous la Révolution de 1789, ..

En 1702, le quai, qui fait partie du quartier de la Cité, possède 46 maisons et 14 lanternesJean de la Caille, Description de la ville et des fauxbourgs de Paris en vingt planches, Paris, 1714 (en ligne) sur le site gallica.bnf.fr de la BnF.

Le peintre François Marot (1666-1719) était installé quai de l'Horloge, à l'enseigne du « Mouton », quand il fut reçu, en 1702, à l'académie royale de peintureAugustin Jal: Dictionnaire critique de biographie et d’histoire : errata et supplément pour tous les dictionnaires historiques, Henri Plon, Paris, 1867, (lire en ligne).

Durant les Trois Glorieuses, la voie fut le théâtre d'affrontement entre les insurgés et la troupe.

Le 30 mars 1918, durant la Première Guerre mondiale, un obus lancé par la Grosse Bertha explose quai de l'Horloge, devant le pont d'Arcole Excelsior du 9 janvier 1919 : Carte et liste officielles des obus lancés par le canon monstre et numérotés suivant leur ordre et leur date de chute. Le , un autre obus tombe au .

Bâtiments remarquables, et lieux de mémoire thumb|left|Bâtiments de la Conciergerie et de la Cour de cassation. Le quai est bordé en son début, c'est-à-dire la section la plus au sud-est débutant à la tour de l'Horloge au coin du boulevard du Palais, par les plus anciens bâtiments du palais de la Cité, baptisé « Conciergerie », qui renferme notamment des salles gothiques, à savoir la salle des gens d’armes, la rue de Paris, la salle des gardes et les cuisines. Le long du bâtiment, subsistent d’anciens réverbères à gaz d’éclairage, fonctionnant aujourd’hui à l’électricité. Ils sont dotés d’une barre métallique horizontale qui servait d’appui à l’échelle des allumeurs lors de l’entretien, page 32..

: la Cour de cassation. Autre élément du vaste ensemble constituant le Palais de Justice, son bâtiment s'élève dans le prolongement de la Conciergerie, là où se trouvent avant le Second Empire des petites maisons privées et des échoppes. Sa longue construction est entreprise en 1861 par l'architecte Louis Lenormand, facilitée par un nouveau tracé du quai de l'Horloge. À sa mort, son successeur Joseph-Louis Duc la poursuit dès 1862, respectant le projet initial tout en y apportant de multiples modifications, et il personnalise encore plus son œuvre après l'incendie causé par la Commune en 1871, quand certaines parties doivent alors être reconstruites. Les travaux se poursuivent encore après 1879 avec son successeur Ernest-Georges Coquart et sont enfin achevés par Paul Blondel. L'inauguration a lieu le .Entre la Cour de cassation et le du quai de l'Horloge s'embranche la rue de Harlay (ouverte vers 1607).

, 21 et 23 (anciens , 61 et 63) : immeubles datant d'avant 1800, rénovés, réaménagés et réunis dans les années 1990, formant un ensemble baptisé « Hôtel de Harlay » et accueillant la Maison du barreau de Paris. : Louis-Vincent Chevalier (1743-1800), ingénieur-opticien, fonda ici sa maison. Son fils Vincent Chevalier (1770-1841) lui succéda. L'adresse de l'établissement de celui-ci est lancien numéro 69, quai de l'Horloge (devenu l'actuel ). Charles Chevalier (1804-1859), fils de Vincent, y travailla avec son père de 1820 à 1830 avant de s'établir en 1831 à son compte au Palais-Royal. En 1859, Arthur Chevalier (1830-1874) reprendra la direction de la maison de l’île de la CitéLaurent Gloaguen, « Henri IV et la Seine, c. 1840 » sur le site vergue.com, consulté le .. : Marcelle Lesage y dirige la librairie « À la Folie du Sage » de 1926 à 1927. (ancien ; ayant aussi pour adresse l'actuel ) : immeuble appartenant à la famille de Polignac lorsqu’en 1775, juste après son mariage, Abraham-Louis Breguet (1747-1823) s’y installe et fonde la maison d’horlogerie BreguetFrançois Breguet, Claude Breguet, « Une industrie parisienne : la maison Breguet de 1775 à 1914 », In : Annuaire 1962 de la Société historique du 14e arrondissement de Paris, Paris, .. Près de cent ans plus tard, en 1872, des ateliers plus adaptés sont inaugurés au 81, boulevard du Montparnasse (), mais la maison maintient son siège sur le quai de l'Horloge. (ancien ; ayant aussi pour actuelles adresses les numéros 13, place du Pont-Neuf, 28, rue Henri-Robert et 28, place Dauphine) : maison (1630) bénéficiant d'une triple exposition avec du côté du couchant une vue imprenable sur le terre-plein du Pont-Neuf où se dresse la statue équestre d'Henri IV, sur le square du Vert-Galant et, au-delà, sur le cours de la Seine vers l'aval avec les ponts et les édifices prestigieux qui bordent le fleuve ; Madame Roland (1754-1793), salonnière et personnalité politique de la Révolution y est née. : ici se trouvait l'ancien atelier de Jean Lerebourg , ingénieur-opticien, qui travaille à cet endroit sur la conception de lentilles achromatiques pour microscopes et commercialise chambre obscure et chambre claire entre 1821 et 1831 avec son fils, Charles ChevalierCollectif, Bazar parisien ou Annuaire raisonné des premiers artistes et fabricans de Paris, à Paris, 1821, au bureau du Bazar parisien, rue des Quatre-Fils, 16, ..

Notes et références

Pour approfondir Bibliographie .

Articles connexes Liste des voies du de Paris

Liens externes

Carte interactive des voies de Paris sur le site de la direction de l'urbanisme de la Ville de Paris

Catégorie:Quai dans le 1er arrondissement de Paris Catégorie:Voie de l'île de la Cité Catégorie:Voie citée dans rues de Paris en 1636