vignette|Drapeaux de prières au Tibet. vignette|Drapeaux de prières vus de près.
Les drapeaux de prières ou drapeaux à prièresCette formulation se rencontre également, et sous la plume d'auteurs comme Émile Durkheim, Françoise Pommaret, Patrick Weber, Gilles van Grasdorff, Michel Peissel. sont de petites pièces de tissu rectangulaires colorées et imprimées, suspendues au passage des cols, au sommet des montagnes, au croisement des chemins, sur le toit des maisons, sur les ponts, à l'extérieur des temples, dans la région de l'Himalaya (Ladakh, Tibet, Népal, Sikkim et Bhoutan).
Selon les adeptes du bouddhisme tibétain, le vent qui souffle, caressant au passage les formules sacrées imprimées, les disperse dans l’espace et les transmet ainsi aux dieux et à tous ceux qu'il touche dans sa courseTcheuky Sengué (François Jacquemart), Le temple tibétain et son symbolisme, Éditions Claire Lumière, 1998, 156 p..
Histoire L'origine des drapeaux de prières remonterait au bön, religion populaire ayant précédé le bouddhisme tibétain.. Cette pratique est inconnue des autres branches du bouddhisme.
Au Tibet, pendant la Révolution culturelle, les drapeaux à prières furent souvent détruits en public à l'instar d'autres symboles religieux (idoles, textes, moulins à prières) en tant que superstitions. Les matrices en bois servant à imprimer les textes servirent de bois de chauffage aux serfs ou furent transformées en manches à outils The True Story of Maoist Revolution, chap. Red Guards and People's Communes, in Revolutionary Worker #752, 17 avril 1994 : .
Description
vignette|Drapeaux de prières au-dessus du monastère de Tanze au Zanskar en Inde. Sur les cols, les éperons rocheux, les maisons, les temples, etc., il est de tradition chez les adeptes du bouddhisme tibétain, de hisser et d'arrimer des cordelettes munies de drapeaux de prières tout neufsClaude Marthaler, Entre selle et terre, Éditions Olizane, 2009, 316 p., p. 249.. Le vent qui caresse au passage les formules sacrées imprimées sur les drapeaux et les disperse dans l’espace, est censé leur donner vie et les transmettre ainsi aux déités et à tous ceux qu'il touche dans sa course Surya_Das, The Snow Lion's Turquoise Mane, HarperCollins, 2009, 288 p. (livre numérique Google) : .
Typologie Les drapeaux de prières sont de deux sortes : les loungta (), chevaux du vent ou chevaux du soufflePhilippe Cornu et al., « Le bouddhisme tibétain », in Le Monde des Religions, n° 30, juillet 2008 : : guirlandes de petits rectangles de tissu imprimés de différents mantras ou de prières. Ils sont souvent de cinq couleurs : bleu, blanc, rouge, vert et jaune (ou parfois orange). Ils sont considérés comme des porte-bonheur possédant la capacité d’écarter les difficultés. Leur nom vient du cheval imprimé sur la plupart d’entre eux, cheval représenté portant les Trois Joyaux : le Bouddha, le Dharma (ses enseignements) et le Sangha (la communauté bouddhiste). les darchok : longues bannières de tissu, accrochées à des mâts de trois à cinq mètres de haut. Ces bannières de couleurs variées présentent des textes sacrés.
Symbolisme Selon l'école Nyingma, la signification des couleurs est la suivante (dans l'ordre, le bleu étant toujours en haut, vers le ciel) : bleu : l'espace (la voûte céleste) (Akashpura), blanc : l'air (ou le vent, les nuages) (Vayapur), rouge : le feu (Agnipura), vert : l'eau (Nagpura), jaune (ou orange) : la terre (Vasupara). Dans les autres écoles, les couleurs respectives de l'air et de l'eau sont inversées mais l'ordre reste le même : .
Traditionnellement, les drapeaux de prières sont remplacés par des nouveaux chaque année lors des festivités du Losar (Nouvel An tibétain).
Usage Sonam Gyatso ayant requis une bénédiction pour l', le karmapa et Shushong Rinpoché, un oracle de Lachung, lui donnèrent, respectivement, un et trois drapeaux de prières pour assurer le succès et comme protection de l'expédition..
Bhoutan Le gouvernement bhoutanais s'est alarmé de la menace que constitue pour la forêt du pays l'abattage de milliers de jeunes arbres chaque année pour faire des poteaux servant de support aux drapeaux de prières. Entre et , arbres, soit 165 par jour, ont été coupés pour satisfaire la demande en mâts. Ces mâts à drapeaux, qui sont censés permettre aux défunts de trouver leur chemin vers leur prochaine vie, doivent être au moins de 108 par défunt. Le réemploi d'anciens mâts est déconseillé par les moines bouddhistes. Au rythme actuel, la majeure partie de la forêt bhoutanaise aura disparu dans 20 ans Bhutan action over prayer flags, BBC News, 11 septembre 2009..
Népal La plupart des guides sherpa, lors de l'escalade d'une montagne, emportent avec eux des drapeaux à prières ou autres objets religieux pour les y déposer au sommet et remercier les divinités de leur aide et protection pendant l'ascension Sherry B. Ortner, Life and Death on Mount Everest: Sherpas and Himalayan Mountaineering, Princeton University Press, 2001, 376 p., p. 144.
Lors d'une opération de nettoyage conduite en sur le mont Everest, quantité de vieux drapeaux de prières ont été redescendus de la zone au-dessus des mètres ainsi que des bouteilles d'oxygène, cordes, sacs à dos et tentes A tragic expedition : five dead bodies found during clean-up, HetiValasz.com, 27-07-2013..
Galerie
Références
Voir aussi
Articles connexes
Liens externes
Catégorie:Pratique du bouddhisme tibétain Catégorie:Objet religieux Prière