Éric de Montgolfier, né le à Lyon, est un magistrat français. Sa notoriété médiatique en tant que magistrat du parquet est due aux nombreuses « affaires » sensibles qu'il a eu à gérer dans le cadre de ses fonctions.

Biographie Début de carrière Éric de MontgolfierDescendant de la famille de Montgolfier dont sont issus les frères Montgolfier, inventeurs de la montgolfière. est né en 1946 à Lyon. Malgré le conseil de son père, il étudie le droit à l'Université Paris II. et suit l'enseignement de l'École nationale de la magistrature dont il sort en 1975.

De 1977 à 1985, il travaille au ministère de la Justice à Paris.

Affaire OM-VA En 1993, alors qu'il est procureur de la République du tribunal de grande instance de Valenciennes (Nord), il instruit l'affaire VA-OM (Union Sportive Valenciennes-Anzin - Olympique de Marseille), où est impliqué Bernard Tapie. Il confie en 1994 à Télérama : puis interrogé par les journalistes de France Télévision en 2009., Éric de Montgolfier, déclare : . Ses face-à-face avec Jacques Glassman puis avec Bernard Tapie ont été mis en scène dans la série Tapie de Netflix., où son rôle est interprété par David Talbot.

Nomination au Tribunal de Nice En 1999, Éric de Montgolfier devient procureur de la République du tribunal de grande instance de Nice par décision d'Élisabeth Guigou, alors ministre de la Justice, .

Sophie Coignard dans son ouvrage L'État dans l'ÉtatAlbin Michel, 2009, 69-74., « avance qu'il est alors la victime d'une contre-attaque maçonne ».

Dans un entretien au Nouvel Observateur , Le Nouvel Observateur, 9 octobre 1999., le magistrat laisse entendre son intention de s’intéresser à la loge niçoiseReportage « La Franc-Maçonnerie mise en cause à Nice », 2000, sur le site de l'INA..

L'affaire Renard et le désaveu du procureur Éric de Montgolfier se charge de relancer ce que les médias appellent l'« Affaire du tribunal de Nice » impliquant le juge d'instruction Jean-Paul Renard suspecté, entre autres, d'avoir transmis des éléments de casiers judiciaires à une loge maçonnique de la GLNFSophie Coignard, , 70-71..

À la même époque, à la suite d'élections, la majorité change, et Dominique Perben devient le nouveau garde des sceaux. L'enquête de l'Inspection générale des services judiciaires (IGSJ) demandée par Éric de Montgolfier est acceptée, mais apparaît faussée aux yeux du procureurLe devoir de déplaire, Éric de Montgolfier, 2006.. Des doutes sur la sincérité de cette enquête sont relevés par la presse. Un journaliste commentera : ..

Pour la première fois de l'histoire de l'IGSJ, ce rapport, d'une centaine de pages, est publié sur le Net par le ministère (cette décision étant attribuée au cabinet du Garde des sceaux). La majorité des journaux se focalise sur la conclusion : ..

Malgré la pression, le procureur décide de ne pas démissionner et reste en place.

Ultérieurement le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) lance sa propre enquête, dont les conclusions contrediront celles de l'IGSJ et mettront en évidence les « relations » entre le juge Renard et la franc-maçonnerie. Cette enquête, menée par Vincent Lamanda, met en effet au jour les relations du juge Renard avec des personnes liées à la mafia calabraise, et ses habitudes procédurales peu morales (libération d'une personne impliquée dans un trafic de cocaïne mais qui menaçait de donner le nom de deux magistrates impliquées dans des affaires). Le juge Renard sera en conséquence mis à la retraite d'office, puis condamné à d'amende pour violation du secret professionnel.

Mise en examen et relaxe Éric de Montgolfier publie en 2006 Le Devoir de déplaire.

Il est mis en examen en janvier 2008 pour des faits liés à l'exercice de ses fonctions (affaire d'acte attentatoire à la liberté individuelle concernant un homme incarcéré en raison de la non exécution d'une décision de remise en liberté ; l'homme s'est suicidé durant une autre détention, quatre ans plus tard). Le Éric de Montgolfier est renvoyé en correctionnelle pour .

Mais le parquet lui-même réclame une relaxe le . Le tribunal rend son jugement le en suivant l'avis du parquet.

Fin de carrière Le à Bruxelles, il reçoit des mains de la princesse Astrid de Belgique le prix de la fondation du Forum de Crans-Montana.

En , il est nommé avocat général à la Cour de cassation pour exercer les fonctions de procureur général près la cour d'appel de BourgesDécret du 22 février 2012, J.O.R.F. du 24 février 2012, texte n° 47. Puis, à 66 ans il prend sa retraite à compter du Décret du 30 juillet 2012 portant admission à la retraite, JORF n°0177 du août 2012, texte n° 55 et retourne en famille dans le sud de la France.

Il rédige régulièrement des chroniques pour le magazine Le Point.

En , il rejoint l'équipe de la campagne présidentielle de Benoît Hamon comme conseiller justice.

Ouvrages Le Devoir de déplaire, document, Michel Lafon, 2006, 342 . Une morale pour les aigles, une autre pour les pigeons, coll. Documents, Michel Lafon, 2014, 304 . On ne peut éternellement se contenter de regarder passer les cadavres sous les ponts, Le Cherche Midi, 2017, 64 p., .

Prix Prix du livre incorrect 2007..

Notes et références Notes

Références

Pour approfondir Articles connexes Affaire Vialatte Affaire du tramway de Nice (Thales) Affaire Sulzer

Liens externes

Catégorie:Magistrat français du XXe siècle Catégorie:Magistrat français du XXIe siècle Catégorie:Procureur de la République (France) Eric Catégorie:Chevalier de la Légion d'honneur Catégorie:Étudiant de l'université Panthéon-Assas Catégorie:Naissance dans le 6e arrondissement de Lyon Catégorie:Naissance en août 1946