(en ), puis Simeon Saxe-Coburg-Gotha (en bulgare : , Simeon Borissov Sakskoburggotski ; ), né le à Sofia, est un homme d'État bulgare. Il est le dernier roi des Bulgares, ayant régné de 1943 à 1946, avec le titre de tsar (en bulgare : ).

Il accède au trône à l’âge de , pendant la Seconde Guerre mondiale. Destitué à la suite de la Seconde Guerre mondiale avec la prise de pouvoir du Front patriotique et la chute de la monarchie, il vit en exil pendant cinquante ans avant de faire son retour en Bulgarie en 1996.

Cinq ans après son retour, il fonde un parti libéral et pro-européen, le Mouvement national (NDSV), qui remporte les élections législatives. Il devient alors Premier ministre. Il est ainsi le seul monarque de l'histoire à avoir retrouvé un pouvoir politique à travers une élection démocratique dans une fonction différente.

Après le recul du NDSV aux élections législatives de 2005, il est contraint de céder le pouvoir au socialiste Sergueï Stanichev, son parti restant cependant au gouvernement. Le NDSV (rebaptisé Mouvement national pour la stabilité et le progrès en 2007) subit une déroute lors des élections législatives de 2009. Il en abandonne alors la présidence et se place en retrait de la politique.

Depuis la mort du roi en 2017, il est le dernier chef d'État de la Seconde Guerre mondiale à être encore en vieHM King Simeon of the Bulgarians, Cliveden Literary Festival, 2025. est présenté à tort comme le dernier dans sa notice nécrologique : The Guardian, décembre 2017..

Biographie Famille vignette|gauche|redresse|Le prince Siméon en 1943.

Il est l'unique fils de (1894-1943), roi des Bulgares et de Jeanne, reine consort des Bulgares, née princesse Jeanne de Savoie (1907-2000), fille du roi et de la reine Hélène d'Italie, née princesse Hélène de Monténégro.

Il a une sœur aînée, la princesse Marie-Louise de Bulgarie (née en 1933).

Roi à six ans En 1943, après la mort soudaine de son père, Siméon devient, à l'âge de six ans, le nouveau souverain du royaume de Bulgarie sous le nom de . La régence est dévolue à son oncle paternel, le prince Cyrille de Bulgarie (1895-1945), prince de Preslav, qui devient dès lors son héritier. Son rôle, équivalant au rôle de chef d'État, est subordonnée à deux autres régents, le président du Conseil des ministres pro-allemand Filov et le général MikhovGeoffrey Hindley, The Royal Families of Europe, p. 156. London: Lyric Books Ltd., 1979..

Après l'entrée des troupes de l'URSS sur le territoire bulgare, un coup d'État donne le pouvoir au Front patriotique, une alliance politique incluant le Parti communiste bulgare. Le , le prince Cyrille est exécuté, ainsi que plusieurs membres du gouvernement qu'il avait nommés. Le jeune Siméon est toutefois autorisé à demeurer provisoirement sur le trône, la « menace » que cet enfant représentait pour le nouveau régime apparaissant alors assez faible.

Le , un référendum est organisé et aboutit à une approbation majeure de l'abolition de la monarchie au profit de la république populaire de Bulgarie. L'enfant-roi est déposé, cependant sans qu'aucune abdication ne soit ratifiée., et la famille royale bulgare prend le chemin de l'exil.

Exil La famille royale se réfugie en Égypte puis s'installe à Madrid, en Espagne, où Siméon étudie le droit et l'administration d'entreprises et devient un homme d'affaires prospère.

En 1996, il retourne pour la première fois dans son pays natal, où il est acclamé malgré une maîtrise certaine mais néanmoins imparfaite de la langue bulgare. En 2001, Siméon revient à nouveau en Bulgarie, où il est accueilli triomphalement par de nombreux sympathisants..

Premier ministre En 2001, il prend la présidence du Mouvement national (NDSV), une formation centriste et libérale, sous le nom de Simeon Borissov Sakskoburggotski (ou Simeon Saxe-Coburg-Gotha) Bulgaria’s Former King and PM Simeon II Celebrates his 80th Birthday, Télévision nationale bulgare..

Aux élections législatives du , après avoir fait campagne sur l'idée d'augmenter les salaires et les retraites (des promesses finalement abandonnées après le scrutin).., le parti remporte 42,7 % des voix et sur 240 à l'Assemblée nationale. Ayant trouvé un accord de coalition avec le Mouvement des droits et des libertés (DPS), Siméon de Bulgarie est nommé Premier ministre le suivant par le président de la République, Petar Stoyanov, et forme un gouvernement de seize ministres. Il devient donc l'unique ancien roi européen à devenir premier ministre dans son propre pays..

Malgré ce succès, le NDSV ne présente aucun candidat à qui se tient à la fin de l'année et voit la victoire du socialiste Gueorgui Parvanov sur le sortant Stoyanov. Une ère de cohabitation s'ouvre alors à la tête de l'État.

Au pouvoir, il cherche notamment à récupérer les biens de l'ex-famille régnante qui avaient été nationalisés par le gouvernement communiste. En 2001, son gouvernement fait sortir plusieurs résidences de la liste des biens immobiliers gérés par l’exécutif bulgare. L'année suivante, il obtient du gouverneur de la province de Sofia, nommé à ce poste par ses soins, la restitution de plusieurs pavillons de chasse. Entre 2003 et 2005, au moins quatre autres propriétés et des milliers d’hectares de terres sont récupérés par les Saxe-Cobourg-Gotha.

Retrait progressif du pouvoir Candidat à sa propre succession lors des élections législatives du , il subit un important revers avec 19,9 % des suffrages et . Cependant, le dirigeant socialiste Sergueï Stanichev, vainqueur du scrutin, ne peut gouverner avec le seul DPS et fait donc appel au NDSV afin de former un gouvernement de « troisième voie ». Siméon lui cède le pouvoir le suivant et reçoit le titre honorifique de président du conseil de la coalition gouvernementale formée par le NDSV, le DPS et le Parti socialiste bulgare.

Lors des élections législatives du , sa formation, rebaptisée Mouvement national pour la stabilité et le progrès, s'effondre complètement avec seulement 3 % des voix, soit un point de moins que le seuil minimal pour rentrer à l'Assemblée. Il en tire les conséquences et démissionne, dès le lendemain, de la présidence du NDSV.

Après avoir quitté le pouvoir, il fait l'objet de plusieurs procès pour avoir utilisé sa position de Premier ministre afin de récupérer d'anciens bien royaux. Après leur restitution à partir de 2002, l'État bulgare a contesté devant les tribunaux la propriété de plusieurs anciens biens de la Couronne: Krичim, Tsarska Bistritsa, Vrana, Sitnyakovo, Saragyol, ainsi que des terrains et forêts.

Ce sont essentiellement des procès civils portant sur la propriété, et non des poursuites pénales pour corruption. Dans plusieurs dossiers, les tribunaux ont effectivement donné raison à l'État.

En 2023, l'enquête du parquet a conclu qu'environ 400 hectares de forêt avaient été restitués en trop, en raison notamment de documents cadastraux dupliqués. Mais le parquet a considéré qu'il s'agissait d'une négligence administrative non intentionnelle et a décidé de ne poursuivre personne pénalement. Il a également conclu à l'absence d'irrégularité concernant les restitutions de Tsarska Bistritsa, Vrana et Sitnyakovo

Resté proche de Boïko Borissov (son ex-garde du corps qu'il a nommé secrétaire général du ministère de l’Intérieur en 2001), il obtient en 2017 une loi spéciale visant à contourner les décisions juridiquesBenoît Hopquin, « Un Bulgare de choc », Le Monde, juillet 2009, .. Il aurait en échange de cette loi mis à profit ses relations avec la monarchie saoudienne pour attirer des investissements saoudiens dans le secteur touristique bulgare.

En 2017, il est nommé ambassadeur spécial de l'Année internationale du tourisme durable pour le développementBulgaria’s HM King Simeon II declared special ambassador of International Year of Sustainable Tourism for Development..

Après le décès des rois (2017) et (2023), est le dernier souverain orthodoxe encore en vie..

Un monarchiste circonspect Il a toujours été circonspect quant à une éventuelle restauration de la monarchie en Bulgarie, estimant que c'est au peuple bulgare de le décider. N'ayant jamais officiellement abdiqué, il porte toujours officieusement son ancien titre royal et est désigné alternativement, selon les médias, soit par son nom de règne (), soit par celui de son état civil (Simeon Sakskoburggotski).

Union et descendance L'ex-roi épouse, le à Vevey (Suisse), doña Margarita Gómez-Acebo y Cejuela, née le à Madrid, fille de don Manuel Gómez-Acebo y Modet (1889-1936), des marquis de Cortina, et de doña Mercedes Cejuela y Fernández.

De cette union sont nés cinq enfantsNés et élevés à Madrid, ils portent, en Espagne, le patronyme Sajonia-Coburgo (en bulgare : Sakskoburggotski ; en français : Saxe-Cobourg)., dont les prénoms usuels commencent tous par la lettre K, et qui sont tous mariés avec des Espagnols :

le prince Kardam de Bulgarie, prince héritier, prince de Tarnovo, duc en Saxe (, Madrid - , Madrid). Le , il est victime d'un grave accident de voiture à Madrid. Il était marié à Miriam Ungría y López (remariée en à Amman au , cousin du roi Abdallah II de Jordanie) et père de deux enfants : le prince Boris de Bulgarie (né en 1997), prince héritier, prince de Tarnovo, duc en Saxe le prince Beltrán de Bulgarie (né en 1999), duc en Saxe le prince Kiril, prince de Preslav (né le à Madrid), duc en Saxe, marié à Rosario Nadal y Fuster-Puigdorfila, séparé en 2009. et père de trois enfants : la princesse Mafalda de Preslav (née en 1994), duchesse en Saxe la princesse Olimpia de Preslav (née en 1995), duchesse en Saxe le prince Tassilo de Preslav (né en 2002), duc en Saxe le prince Kubrat de BulgarieSite du docteur Kubrat Sajonia-Coburgo, chirurgien de l'appareil digestif à la clinique San Camilo, à Madrid., prince de Panagyurichté (né le à Madrid), duc en Saxe, marié à Carla Soledad Royo-Villanova y Urrestarazu et père de trois enfants : le prince Mirko de Panagyurichté (né en 1995), duc en Saxe le prince Lukás de Panagyurichté (né en 1997), duc en Saxe le prince Tirso de Panagyurichté (né en 2002), duc en Saxe le prince Konstantin Asen de Bulgarie (né le à Madrid), prince de Vidin, duc en Saxe, marié à María García de la Rasilla y Cortázar et père de deux enfants : le prince Umberto de Vidine (né en 1999), duc en Saxe la princesse Sofía de Vidine (née en 1999), duchesse en Saxe la princesse Kalina de Bulgarie (née le à Madrid), comtesse de Murány, duchesse en Saxe, mariée en à et mère d'un enfant : Simeón Muñoz y Sajonia-Coburgo (né en 2007)

La reine Margarita est la cousine germaine de don Luis Gómez-Acebo, duc consort de Badajoz, époux de l'infante María del Pilar, sœur aînée du roi .

et son épouse Margarita sont des amis proches du roi Juan Carlos et de la reine Sophie d'Espagne..

Sur proposition de Jean-Paul Carteron, président-fondateur du Forum de Crans-Montana, l'ancien roi Siméon se voit décerner en le prix de la Fondation décerné par Jacques Barrot, vice-président de la Commission européenne, et Federico Mayor Zaragoza, coprésident du Haut-Panel des Nations unies pour l'Alliance des civilisations.

Ascendance

Titulature - : Son Altesse Royale le prince de Tarnovo, duc de Saxe (naissance) ; - : Sa Majesté le roi des Bulgares ; depuis le : Sa Majesté le roi .

Décorations Décorations bulgares 50px Grand-croix de l'ordre des Saints-Cyrille-et-Méthode ; 50px Grand-croix de l'ordre de la Bravoure ; 50px Grand-croix de l'ordre de Saint-Alexandre ; 50px Grand-croix de l'ordre du Courage et du Mérite civils ; 50px Grand-croix de l'ordre du Courage et du Mérite militaires ; 50px|Stara Planina (Bulgarie) - Médaille de de l'ordre de Stara Planina.

Décorations étrangères 50px Grand-croix de l'ordre de (Belgique) ; 50px Chevalier de l'ordre de la Toison d'or (Espagne) ; 50px Grand-croix de l'ordre royal de (Espagne) ; en 2006 (France) ; 50px Grand-croix de l'ordre du Sauveur (Grèce) ; 50px Grand-croix de l'ordre de l'Indépendance (Jordanie) ;