Les Bulls de Chicago (en anglais : Chicago Bulls ; « les taureaux de Chicago ») sont une franchise professionnelle de basketball basée à Chicago (Illinois). Fondée le , l'équipe est membre de la ligue majeure de basket-ball américain - la National Basketball Association (NBA) - et joue dans la Conférence Est, division Centrale. Depuis 1994, ses matchs à domicile se déroulent dans le United Center, un palais omnisports de situé dans le secteur de Near West Side, fréquemment dénommé par ses initiales UC. Sa mascotte est Benny le Taureau.
Après deux décennies sans grands succès, les Bulls ont acquis un des plus beaux palmarès de la NBA ainsi qu'une reconnaissance internationale dans les années 1990. Emmenés par l'entraîneur Phil Jackson et par Michael Jordan, considéré par certains comme le meilleur basketteur de tous les temps, ils remportent le championnat de 1991 à 1993, et de 1996 à 1998. Lors de la saison 1995-1996, ils établissent l'ancien record du plus grand nombre de victoires en saison régulière 72 matchs gagnés sur 82 joués (battu lors de la saison 2015-2016 par les Warriors de Golden State). Avec six titres NBA à son actif, elle est la quatrième franchise la plus titrée de la ligue derrière les Celtics de Boston, les Lakers de Los Angeles et les Golden State Warriors, et n'a jamais perdu une finale NBA dans toute son histoire.
Outre l'emblématique Michael Jordan, le club compte huit membres du Basketball Hall of Fame, dont le pivot Artis Gilmore (1976-1982), les ailiers Jerry Sloan (1966-1976) et Scottie Pippen (1987-1998) et l'ailier fort Dennis Rodman (1995-1998). Les Bulls ont également obtenu six trophées du Meilleur joueur de l'année (). Au sein de la division Centrale, dont ils furent champions en 2011 et 2012, les Chicago Bulls sont confrontés aux Cavaliers de Cleveland, aux Pistons de Détroit, aux Pacers de l'Indiana et aux Bucks de Milwaukee. Depuis les années 1990, ils nourrissent également une rivalité avec les Knicks de New York et le Heat de Miami.
Historique
La création de la franchise vignette|L'ailier Jerry Sloan, leader des Bulls de 1966 à 1976. Il en devient l'entraîneur de 1979 à 1982. Les Chicago Bulls ne sont que la troisième franchise NBA implantée à Chicago, après les Packers / Zephyrs (devenus par la suite les Wizards de Washington) et les Stags de Chicago, qui n'existent que durant quatre saisons (1946-1950). Un quatrième club, les American Gears de Chicago, dispute trois saisons en National Basketball League — l'ancêtre de la NBA —, entre 1944 et 1947, mais fait faillite à cause d'une gestion hasardeuse par son propriétaire. Jusque dans les années 1960, les habitants de Chicago ne manifestent que peu d'intérêt pour le basketball. En 1950, l'équipe des Stags est dissoute en raison de la faiblesse de l'affluence aux matchs. En 1961, le club des Chicago Packers est créé, mais vendu l'année suivante à des investisseurs du Maryland en raison d'une très mauvaise saison (18 victoires pour 62 défaites) : ceux-ci font déménager la franchise à Baltimore.
En 1963, , ancien joueur des American Gears, tente en vain de racheter l'équipe renommée entretemps Chicago Zephyrs. Il demeure déterminé à créer une nouvelle équipe professionnelle à Chicago et commence à solliciter des hommes d'affaires locaux. Les investisseurs sont alors sceptiques, notamment en raison des nombreux échecs des précédentes équipes de la ville. La situation évolue lorsque la chaîne de télévision américaine ABC, en pleine négociation des droits de diffusion de la NBA, approuve l'idée d'une équipe à Chicago pour faire augmenter les audiences. Après avoir réussi à attirer davantage de capitaux, la société acquiert le statut d pour 1,6 million de dollars le , et Dick Klein est nommé manager.
1966-1984 : Les débuts thumb|L'effectif 1969–1970 des Bulls. La franchise joue sa première saison en 1966-1967, et bat le record de matchs gagnés par une expansion team en NBA, en se qualifiant pour les play-offs. Les années suivantes, les Bulls assemblent pièce par pièce une équipe compétitive, mais sans jamais atteindre les sommets. Durant les années 1970, les Bulls sont réputés pour être une équipe robuste au style défensif, construite autour des ailiers Jerry Sloan, Bob Love et Chet Walker, du meneur Norm Van Lier, et du pivot Tom Boerwinkle. Néanmoins, la franchise ne remporte qu'un titre de Division, et n'atteint pas les finales.
À la fin des années 1970, les Bulls profitent de l'effondrement d'une ligue concurrente, l'ABA, pour se renforcer en sélectionnant Artis Gilmore. Il mène une équipe composée de hauts choix de draft : Reggie Theus, David Greenwood et Orlando Woolridge. Après le transfert de Gilmore aux Spurs de San Antonio pour le pivot Dave Corzine, les Bulls se tournent vers une attaque à haut régime axée autour de Theus, qui inclut rapidement les arrières Quentin Daly et Ennis Whatley. Les performances lamentables obtenues poussent les Bulls à transférer Theus pour la saison 19.
1984-1998 : L'ère Michael Jordan
gauche|vignette|170px|Artis Gilmore, pivot des Bulls de 1976 à 1982, durant un match en 1977.
Durant l'intersaison 1984 les Bulls héritent du troisième choix de la draft, après Houston et Portland. Avec le premier choix, les Rockets sélectionnent naturellement Akeem Olajuwon (qui n'a pas encore de « H » dans son prénom), le pivot issu de l'université de Houston. Les Blazers disposent du deuxième choix. Ils n'hésitent pas longtemps avant de choisir Sam Bowie : le poste d'arrière est déjà pourvu par Clyde Drexler, et les Blazers veulent faire perdurer la tradition du pivot talentueux entamée avec Bill Walton. Sam Bowie a une courte carrière perturbée par les blessures. Avec le troisième choix, les Bulls sélectionnent un arrière très athlétique qui vient de remporter le titre universitaire avec North Carolina : Michael Jordan.
Il faut savoir qu'à l'époque, les Bulls, ne réalisant pas le potentiel que représentait Jordan, essayent d'échanger leur choix de draft quelques jours avant contre un pivot. Mais les discussions entamées avec Seattle et les Clippers de Los Angeles n'aboutissent pas. Dans les mentalités de l'époque, une équipe championne se construisait autour d'un pivot, car jamais un arrière dans l'histoire de la ligue n'avait dominé le championnat autant qu'un pivot (Bill Russell, George Mikan ou Wilt Chamberlain).
Les Bulls, avec le nouveau propriétaire Jerry Reinsdorf et le nouveau Jerry Krause, décident de construire l'équipe autour de Jordan. Celui-ci établit deux records de franchise dès sa première année en menant l'équipe aux points (troisième dans la ligue) et aux interceptions (quatrième dans la ligue). Il ramène l'équipe en play-offs, gagne le titre de rookie de l'année (débutant ou recrue de l'année) et se voit nommé dans la (second cinq NBA).
Durant l'intersaison, la franchise acquiert l'arrière John Paxson et échange Ennis Whatley (et Keith Lee) contre Charles Oakley, tout juste drafté par Cleveland. Avec Jordan et Dave Corzine, ce quatuor compose la force offensive des Bulls pour les deux saisons à venir. Pour pallier la blessure de Jordan, indisponible pour la saison, l'équipe acquiert la légende NBA George Gervin qui apporte de l'aide offensive. Les Bulls terminent huitième de la Conférence Est. Jordan revient pour les play-offs affronter les Celtics de Boston, auteurs d'une saison monstrueuse avec 67 victoires pour 15 défaites. Chicago est balayé en trois manches, mais Jordan enregistre un nouveau record en marquant 63 points dans un match, ce qui amène son rival Larry Bird à commenter : « C'était Dieu déguisé en Michael Jordan ».
En 1986-1987, Jordan mène la ligue avec 37,1 points de moyenne par match et devient le premier Bull nommé dans la . Cependant les Bulls sont encore balayés par les Celtics en play-offs. En 1987 Krause sélectionne le pivot Olden Polynice et l'ailier fort Horace Grant. Polynice est échangé contre Scottie Pippen le jour de la draft. Avec Paxson et Jordan à l'arrière, Brad Sellers et Oakley à l'aile, Corzine au centre, et les rookies Pippen et Grant venant du banc, les Bulls réalisent une belle saison en gagnant 50 matchs et en avançant jusqu'aux demi-finales de Conférence, avant d'être éliminés par les Pistons de Détroit. Michael Jordan est pour la première fois nommé meilleur joueur de la saison régulière.
L'intersaison 1989 marque une seconde année consécutive de changements majeurs. Le populaire Charles Oakley qui mène la ligue aux rebonds en 1987 et 1988, est transféré aux Knicks de New York pour le pivot Bill Cartwright et un choix de draft utilisé pour sélectionner Will Perdue. Le nouveau cinq majeur composé de Paxson, Jordan, Pippen, Grant et Cartwright met un peu de temps à se trouver et gagne moins de matchs que la saison précédente. Au premier tour des play-offs, les Bulls affrontent une prometteuse équipe des Cavaliers de Cleveland. Ils sont poussés jusqu'au cinquième match décisif. À trois secondes de la fin, les Cavaliers mènent d'un point. À la remise en jeu pour les Bulls, Brad Sellers donne le ballon à Jordan qui saute pour tirer. Son défenseur, Craig Ehlo, saute pour tenter de le contrer. Ehlo s'élève, Jordan aussi, mais pendant que le premier redescend, le second s'élève encore, tire et marque le panier de la victoire. Cette action, l'une des plus belles de l'histoire de la ligue, est surnommée « ». La saison des Bulls s'arrête en finales de Conférence, face aux Pistons de Detroit, où ils sont éliminés en six matchs. Jordan est malmené et isolé face à la rugueuse défense des Pistons mise au point par Chuck Daly.
En 1989-1990, Jordan mène pour la quatrième saison consécutive la ligue aux points par match. Pippen glane sa première sélection au All-Star Game. L'entraîneur Doug Collins est remplacé par son assistant Phil Jackson. Durant la draft 1989, les Bulls sélectionnent Stacey King et B. J. Armstrong. L'équipe, qui s'améliore, finit cinquième de la Conférence Est. Après avoir de nouveau éliminé les Cavs en cinq manches au premier tour, les Bulls retrouvent les Pistons en finales de Conférence et les poussent jusqu'au septième match avant d'être éliminés pour la troisième saison consécutive.
Les années 1990, et le premier triplé
thumb|left|220px|L'United Center Pour la saison 1990-1991, l'attaque en triangle développée par Phil Jackson est finalement bien assimilée et Jordan comprend qu'il doit jouer avec ses coéquipiers s'il veut remporter le titre NBA. Les Bulls établissent un record de la franchise avec 61 victoires, et traversent allègrement les play-offs en balayant les Pistons en finales de Conférence avant de gagner les finales en seulement cinq manches face aux Lakers de Magic Johnson. Michael Jordan est nommé meilleur joueur de la saison régulière et meilleur joueur des finales en plus d'engranger un cinquième titre de meilleur marqueur. Les Bulls ne perdent que deux matchs pendant les playoffs, à chaque fois sur un tir dans les dernières secondes (Hersey Hawkins avec Philadelphie et Sam Perkins lors du premier match des Finales avec les Lakers).
Après des playoffs disputés face notamment aux Knicks de New York et aux Cavaliers de Cleveland, les Bulls gagnent un deuxième titre consécutif en 1991-1992 face aux Blazers après avoir de nouveau battu le record de victoires en saison régulière de la franchise avec 67. Jordan est de nouveau élu meilleur joueur de la saison régulière et des finales, en plus de son sixième titre de meilleur marqueur.
En 1992-1993 les Bulls réussissent ce qu'aucune équipe n'avait fait depuis les légendaires Celtics de Boston des années 1960, en cherchant un troisième titre consécutif, face cette fois aux Suns de Phoenix de Charles Barkley, avec le tir historique de Paxson qui donne la victoire et le titre lors du sixième match. Jordan est encore meilleur joueur des finales, et égale le record de Wilt Chamberlain avec sept titres de meilleur marqueur d'affilée.