Mathieu-Augustin, comte Cornet, né à Nantes (province de Bretagne) le , mort à Paris le , est un homme politique français des .
Biographie
Né dans une famille de marchands, fils de Nicolas Cornet, négociant, et de Jeanne Cosson, Mathieu-Augustin Cornet devint négociant et receveur des fouages de l'évêché de Nantes en 1785 et échevin de la ville, puis se prononça en 1789, dans les assemblées bailliagères, en faveur de l'égalité des droits et des charges publiques.
Partisan modéré de la Révolution, il se fit élire au directoire du département en 1790. Après sa démission en 1791, il se rendit à BeaugencyCelui-ci possédait des biens près de Beaugency qu'il avait acquis précédemment lors de la vente des biens nationaux et qu'il revendit en avril 1793 : ., où il fit tous ses efforts pour adoucir les souffrances des 132 Nantais que Carrier envoyait au tribunal révolutionnaire vers la fin de . Il est arrêté et envoyé à la prison du Plessis à Paris, en 1794.
Directoire Libéré après le procès des Nantais et la journée du 9 Thermidor, il rentre à Beaugency en qualité de commissaire du Directoire.
En , il est élu du Loiret au Conseil des Anciens (chambre haute), où il s'oppose à la loi des otages et obtient la fermeture du club du Manège.
Cornet se fit remarquer dans cette assemblée par quelques opinions opposées au parti républicain. C'est ainsi qu'il s'éleva avec véhémence contre le projet de loi relatif aux fêtes décadaires, qu'il s'opposa à la loi des otages et qu'il fit décréter l'interdiction de toute réunion politique dans les lieux qui formaient l'enceinte extérieure du conseil. Il contribua ensuite à la clôture des assemblées du Manège, combattit la proposition de faire juger les émigrés naufragés à Calais, et justifia le général Lefèvre, devenu depuis maréchal de France, des imputations de ses ennemis.
Cornet prit une part active à toutes les discussions qui eurent pour objet le régime hypothécaire, le remboursement des domaines congéables, l'établissement d'une cour martiale maritime, les acquéreurs des domaines nationaux, la taxe des portes et fenêtres, les prises maritimes, l'impôt sur le sel et la résolution concernant la garde du Corps législatif.
Le , il reçut les honneurs de la présidence. Le de la même année, il prononça un discours assez réservé, à l'occasion de l'anniversaire du coup d'État du 18 fructidor an V. Le 12, Cornet fit l'éloge du général Joubert, et combattit, le 23, avec la plus grande énergie, le projet de loi portant peine de mort contre quiconque proposerait ou signerait des traités tendant à modifier la constitution de l'an III ou à altérer l'intégrité du Directoire.
18 Brumaire Mais ce fut principalement à l'approche coup d'État du 18 brumaire que Cornet se signala dans la lutte des partis. La société, les deux conseils étaient en proie à l'anarchie. Un gouvernement faible, le trésor épuisé, la stagnation du commerce, tout semblait présager une crise fatale à la France. Frappés de l'imminence du péril, plusieurs membres du Corps législatif se réunirent, se concertèrent, et le résultat de leurs délibérations fut de s'adresser immédiatement au Directoire, afin de le prier de se joindre à eux pour comprimer les efforts des anarchistes.
Le général Bonaparte étant arrivé sur ces entrefaites de l'armée d'Orient, offrit son bras à la majorité des conseils pour consommer l'œuvre du salut de l'État.
Cornet, qui était membre de la commission des inspecteurs du conseil des Anciens, fut chargé de justifier la translation du Corps législatif à Saint-Cloud. Dans la nuit du 17, des lettres de convocation sont envoyées aux membres du Conseil des Anciens dont on est sûr. Présidant cette assemblée, le lendemain, Cornet affirme : Le 18, à l'ouverture de la séance, il occupa le fauteuil du président, et remplit avec adresse et énergie la mission qu'il avait reçue.
Membre de la Commission intermédiaire qui remplace le Conseil des Anciens, le 19, il participe à la rédaction de la constitution de l'an VIII et est envoyé en mission dans l'Ouest.
Consulat et Empire
Le premier Consul n'oublia point les services éminents que Cornet lui avait rendus dans cette journée. Il le chargea d'abord d'une mission de paix dans les départements insurgés de l'Ouest, le nomma sénateur le , membre de la Légion d'honneur le , puis commandant de l'Ordre le 25 prairial suivant, secrétaire du Sénat, comte de l'Empire le et grand officier de la Légion d'honneur le .
Il devait obtenir la sénatorerie de Florence en 1809, mais l'Empereur le refuse, après que Cornet s'est exprimé en faveur du général Moreau. Selon certains, ce refus serait à l'origine de son adhésion à la déchéance de Napoléon en 1814.
Le , le comte Cornet donna son adhésion à l'acte du Sénat qui prononçait la déchéance de Napoléon.
Restauration et Monarchie de Juillet Nommé pair de France le , il se tient ensuite à l'écart de la vie publique pendant les Cent-Jours en faisant l'acquisition, à la fin de l'année 1814, de la maison du Grand-Courant à La Chapelle-Saint-Mesmin près d'OrléansC'est cette même propriété, construite en 1647, que le peintre Eugène Prévost-Messemin achètera presque un siècle plus tard. Cornet l'a revendra une année plus tard dès la 2nde Restauration. In ..
Il reprend son siège à la Chambre des pairs pendant la Seconde Restauration.
Partisan de la mort pendant le procès du maréchal Ney, il se voit confirmer dans son titre de comte par Louis XVIII le .
Il tente d'obtenir la transmission de sa pairie en faveur de son petit-neveu, M. Le Riche de Cheveigné, lorsque éclatent les Trois Glorieuses. Ayant prêté serment à , il siège à la Chambre des pairs jusqu'à sa mort.
Il est mort à Paris, lors de l'épidémie de choléra, le , à l'âge de quatre-vingt-deux ans.
Titres Comte Cornet et de l'Empire (lettres patentes du , Bayonne) ; Pair de France : Pair par l'ordonnance du ; Comte-pair héréditaire (, lettres patentes du ) ;
Distinctions Légion d'honneur : Légionnaire ( : ), puis, Commandant ( : ), puis, Grand officier de la Légion d'honneur ().
Armoiries Figure Blasonnement Armes du comte Cornet de l'Empire
D'azur, aux trois petits cors d'or, deux et un, quartier du Sénat bordé d'argent. Livrées : jaune, blanc et bleu.Armes du comte Cornet, pair héréditaire
D'azur, à trois cornets enguichés d'or, 2 et 1.
Notes et références
Annexes Bibliographie
, de Corcelles à Cornulier-Lucinière, , ;
Articles connexes Liste de personnes nées à Nantes Liste des membres de la noblesse d'Empire Armorial de la noblesse de Bretagne
Liens externes
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