L'Espérance sportive Troyes Aube Champagne, plus couramment abrégé en ESTAC, est un club de football français situé à Troyes dans l'Aube.
Fondé en 1986 sous le nom d’Association Troyes Aube Champagne (ATAC), il est créé à la suite des difficultés financières du Troyes Aube Football (TAF), héritier lui-même de Association sportive Troyes Sainte-Savine. Le club dispute ses rencontres à domicile au Stade de l'Aube.
Depuis le , le club est détenu par le City Football Group, à la suite de la cession du club par son ancien propriétaire Daniel Masoni. La direction exécutive est assurée depuis par Edwin Pindi, président exécutif et directeur général, tandis que Antoine Sibierski occupe le poste de directeur sportif depuis .
Histoire Le football professionnel à Troyes avant l'ESTAC
L'Union sportive troyenne (UST) est le premier club de football français basé à Troyes. Fondé en 1900, il fusionne en 1931 avec l’Association sportive savinienne, donnant naissance à l’Association sportive Troyes Sainte-Savine (ASTS). Cette fusion marque un tournant décisif pour le développement du football à Troyes. Le club obtient le statut professionnel en 1935. À cette occasion, l'entraîneur Rudolf Hanak est chargé de constituer une équipe compétitive, en s’appuyant sur certains joueurs issus du club, dont Roessler et Cartery, et en recrutant plusieurs professionnels expérimentés, malgré des moyens financiers limités. Ainsi, , pour son premier match officiel en tant que club professionnel, l’ASTS s’impose 3–1 devant environ 3 000 spectateurs au Stade de l'Aube, en présence du maire de Troyes.
Le club accède à la première division au cours de la saison 1954-1955, sous la direction de l’entraîneur Roger Courtois qui s’appuie notamment sur plusieurs internationaux français, parmi lesquels Pierre Flamion et Marcel Artelesa. Les années 1950 constituent la période la plus faste de l’ASTS.
En 1956, le club atteint la finale de la Coupe de France après avoir éliminé successivement Nîmes en huitième de finale, l'équipe rival du Stade de Reims en quart de finale, puis le FC Nancy en demi-finale. L’ASTS s’incline toutefois en finale face à l’UA Sedan sur le score de trois buts à un. La même année, l’équipe junior du club remporte la Coupe Gambardella. Sur le plan sportif, l’équipe première ne parvient pas à se maintenir durablement au plus haut niveau, ne retrouvant brièvement l’élite que lors de la saison 1960-1961. Confronté à d’importantes difficultés financières, le club est dissous en 1967.
À la suite de cette dissolution, les activités footballistiques à Troyes sont reprises par le Troyes Omnisports, dont est issu le Troyes Aube Football en 1970.. Engagé en troisième division lors de la saison 1970-1971, le club accède immédiatement à la deuxième division. Entraînée par Pierre Flamion, l’équipe échoue de peu à la montée en première division en terminant deuxième de son groupe. En 1973, une première place dans le groupe B permet au club de retrouver l’élite, malgré une défaite en finale du championnat face au RC Lens. S’ouvre alors la plus longue période de présence du club en première division. Entre 1975 et 1979, le club se classe successivement 17e, 16e, 17e et 15e, avant d’être relégué en deuxième division, malgré la présence de joueurs tels que Gérard Tonnel, Guy Formici ou Ilija Petković.
Des difficultés financières entraînent ensuite un redressement judiciaire et une seconde relégation. L’association est reprise par les Patronages laïques de Troyes et évolue alors dans les divisions régionales, sans résultats sportifs notables.
En 1986, Angel Masoni, en litige avec le comité directeur, rachète le club troyen.{ "type": "FeatureCollection", "features": [ { "type": "Feature", "geometry": { "type": "Point", "coordinates": [4.09855, 48.307413] }, "properties": { "title": "Stade de l'Aube", "marker-color": "005499", "marker-symbol": "soccer", "marker-size":"medium", "description": "150px"} }, ] }
Naissance de l’ATAC et relatif anonymat (1986-1996) Pour sa première saison, l’Atac se retrouve engagé en Division d'Honneur de la Ligue de football de Champagne-Ardenne. Les Aubois remportent facilement le championnat et connaissent une seconde promotion immédiate à l'issue de la saison 1987-1988. Au terme de trois années passées en , Troyes est promu à l'échelon supérieur. Malgré de bons résultats, le club ne parvient pas à se hisser en division.
En 1993, Angel Masoni désigne Alain Perrin comme entraîneur.
La saison 1995-1996 disputée en National 1 va marquer un petit tournant dans l'histoire du club. Malgré un début de saison, où les hommes d'Alain Perrin enchaînent les matchs nuls (cinq matchs nuls lors des cinq premières journées) puis une défaite à Sedan (3-2), ils vont ensuite effectuer un parcours remarquable. Cette saison sera également marquée par un changement de président. En effet en octobre, le président Angel Masoni (qui deviendra ensuite président d'honneur) passe la main à Daniel Vacelet, qui affirme les ambitions du club en donnant comme objectif une montée en Division 2 en fin de saison. Cette ambition sera confirmée sur le terrain. En effet, à la mi-saison le club troyen se classe troisième. Après une défaite frustrante en janvier à La Roche-sur-Yon VF (2-0), les Aubois vont enchaîner dix succès consécutifs. Ils foncent à grands pas vers la Division 2. Le , après un nul obtenu à l'extérieur face à l'ES Wasquehal, les hommes d'Alain Perrin seront sûrs d'être au pis du championnat ; ils officialiseront donc leur montée à cette occasion. Malheureusement avec trois nuls et seulement une victoire lors des quatre dernières journées, ils se feront "chiper" le titre par le Stade Briochin, qui terminera un point devant l'ATAC. La recrue Sébastien Cuvier, meilleur buteur du championnat avec ses 23 buts, fut le grand artisan de la montée troyenne. Il quittera néanmoins le club à la fin de la saison.
Retour dans le professionnalisme et montée en Division 1 (1996-1999) Alain Perrin permet au club d’atteindre la division lors de la saison 1996-1997. Ainsi, l'ATAC obtient le statut de club professionnel. L'effectif sera profondément remodelé pour espérer pouvoir rester à ce niveau. Les Troyens vont réaliser un début de saison "canon" ; ils seront même leader après treize journées. La suite sera plus compliquée ; en effet, les aubois cloront la phase "aller" en milieu de tableau. Le maintien semble alors à la portée des hommes d'Alain Perrin. Cependant, la seconde partie de saison sera pénible : les points se font rares et le club glisse dangereusement vers la zone rouge. Cette même saison, ils élimineront le champion de France en titre l'AJ Auxerre (1-0) en Coupe de France, avant d'être éliminés en quart de finale de cette même compétition par le Stade lavallois (1-0). Finalement, les Aubois termineront sur 22 dans en championnat et donc en position de relégable. Néanmoins ils obtiendront un repêchage en Division 2 à la suite de la rétrogradation par la DNCG de Perpignan et à la non reconduction du statut professionnel du et premier relégable Charleville. Ils apprendront cette bonne nouvelle en juillet, une fois les recours des équipes reléguées épuisés.
Pour ce Championnat de division 1997-1998, l'ATAC vise à nouveau le maintien. Malgré une intersaison perturbée par l'incertitude, elle commence son recrutement et enrôle notamment le buteur serbe Sladjan Djukic. Le club troyen débutera fort en signant quatre succès lors des quatre premières journées. L'équipe enchaînera ensuite de nombreux matchs nuls. Bien positionnés tout au long du championnat, les hommes d'Alain Perrin seront même en mesure de jouer la place, synonyme de montée lors des trois dernières journées. Avec une victoire et deux nuls, ils termineront cependant à la place sur 22, à trois points seulement du le FC Sochaux, qui accède à la Division 1. Sladjan Djukic sera la révélation de la saison avec ses 17 buts inscrits. Troyes a donc plus que réussi sa saison après son intersaison faite d'incertitude et s'installe définitivement dans le monde professionnel.
Les hommes d'Alain Perrin abordent ce Championnat de division 1998-1999 avec plus d'ambition. En effet, après sa belle place, l'ATAC vise une nouvelle place dans le haut de tableau dans ce championnat passé à 20 clubs au lieu de 22 à l'intersaison. Pour cela, le club va notamment recruter David Hamed, Frédéric Adam et faire revenir Richard Jézierski. L'ATAC débutera son championnat par trois victoires : à domicile (2-1) face à l'AS Cannes, à Beauvais (0-3) et une nouvelle fois à domicile face au Mans (2-1). Après la journée, le club troyen comptera huit victoires, deux nuls et seulement une défaite. La claque reçue lors de la journée à domicile face à l'AC Ajaccio (0-4) ne sera qu'un accident. L'ATAC grâce à son remarquable parcours bouclera sa première partie de saison à la deuxième place, à un point de l'AS Saint-Étienne. Avec sept points d'avance sur le le Stade lavallois, le club est bien parti pour monter en Division 1. Cependant, à partir du mois de février, les résultats vont être d'un tout autre acabit. Troyes ne gagnera que quatre matchs entre la et la journée. Pis, après cette journée, les hommes d'Alain Perrin ne vont décrocher que deux points en cinq matchs. Malgré sa confortable avance accumulée lors de la première partie de saison, le club se retrouve obligé de gagner son dernier match à Cannes pour conserver sa place, synonyme de montée convoitée par le LOSC. Le club lillois a en effet profité des mauvais résultats du club aubois pour revenir sur ses talons. Dans un match tendu, les troyens gagneront à Cannes (0-2) et valideront leur accession aux dépens du LOSC grâce à une meilleure différence de buts. Le célèbre Raphaël Mezrahi, supporter du club aubois, sortira un film nommé "Objectif D1", dans lequel il retracera le parcours du club aubois de la première à la dernière journée avec des images exclusives..
Les grandes heures du club (1999-2002) et son changement de nom thumb|150px|right|Alain Perrin (ici en 2011) a conduit son club de Troyes jusqu'en Coupe de l'UEFA. thumb|150px|left|Tony Heurtebis (1999-2004) 183 matchs. Après vingt-et-un an d'attente, Troyes possède à nouveau un club en Division 1 lors de la saison 1999-2000. Afin de se maintenir, Alain Perrin décide de garder des joueurs cadres qui ont contribué à faire grandir le club, comme le local Mohamed Bradja et l'attaquant serbe Sladjan Djukic. Parallèlement à cela, il opère des choix forts, notamment au niveau des départs, afin de pouvoir renforcer l'équipe. Le prometteur gardien Tony Heurtebis, les expérimentés Frédéric Arpinon et Samuel Boutal, ainsi que l'algérien Rafik Saïfi, seront notamment recrutés afin de donner de l'épaisseur à l'effectif troyen. Le calendrier ne sera pas favorable au promu car, lors des trois premières journées, Troyes aura à affronter le Paris Saint-Germain, l'Olympique Lyonnais et les Girondins de Bordeaux. Ces matchs se solderont tous par une défaite. L'équipe ouvrira son compteur lors de la journée en battant à domicile le RC Strasbourg (2-1). Elle enchaînera même six matchs sans défaite entre la et la journée, dont une victoire à l'extérieur à Lyon (1-3). Après un début de seconde partie de championnat compliqué et une fin de saison riche en victoires (avec notamment une série de quatre victoires en cinq matchs), l’ATAC parviendra à se maintenir lors de la dernière journée en obtenant un match nul à domicile face au PSG (2-2) en terminant à la sur 18.
thumb|150px|left|Jérôme Rothen (2000-2002) 68 matchs, 6 buts.
À l'intersaison, le club est contraint de changer de nom, en raison d'une plainte des supermarchés Atac. Il sera rebaptisé « Espérance Sportive Troyes Aube Champagne » (ESTAC) en 2000..