vignette|Fort de Chittor, Rajasthan.

L'histoire de l'Inde est particulièrement riche et peut se diviser en trois grandes ères : des origines à l'Empire moghol (dynasties musulmanes venues de Perse et d'Afghanistan), dominant jusqu'au milieu du ; la période coloniale européenne, dont l'Empire britannique des Indes comprend alors le Bangladesh et le Pakistan contemporains ; et depuis l'indépendance de l'Inde (1947-).

Depuis 1947, l'histoire de l'Inde est dominée par des conflits répétés avec le Pakistan (les trois guerres indo-pakistanaises de 1947-1948, 1965 et 1971), par la domination intérieure du Parti du Congrès (ancien parti de Nehru et Gandhi) et par des tensions religieuses récurrentes entre hindous et musulmans (émeutes de 1992 et de 2002).

Préhistoire Les premières colonies d'humains modernes en Inde sont estimées à des dates entre 60 et Sakshi Singh et al., Dissecting the influence of Neolithic demic diffusion on Indian Y-chromosome pool through J2-M172 haplogroup, Scientific Reports, volume 6, Article numéro: 19157, 2016. Les plus anciennes traces humaines trouvées en Asie du Sud remontent à environ .. Au début de l'Holocène, l'Asie du Sud est un continent de chasseurs-cueilleurs.

Autour de av. J.-C., la première installation néolithique apparaît sur le sous-continent à Mehrgarh et dans d'autres sites dans l'ouest du Pakistan.. Pendant et après la période néolithique, les agriculteurs dominent la terre, en particulier les vallées fluviales fertiles.

Du millénaire av. J.-C. au Moyen Âge indien Civilisation de la vallée de l'Indus

vignette|redresse|Extension de la civilisation de la vallée de l'Indus (en rose) à partir des zones d'apparition de l'agriculture dans la région (en rouge).

L'Inde connaît une civilisation continue depuis le , depuis que les habitants de la vallée de l'Indus ont développé une culture urbaine fondée sur l'agriculture et le commerce par mer et peut-être par terre avec la Mésopotamie.

Civilisation védique

Cette période est particulièrement mal connue et reste sujette à débats. Durant le , des tribus de pasteurs parlant une langue indo-européenne envahissent le sous-continent à partir du nord-ouest : évoque cette « invasion » et parle de locuteurs indo-aryens, en évoquant cette période. En particulier lorsqu'elle traite du cimetière de la culture H () où certains artefacts différents de ceux d'Harappa. Elle remarque que certains liens ont été faits avec la vallée de la Bolan et les confins indo-iraniens et plus loin jusqu'en Afghanistan et en Iran, bien que les artefacts en question diffèrent. Le deuxième millénaire a vu une activité le long de la frontière nord-ouest avec des chariots et des chevaux, lesquels étaient nouveaux dans le sous-continent, et des allées et venues occasionnelles sur cette frontière ().. En s'installant dans la vallée gangétique, elles assimileraient les cultures précédentes. Cette hypothèse est confirmée par les études génétiques les plus récentes (2017) How genetics is settling the Aryan migration debate, thehindu.com, 16 juin 2017 Study led by Prof. Martin P. Richards, A genetic chronology for the Indian Subcontinent points to heavily sex-biased dispersals, BMC Evolutionary Biology, 23 mars 2017.

C'est durant cette période de l'histoire de l'Inde que les textes hindouistes canoniques, tels que les quatre vedas, les Brahmanas, les Aranyaka et les Upanishad sont composés en sanskrit védique, une forme ancienne du sanskrit. La culture associée à cette période, parfois désignée comme la civilisation védique, se développe au nord et au nord-ouest du sous-continent indien.

La civilisation indienne classique est ainsi fédérée par l’usage du sanskrit qui détermine une aire spatiale et temporelle où l’on emploie le sanskrit comme langue de cultureMichel Angot, « L’Inde, une civilisation ignorée (entretien avec Michel Angot) », La Nouvelle Revue d'histoire, décembre 2012..

Antiquité et Moyen Âge indien

vignette|redresse|Royaumes indo-grecs vers -200. vignette|redresse|Royaumes indo-grecs vers -100.

La fin de la période védique est caractérisée par le renouvellement de la mythologie. La divinité est maintenant adorée sous des formes diverses selon les deux grandes écoles de l'hindouisme : le shivaïsme et le vishnouismeDupuis, ibid., 2005, p. 59.. L'apparition du bouddhisme au avant l'ère chrétienne introduit en Inde une religion de délivrance et de charité. La prédication de Bouddha peut se développer sans rencontrer de trop fortes résistances dans une société où l'emprise du brahmanisme n'est pas encore aussi étendu ni le système des castes aussi rigide qu'il le deviendra par la suiteDupuis, ibid., 2005, p. 61-63.. Contemporain du bouddhisme par son fondateur historique, le Mahâvîra, le jaïnisme implique comme celui-ci le rejet du système des castes et de la domination des brahmanes.

Politiquement, au cours du av. J.C., le royaume de Magadha annexe ou réduit d'autres États pour émerger comme entité principale parmi les différents royaumes qui occupent l'espace de l'Inde ancienne. Il est également le berceau de l'Empire maurya (321 à 185 av. J.-C.) qui parvient à contrôler la totalité du sous-continent à l'exception de l'extrême sud, tout en laissant de grandes zones autonomes. Les rois maurya sont connus pour la construction de leur empire et pour leur gestion de la vie publique, notamment Ashoka qui renonce au militarisme et propage le dharma bouddhique Upinder Singh, A History of Ancient and Medieval India: from the Stone Age to the Century, 2009, Logman.

La conquête d'Alexandre le Grand (franchissement de l'Indus en 326) introduit dans l'histoire indienne la première donnée chronologique sûre par référence à l'historique grecque. Dans le morcellement territorial qui fait suite à la mort d'Ashoka, les royaumes indo-grecs qui dominent le Pendjab et le Saurashtra maintiennent le lien entre la Méditerranée et le monde indien. Le sanskrit devient la langue officielle des États indiens avec le prâkrit.

Parmi les diverses invasions du début de l'ère chrétienne, l’une d’entre elles réussit et crée l'Empire kouchan, un vaste État qui s'étend du Tadjikistan à la mer Caspienne et à l’Afghanistan et, vers le sud, à la vallée du Gange. À son apogée, sous le règne de Kanishka se crée une première route de la soie entre l'Empire des Han et la Méditerranée romaine. Kanishka est également un protecteur du bouddhisme et la disposition géographique de son empire permet le passage du bouddhisme mahāyāna « grand véhicule » en pays chinois.

La carte politique de l'Inde antique et médiévale est composée de royaumes innombrables aux frontières fluctuantes. Aux , le nord de l'Inde est unifié sous la dynastie des Gupta. Cette période est considérée en Inde comme un âge d'or, la civilisation hindoue ayant atteint un apogée inconnu jusqu'alors. Considéré comme un Empire en raison de son étendue et de sa puissance, l'Empire des Gupta s'avère peu centralisé. Du point de vue religieux, l'époque est marquée par la cohabitation du brahmanisme (qui se transforme en hindouisme) et du bouddhisme, ce dernier connaissant alors son dernier éclat en Inde, avant de connaître un reflux face au premier. Il est impossible de savoir si l'Empire Gupta succombe sous les coups des Huns ou du fait de forces internes de dislocationDupuis, ibid., 2005, .

L'idée d'un Moyen Âge indien succédant à l'Antiquité est essentiellement un décalque superficiel de l'histoire occidentale appliquée à l'IndeDupuis, ibid., 2005, .

Antiquité et Moyen Âge indien Royaume gréco-bactrien, Royaumes indo-grecs, Royaume indo-parthe Empire kouchan, Royaume kidarite (320-467) Shvetahûna (Huns Hephtalites) Alkhon (Alakhana, 360-670), Toramana (roi de 493 à 515 environ)

Période indo-musulmane et affirmation de l'hindouisme Conquête musulmane

La conquête musulmane débute en 712 avec la prise du Sind par Muhammad ibn al-Qasim qui l'établit comme sa base stratégique. Les hindous obtiennent la liberté de pratiquer leur religion en payant la taxe nommée jizyaDupuis, ibid., 2005, .

La poursuite de l'invasion dans le Nord de l'Inde échoue pendant trois siècles face aux troupes des rois hindous. Les royaumes hindous de la plaine gangétique sont morcelés. Deux pays apparaissent dans l'histoire vers les s : le Népal et le Cachemire. Le Deccan demeure hors d'atteinte des expéditions musulmanes. La dynastie Chalukya règne sur une grande partie de l'Inde du Sud et centrale entre le et le . Le Sud dravidien est tout aussi morcelé que les pays du Nord.

D'un point de vue culturel, il n'existe aucune coupure entre la civilisation de l'Antiquité et celle dénommée pour des raisons pratiques Moyen Âge. seulement une transformation progressive de l'art, de la pensée et de la vie religieuseDupuis, ibid., 2005, .

Sultanat de Delhi (1206–1526)

vignette|redresse|Sultanat de Delhi (1206-1526).

Aux , des Turcs et des Afghans envahissent l'Inde et établissent des sultanats. Du au , l'Inde du Nord est dominée par les sultans turco-afghans (sultanat de Delhi), et l'Inde méridionale par les dynasties hindoues Chola et du Vijayanagar. Durant cette période, les deux mondes - l'hindou dominant et le musulman dirigeant - se mélangent et connaissent des influences culturelles croisées.

Dans la majeure partie de l'Inde, l'hindouisme élimine peu à peu les communautés bouddhistes et jaïnistes qui avaient longtemps bénéficié de la faveur des souverains sans pour autant parvenir à gagner un enracinement suffisant dans la foi et les pratiques populaires. Le jaïnisme se maintient principalement au Gujarat. Le bouddhisme se restreint à Ceylan et aux hautes régions de civilisation tibétaine. L'hindouisme prend un aspect beaucoup plus mystique désigné sous le terme de bhakti ce qui rend les cultes religieux beaucoup plus accessibles à la masse des fidèles. Se développent les cultes de Krishna et de RadhaDupuis, ibid., 2005, .

Empire moghol (1526–1857)

vignette|redresse|Extension de l'Empire Moghol durant le règne d'Akbar (vert foncé) et conquêtes durant le règne d'Aurangzeb (vert intermédiaire). En vert clair, l'état du Gondwana tributaire de l'Empire.

Cet empire est fondé en Inde par Babur, le descendant de Tamerlan, en 1526, lorsqu'il défait Ibrahim Lodi, le dernier sultan de Delhi à la bataille de Pânipat.

Période marathe (1674–1819)

Comme son nom l'indique, l'Empire marathe, sursaut hindouiste contre le pouvoir des Moghols, trouve son origine dans la région qui forme maintenant l'État du Maharashtra. Au , Shivaji dirige une rébellion contre l'empire Moghol. Sous son règne et sous celui de son fils Sambhaji, le territoire marathe s'étend sur la vallée du Gange et une grande partie de l'Inde centrale. Après la mort de Shivaji, Aurangzeb marche sur le Dekkan avec l'intention d'en finir avec l'Empire marathe. Neuf années de guerre s'ensuivent qui s'achèvent par la capture de Sambhaji et sa mise à mort. Son frère cadet, Rajaram, lui succède et cherche à venger la mort de son aîné durant les dix années qui suivirent, jusqu'à sa propre mort. Sa veuve déplace la capitale de l'empire à Kolhapur et continue son combat.

Période coloniale Inde portugaise (1510–1961)

Inde danoise (1620–1845)

Inde néerlandaise (1605–1825)

Inde française (1668–1954)

Inde britannique (~1750–1947)

Conquête britannique et résistances (1750–1857)

vignette|redresse|The East Indies, with the Roads, carte de Thomas Jefferys, 1768.

Le premier avant-poste anglais en Asie du Sud est établi en 1619 à Surate sur la côte du nord-ouest de l'Inde. Plus tard au cours du même siècle, la Compagnie britannique des Indes orientales ouvre des comptoirs de commerce permanents à Madras, Bombay et Calcutta, sous la protection des dirigeants indigènes.