Sainte-Marie-aux-Mines (en alsacien : Màrkirich) est une commune française située dans la circonscription administrative du Haut-Rhin et, depuis le , dans le territoire de la collectivité européenne d'Alsace, en région Grand Est. Sainte-Marie-aux-Mines, et, en l'an II de la République, Mont-Libre puis Val-aux-Mines, se trouve à d'altitude à proximité du col de Sainte-Marie.

Cette commune se trouve dans la région historique et culturelle d'Alsace mais est traditionnellement une ville-frontière entre la Lorraine et l'Alsace. Ses habitants sont appelés les Sainte-Mariennes/Sainte-Mariens.

Géographie Localisation vignette|gauche|La haute vallée, vue du col des Bagenelles. vignette|gauche|Sainte-Marie-aux-Mines et les communes environnantes.

Sainte-Marie-aux-Mines s'adosse au massif des Vosges et occupe une jolie vallée en V où coule la Lièpvrette naissante. Celle-ci est rejointe en aval de Sainte-Marie-aux-Mines par trois vallées affluentes qui se faufilent dans les massifs montagneux des trois Rombach : Le Petit Rombach, le Grand Rombach et Rombach-le-Franc. La vallée de Sainte-Marie-aux-Mines appelée aujourd'hui le Val d'Argent comprend cinq communes : Aubure, Lièpvre, Rombach-le-Franc, et Sainte-Croix-aux-Mines. Si le centre-ville est à environ d'altitude, le territoire communal s'élève jusqu’à .

On peut rejoindre la Lorraine voisine par le col de Sainte-Marie (), qui constitue le chemin le plus direct, plein ouest, ou par le col des Bagenelles (), au sud-ouest, qui mène au col du Bonhomme et à la route des Crêtes. Au sud-est, le col Haut de Ribeauvillé () donne un accès direct à l'ancien chef-lieu d'arrondissement, situé à , mais la ville de Sélestat dans le Bas-Rhin, qui n'est qu'à par la vallée (plein est), représente un pôle d'attraction supérieur. Sainte-Marie-aux-Mines est bordée des deux côtés par de hautes montagnes qui forment la chaîne des Vosges. La rivière, la Lièpvrette que les anciens habitants nommaient le Landbach, c'est-à-dire le ruisseau provincial, séparait autrefois la ville en deux parties et en deux paroisses distinctes, dont l'une dépendait du diocèse de Strasbourg sous l'archiprêtrise ou chapitre rural de Sélestat et l'autre de la Lorraine.

Depuis la Révolution, non seulement la ville a été réunifiée mais encore plusieurs hameaux ont été annexés à Sainte-Marie-aux-Mines : Saint-Blaise, Fertrupt, Échéry, le Rauenthal et la Petite Lièpvre. Le territoire communal représente ainsi plus de , ce qui le place parmi les plus étendus en FranceMais tout de même loin derrière un certain nombre, comme Santo-Pietro-di-Tenda avec . Néanmoins Sainte-Marie-aux-Mines fait partie de cette catégorie car seules 3,5% des communes françaises dépassent de superficie. Source : ..

Communes limitrophes

Géologie Les filons métallifères répandus dans les gneiss affleurant autour de Sainte-Marie-aux-Mines sont particulièrement prolifiques en termes de gitologie minière, avec en leur sein de nombreux minéraux renfermant notamment du cuivre, de l'argent, de l'arsenic, du plomb, du zinc, du nickel, du fer, du cobalt, voire parfois de l'antimoine, du bismuth, de l'uranium, ou du manganèse. Le territoire communal abrite aussi un gisement houiller résiduel du bassin de la vallée de Villé..

vignette|Vue sur l'entrée de la ville de Sainte-Marie-aux-Mines.

Hydrographie Réseau hydrographique La commune est dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par la Lièpvrette, le ruisseau de Rauenthal, le ruisseau du Chaufour, le ruisseau l'Adelsbach, le Fischthal et le ruisseau Robinot..

La Lièpvrette, d'une longueur de , prend sa source sur le territoire communal, non loin du col des Bagenelles à d'altitude. et se jette dans le Giessen à Châtenois, après avoir traversé . Les caractéristiques hydrologiques de la Lièpvrette sont données par la station hydrologique située sur la commune de Lièpvre. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 21/05/2024 à 02:05 TU à partir des 706 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/01/1965 au 01/04/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le même jour..

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Sainte-Marie-aux-MinesLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Gestion et qualité des eaux Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Giessen Lièpvrette ». Ce document de planification concerne les bassins versants du Giessen et de la Lièpvrette. Son périmètre s’étend sur . Il a été approuvé le . La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est le Syndicat des eaux et de l'assainissement Alsace Moselle..

La qualité des cours d’eau peut être consultée sur un site géré par les agences de l’eau et l’Agence française pour la biodiversité..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental. et est dans la région climatique Vosges, caractérisée par une pluviométrie très élevée ( à ) en toutes saisons et un hiver rude (moins de ).. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Sainte-Croix-aux-Mines à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .

Urbanisme Typologie Au , Sainte-Marie-aux-Mines est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient avec Sainte-Croix-aux-Mines à l'unité urbaine de Sainte-Marie-aux-MinesUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie., une agglomération intra-départementale regroupant deux communes, dont elle est ville-centreDans une agglomération multicommunale, une commune est dite ville-centre lorsque sa population représente plus de 50 % de la population de l’agglomération ou de la population de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Sainte-Marie-aux-Mines comprend une ville-centre et une commune de banlieue... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Sainte-Marie-aux-Mines, dont elle est la commune-centreLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (79,4 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (79,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (79,3 %), prairies (15 %), zones urbanisées (3,5 %), zones agricoles hétérogènes (1,7 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (0,5 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (0,1 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Lieux-dits, hameaux et écarts Altenberg, Adelspach, Bourgonde, Brifosse, Clésio, la Côte d'Échéry, Échéry, Faunoux, Fenarupt, Fertrupt (anciennement appelé Fordelbach), Haut de Faîte, la Haute Broque, le Haycot, Hergauchamps, la Petite Lièpvre (Kleinleberau), Mongoutte, le Petit Haut, le Rauenthal (le Fond-nu), Saint-Philippe, Saint-Pierre sur l'Hâte, Surlattes (Zillhardt).

Voies de communication et transports Par la route, Sainte-Marie-aux-Mines se situe au carrefour de la route nationale 59 qui passe par le col de Sainte-Marie-aux-Mines () ou par le tunnel Maurice-Lemaire qui passe sous ce col, et de la D 48 qui passe par celui des Bagenelles ().

La ville a été reliée au chemin de fer le lors de la construction du tronçon de Sélestat à Sainte-Marie-aux-Mines de la future ligne de Sélestat à Lesseux - Frapelle. La ligne avait été prolongée jusqu'à Lesseux - Frapelle et inaugurée le , mettant ainsi en service la ferroviaire des Vosges par le tunnel de Sainte-Marie-aux-Mines. Ce tunnel long de était le plus long tunnel ferroviaire établi entièrement en territoire français. À cette occasion, la gare de Sainte-Marie-aux-Mines a été déplacée. L'inauguration s'est déroulée en présence du président de la République française Albert Lebrun. La ligne permettait notamment une liaison directe entre Colmar et Nancy via Saint-Dié-des-Vosges. La section de Sainte-Marie-aux-Mines à Lesseux - Frapelle est fermée le 1973 à la suite de la transformation (pour une durée limitée à l'époque) du tunnel ferroviaire en tunnel routier. Celui-ci porte aujourd'hui le nom de tunnel Maurice-Lemaire. La section de Sélestat à Sainte-Marie-aux-Mines est fermée au trafic des voyageurs le 1980 et le service transféré sur route. La liaison entre Sélestat et St-Dié est aujourd'hui réalisée par la ligne 20 des navettes autocar du réseau TER Grand-Est.

Pour les déplacements à l'intérieur de la ville, la municipalité a mis en place depuis 2015 un service de transport à la personne circulant le mardi et le vendredi sur réservation..

Toponymie La dénomination de Sainte-Marie-aux-Mines a varié au cours de l'histoire : on trouve dans les documents latins Fanum Sanctae Mariae (temple de Sainte Marie), Sancta Maria ad Fodinas, Sancta Maria (1078) ; par traduction du latin, elle est dénommée en langue allemande Markirch (1441) ou bien Mariakirch, et Màrkirich en alsacien ; enfin, les autorités révolutionnaires optent d'abord pour un nom laïque, Val-aux-Mines, avant d'en revenir à Sainte-Marie-aux-Mines à partir de 1793.