La famille Delpech de Frayssinet, anciennement Delpuech ou Delpech, est une famille française, originaire du Rouergue et du Quercy, qui subsiste à travers une branche dont l'auteur exerçait la profession de notaire au .

Histoire Il est fait mention que « Pierre Delpuech, procureur du roi en la cour royale de Villefranche, rendit hommage le à la reine Marguerite de Valois pour un jardin et deux vignes situés en la juridiction de Villefranche, franches et allodiales, et d'autres fiefs, rentes et possessions nobles ou allodiales qu'il a et peut tenir dans ledit comté de Rouergue relevant du roi » et que « Antoine Del Puech, habitant de Villefranche de Rouergue, fit le démembrement par devant les seigneurs présidents trésoriers de la généralité de Montauban des fiefs francs et honoraires qu’il tient de Sa Majesté des villages de Douzoulet et Mazières et terroirs de Las Roques, et de diverses rentes, avec censive annuelle, droits de lods et vente, directe juridiction jusqu’à 60 sols et autres droits, la justice haute appartenant au roy, à cause de sa châtelainie de Najac »Aimé B. d'Agnières, Armorial spécial de France, Paris, 1876-1877, page 155.Inventaire sommaire des archives départementales de l'Aveyron, et Annales de Villefranche.. On retrouve aux archives le Pierre Delpuech, écuyer, procureur du roi au sénéchal de Villefranche, qui fait « reconnaissance le à Marguerite de Valois pour une vigne et un jardin à Villefranche », et son frère « Jean Delpech, marié à Villefranche en 1593 à Perette Dardenne », qui « succéda à Guillaume Delpuech comme juge à Saint-Sernin de RouergueH. de Barrau, Documents historiques, II, ..

Dans les Archives généalogiques et historiques de la noblesse de France, Louis Lainé mentionne, sans les relier, un Antoine Del Pech, viguier de la justice royale de Najac, « marié à Marguerite del Rieu, fille de Pierre du Rieu, coseigneur de Najac où il teste en 1469, et de Astruguette de Grière » P. Louis Lainé, J. J. L. Lainé, Archives généalogiques et historiques de la noblesse de France, volume 3, 1830, page 3., et une « Antoinette del Pech, mariée à noble Jean du Rieu, seigneur de la Lantairie dont elle était veuve en 1585 » et qui avait pour armes « De sable à l'aigle d'or, à l'épée de gueules brochant sur le tout » P. Louis Lainé, J. J. L. Lainé, Archives généalogiques et historiques de la noblesse de France, volume 3, 1830, page 12.. Cette variante des armes enregistrées plusieurs fois pour cette famille par l'Armorial général de France, mais avec un lion à la place de l'aigle, ont aussi été portées par Jean del Puech, seigneur de Soulages, marié à Françoise de Rouviac, dont la fille Catherine a épousé à Rebourguil le Jean de Martrin, seigneur d'Esplas à Rebourguil, capitaine-châtelain de Roquecézières pour le roi Charles VIIIMaison de Martrin-Donps, 1863.

Gustave Chaix d'Est-Ange, dans son Dictionnaire des familles françaises, écrit en 1906 que la famille Delpech de Frayssinet est une « famille d'ancienne bourgeoisie du Rouergue et du Quercy ». Il ne donne aucun élément généalogique et lui attribue par erreur comme armes « D'azur à un lion d'or grimpant sur une montagne adextrée d'argent ; au chef cousu de gueules chargé de trois étoiles d'argentGustave Chaix d’Est-Ange Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du (1914), tome XIII, page 265. ». Pierre-Marie Dioudonnat dans Encyclopédie de la fausse noblesse et de la noblesse d'apparence ajoute en 1994 « titre de vicomte sans fondement connu »Pierre Marie Dioudonnat, Encyclopédie de la fausse noblesse et de la noblesse d'apparence, Sedopols, 1994, page 237.Le Simili-Nobiliaire français, Sedopols, 2002, page 177..

En 1935, dans son ouvrage Châteaux de l'ancien Rouergue, Henry d'Yzarn de Freissinet de Valady écrit : « la famille Delpech de Frayssinet [...] était noble, car elle figure avec la qualité d’écuyer dans nombre d’actes du et du , postérieurement à la recherche qui épura définitivement les usurpations de noblesseHenry d'Yzarn de Freissinet de Valady, Les châteaux de l'ancien Rouergue, volume 2, Imprimerie de P. Carrère, 1935, page 97. ». Il précise que « Les fiefs de Fraissinet et de la Griffoul sont passés à la famille Delpech, originaire, croyons-nous, de Villefranche, mais pourvue, au dix-septième siècle, de sièges dans la justice royale de Najac et toujours mentionnée dans les documents des dix-septième et dix-huitième siècles avec la qualité d'écuyer, et qui ajoute dès lors à son nom celui du premierHenry d'Yzarn de Freissinet de Valady, Les châteaux de l'ancien Rouergue, volume 2, Imprimerie de P. Carrère, 1935, page 65. ». Il mentionne par ailleurs que le fief de Frayssinet et la Griffoulhe se trouvent sur la paroisse de Bar et qu'un « Noble Antoine Dupuy est désigné avant 1582 comme curateur de Jean de Bar, seigneur du lieu, veuf d'Anne de Lavalette-Parisotd'Yzarn de Freissinet de Valady, Les Châteaux de l'ancien Rouergue, volume 2, Imprimerie de P. Carrère, 1935, page 11.». Il ajoute que « Marguerite Monlauseur, fille de Claude et de Marie du Rieu, et veuve en 1720 de Maître Pierre Delpech, ancien procureur du roi en la viguerie de Najac, décédé avant 1720, fut le père de Joseph Delpech, sieur de Frayssinet, bachelier ès droits, en son domaine de la Borie, paroisse de Lunac, qu’elle avait apporté dans la famille Delpech de Frayssinet ».

En 2009, Pierre Hocquellet dans Armorial général du Rouergue, écrit que les membres de cette famille portaient des qualificatifs nobiliaires en étant bourgeois de Caylus et de Villefranche; il mentionne Jean Delpech, écuyer, marié en 1612 à Caylus avec Claire Delom, fille d'Antoine, seigneur de Lart et de Félines, et de Claire de Lavalette-Parizot, qui ont pour fils Jean Delpech, noble, marié le , à Villefranche de Rouergue, avec Marie de Bonal, et son frère Guillaume, seigneur de la Madelle et de la Grèze, premier consul de Caylus en 1672, juge au présidial de Cahors, marié en 1637 à Caylus avec Anne de Marcilhac, fille de François de Marcilhac, noble, seigneur du Fouilhet, et de Anne de Lavalette-ParisotArmorial général du Rouergue, CGR, Rodez, II, 515..

Il indique que la famille de Delpech de Frayssinet qui subsiste descend de Pierre Delpech del Perié (1736-1767), cadet de cette famille, qui a exercé la fonction de notaire tout en portant le titre d'écuyer, et a été condamné pour usurpation de noblesse en août 1760 à une amende de , réduite par la suite à 600 livres.

Cette famille n'est ni mentionnée dans l'ouvrage de Régis Valette qui a pour titre Catalogue de la noblesse française subsistante (2007) ni dans celui d'Arnaud Clément qui a pour titre La noblesse française (2021).

Généalogie

Personnalités François Delpech de Frayssinet (1699-1763), capitaine de dragons, chevalier de Saint-Louis, participa comme capitaine de cavalerie à la bataille de Dettingen dont il fait la relation dans une lettre. Il signait del Pech del PeriéAimé B. d'Agnières, Armorial spécial de France, A Quantin, 1877.. Marié en 1732 à Françoise Perié, fille de Joseph Perié, bourgeois de Sauveterre, et de Anne Landès. Pierre Delpech del Perié (1736-1767) fils du précédent, conseiller du roi puis notaire, a épousé sa cousine Marguerite Merlin, tante de Raymond Merlin (1767-1839), député-maire de RodezHenri Affre, Les hommes remarquables de l'Aveyron. Biographies aveyronnaises, 1881, .. Il devient premier consul de Sauveterre-de-Rouergue. Jean-Antoine Delpech (1760-1849), avocat au parlement de Toulouse, maire de Sauveterre-de-Rouergue, administrateur du Département de l'Aveyron. Il figure dans le rôle des biens et revenus nobles de l'Élection de Villefranche pour la période 1781-1786Jean-Antoine Delpech del Perié, étudiant en droit à Villefranche; AD12 C116.. Il n'a pas été convoqué à l'assemblée primaire provinciale de 1789, mais vint la même année à Paris lire une « Adresse à Nosseigneurs de l'Assemblée Nationale par les habitants de Sauveterre et de ses environsLes Comités des droits féodaux, Sagnac et Caron, Paris, 1909, Laffite reprint.», il signait alors Du Puy, et fut ensuite « député devant la Convention où il fut révoqué pour avoir clamé trop haut lors de l'instruction du procès de Louis XVILouis Hastier, Nouvelles révélations sur Louis XVII, 1954 et Réflexions de Nicolas Bergasse ancien député à la Constituante, .». Il a épousé en 1784 à Villefranche sa cousine Thérèse Mazars, fille de François-Antoine Mazars et de Anne de Gaston de Pollier.

droite|150px|vignette|Édouard Delpech, doyen de la faculté de droit, portrait à l'huile Édouard Delpech (1790-1864), fils du précédent, né à Sauveterre, jurisconsulte, doyen de la faculté de Droit de ToulouseRoman d'Amat, Dictionnaire de biographie, où à partir du Premier Empire il s'intéressa à la rhétorique parlementaireA publié De l'Éloquence parlementaire en France au , Toulouse, Rouget et Delahaut, in-8°, puis défendit la nouvelle forme rationnelle d'enseignement du droit<ref>Toulouse et son université. Faculté et étudiants dans la France provinciale, John M. Burney, 1994, , Toulouse, PU du Mirail-CNRS. Son portrait se trouve sur la couverture. Edouard Laboulaye [René Lefèvre], De l'enseignement du droit en France et des réformes dont il a besoin, et sq, Paris, Durand, rue des Grès, 1839</ref>, avec une conception du Droit naturel qui est proche de celle de la Législation primitive de Louis de Bonald« M. Delpech envisage le droit du point de vue religieux. Son enseignement jouit d'une juste célébrité dans tout le Midi de la France. Nous serons prochainement à même de publier plusieurs fragments de ce cours remarquable, en commençant par les leçons de M. Delpech sur le Droit naturel, envisagé comme base de la législation. » « De l'Enseignement du droit, fragment de la leçon d'ouverture du cours de Code civil à la faculté de Toulouse », in Revue de législation et de jurisprudence, série, tome 11, Paris, 9 rue des Beaux-Arts, janvier-juin 1840, ., il fut élevé au décanat en 1856Antoine Thomas et alii, Annales du Midi, volume 82, , Université de Toulouse. Olivier Devaux, « Biographie des enseignants de la faculté de droit de Toulouse ». dans EHDIP, . Il est le père de trois enfants: François-Xavier Delpech, docteur en droitThèse en 1862 sur Le Régime dotal., jésuite, curé métropolitain de Notre-Dame du Taur à Toulouse, Victor Delpech (1835-1887), ethnologue, missionnaire au Maduré en Inde, Delphine Delpech mariée à Jean d'Armagnac de Castanet.

150px|right|thumb|Ex libris vers 1840