L'Eurocopter EC665 Tigre est un hélicoptère d'attaque franco-allemand développé et construit par Airbus Helicopters, anciennement Eurocopter. Depuis le changement de dénomination sociale d'Airbus Helicopters, il est commercialisé sous l'appellation Tiger.

Histoire vignette|gauche|upright=1.5|Prototype du Tigre HAC au salon du Bourget de 1991.

Les premières discussions franco-allemandes sur l'hélicoptère Tigre ont eu lieu en 1975. En 1984, les gouvernements allemand et français définirent leur demande pour un hélicoptère multirôle pour le champ de bataille. Les entreprises retenues furent l'Aérospatiale et MBB qui travaillèrent en coopération.

Ce fut le deuxième hélicoptère spécifiquement conçu pour les théâtres de combat européens. En Italie, un hélicoptère du même type avait déjà fait un premier vol : l'Agusta A.129 Mangusta.

Après une longue période de gestation peu fructueuse et en raison de son coût élevé, le programme fut d'abord annulé en 1986 puis repris l'année suivante. En , la société Eurocopter reçut un contrat pour fabriquer cinq prototypes dont une version allemande antichar et une version française d'escorte. Le premier prototype vola le . Lorsque les divisions Hélicoptères des sociétés Aérospatiale et MBB fusionnèrent en 1992 pour former le groupe Eurocopter, le programme Tigre y fut intégré.

Dès 2001, le programme Tigre a été placé sous la responsabilité de l'organisation conjointe de coopération en matière d'armement européenne Le programme Tigre, sur le site de l'organisation conjointe de coopération en matière d'armement.. À la France et à l'Allemagne qui ont démarré le programme, s'est jointe l'Espagne en 2004 et la coopération avec l'Australie a été formalisée en 2009.

En parallèle, le retrait des exemplaires australiens du Tigre est prévu par l'armée australienne, en date de 2023, pour 2025.. Il avait été envisagé en 2016 de les retirer à partir de 2020..

Développement Caractéristiques vignette|upright=1.5|Un Tigre allemand.

En 2007, l'hélicoptère Tigre commence seulement son expérimentation opérationnelle dans l'aviation légère de l'armée de terre française. À ce titre, ses capacités sont alors moins connues du grand public que celles d'hélicoptères concurrents (AH-64 Apache, Mi-28…) mais l'hélicoptère franco-allemand Tigre est un engin aux performances proches : pesant jusqu'à au décollage, équipé d'un rotor quadripale de de diamètre et motorisé par deux turbines MTR390 de de puissance chacune et d'une masse unitaire de seulement . Grâce à une cellule entièrement en matériaux composites, l'ensemble de la structure est allégé et s'en trouve plus maniable, avec une suppression des criques métalliques et un renforcement de la résistance en cas de crash au sol. Son fuselage est relativement étroit avec . La masse du Tigre est 40 % inférieure à celle de l'AH-64 Apache qui a servi de référence lors de la conception du Tigre. Les deux tonnes gagnées grâce à la structure composite du Tigre sur la structure métallique de l'Apache lui permettent une plus grande autonomie..

L'excellente manœuvrabilité, conséquence de sa cellule en matériau composite, avec des limites d'accélération de /, lui permet de faire un looping, de se déplacer agilement à travers les différents théâtres d'opération, notamment les montagnes. Le Tigre peut aussi se déplacer en marche arrière à la vitesse de , en translation latérale droite de , en translation latérale gauche de où l'entraîne le couple moteur.

Le Tigre doit largement sa légèreté à sa structure constituée à 80 % de matériaux composites, essentiellement du Kevlar et de la fibre de carbone. La furtivité radar, thermique et visuelle a été travaillée dès la conception, l'appareil renvoie une image radar et infrarouge minimale, grâce entre autres à la conception géométrique des surfaces, aux peintures absorbantes utilisées et au système réducteur de signature thermique appliqué à l'échappement des turbines.. Celles-ci sont par ailleurs séparées par une plaque blindée afin d'éviter la perte des deux en cas d'impact direct sur l'une d'entre elles.

Le Tigre atteint la vitesse de ( en piqué) dans sa version HAD. Son autonomie est de sans réservoir supplémentaire lorsqu'il vole à sa vitesse économique de . Avec un réservoir supplémentaire, le Tigre peut accompagner un NH90 avec ses à son rayon maximal de , pour sécuriser la zone de poser, attendre la fin d'une opération de commando de type fouille de village ou évacuation sanitaire par exemple, puis couvrir la zone d'extraction en fin de l'opération. Cette capacité du couple Caïman/Tigre révolutionne les manœuvres en combat aérien en prenant l'ennemi de vitesse..

Il ne nécessite qu'une faible maintenance pouvant être effectuée directement sur le théâtre des opérations avec une équipe de , quatre ou cinq fois moins importante que pour les hélicoptères concurrents. Comme sur la plupart des hélicoptères de combat, pilote et chef de bord sont placés l'un derrière l'autre, ce qui permet de réduire la largeur de l'appareil et donc sa vulnérabilité aux tirs frontaux ennemis. Le chef de bord est placé à l'arrière de l'appareil. Aussi, pour améliorer sa visibilité, son siège est légèrement surélevé par rapport à celui du pilote.

Les pilotes sont équipés d'un viseur de casque « TopOwl », qui leur permet une meilleure vision de l'environnement tactique. Le casque présente aussi une vision de nuit intensifiée, directement projetée sur la visière aux performances égales aux jumelles de vision nocturne qui sont, elles, encombrantes et moins intuitives d'utilisation pour le pilote..

Caractéristiques du casque. :

Champ de vision binoculaire à 40° Intensificateur d'image modulaire intégré FLIR (Forward looking infrared receptor soit imagerie infrarouge frontale ; pas forcément de rapport avec la société Flir) Compatible avec la suite complète d'armes : fusils, roquettes, missiles Masse sur tête : < Doublure de casque personnalisée à la tête de pilotage Protection laser Lip light (petite lampe pour voir l'intérieur du cockpit) Capacités d'affichage intégrées: Symbologie de contour Image vidéo matricielle (FLIR) Image intensifiée sécurisée OWS (Obstacle Warning System soit système d'avertissement d'obstacle) Vision nocturne intensifiée Réalité augmentée Symbologie de vol et de tir

Versions et armement Le Tigre se décline en quatre versions : UHT () version destinée à l'armée allemande, spécialisée dans la lutte antichar. Son viseur est monté au-dessus du rotor principal, elle est armée d'une mitrailleuse de calibre , deux paniers de de et en option d'un canon installé dans une nacelle accrochée sous une ailette. Les missiles sont des (portée ) ou Trigat-LR (portée ) HAP (Hélicoptère Appui Protection). Version des premiers Tigre de l'armée française, armée avec la tourelle-canon THL 30, de quatre paniers de de contenant de chacune dont le tir en salve permet de saturer une zone de et de détruire un véhicule faiblement blindé à , de quatre missiles air-air à guidage infrarouge de type « tire et oublie » (portée et charge explosive de ). Suivant le positionnement de la cible le le mieux positionné est automatiquement sélectionné par le système d'arme. Lors de l'opération Harmattan les Tigre de l'ALAT ont tiré six missiles air-air Mistral 2, dont au moins trois avec succès, contre des cibles terrestres (la signature thermique du moteur d'un char permet d'accrocher la tête du missile). HAD (Hélicoptère Appui Destruction) même armement que le HAP plus antichars AGM-114 Hellfire dans sa version K1A à charge antichar heat ou N1 à charge thermobarique à effet de souffle anti-infrastructure (Portée ).. La puissance des deux turbines est augmentée de 14,5 % afin d'augmenter la masse au décollage de . Remplacement du viseur tête haute par le viseur de casque « TopOwl ». Intégration d'un interrogateur IFF avec une double antenne sur le nez et une sur la dérive. Mise en place d'une protection thermique sur la poutre de queue. Le standard Mk2 bénéficie de l'emport des missiles à guidage laser . La puissance de la motorisation est augmentée et la suite de guerre électronique est améliorée. Le standard Mk3 remplacera les missiles Hellfire par le futur missile de MBDA et l'autoprotection bénéficiera de la mise au point d'un système de détection des tirs d'armements légers. ARH () version dérivée du HAP, développée pour l'Australie et armée antichars AGM-114 Hellfire dans sa version K1A (Portée ), deux paniers de de et deux paniers de de .

Dans ses versions HAP, HAD et ARH il dispose, de jour comme de nuit, d'une grande précision de tir. Ses systèmes de visée calculent instantanément la trajectoire de la cible. Un mode de tir avec le viseur du casque permet aussi d'asservir la tourelle-canon au mouvement de la tête du pilote ou du chef de bord qui vise la cible du regard en alignant son réticule de cible. Le système de conduite de tir désigne la cible avec la tourelle-canon en quelques dixièmes de seconde (vitesse angulaire 80°/s) en tenant compte des mouvements du casque, de l'hélicoptère, ce qui autorise des tirs de réaction particulièrement efficaces. La tourelle-canon dont le poids est de a un débattement de +/-90° horizontalement et -25/+28° verticalement. La précision du pointage est de 1/ de radian, soit à . Le tir d'un obus de calibre , de jour ou de nuit, sur une cible mobile ou immobile, terrestre ou aérienne, offre une probabilité de placer neuf obus sur dix dans une cible de de diamètre à , six obus sur dix à et reste capable de neutraliser des cibles à une distance de .. Lors de l'opération Harmattan les Tigre de l'ALAT ont neutralisé avec leur canon des chars T-72 en détruisant leurs antennes et leurs optiques de visée. La puissance de feu d'un Tigre HAD avec ses de calibre , ses huit missiles air-sol et ses quatre missiles air-air est évaluée comme équivalente à celle de six hélicoptères Gazelle par l'armée française..

Avionique

L'avionique comprend les éléments suivants : une paire de bus de transfert de données redondants ; quatre écrans couleur multifonctions, deux pour le pilote et deux pour le chef de bord ; des systèmes de navigation autonomes ; un système de pilote automatique qui prend notamment en compte la position angulaire du canon pour compenser le recul lors des tirs; un générateur de cartes numériques ; des détecteurs d'alerte radar et laser de type RWR de Thales systèmes Aéroportés qui couvrent 360° autour de l'appareil et indique en l'origine de la menace détectée et son type en recherchant dans la bibliothèque électronique embarquée dans le système informatique du Tigre. Une centaine de combinaisons de leurrage sont alors possibles d'un DDM (détecteur de départs missiles) de type DDMAN/AAR-60 d'EADS-LFK qui repère la plume ultraviolette du missile au moment de son allumage. Le DDM est associé au lance-leurres Saphir M de MBDA qui contient deux paniers de de leurres électromagnétiques ou infrarouges par panier.

Coût du programme

Le programme du Tigre en France a subi plusieurs modifications de cible et de délais conduisant à une augmentation du coût unitaire de 78,10 % et un étalement de livraison, le dernier exemplaire sera livré en 2020 alors qu'il aurait dû l'être en 2013.

Le coût initial du programme était fixé à pour une cible de répartis entre et pour un prix unitaire moyen de . En 1994, à la suite d'une réévaluation des besoins consécutive à la chute du mur de Berlin, la répartition a été révisée à et . En 1998 la cible est revue une première fois à la baisse , puis ultérieurement . Finalement la France décida de fixer son objectif à , en transformant l'ancien parc HAP en HAD et en complétant par l'achat de nouveaux hélicoptères de cette dernière version. Le coût total du programme avec la transformation des HAP en HAD se monte à d'euros, en dehors de l'investissement consenti lors de sa conception, le prix unitaire d'un Tigre HAP est de et celui d'un Tigre HAD est lui de ..

Commandes