vignette|redresse=1.2|Vignoble chilien du Fundo el Peñón, commune de Monte Patria dans la Vallée de Limarí Le vin de montagne constitua longtemps une anomalie ampélographique. Les vignes (notamment Vitis vinifera) sont des plantes rustiques qui généralement ne trouvent pas de terrain favorable au-delà de 600 à 700 mètres d'altitude, milieu des plus rustiques lui aussi. Cependant les vignerons de certaines régions de montagne ont su sélectionner depuis longtemps des ceps résistant à des altitudes beaucoup plus élevées. Ainsi on trouve des vignes dans les zones montagneuses de plusieurs pays comme la France, la Suisse, l'Italie, l'Argentine, le Chili, mais aussi dans tous les pays européens ayant des zones de montagne.
De fait il n'y a plus aujourd'hui d'altitude limite statutaire, celle-ci étant déterminée en fonction des conditions climatiques et géographiques de chaque région. Cependant la montagne ayant été longtemps un milieu naturellement peu propice à l'élaboration de vins de qualité, la mise en avant de son image nuit davantage en termes de marketing, qu'elle ne lui apporte de la valeur ajoutée. Ainsi les régions de montagne ont toujours eu tendance à ne pas trop revendiquer cette spécificité, alors que leurs qualités sont aujourd'hui réelles.
Définition de la notion de vignoble de montagne
Pays produisant des vins de montagne Hémisphère sud Argentine vignette|Vignoble de Cafayate, à 500 mètres de la ville Les vignobles de l'Argentine se situent en très grande majorité entre 800 et . Dans certains secteurs on trouve des vignes jusqu'à d'altitude, alimentées en eau grâce à d'ingénieux systèmes d'irrigation composés de canaux et de bassins.
Chili vignette|Le vignoble andin du Chili en hiver La production des vins se fait pour l'essentiel dans la vallée centrale, une région bordée par deux chaînes montagneuses, traversée de nombreux cours d'eau, comme l'Aconcagua, le Maipo, le Cachapoal, le Tinguiririca, le Teno, le Lontué, le Loncomilla et le Maule, et s'étendant sur au nord et au sud de la capitale SantiagoPapianille Mura (auteur) et Matt Wilson (photographe), Chili, pays de vins et de montagnes, paru aux éditions Versant Sud (Bruxelles), novembre 2009..
Île de la Réunion Le vin de Cilaos est produit depuis quelques années dans le cirque de Cilaos, à La Réunion. C'est le seul vin français produit dans l'hémisphère sud. Le vignoble s'étend sur la commune de Cilaos, au centre de l'île dans un cirque d'origine volcanique. Implanté entre d'altitude, il est étagé en terrasses sur de fortes pentes. Le climat peut à l'occasion se révéler extrême. Si l'hiver austral est généralement beau et sec, il peut aussi être l'occasion de véritables gelées. L'été austral est quant à lui une série de perturbations qui peuvent évoluer en cyclones. Dès lors, la pluviométrie est très élevée : Cilaos détient d'ailleurs un record mondial datant de 1963 en la matière. Il y est tombé plus d'un mètre d'eau en une demi-heure. Aussi, si l'ensoleillement est correct, avec environ par an, l'humidité est élevée. Elle est de 80 à 85 %.
vignette|Vignes sur hautain, le long de la route de l'îlet à Cordes, sur la commune de Cilaos
Introduite dans l'île dès 1665 par les premiers colons, la vigne ne fut longtemps plantée que dans les régions de Saint-Paul et Saint-Denis. Elle finit par gagner les Hauts au milieu du à la faveur de leur peuplement par les petits Blancs. L'attaque de phylloxéra qui frappe le vignoble métropolitain en 1868 amène les autorités locales à interdire l'introduction sur place des cépages nobles, sensibles à la maladie. Aussi, le vin de Cilaos n'a longtemps été qu'un apéritif fabriqué artisanalement à partir d'un cépage médiocre introduit dans la commune vers 1860 et jamais remplacé par la suite, l'isabelle. Vendu en bord de route ou dans les petites épiceries, il avait la réputation de rendre fou. En 1975, ce cépage est finalement interdit et l'organisme qui est aujourd'hui le CIRAD prend l'initiative d'une introduction de meilleurs cépages. Bientôt, le vin de Cilaos gagne en qualité et évoque de moins en moins le sherry ou le portoHistoire du vin de Cilaos. vignette|Vin de Cilaos Les cépages rouges sélectionnés sont le pinot noir et le malbec, un seul cépage blanc, le chenin. Les vendanges ont lieu en janvier et février et leur commencement est marqué par une fête dans le cirque. Le vin lui-même est fêté en juillet. Traditionnellement le vin rouge accompagne les viandes en sauce et mieux le fameux cari bichiques (alevins). Le blanc sec se sert frais vers 8°, il est idéal pour les poissons de l'océan Indien ou le fromage de chèvre de Takamata. Le moelleux, se sert entre 8 et 10°. Il est recommandé sur les desserts locaux tel le gâteau patate au miel ou la mousse de letchisVin et gastronomie à Cilaos. Ce vin de pays est commercialisé dans des bouteilles bordelaises de . sont désormais vendues chaque année. En 1998, une dizaine d'agriculteurs de la commune exploitaient huit hectares. L'objectif est alors d'étendre la production sur une vingtaine d'hectares. La coopérative du Chai de Cilaos est créée en 1992, date de la plantation des premiers cépages nobles dans le cirque. La première vendange est celle du chenin en 1996. On en tire alors un vin blanc sec ou moelleux. Le premier vin rouge produit à Cilaos ne l'est qu'en 1998, à partir d'un mélange de pinot noir et de malbec. En 2001, la production atteint par anLe chai de Cilaos.
Hémisphère nord Cap-Vert La viticulture au Cap-Vert est l'une des plus proches de l’équateur dans l'hémisphère nord. Elle se cantonne sur l’île de Fogo, dans la caldeira de Chã das Caldeiras, au pied du Pico do Fogo, un stratovolcan dont la dernière éruption a eu lieu en 1995. C'est une viticulture jeune qui n'a que 120 ans de tradition vinicole. Les premiers vins furent élaborés pour l'exportation vers le Brésil et la Guinée-Bissau, qui était alors colonie portugaise comme le Cap-Vert. La labellisation des vins Chã (label rouge) est faite par l'Associação dos Agricultores de Chã avec l'aide de l'Union européenne. Il est commercialisé sous l'appellation Vinho de Fogo Fogo: Ano agrícola na Chã das Caldeiras salvo pela cooperação da UE. La quasi-totalité du vignoble se trouve au centre de l'île de Fogo, dans la caldeira du Pico do Fogo, point culminant du Cap-Vert avec mètres d'altitude .
Le vignoble de Chã das Caldeiras s'étend sur les communes d'Achada Grande, Relva, Monte Lorna, Montinho, Bangaeira, Portela, Fernão Gomes, Forno, Pé de Pico, Penedo Rachado, Ilhéu de Losna et Cova TinaLa adega de Vinhos do Fogo Chã. Les cépages utilisés sont le muscat blanc et le preta tradicional (noir traditionnel), provenant de SetúbalLe vinho do Foco.
France Dans le nord des Alpes, le vignoble de Savoie.
Dans le sud, le Diois (clairette de Die, crémant de Die, coteaux-de-die et châtillon-en-diois) ainsi que les Hautes-Alpes avec l'IGP (ex vin de pays) hautes-alpes.
En Languedoc-Roussillon, le collioures.
Savoie Avant la Savoie (Sabaudia), il y eut l'Allobrogie. Ce fut Strabon, le premier, qui vanta les qualités des Allobroges qui, expliqua-t-il .
Il faut rappeler, qu'en effet, dans le courant du , ces Celtes avaient sélectionné un cépage nouveau, le vitis allobrogicaVitis allobrogica est considéré comme l'ancêtre de la mondeuse, cépage typiquement savoyard, par J. André et L. Levadoux, La vigne et le vin des Allobroges, Journal des Savants, 1964., capable de résister aux conditions climatiques alpines. Son vin entra dans l'histoire à l'époque d'Auguste et Columelle lui donna le qualificatif de « vinum picatum », c'est-à-dire de vin poissé. Résultat sans doute de son passage dans des tonneaux aux douelles de sapin ou de mélèze. Pline l'Ancien nous a décrit ses crus, le sotanum, le taburnum et l'ellicum.
vignette|Vignes vers Saint-Baldoph, avec le mont Granier au fond.
La plus grande extension du vignoble se fit entre le et le . Initialement implanté sur les coteaux les plus ensoleillés, il descendit vers les plaines. Et dans ces bas-fonds, pour préserver les ceps du gel, les hautains prirent encore plus de hauteur, avec l'obligation de mettre les premières grappes à 1,50 ou 2 mètres du sol. Ce qui permit de comptabiliser, en 1768, hectares de vignes, toutes surs treilles ou sur hautains, dont la majorité n'était apte qu'à fournir un « vin de laboureur », verdelet à souhait. Profitant d'un plus gros rendement - 40 hl/ha, soit le double que les vignes sur échalas - ils étaient dits . C'est ce que constata, en 1816, André Jullien, lors de son séjour en Savoie, pour rédiger sa Topographie de tous les vignobles connus :
Au milieu du , ces vins surets étaient produits sur près de hectares, dont dans le département actuel de Savoie, soit le quart du vignoble. Cette situation perdura jusqu'à l'apparition du phylloxéra et la reconstitution d'un nouveau vignoble. La conduite en hautain ne se retrouve plus aujourd'hui qu'en Chautagne pour une partie seulement du vignoble, la quasi-totalité étant palissée sur fil de fer à une hauteur de 1,20 mètre. Ce reliquat de la vieille technique ne concernent que des vignes de gamay.
Toujours au milieu du , mais en Haute-Savoie cette fois, la commune d'Évian avait 70 hectares et son canton, 455 hectares de vignes. Le cépage cultivé était le chasselas. Il était conduit pour moitié en vignes basses avec un rendement de 40 à . L'autre moitié poussait sur « crosses de châtaignier » avec des rendements qui s'élevaient entre 80 et 120 hl/ha. Jusqu'au début du , la ville s'était fait une renommée pour ses vins autant que pour ses eaux. Ils avaient impressionné le docteur Jules Guyot, qui les goûta en 1868 et commenta :
Il a laissé une description des crosses, constituées par de grands arbres avec toutes leurs branches montant jusqu'à 8 à 12 mètres de haut et dont le tronc de 30 à de diamètre avait été tout écorcé. Il précisait même que les raisins du bas mûrissaient les premiers, entre six et neuf jours plus tôt que ceux du haut. Aujourd'hui, il ne reste qu'une centaine de crosses sur le territoire de Marin et le vignoble d'Évian-les-Bains est classé en vin de Pays des AllobrogesLes crosses d'Évian.
Diois L'origine de ce vignoble remonte à l'Antiquité. La cité de (Die) fut l’une des plus importantes de la Gaule narbonnaise. Pline l'AncienPline, Histoire naturelle, XIV. cite élogieusement le vin des Voconces. Il en distingue deux : l’, dont on arrêtait la fermentation en plongeant les dans l’eau froide jusqu’à l’hiver, et le .
Le naturaliste précise les moyens « naturels » utilisés pour obtenir ce vin liquoreux : torsion du pédoncule de la grappe, fente du sarment, séchage du raisin sur des tuiles plates. Ce passerillage augmentait la teneur en sucre et permettait d’avoir un degré alcoolique élevé, qui empêchait la transformation de la totalité du sucre en alcool. Il cite deux cépages bien adaptés à ce traitement : et .
L’archéologie a confirmé le texte de Pline avec les découvertes : d'une villa viticole () à Pontaix ; d'une épitaphe bachique dédiée à Publicus Calistus () ; d'un sarcophage des Amours vendangeurs ().
vignette|centre|redresse=3.2|Le vignoble à Vercheny
Ce terroir viticole est située au sud-est de la France dans les Alpes du Sud, il se trouve au pied du massif du Vercors et au bord de la rivière de la Drôme. Le vignoble se trouve à environ une heure () au sud-est de Valence, préfecture du département. Il se situe sur les coteaux des deux côtés de la Drôme entre 200 et 700 mètres d'altitude. La vallée de la Drôme est dominée par la montagne de Glandasse à mètres, barrière rocheuse massive et raide composant l'extrémité méridionale du Vercors.