Arlequin poli par l’amour est une comédie en un acte et en prose de Marivaux représentée pour la première fois par les Comédiens italiens, le .
Arlequin poli par l’amour met en scène une fée éprise d’Arlequin, que la nature a fait si beau qu’elle s’est trouvée épuisée quand il a fallu lui donner une âme. Elle cherche à lui donner de l’esprit et, en définitive, travaille pour une autre..
Personnages La Fée Trivelin, domestique de la fée. Arlequin, jeune homme enlevé par la fée, aussi l'esclave de Trivelin. Silvia, bergère, amante d’Arlequin. Un Berger, amoureux de Silvia. Autre Bergère, cousine de Silvia. Troupe de danseurs et chanteurs. Troupe de lutins'.
L’intrigue Scène 1 : Une fée a fait enlever Arlequin car elle est tombée amoureuse de lui; elle discute à propos d’Arlequin avec son domestique Trivelin. Elle doit épouser Merlin le grand enchanteur, mais elle ne veut pas car elle aime Arlequin.
Scène 2 : La fée propose sa bague à Arlequin en signe de son amour ; celui-ci refuse puis finit par accepter. Il devrait baiser sa propre main en signe de politesse, mais l'ignore. La fée est à la fois amusée et agacée qu'Arlequin soit si ignorant et comique.Le maître à danser d’Arlequin lui apprend à faire la révérence. Arlequin rit.
Scène 3 : Une troupe de chanteurs et danseurs arrivent pour divertir Arlequin. L'une des chanteuses sous-entend dans son chant que la fée est amoureuse de lui.Arlequin ressent simplement de l’appétit après avoir écouté ces chansons. Il sort pour aller manger.
Scène 4 : Silvia et le Berger. Silvia, jeune bergère, rencontre un berger qui lui déclare son amour; elle lui fait comprendre qu’elle ne l’aime point et qu’elle le détesterait même s'il continuait de la harceler. Le berger lui demande en guise d’amour de lui baiser la main, Silvia refuse.
Scène 5 : Silvia se plaint du berger à voix haute puis elle croise Arlequin. Arlequin joue au volant, il laisse tomber son volant aux pieds de Silvia. Lorsqu’il voit Silvia il est tout étonné, tout son corps est pris par des violentes secousses. Ils tombent amoureux après une longue mise à distance de Silvia vis-à-vis d’Arlequin, car elle ne le connaît point. Arlequin flatte Silvia sur sa beauté. Silvia a peur que la fée retienne davantage l’attention d’Arlequin car elle est plus belle qu’elle et craint pour leur amitié. Elle laisse tomber son mouchoir de cou et Arlequin le ramasse pour le lui redonner, mais décide finalement de le garder pour qu’il lui rappelle Silvia et lui tienne compagnie. Arlequin la salue et tous deux sortent.
Scène 6 : La fée discute avec Trivelin à propos d’Arlequin. Elle se demande où peut-il être.
Scène 7 : Arlequin arrive avec le mouchoir de Silvia qu’il frotte délicatement sur son visage. La fée s’imagine que le mouchoir qu’Arlequin a trouvé est le sien. Elle remarque qu’il a changé de manières, paraissant plus instruit et civilisé. La fée décide de suivre Arlequin ayant compris que le mouchoir n’est pas le sien.
La fée parle à Trivelin de ce qu’elle a appris. Silvia parle avec une cousine de sa rencontre avec Arlequin. Silvia et Arlequin se rencontrent à nouveau et se prennent dans les bras, la fée les surprend et folle de jalousie décide de les enlever tous les deux, elle jette un sort à Silvia pour la paralyser et oblige Arlequin à la suivre.
Silvia est enlevé par des lutins; la fée l’oblige à dire que c’était juste un jeu avec Arlequin et qu’elle va se marier avec le berger. Elle doit mentir dans son propre intérêt car elle est menacée tout comme Arlequin par la fée si elle ne lui obéit pas. La fée dit à Arlequin que Silvia a menti, qu’elle a joué avec ses sentiments, qu’elle ne l’aimait pas. Arlequin est triste mais il est perplexe car il se méfie de la fée et décide de contrer la fée lorsque cette dernière lui dit qu’elle va les espionner lors de leur confrontation. Il lui fait promettre qu’elle ne sera pas présente lors de sa confrontation avec Silvia. La fée accepte mais dès qu’Arlequin est parti convoque Trivelin pour lui ordonner d'espionner Silvia et Arlequin et de lui rapporter ensuite leurs échanges. Elle lui confie sa bague qui rend invisible et Trivelin exécute ses ordres. Lors de la confrontation Silvia qui pleurait est contrainte de s’arrêter et de convaincre Arlequin qu’elle ne l’aime point en lui déclarant qu’elle a joué avec ses sentiments et qu’elle va se fiancer au berger exactement comme la fée le lui a demandé. Arlequin tente de se tuer en se transperçant le ventre avec un couteau. Silvia décide alors de lui avouer la vérité et réclame la pitié de la fée. Trivelin apparaît à ce moment et convaincu de l’amour que se portent Silvia et Arlequin décide de ne pas aider la fée dans cette mission.
Il décide de déjouer les plans de la fée en disant à Arlequin et Silvia qu’ils doivent faire semblant d’être fâchés et Arlequin doit user de flatteries pour charmer la fée et pouvoir ainsi lui subtiliser sa baguette, car sans elle selon Trivelin la fée est impuissante et ne pourra rien faire contre eux. Il réussit; la fée ayant compris trop tard qu’Arlequin ne l’aime point, se retrouve sans sa baguette et sans pouvoir. Dès qu’Arlequin a la baguette, des lutins et des esprits viennent vers lui. Il décide de se venger des serviteurs de la fée en les rossant tous, y compris Trivelin. Au moment où il veut frapper la fée, Silvia l’arrête, prise de compassion et de pitié. La fée leur lance des regards furieux car elle a été piégée. Arlequin décide finalement de lui pardonner et d'ordonner une grande cérémonie dansée et chantée, qui honore Silvia et lui-même et qui clôt la pièce.
Références
Bibliographie vignette|redresse|Page de titre de l’édition de 1723. Giovanni Bonaccorso, « Le note di regia in Arlequin poli par l’amour », Marivaux e il teatro italiano, Mario Matucci, Éd. Pise, Pacini, 1992, . Cécile Cavillac, « L’Ingénuité dans Arlequin poli par l’amour et La Dispute », Revue d’Histoire Littéraire de la France, novembre-, (6), . George Evans, « Marivaux’s Arlequin poli par l’amour and the Implications of Play-Acting », Essays on French Comic Drama from the 1640s to the 1780s, Derek Connon, Éd., Berne, Peter Lang, 2000, . . Shirley E. Jones, « A Probable Source of Marivaux’s Arlequin poli par l’amour », French Studies, 1965, , . Philip Robinson, « L’Imaginaire et la distanciation comique chez Marivaux et Beaumarchais », Littératures Classiques, Spring 1996, , . Jacques Scherer, « Marivaux mythologue », Myth and Its Making in the French Theatre, E. Freeman, Éd. et préf., H. Mason, Éd., M. O’Regan, Éd., S. W. Taylor, Éd., Cambridge, Cambridge UP, 1988, Cindy Yetter-Vassot, « L’Espace théâtral signifiant de deux pièces de Marivaux : Arlequin poli par l’amour et La Dispute », Études Littéraires'', Autumn 1996, (2), .
Liens externes
Catégorie:Pièce de théâtre française Catégorie:Pièce de théâtre du XVIIIe siècle Catégorie:Pièce de théâtre de Marivaux Catégorie:Comédie (théâtre)