Hervé Morin, né le à Pont-Audemer (Eure), est un homme politique français.

Député pour la de l'Eure de 1998 à 2007, il est ministre de la Défense des deux premiers gouvernements François Fillon (2007-2010).

Président du parti Nouveau Centre puis Les Centristes, il est président du conseil régional de Normandie depuis 2016.

Biographie Enfance, études et parcours professionnel Son père, gaulliste, dirige une entreprise de maçonnerie en Normandie. Ses grands-pères sont tous deux agriculteurs et maires à tendance mendésiste.

Après avoir redoublé sa seconde et sa première, et avoir été renvoyé de l'internat du lycée public de Deauville, puis d'un lycée privé de Caen à deux mois du baccalauréat, il abandonne son désir de reprendre la ferme familiale auquel s'oppose son père, et se lance dans des études supérieures à l'université de Caen« Hervé Morin », lci.tf1.fr, 21 mai 2008, mis à jour le 15 novembre 2010.

Hervé Morin est diplômé de l'IEP de Paris (promotion 1986, section Service Public), et obtient une maîtrise de droit public à Assas.

Il devient administrateur des services de l'Assemblée nationale (1987-1993 et 1998). Hervé Morin est chargé de cours à Paris Descartes de 1989 à 1995.

En parallèle de son mandat de député dont il a démissionné., il est avocat, mais n'ayant pas le temps d'exercer, s'est fait radier du Barreau« Les déclarations d'intérêts des parlementaires dévoilées », lefigaro.fr, 24 juillet 2014..

Carrière politique Élu local puis national Hervé Morin est Conseiller municipal d'Épaignes en 1989, il est ensuite élu au conseil général de l'Eure en 1992 pour le canton de Cormeilles.

Il devient maire d'Épaignes en 1995. Délégué au Sivom de Cormeilles, il préside à partir de 1995 la communauté de communes du canton de Cormeilles. En 2017, il est élu président de la Communauté de communes Lieuvin Pays d'Auge, née de la fusion des intercommunalités de Cormeilles, Thiberville et Vièvre-Lieuvin..

Élu au Sénat, Ladislas Poniatowski choisit Hervé Morin en 1998 pour lui succéder comme député dans la de l'EureNathalie Raulin, « Rire aux armes », Libération, 9 novembre 2007. Il est élu, et prend la présidence du groupe Union pour la démocratie française (UDF) à l'Assemblée nationale de 2002 à 2007.

Militant de la réunification de la Normandie, il est président de l'Association pour la réunification de la Haute-Normandie et de la Basse-Normandie de 1999 à 2007, et est à l'origine du serment d'Épaignes prêté le . Il réaffirme régulièrement son attachement à cette questionEntretiens Politiques Normands sur TVNormanChannel, Hervé Morin »..

Concerné par la nouvelle réglementation sur le cumul des mandats, il démissionne de son mandat de maire lorsqu’il est élu président de la Région Normandie, en 2016. Il reste néanmoins conseiller municipal..

Conseiller de François Léotard En parallèle, il devient en 1993 conseiller technique chargé des relations avec le Parlement, des affaires domaniales et des questions d'environnement, au cabinet de François Léotard, ministre d'État et ministre de la Défense.

Chargé de mission auprès de François Léotard, député du Var et président de l'UDF entre 1995 et 1997, Hervé Morin devient secrétaire national puis vice-président exécutif de ce parti de 1999 à 2007. Délégué général de l'UDF, chargé du projet en 2000, il est porte-parole de la campagne présidentielle de François Bayrou en 2002.

Présidentielle et législatives de 2007 Lieutenant de François Bayrou, il s'implique fortement dans la campagne électorale du candidat centriste pour la présidentielle en 2007. Pourtant, à l'issue du premier tour, il s'oppose à la stratégie de troisième voie du président de l'UDF et appelle à voter pour Nicolas Sarkozy, entrainant avec lui les trois quarts des députés centristes.

En , pour les élections législatives, Hervé Morin présente sous les couleurs du Parti social libéral européen des membres de sa famille ainsi que ses employés, ce qui suscite une polémiqueJacques Hardouin, « Morin présente sa famille, sa secrétaire et son chauffeur », Le Parisien, 31 mai 2007.François Gaytte, « L'esprit de famille d'Hervé Morin », Libération, 24 mai 2007.. Pour Hervé Morin : … à la condition de présenter au moins 50 candidats. Parmi ses proches ainsi présentés figurent : son épouse, Catherine Broussot-Morin, avocate, dans la des Hautes-Pyrénées, son neveu Julien Morin dans la de la Seine-Maritime, son frère Philippe Morin dans la du Pas-de-Calais, Micheline Morin comme suppléante dans la de l'Ariège, son attaché de presse, ses secrétaires, sa collaboratrice chargée d'Internet ainsi que son chauffeur.

Seuls 43 candidats du PSLE ont dépassé la barre des 1 %, insuffisant pour obtenir le financement public du parti. Hervé Morin décide de s'affilier à un parti de Polynésie, le Fetia Api, bénéficiant d'une législation propre aux partis ultra-marins, un chèque-emploi permettant de toucher annuels pour chaque élu député. Avec 23 parlementaires affiliés, plus de seront perçusLouis Cabanes, « Nouveau Centre, parti fantôme », Bakchich, 20 mai 2010..

Formation du Nouveau Centre Le , la création du parti, ainsi que son nom d'usage « Le Nouveau Centre », ont été officiellement rendus publics à l'occasion d'une conférence de presse et d'une tribune parue dans Le Monde du . Du Parti social libéral européen reste la raison sociale mais le parti n'y fait plus référence.

Il contribue ainsi à la fondation d'un nouveau parti de centre-droit, le Nouveau Centre, dont il est élu président avec 87 % des voix, le , lors de son congrès fondateur à Nîmes« Hervé Morin élu à la tête du Nouveau Centre », Le Figaro, 17 mai 2008.. Il constitue ainsi le pôle centriste de la majorité présidentielle face au MoDem de François Bayrou.

Le , Hervé Morin présente, lors d'une conférence de presse, la Déclaration des droits fondamentaux numériques à la Fondation pour l'innovation politique.

Lors du deuxième congrès du Nouveau Centre, qui se déroule les 12 et à Tours, il est réélu président du parti à 93,40 % des suffrages, face à Tayeb Touazi« Hervé Morin réélu à la tête du Nouveau Centre », Le Figaro, 13 juin 2010.. Les commentateurs politiques le présentent alors comme possible candidat à l'élection présidentielle de 2012. Le , lors du congrès de Valence, il est confirmé dans sa présidence du Nouveau Centre, avec 94,18 % des suffrages.

En 2012, sous l'impulsion de Jean-Louis Borloo, le Nouveau Centre et Hervé Morin intègrent le parti unificateur UDI.

Ministre de la Défense thumb|Hervé Morin avec Robert Gates, en 2010.

Le , il est nommé ministre de la Défense dans le gouvernement Fillon. Dans les câbles révélés par Wikileaks, les diplomates américains de l'ambassade à Paris se félicitent de sa nomination au ministère de la Défense : Rémy Ourdan, « WikiLeaks : Nicolas Sarkozy, "l'Américain" », Le Monde, 30 novembre 2010.. Réélu député de l'Eure au premier tour le avec 50,05 % des voix, il démissionne aussitôt, étant reconduit le dans le gouvernement Fillon II.

Son installation à l'hôtel de Brienne est difficile, Libération indiquant que les militaires plus habitués au style strict de sa prédécesseure, Michèle Alliot-Marie.

En , il lance le projet de groupement des trois états-majors dans un seul lieu, Balard.. Celui-ci est inauguré en par François Hollande.

À la suite de la publication du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale 2008, des officiers généraux et supérieurs des armées de terre, mer et air, via le « collectif Surcouf », publient dans Le Figaro du une tribune critique envers les options retenues, annonciatrices d'après eux d'un « déclassement militaire »...

Il engage un plan de réduction des effectifs de postes. Il fait fermer les centres chargés de calculer les soldes et engage l'adoption du logiciel de gestion des paies Louvois en dépit « des risques de rupture de continuité de la fonction solde ».. Hervé Morin et son successeur, Gérard Longuet, se renvoient la responsabilité de la décision.

Il fait voter la loi du , dite « loi Morin », sur la reconnaissance des victimes des essais nucléaires français en Polynésie française et au Sahara algérien. Elle reconnaît de façon historique et officielle les dommages sanitaires causés par les expérimentations nucléaires. Cependant le premier décret d'application se révèle rapidement trop restrictif et le président de la République prend l'engagement début 2011 de publier un nouveau décret élargissant les zones géographiques et la liste des maladies éligibles. Il joue également un rôle, avec son homologue britannique Liam Fox, dans la négociation des traités de Londres le par Nicolas Sarkozy et le Premier ministre du Royaume-Uni David Cameron afin de renforcer la coopération franco-britannique dans le domaine de la défense.

Aux côtés de Nicolas Sarkozy, il défend en 2009 le retour de la France dans le commandement intégré de l'Otan. Il déclare à ce sujet : ..

Élection présidentielle de 2012 thumb|150px|Logotype utilisé dans le cadre de sa campagne. Le , il annonce officiellement sa volonté d'être candidat à l'élection présidentielle de 2012.. Alors qu'il est crédité de moins de 1 % des intentions de vote en , plusieurs cadres de son parti ne lui apportent pas leur soutienLes cadres du Nouveau centre lâchent Hervé Morin, France Inter le 24 janvier 2012. Le , il annonce qu'il retire sa candidature et soutiendra Nicolas SarkozyLefigaro.fr.

UDI et lancement des Centristes Fin , il se déclare candidat à la présidence de l'UDI, à la suite de la démission de Jean-Louis BorlooHervé Morin, interviewé par Jean-Baptiste Garat, « Hervé Morin : "Pourquoi je suis candidat à la présidence de l'UDI" », Le Figaro, 23 juin 2014, p. 4.. Il se qualifie pour le second tour mais est battu, à son issue, par Jean-Christophe Lagarde.

Début , il prend position contre certaines dispositions du projet de loi relatif au renseignement, dont il juge car il .

Il soutient Bruno Le Maire pour le premier tour de la primaire présidentielle des Républicains de 2016. puis François Fillon pour le secondHervé Morin, interviewé par Caroline Vigoureux, « Hervé Morin : "J’ai décidé de soutenir François Fillon" », lopinion.fr, 22 novembre 2016..

La semaine suivante, il annonce quitter l'UDI, prévoyant la convocation prochaine d'un congrès pour constituer une nouvelle formation politique de centre droitChristophe Forcari, « Hervé Morin largue l'UDI », liberation.fr, 30 novembre 2016.. Il renomme son parti (composante de l'UDI), le Nouveau Centre en Les Centristes, et pose des conditions quant à son maintien dans l'UDI« "Les Centristes", nouveau nom du Nouveau Centre d’Hervé Morin », lemonde.fr, 11 décembre 2016.. Fin 2017, la formation politique quitte l’UDI.. Pour le congrès des Républicains de 2017, la presse rapporte qu’il a soutenu Laurent WauquiezRémi Mauger et Charles Bézard, « Laurent Wauquiez en campagne présidentielle à Lisieux », francetvinfo.fr, 18 novembre 2017.. Aux élections européennes de 2019, son mouvement politique fait alliance avec Les Républicains..

Président des Régions de France Le , il est élu président des Régions de FranceHervé Morin, interviewé par Jérôme Béglé, « Hervé Morin élu président de l'association Régions de France », lepoint.fr, 22 novembre 2017.. À sa tête, il milite notamment pour donner plus de compétences aux Régions et plus globalement aux collectivités locales. Pour ce faire, avec Dominique Bussereau, Président de l'Association des départements de France et François Baroin, Président de l'Association des Maires de France, il porte la création de la plateforme Territoires Unis.. Renaud Muselier lui succède à la tête des Régions de France le ..

Président du conseil régional de Normandie