Gaston-Armand Amaudruz, dit Guy Amaudruz, est un militant néonazi et négationniste suisse né le à Lausanne et mort le .
Biographie Ses parents dirigeaient à Lausanne une école de langue, l’École Amaudruz. En 1928, son père décède alors qu'il n'a que 7 ans et il est élevé par sa mère.
Entre 1939 et 1942, il étudie la science politique à l'Université de Lausanne.
En 1941, il tente de fonder un Mouvement Eurafrique, prônant l'instauration d'un État unique recouvrant l'Europe, l'Afrique et le Moyen-Orient et contribue largement à la rédaction d'un manifeste. Le caractère pronazi du mouvement lui vaut l'interdiction de publication du manifeste et la réunion de fondation n'a finalement pas lieu.
En 1943, il effectue son école de recrues, puis est mobilisé dans le cadre de la mobilisation défensive de l'armée suisse durant Seconde Guerre mondiale.
En 1946, il commence à éditer la revue le Courrier du continent, qui se veut le successeur du Mois Suisse, disparu en 1945. Cette revue deviendra, à partir de 1951, l'organe de communication principal du Nouvel ordre européen, puis de son successeur l'Action européenne.
Il commence à être connu du grand public en 1949 en publiant l'ouvrage Ubu Justicier au premier procès de Nuremberg, qui met en cause l'existence du génocide juif pendant la Seconde Guerre mondiale..
En , il fonde à Berne, avec Erwin Vollenweider, le Parti populaire suisse (PPS). Il quitte le PPS en 1956 à la suite de désaccords sur la question du Tyrol-Sud.
Il participe brièvement aux travaux du Mouvement social européen (MSE), qui affirme comme principe fondamental l'indépendance et l'unité européennes contre les États-Unis et le bloc communiste. Mais il fait partie des militants qui jugent le MSE trop timide sur les questions raciales et quitte le mouvement.. Avec notamment René Binet et Erwin Vollenweider, il fonde alors, en à Zurich, une nouvelle organisation nationaliste européenne, ouvertement racialiste, le Nouvel ordre européenVoir le dossier « Europäische Neuordnung (ENO, Nouvel ordre européen) » sur Apabiz.de, archives antifascistes..
Durant les années 1960, il publie des ouvrages sur la doctrine dite du « social-racisme » aux Éditions celtiques (basées à Montréal), aux côtés du Canadien Jacques Baugé-Prévost, un « naturopathe » auteur d'essais de politique racialiste. Cette doctrine est inspirée des essais de René Binet et de la « biopolitique » de l'ancien Waffen-SS réfugié en Amérique du Sud Jacques de Mahieu.
En 1969, il fonde avec Jacques de Mahieu l'« Institut supérieur des sciences psychosomatiques, biologiques et raciales du Québec ».
Selon Jean-Yves Camus, « Stefano Delle Chiaie, un des protagonistes majeurs du terrorisme italien néofasciste des années 1970, est hébergé lors d’une de ses cavales chez » Amaudruz.
En 1982, il est l'un des créateurs de la « Coordination nationale », une sorte d'association faîtière qui tente d'établir des connexions entre les différents groupes et organisations d'extrême droite en SuisseClaude Cantini, « L'extrême-droite suisse », L'Affranchi, , printemps 1995., et organise trois à quatre fois par année des réunions.
À la fin des années 1980 et au cours des années 1990, il organise régulièrement à son domicile des soirées de formation idéologique, notamment à l'intention des skinheads vaudois. Il finit par y renoncer car il n'a pas l'impression que ceux-ci parviennent à comprendre les enjeux qu'il aimerait leur présenter.
En 2000, à la suite de la publication d'articles antisémites et négationnistes dans le Courrier du continent, Amaudruz est « reconnu coupable de propagande raciste et de déni de la Shoah » et condamné à un an de prison fermeSylvie Arsever, « Gaston-Armand Amaudruz a été condamné à un an de prison ferme », Le Temps (quotidien suisse romand), 11 avril 2000.. Il purge sa peine de prison au pénitencier de Bochuz. Il est condamné pour une troisième fois en 2002Marie-Paule Angel, « Révisionnistes jugés à Châtel. La prison ferme, trois fois », La Gruyère, 23 mai 2002., mais purge sa peine chez lui avec port de bracelets du au du fait de son âge (84 ans).
En 2011, il s'oppose à l’initiative populaire de l'Union démocratique du centre contre la construction de minarets en Suisse et condamne l’islamophobie car « l’islam (...) est sur certains points, bien supérieur au christianisme ».
En 2013, il reste la référence idéologique de l'Action européenne, un réseau successeur du Nouvel ordre européenAlexandre Vick : « Les identitaires se réorganisent pour la survie de la « race blanche », RésistanceS.be, 28 février 2013, consulté le 6 juillet 2013.
Il décède en maison de retraite le , à l'âge de 97 ans.
Littérature Suivant Claude Cantini, le personnage Georges Mollendruz, figure du roman L'Ogre de l'écrivain suisse romand Jacques Chessex, est très largement inspiré par Amaudruz. Le roman, paru en 1973, a été le premier lauréat suisse du prix Goncourt..
Publications Ubu justicier au premier procès de Nuremberg (préface P. Hofstetter), Paris, Ch. de Jonquières, 1949. Nouvelle édition et préface, Akribeia, 2008, 120 p. Nous autres racistes : le manifeste social-raciste, Montréal-Lausanne, Éditions Celtiques, « Institut supérieur des sciences psychosomatiques, biologiques et raciales », 1971 ; rééd. 1988 Les peuples blancs survivront-ils ? Les travaux du Nouvel ordre européen de 1967 à 1985, Montréal-Lausanne, Éditions Celtiques, « Institut supérieur des sciences psychosomatiques, biologiques et raciales », 1987, 133 p. . Le peuple russe et la défense de la race blanche, 2000 . Nietzsche et le nihilisme européen, Diffusion du Lore, 2013, 29 p.
Préfaces « Préface » à René Binet, Contribution à une éthique raciste, Montréal-Lausanne, Éditions celtiques, 1975 « Préface » à René Binet, Socialisme national contre marxisme, Montréal-Lausanne, Éditions Celtiques, « Institut supérieur des sciences psychosomatiques, biologiques et raciales », 1978
Notes et références
Annexes Bibliographie Sylvie Arsever, « Gaston-Armand Amaudruz a été condamné à un an de prison ferme », Le Temps, . Marie-Paule Angel, « Révisionnistes jugés à Châtel. La prison ferme, trois fois », La Gruyère, . BBC News, « Swiss fascist goes on trial », . BBC News, « Holocaust revisionist sentenced. Gaston-Armand Amaudruz », .
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