En astronautique, un moteur vernier est un propulseur complémentaire de faible poussée destiné à appliquer de fines corrections à la trajectoire d'un engin spatial.
Le moteur vernier est du type moteur-fusée à ergols liquides servant à ajuster la poussée en direction et en force, il peut être utilisé après l'arrêt du système de propulsion principal.
Étymologie Le moteur vernier doit son nom au mathématicien franc-comtoisIl ne doit pas être considéré comme français, le Comté de Bourgogne où il est né, germanique au (bien que possession des Habsbourg d’Espagne), n'ayant été rattaché définitivement à la France qu'après le traité de Nimègue en 1678, près de après sa mort. Pierre Vernier (1580-1637) : le vernier est à l'origine un dispositif permettant d'affiner la lecture d'un instrument de mesure.
Description droite|vignette|Moteur vernier du deuxième étage d'un UR-200.
Les moteurs vernier sont des moteurs-fusées à ergols liquides qui permettent le contrôle de la combustion : les moteurs ont une poussée modulable, ils peuvent être éteints et rallumés plusieurs fois de suite.
Fonctionnement Dans le cas d'un lanceur, les moteurs verniers brûlent les mêmes ergols que les moteurs principaux et sont alimentés par la turbopompe de ces derniers.
Dans le cas des sondes, les moteurs peuvent être alimentés par des ergols hypergolique, c'est-à-dire qui s'enflamment spontanément lorsqu'ils sont mis en contact. C'est notamment le cas pour les sondes du programme Surveyor.
Exemples vignette|Les moteurs de contrôle d'orientation (RCS) sur le nez de la Navette spatiale américaine.
Navette spatiale américaine
Sur la navette spatiale américaine, le contrôle d'orientation ou d'attitude (, RCS) est assuré notamment par des moteurs verniers (VRCS, ou ) pour les corrections très fines. Ces moteurs ont une impulsion spécifique de , une poussée de , une impulsion d'une durée comprise entre 0,08 et .
Programme Surveyor
Pour le programme Surveyor, les moteurs verniers ont pour rôle principal de freiner les sondes durant leur descente sur le sol lunaire. Les trois moteurs verniers, dont la poussée peut être modulée entre , brûlent du monométhylhydrazine et du peroxyde d'azote qui s'enflamment spontanément lorsqu'ils sont mis en contact (hypergolique). Carburant et comburant sont envoyés dans les tuyères par de l'hélium sous pression. La poussée d'un de ces trois propulseurs est par ailleurs orientable de 6° de part et d'autre de son axe avec un degré de liberté qui lui permet d'agir sur le roulis. Ces moteurs sont chargés d'effectuer les corrections de trajectoire, de maintenir l'orientation de la sonde durant le fonctionnement de la rétrofusée et de freiner la sonde durant la dernière phase d'atterrissage.
Autres exemples vignette|Le moteur RD-108 avec quatre petits moteurs verniers.
R-7 Semiorka#Utilisation de moteurs-verniers, missile balistique intercontinental russe RD-107, moteur-fusée russe.
Notes et références
Notes
Références
Voir aussi
Bibliographie
Articles connexes Propulsion à gaz froid
Catégorie:Propulsion spatiale