thumb|250px|Cannes, sur la Côte d'Azur Une station balnéaire française est une ville littorale aménagée en vue d'une activité principale : le tourisme des « bains de mer ». La mode des bains de mer commence à se développer au milieu du mais la vogue des grandes stations balnéaires ne commence qu'au milieu du , se modifie dans l'entre-deux-guerres avec la crise économique de 1929 et de nouveaux usages (l'instauration des congés payés) et connaît une nouvelle vigueur après la Seconde Guerre mondiale en répondant à une demande sociale bien différente, le tourisme de masse. Avant de devenir des destinations estivales de choix, les stations balnéaires furent des lieux de villégiature et/ou de soins.
Présentation Il convient de distinguer les stations balnéaires qui le sont de fait, aujourd'hui connues comme telles par le grand public, de celles qui sont aussi reconnues et classées en tant que station balnéaire officielle par l'État. Pour cela, ces communes doivent répondre à de nombreux critères, notamment en termes d'équipements de transport, de capacité hôtelière et de qualité de l'environnement. Quand il est accordé, le classement officiel permet à ces stations de bénéficier de dotations d'État supérieures à celles habituelles et simplement calquées sur la seule imposition locale par rapport au nombre d'habitants.
La notion de station classée La loi du ne consacre pas la reconnaissance légale des stations balnéaires mais crée le statut de stations de tourisme qui peuvent percevoir une taxe de séjour.. Le classement des communes en station balnéaire est officialisé par le décret du . Ce décret a pour but de revenir, en matière de classement de stations balnéaires, à la procédure de la loi de 1919..
La législation actuelle est regroupée dans les articles L 2231-1 et suivants du Code Général des Collectivités Locales et leurs textes d'application. Le classement a pour objectifs de faciliter la fréquentation de la station, de permettre son développement par des travaux d'équipement et d'entretien relatifs, notamment, à la conservation des monuments et des sites et à l'assainissement, d'embellir ou améliorer les conditions d'accès, de séjour ou de circulation. Sur les 514 stations classées, on distingue cinq catégories de stations. Trois relèvent de la responsabilité du Ministère du Tourisme : les stations balnéaires, les stations de tourisme, les stations de sports d'hiver et d'alpinisme. Deux relèvent de la responsabilité du Ministère de la Santé : les stations hydrominérales (thermales), les stations climatiques.
Une notion qui a été profondément réformée La loi n°2006/437 du portant diverses dispositions relatives au tourisme a consacré dans le droit positif la notion de communes touristiques et a réformé les stations classées en ramenant à une seule catégorie les 6 anciennes, (dont les stations balnéaires). Désormais n’existeront que plus que les « stations classées de tourisme ». Ces communes se verront attribuer cette distinction par un décret simple pris pour 12 ans. La réforme relative aux communes touristiques et aux stations classées est entrée en vigueur le Se reporter aux textes suivants : - Loi n°2006-437 du 14 avril 2006 portant diverses dispositions relatives au tourisme - Décret 2008-884 et Arrêté du 2 septembre 2008 relatifs aux communes touristiques et aux stations classées.
Origines thumb|130px|Trouville, peint par Claude Monet (1890) Jusqu'au début du , le littoral était exclusivement un lieu de travail, consacré à la pêche dans le meilleur des cas, au pillage des bateaux naufragés dans le pire, mais en aucun cas un lieu de plaisir, c'était plutôt un lieu de danger. La rencontre entre les hommes et la mer se faisait par les ports, et les yeux tournés vers l'océan reflétaient surtout la peur de ceux restés à terre. Hormis pour la pêche à pied, les habitations du littoral tournaient généralement le dos à la mer et aux tempêtes.
Deux modes vont faire naître l'intérêt pour le littoral : la médecine et l'aventure. Les médecins, d'abord en Angleterre, puis en Europe continentale, décident de soulager leurs contemporains de la dégradation sanitaire des villes liée à la révolution industrielle et notamment la pollution de l'air (les poussées de tuberculose sont très fréquentes à l'époque et ce n'est pas pour rien que les sanatoriums étaient situés en bord de mer). Dans les années 1730, le docteur Russell construit un établissement de bains à Brighton. Les médecins français reprennent l'idée et dès 1769, Maret publie son mémoire sur la manière d'agir des bains de mer et leurs usages vivifiants contre les rhumatismes notamment. Dès cette époque, à cause de sa liaison maritime avec l'Angleterre, Dieppe adopte le « bain de pleine mer » , dit aussi « bain à la lame », cette pratique thérapeutique faisant de cette commune la première station balnéaire de France où l'élite commence à venir timidement s'essayer à cette nouvelle pratique des cures marines censées guérir de nombreux maux. Le premier établissement de bains de mer dieppois est autorisé par des lettres patentes du , accordées par Louis XVI.. En 1785, Cléry de Bécourt fonde à Boulogne-sur-Mer le plus ancien établissement français de bains de mer chauds.. Cependant, l'essor véritable des stations balnéaires, qui suit l'engouement des bains de mer, a lieu sous la Restauration qui voit la mer revalorisée à travers les discours médicaux et littéraires.. En 1812, M. de Paris fonde un petit établissement de bains à Dieppe, transformé dans les années 1820 en un nouvel établissement luxueux où la duchesse du Berry lance la vogue des bains par ses séjours tous les étés, de 1824 à 1829.. En 1827, La Rochelle lance à son tour son chantier, puis Cherbourg en 1829C. Bail, La thalasso, de l’Antiquité à nos jours, Oh! my Thalasso, 3 février 2012.
Les Anglais sont également à l'origine du Tour, qui a pour but de former les jeunes gentlemen par un voyage (généralement d'une année) en Europe au . L'étape italienne est absolument nécessaire, ce qui oblige certains touristes à hiverner sur la Côte d'Azur avant de passer les AlpesMarc Boyer, L'invention de la Côte d'Azur, l'hiver dans le Midi, Éditions de l'Aube, 2002. L'économie pastorale des rivages de la Méditerranée va s'en trouver définitivement bouleversée : le climat, la beauté des paysages, le casino de Monte-Carlo, la Promenade des Anglais établissant une véritable colonie britannique dans la région niçoise. D'autres colonies britanniques seront plus tard à l'origine de stations balnéaires en France, sur le littoral de la Manche (Carteret, Le Touquet et Dinard notamment).
Le rivage apparaît comme un site où il est possible d'apprendre des choses primitives de la vie. Naît en Europe ce qu'Alain Corbin appelle le désir de rivageAlain Corbin, Le territoire du vide ; l'Occident et le désir de rivage (1750-1840), Aubier, 1988. Considéré jusqu'alors comme un milieu hostile, la vague du Romantisme va renforcer cette perception du beau dans l'océan, aspect qui sera toujours renforcé par les divers mouvements de création artistique, comme l'École de Pont-Aven.
Facteurs de développement thumb|250px|Berck-Plage à la Belle Époque.
Plusieurs facteurs vont conforter la tendance et l'étendre à tout le territoire littoral :
la stabilisation des dunes sur le littoral, à partir du décret napoléonien du la stabilisation de l'embouchure des fleuves (l'Adour pouvait varier d'une amplitude de du nord au sud) le développement du chemin de fer, mettant notamment la Normandie à portée des quartiers chics parisiens le souci des compagnies de chemin de fer de rentabiliser leurs lignes, les poussant à créer des destinations attractives (la ville d'hiver d'Arcachon est ainsi créée de toutes pièces par les frères Pereire, propriétaires de la Compagnie du Midi). Les compagnies (Chemins de Fer de l'Ouest et de Brighton, PLM, Chemins de Fer d'Orléans, Chemins de Fer du Midi, Chemins de Fer de l'État) se sont lancées à l'époque dans des campagnes d'affiches publicitaires, aujourd'hui témoins d'un temps révolu. la mode des bains de mer, la découverte des bienfaits de l'air iodé sur les tuberculeux, maladie mortelle à l'époque la fréquentation de la Haute Aristocratie et des têtes couronnées dans ces stations balnéaires : celles-ci, lorsqu'elles ne sont pas à l'origine de ces stations (c'est le cas de Deauville, créée de toutes pièces par le Duc de Morny, ministre de l'Intérieur de l'Empereur Napoléon III ou de Monte-Carlo édifié par le prince Charles III),le simple séjour d'une tête couronnée suffit à « lancer » véritablement une station (c'est notamment le cas de Dieppe, lancée dans les années 1820 par la Duchesse du Berry ou de Biarritz, station lancée internationalement par la venue de l'Impératrice Eugénie entre 1853 et 1868, suivie ensuite par une bonne partie de l'aristocratie européenne). la politique d'aménagement et de mise en valeur du territoire voulue par Napoléon III l'enrichissement de certaines catégories (hommes d'affaires, bourgeoisie et haute-bourgeoisie) grâce à la révolution industrielle. Comme les têtes couronnées, eux aussi peuvent être à l'origine de stations balnéaires (Arcachon aménagée par les frères Péreire, Cabourg lancée par l'avocat et homme d'affaires Durand-Morimbau)) ou les fréquentent assidûment. enfin, des artistes, écrivains ou célébrités ont également lancés ou rendus célèbres des stations balnéaires (Charles Mozin, Huet, Corot, Isabey et d'autres peintres découvrent Trouville, station balnéaire citée par Alexandre Dumas dans ses mémoires ou peignent les bains de mer à Carteret comme Adolphe Lalyre, Paul Signac et Matisse découvrent Saint-Tropez, station balnéaire rendue célèbre par la venue et l'installation de Brigitte Bardot dans les années 1950, suivie de toute une panoplie de célébrités et de "jet-setteurs"; Marcel Proust fut un hôte renommé à Cabourg au début du , Stendhal fréquentait Granville tout comme Victor Hugo que l'on voyait également à Biarritz; Émile Zola et Alphonse Daudet, quant à eux, fréquentaient Royan...).
Les nouvelles stations vont rencontrer un beau succès, et la tendance va s'accélérer avec les congés payés, à partir de 1936. Certains petits ports de pêche sur le déclin vont, profitant de la tendance, savoir se reconvertir et connaître un développement touristique nouveau.
Dans un même esprit d'aménagement du territoire et de développement touristique, a été mise en place la mission Racine dans les années 1960, consacrée au littoral du Languedoc-Roussillon. Depuis cette époque, la question mêlant littoral, tourisme et aménagement fait l'objet d'une attention particulière des politiques publiques en témoignent les différents plans gérés par le Service d'étude et d'aménagement touristique du littoral à l'image dans les années 80 des contrats de valorisation de stations littorales anciennes (exemple de la région Aquitaine).
Émergence des « Villes nouvelles balnéaires »
La grande vogue des stations balnéaires commence au milieu du , s'estompe avec la Première Guerre mondiale puis la crise économique de 1929 et reprendra après la Seconde Guerre mondiale. Mais ces dernières seront d'une toute autre nature et répondront à une demande sociale bien différente : on parle d'ailleurs de tourisme social pour caractériser ce développement touristique après 1945. Cette section s'intéresse au premier type de stations balnéaires, caractéristiques de la côte atlantique française.