Tell Hazor, Haṣor, Hatsor ou Hatzor (en hébreu ) est un tell situé sur le site de l'ancienne Hazor, dont les restes archéologiques sont parmi les plus grands et les plus riches de l'Israël moderne. Hazor était une ville située dans le nord de la Galilée, au nord du lac de Tibériade, entre Ramah et Qadesh, sur une élevation dominant le lac Merom (lac Semechonite de l'Antiquité) dans la vallée de la Houla. Cette zone a été en grande partie asséchée et drainée dans les années 1950.
Dès le début du , Hazor s'impose comme l'une des villes majeures du Levant. A l'âge du Bronze, les archives de Mari attestent son importance dans la région d'Amurru, qui désignait alors précisément la zone s'étendant du nord au sud, depuis la trouée de Homs jusqu'à la Galilée, et d'est en ouest, depuis l'Anti-Liban prolongé par l'Hermon jusqu'à la côte méditerranéenne. Hazor apparaît, avec Byblos, comme l'un des deux centres urbains principaux de cette région, intégrée dans les réseaux diplomatiques et commerciaux de la Haute-Mésopotamie à l'époque du royaume de Mari.
En 2005, les vestiges de Hazor ont été inscrits à la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, en même temps que deux autres sites bibliques, Megiddo et Beer Sheva.
En juillet 2013, la découverte des pattes d'un sphinx égyptien portant le nom du pharaon Mykérinos a suscité la perplexité des spécialistesle petit journal.
En 2016, le pied d'une statue en pierre d'un fonctionnaire égyptien datant du a été mise à jour. Des fouilleurs bénévoles venant du monde entier poursuivent les recherches chaque été.
Dans les textes Les textes cunéiformes Les tablettes de Hazor L'identification du site de Tell el-Qedah avec l'antique Hazor est confirmée par une tablette cunéiforme d'époque paléo-babylonienne découverte à la surface du tell en 1962 et publiée par Horowitz et Wasserman en 1977. Ce document juridique porte sur la propriété d'une maison et d'un verger dans la ville de Hazor, ainsi que d'un verger dans la ville de Giladima. L'affaire ayant été tranchée par le roi en faveur de la défendante, on peut raisonnablement penser que la tablette a été conservée par cette femme dans sa maison située à Hazor.thumb|Tablettes et ornements en or provenant de Hazor, Musée d'Israël. Hazor est le site qui a livré le plus de textes cunéiformes de tout le Proche-Orient, au nombre de 95 selon le décompte de W. Horowitz fait en 2013. Ce corpus est très diversifié, puisqu'en plus des textes administratifs on y trouve des inscriptions commémoratives, une liste lexicale, des textes scolaires, des lettres, un modèle de foie divinatoire inscrit, un traité de mathématiques et deux fragments de recueil de lois. Cela montre que ce site était pleinement intégré à la « culture cunéiforme ». Ces textes sont datés du Bronze Moyen et présentent des parallèles avec les archives de la même période mises au jour à Mari, de l'époque des dynasties amorrites, et de ceux du Bronze Récent, qui renvoient plutôt à l'époque des lettres d'Amarna de la correspondance « cananéenne », écrites certes en akkadien mais intégrant de nombreux éléments linguistiques du dialecte local Wayne Horowitz, « Hazor: A Cuneiform City in the West », dans Near Eastern Archaeology, Vol. 76, no. 2, 2013, p. 98-101.
Ainsi, les recueils de lois contenus sur deux tablettes mises au jour en 2010 près du palais situé sur l'acropole sont datés du Bronze Moyen, et donc plus ou moins contemporains des documents similaires connus en Mésopotamie. En premier lieu, il y a le Code de Hammurabi, dont ils suivent la même formulation casuistique (« Si ceci se produit, alors il faudra appliquer telle sentence ») et que l'on trouve aussi dans la Bible. Les sujets abordés présentent d'ailleurs des parallèles avec d'autres textes juridiques, comme la rétribution à payer au maître d'un esclave qui a été blessé. Ces ressemblances indiquent plus généralement la présence d'un système juridique similaire à celui des cités mésopotamiennes, comme déjà indiqué par la découverte des documentations juridiques ; ..
Dans les archives de Mari L'existence de mentions de Hazor dans les textes de Mari a été révélée par Georges Dossin en 1950, lors de la première rencontre assyriologique à Paris, bien qu'il n'en ait pas parlé dans ses premiers écrits relatifs à Mari en 1939. L'article annoncé à cette occasion n'a finalement jamais paru dans la Revue d'Assyriologie, et il a fallu attendre 1991 pour que ces textes soient publiés. Il existe dans les archives de Mari une localité du district de Terqa, donc proche de Mari, qui est également nommée Haṣor, par conséquent homonyme de la Hazor de Galilée. Cependant, il est généralement assez facile de distinguer les références à l'une ou à l'autre de ces deux villes.
Hazor et Laish (Dan) sont les deux seules cités de Canaan mentionnées dans les archives de Mari. Une grande importance est accordée à Hazor , impliquant qu'il peut s'agir de la grande cité du Bronze Moyen, ce qui a des conséquences sur les datations : la transition du Bronze Moyen IIA au Bronze moyen IIB, qui serait dans sa fourchette basse ou moyenne, vers 1800 ou plus tardAmihai Mazar, Archaeology in the Land of the Bible, Lutterworth Press, 1993 . l'âge des archives de Mari le règne de Hammourabi de Babylone, pour qui les chronologies hautes ne peuvent plus être maintenuesYigael Yadin, Rediscovery of a Great Citadel of the Bible, Littlehampton Book Services 1975..
L'une de ces lettres montre que des ambassadeurs du roi Hammourabi ont effectué un long séjour à Hazor. Cette ville est mentionnée parmi d'autres grandes cités comme Yamhad et Qatna, qui se trouvent sur la route commerciale entre Babylone et Hazor. Une autre lettre de Samsî-Addu, roi d'Assyrie, adressée à son fils Yasmah-Addu, roi de Mari, évoque le roi Yabni-Hadad avec quatre rois d'Amurru. Ibni-Adad étant mentionné plusieurs fois dans ces lettres, il est possible que ce soit un nom dynastique qui corresponde à l'appellation Yabin du livre biblique des Juges. La ville est enfin mentionnée à propos de commandes d'étain en grande quantité, ce qui confirme son importance comme centre de commerce majeur du croissant fertileAbraham Malamat, Silver, Gold, and Precious Stones from Hazor" in a New Mari Document, The Biblical Archaeologist, Vol. 46, No. 3 (Summer, 1983), ..
Des lettres destinées à Mari ont également été trouvées à Hazor. Parmi elles, une lettre fragmentaire découverte en 1996 et publiée par Horowitz et Wasserman constitue un document exceptionnelW. Horowitz and N. Wasserman, "An Old Babylonian Letter from Hazor with Mention of Mari and Ekallatum", Israel Exploration Journal 50 (2000).. Bien que seule la moitié inférieure soit conservée, elle révèle une longue liste d'objets de prestige ainsi que des milliers d'armes d'apparat en métaux précieux. Le texte demande l'envoi de ces biens à Mari et mentionne l'intention de l'expéditeur de se rendre à Ekallatum pour y accomplir des sacrifices. Les éditeurs ont proposé de dater cette lettre de l'époque de Shamshi-Adad et d'identifier l'expéditeur avec Ishhi-Addu, roi de Qatna, suggérant un lien possible avec le mariage de sa fille avec Yasmah-Addu, fils de Shamshi-Adad. Les biens mentionnés dans la lettre de Hazor ont pu être imposée par Ishhi-Addu au roi de Hazor et à ses propres vassaux, dans le cadre de cette importante dot. Ces lettres témoignent d'importants échanges commerciaux et diplomatiques entre Hazor, Mari et les autres royaumes de Haute-Mésopotamie.
Les textes égyptiens Les textes d'exécration Hazor est citée dans les textes d'exécration du groupe Posener, datés de la ou dynastieGeorges Posener, Princes et pays d'Asie et de Nubie. Textes hiératiques sur des figurines d'envoûtement du Moyen Empire, Bruxelles, 1940. Le nom de son dirigeant est Gti.
Les listes de conquête Dans ces listes, qui établissent les villes conquises par un pharaon (ou parfois sous son contrôle), on trouve Hazor pour la première fois dans la liste de Thoutmôsis III. Pendant son règne, la ville est également citée à propos d'un envoi de bière. La liste d'Amenhotep II cite également Hazor, qui apparaît pour la dernière fois dans celle de Séthi Ier.
Les lettres d'El-Amarna
Ce sont les principales sources textuelles dont nous disposons pour la ville du Bronze récent. Le dirigeant de la ville y dispose d'un titre plus élevé que ceux des autres cités cananéennes. Le roi de Hazor semble diriger plus que sa seule cité, il est accusé devant le pharaon par les rois d'autres cités (Astharoth et Tyr) de leur avoir pris des villes, ainsi que de pactiser avec les Apirous.
Dans la Bible Hazor est mentionnée 18 fois dans la Bible. D'abord dans le livre de Josué, elle est présentée comme étant Josué 11.10, ce qui correspond tout à fait à la ville du Bronze Moyen et éventuellement du Bronze Récentde nombreux articles mentionnent cette similitude, en particulier Y. Yadin publia un livre nommé Hazor, The head of all those Kingdoms en 1972. Son roi Yabin, dont le nom semble correspondre à celui cité dans les archives de Mari, rassemble une coalition pour s'opposer à l'armée de Josué. Mais Hazor est prise et brûlée. Selon la Bible, Hazor est l'une des trois seules villes détruites par Josué, les deux autres étant Jéricho et AiKenneth Anderson Kitchen, On the Reliability of the Old Testament, . Ensuite le livre des Juges raconte une victoire progressive sous la direction de Débora des Israélites sur Jabin, roi de Hazor, qui amènera à une deuxième destruction de la ville.
Dans le livre des Rois1 Roi 9:15, la ville est citée parmi celles aménagées par Salomon, avec Guézer et Megiddo, ce qui alimentera la longue controverse sur le et la monarchie. En 2 Rois 15.29, la Bible rapporte la prise de la ville par Teglath-Phalasar III, roi d'Assyrie.
La ville pourrait également porter les traces d'un grand tremblement de terre mentionné dans les livres d'Amos (1:2) et d'Isaïe (2:19, 21).
Le site archéologique L'identification du tell avec la Hazor biblique remonte au voyageur britannique Josias Leslie Porter en 1875. John Garstang, directeur du service des Antiquités sous le mandat britannique, y effectua des sondages en 1928. Plus de 30 campagnes de fouilles ont été menées à ce jour.
Les fouilles systématiques débutèrent en 1955, à commencer par celle financée par James Armand de Rothschild et dirigée par Yigaël Yadin entre 1955 et 1958. Des archéologues israéliens renommés ont participé à cette campagne, notamment Yohanan Aharoni, M. et T. Dothan, R. Amiran et E. Stern. La campagne de fouilles reprit en 1968, toujours sous la direction de Yigaël Yadin, avec Amnon Ben-Tor et Yigal Shiloh. Les résultats ont été publiés dans une édition de cinq volumes par l'Israel Exploration Society.
Les fouilles ont repris depuis 1990 sous la direction d'Amon Ben-Tor. C'est le plus vaste site archéologique d'Israël, s'échelonnant sur 3000 ans, divisé en deux parties distinctes - les archéologues y ont découvert 22 strates d'occupation.
Tell el-Qedah, que les Israéliens appellent aujourd'hui Tell Hazor, est le plus grand site archéologique de Palestine au Bronze Moyen avec 80 à 100 hectares (ville haute et ville basse), alors que les autres grands sites de cette période ne dépassent pas 20 hectares. Cette ampleur exceptionnelle souligne l'importance de Hazor comme intermédiaire entre le Levant côtier et l'intérieur du Proche-Orient. John Garstang a ainsi pu décrire que Hazor était « la clé de la Palestine » John Garstang, Joshua-Judges, Londres, Constable, 1931, p. 183. . Le tell se trouve en effet à un emplacement stratégique, au nord d'Israël, à 15 kilomètres au nord du lac de Galilée. Il contrôlait le passage de la route menant vers le nord. Il se compose d'une grande colline d'une surface de 12 hectares, la ville basse, surmontée d'une autre plus petite un peu plus haute, la ville haute.
La ville haute