Bernardino Gatti, dit il Sojaro, né vers 1495 à Pavie et mort le à Crémone, est un peintre italien de la Renaissance.

Actif principalement en Lombardie et en Émilie, il travaille successivement à Crémone, à Pavie, à Vigevano, à Plaisance et à Parme. L'historien de l'art S. J. Freedberg tient pour son œuvre la plus accomplie la fresque de la Multiplication des pains et des poissons, peinte au réfectoire de San Pietro al Po, à Crémone.

Longtemps tenu pour l'un des disciples les plus assurés du Corrège, il a fait l'objet de relectures récentes qui le rattachent plutôt à l'entourage de Jules Romain à Mantoue.

Le musée du Louvre conserve plusieurs de ses dessins, dont des études préparatoires pour la fresque de Crémone, et une partie de ce fonds a fait l'objet de réattributions au .

Biographie

Origines

Le musée du Louvre indique une naissance à Pavie vers 1495, tandis qu'un essai italien le présente comme un peintre originaire de cette ville dont on a des nouvelles à partir de 1519.

Crémone, Pavie et Vigevano

Gatti est actif à Crémone dès 1529, à la cathédrale, puis à Pavie en 1531, à la cathédrale également. Entre 1534 et 1535, il réalise pour le dôme de Vigevano deux toiles commandées par François II Sforza.

Plaisance et Crémone

En 1543, il travaille à Santa Maria di Campagna, à Plaisance. Le musée du Louvre le dit influencé par le Corrège et par Pordenone.

Il est ensuite à Crémone, à San Sigismondo en 1546, où il peint en 1553 lAscension du Christ à la voûte de la nef, puis au réfectoire de l'église San Pietro al Po, où il exécute entre 1549 et 1552 la fresque de la Multiplication des pains et des poissons.

Parme

En 1559, à la mort de Michelangelo Anselmi, Gatti est chargé d'achever le décor de la coupole de Santa Maria della Steccata à Parme, qu'il réalise entre 1560 et 1566.

Il demeure principalement employé à Parme de 1560 à 1572 et intervient en 1567 à la cathédrale, en collaboration avec Lattanzio Gambara.

Dernières années

Il est ensuite actif à Milan, à l'abbaye de Chiaravalle en 1572, puis de nouveau à Crémone, à la cathédrale, en 1573. Il meurt dans cette ville le .

Débat sur la formation

La formation de Gatti demeure l'objet d'interprétations critiques divergentes.

Tout au long du , il a été tenu, sans examen critique, pour l'un des disciples les plus assurés du Corrège. Des travaux plus récents l'ont rattaché à l'entourage de Jules Romain à Mantoue, sans nécessairement écarter un apprentissage parmesan, jusqu'à l'hypothèse selon laquelle il aurait été l'élève de ce dernier.

Un essai paru en 2024 reprend l'examen de ces années de formation entre Pavie et Crémone et ajoute deux œuvres inédites à son catalogue : la fresque de l'''Addolorata dans l'église Sainte-Agathe de Crémone et un dessin de Pietà entre saint Sébastien et saint Roch conservé à la Galerie nationale du Canada.

Œuvres

+ Sélection Date Titre ou intervention Lieu 1529 Intervention Cathédrale de Crémone 1531 Intervention Cathédrale de Pavie 1534-1535 Deux toiles commandées par François II Sforza Dôme de Vigevano 1543 Intervention Santa Maria di Campagna, Plaisance 1546 Intervention San Sigismondo, Crémone 1549-1552 Multiplication des pains et des poissons Réfectoire de San Pietro al Po, Crémone 1553 Ascension du Christ San Sigismondo, Crémone 1560-1566 Décor de la coupole Santa Maria della Steccata, Parme 1567 Décor, avec Lattanzio Gambara Cathédrale de Parme 1572 Intervention Abbaye de Chiaravalle, Milan 1573 Intervention Cathédrale de Crémone

Dessins et collections françaises

Le musée du Louvre conserve des dessins de Gatti, pour partie liés à la fresque du réfectoire de San Pietro al Po. L'un d'eux, une étude de draperie, avait été successivement donné au Corrège par Saint-Morys, rangé parmi les anonymes italiens par Morel d'Arleux, puis classé parmi les anonymes lombards du par Frédéric Reiset, avant d'être reclassé à Gatti sur une proposition d'Arthur Ewart Popham, qui y a reconnu une étude pour l'homme du premier plan de la fresque.

En 2013, dans La Revue des musées de France. Revue du Louvre, l'historienne de l'art Mary Vaccaro a proposé d'attribuer à Gatti trois feuilles à la sanguine copiant des décorations murales de San Giovanni Evangelista à Parme, conservées au Louvre et au Fogg Museum de l'université Harvard, contre l'attribution à Michelangelo Anselmi avancée par Popham.

Des œuvres en rapport avec ses compositions sont également signalées au musée des Beaux-Arts de Besançon, à la Galerie des Offices et au Museo Civico de Pavie.

Réception critique

Dans son ouvrage sur la peinture italienne du , S. J. Freedberg estime que Gatti illustre le rôle du style émilien à Crémone. Il juge que son interprétation du style du Corrège fut dépourvue de grâce et prosaïque, et sujette à la lourdeur propre à la disposition lombarde lorsqu'elle est le moins inspirée.

Il tient la Multiplication des pains et des poissons pour son œuvre la plus accomplie, tout en observant qu'elle ne rappelle le style corrégien que par son apparence extérieure. Il voit dans lAscension de 1553 un compromis avec la primauté alors acquise du maniérisme, et considère que la coupole de la Steccata montre comment ses emphases romanisantes pouvaient rendre terne jusqu'au plagiat direct du Corrège.

Élèves

Son neveu Gervasio Gatti, également surnommé '', se forme auprès de lui.

Notes et références

Notes

Références

Voir aussi

Bibliographie

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Articles connexes

Corrège Pordenone Santa Maria della Steccata Renaissance italienne

Liens externes

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