vignette|redresse=2.2|Évolution du réseau ferré national de 1826 à 2020. En France, le réseau ferré national (RFN) est constitué des lignes de chemin de fer et d'infrastructures ferroviaires appartenant à l'État et dont SNCF Réseau est affectataire.

La Société nationale des chemins de fer français (SNCF) en est dépositaire du , lors de sa constitution sous forme d'établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) jusqu'au , sur la base du réseau concédé par l'État qui l'a constitué depuis 1938 à partir de ceux des anciennes grandes compagnies ferroviaires. Du au , le réseau ferré national appartient à l'EPIC Réseau ferré de France (RFF), sa maintenance et son exploitation sont déléguées à la SNCF. Le , consécutivement à la disparition de RFF, il devient propriété de SNCF Réseau, qui le gère et l'exploite directement. En 2020, il devient propriété de l'État, tout en restant confié à SNCF Réseau.

En 2018, comptant plus de de voies ferrées exploitées et plus de et gares desservies, la France possède le deuxième plus grand réseau en Europe (derrière l'Allemagne), ainsi que le second réseau de lignes à grande vitesse en Europe (après l'Espagne). En 2024, la plus grande part (88 %) de la circulation sur le réseau est représentée par le transport de voyageurs (1,23 milliard de personnes transportées avec un taux d'occupation moyen de 51 %). Le train est cependant fortement concurrencé par le camion et la route voire par l’avion. La France a développé son réseau à grande vitesse, mais en abandonnant de nombreuses petites lignes et gares, ce qui a contribué, en milieu rural, à rendre l'accès à certains services plus difficileL'accès aux services publics dans les territoires ruraux , Cour des comptes (Enquête demandée par le Comité d’évaluation et de contrôle des politiques publiques de l’Assemblée nationale), mars 2019, 154 pages.. Ces petites lignes sont jugées peu rentables, en raison de leur coût élevé pour une faible fréquentation, ainsi que pour leur impact environnemental lorsqu'elles ne sont pas électrifiées..

Histoire Sous les anciennes compagnies vignette|redresse|Développement du réseau ferré français au cours du . vignette|redresse|Carte des trains à prendre pour partir en vacances depuis Paris, parue dans le quotidien Excelsior le . La toute première ligne de chemin de fer française, et également la première d'Europe continentale, est la ligne de Saint-Étienne à Andrézieux accordée par ordonnance du roi à Louis-Antoine Beaunier en 1823 et ouverte le . Longue de , elle était destinée au transport du charbon des mines du bassin houiller de la Loire vers le fleuve. Elle sera ouverte aux voyageurs le .

La loi relative à l'établissement des grandes lignes de chemins de fer (également appelée « charte des chemins de fer »), adoptée le définit le régime des chemins de fer en France en créant un modèle de partenariat public-privé. L'État devient propriétaire des terrains retenus pour les tracés des lignes et finance la construction des infrastructures (ouvrages d'art et bâtiments). L'usage est concédé à des compagnies privées qui construisent les superstructures (voies ferrées, installations), investissent dans le matériel roulant et disposent d'un monopole d'exploitation sur leurs lignes.

Rapidement le réseau ferroviaire va se développer à travers tout le pays. La construction du réseau s'est faite depuis Paris sous la forme d'un réseau en étoile, dite étoile de Legrand.

Le plan Freycinet, adopté en 1879, prévoit de relier chaque sous-préfecture au réseau ferré.

Le réseau atteint dès 1852 puis en 1870 et en 1882Petite histoire du chemin de fer en France..

L'Alsace-Lorraine est annexée à l'Empire allemand en 1871. Par conséquent son réseau ferroviaire est exploité par la Direction générale impériale des chemins de fer d'Alsace-Lorraine (EL). Lors du retour à la France de l'Alsace-Lorraine, après la Première Guerre mondiale, ce réseau est exploité par l'Administration des chemins de fer d'Alsace et de Lorraine, créée en 1919 et gérée par l'État, la Compagnie des chemins de fer de l'Est, qui l'exploitait avant 1871, n'ayant pas souhaité le récupérer.

En 1914, le réseau ferré français d'intérêt général atteint , puis à son apogée à la fin des . S'y ajoute le réseau d'intérêt local, d'une extension maximum en 1928 de de lignes, exploitées en régie directe par les conseils généraux ou par diverses compagnies privées pour le compte des départements. Le total représente environ de voies ferrées en France métropolitaine. Ce réseau local décline rapidement à partir des ; en 2010, il en reste ..

En 1937, juste avant la création de la SNCF, le réseau ferré français est exploité par la Compagnie des chemins de fer du Nord (Nord), la Compagnie des chemins de fer de l'Est (Est), la communauté d'intérêt financière, commerciale et technique des Compagnies des chemins de fer de Paris à Orléans et du Midi et du Canal latéral à la Garonne (dite PO-Midi), la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée (PLM), auxquelles s'ajoutent les Syndicats du chemin de fer de Grande Ceinture et de Petite Ceinture et les deux administrations nationales, les chemins de fer d'Alsace-Lorraine (AL) et les chemins de fer de l’État (État).

Sous la SNCF vignette|Une BB 69200 de SNCF Infra. vignette|Un train de travaux SNCF.

La Société nationale des chemins de fer français a été créée par convention du Centre de documentation du ministère de l’équipement (Textes de base sur la SNCF) : convention du 31 août 1937 transférant, au , l’exploitation des lignes des anciens réseaux à la SNCF (cf. article de la convention). Voir présentation succincte de la convention par Antoine Albitreccia in Annales de Géographie, année 1938, volume 47, numéro 266, pp. 206-207. entre l’État et les différentes compagnies privées de l'époque : Nord, Est, PO, Midi, PLM, les syndicats du chemin de fer de Grande Ceinture et de Petite Ceinture et les administrations nationales des chemins de fer d'Alsace et de Lorraine et des chemins de fer de l’État. Le Art. al. 4 de la convention du ., l’exploitation des lignes de ces anciennes compagnies, syndicats et administrations est transférée à la nouvelle SNCF, les anciennes compagnies de chemin de fer restant propriétaires de leur domaine privé propreLe domaine privé est constitué de l'ensemble des biens et droits acquis par les compagnies de chemin de fer en dehors des concessions qui leur avaient été accordées - cf. art. , al. 6 de la convention du 31 août 1937..

À sa création, la SNCF est une société d'économie mixte, elle exploite un réseau de de voies (dont 8 % sont électrifiées) et s'organise autour de cinq régions : Est, Nord, Ouest, Sud-Est et Sud-Ouest. Ces régions correspondent aux réseaux des anciennes compagnies, le réseau d'Alsace-Lorraine étant intégré à la région Est. La SNCF exploite également les lignes concédées par la Société royale grand-ducale des chemins de fer Guillaume-Luxembourg (GL) qui étaient auparavant exploitées par l'Administration des chemins de fer d'Alsace et de Lorraine.

La création de la SNCF s'accompagne du renforcement de la politique de coordination rail-route amorcée en 1934 qui décide d'un important programme de fermetures de lignes. sont fermées au service voyageurs à la fin de 1939, la plus grande partie en 1938 et 1939. La grande majorité reste cependant exploitée pour la desserte marchandises en attendant la fermeture à tous trafics généralement plus tardive. Les fermetures voyageurs et fret se poursuivent à partir des , atteignant en 2011 un total de plus de de lignes fermées à tout trafic.

Après la seconde annexion allemande de l'Alsace-Lorraine, c'est la Deutsche Reichsbahn qui gère le réseau ferroviaire de l’Alsace et de la Moselle et le réseau Guillaume-Luxembourg pendant la Seconde Guerre mondiale, du jusqu'à la Libération (à compter de ).

La sixième région, Méditerranée, est créée en .

La première ligne à grande vitesse française est la LGV Sud-Est, dont le premier tronçon a été inauguré le .

Le , la SNCF devient un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC).

La création de RFF

Réseau ferré de France (RFF) est créé le par scission de la SNCF.

Cette création a pour but de séparer deux activités bien distinctes : la gestion de l'infrastructure ferroviaire d'une part, et l'organisation du service de transport de l'autre. Elle répond aux directives européennes visant à créer un espace ferroviaire supranational. Elle a deux conséquences : en reprenant les dettes liées à l'infrastructure, RFF désendette la SNCF, et en gérant uniquement l'infrastructure, elle permet l'ouverture du réseau à d'autres opérateurs sans risque de conflit d'intérêts.

Cependant si RFF devient propriétaire du réseau, Infra, le service de maintenance et d'exploitation du réseau demeure au sein de la SNCF. Cela permet à RFF de faire appel à des entreprises tierces, quand elles sont moins chères.

La propriété du « domaine public ferroviaire » est transférée pour l'essentiel à Réseau ferré de France lors de sa création en 1997 : de lignes en service et répartis sur plus de . La SNCF, quant à elle, reste affectataire des « voies industrielles » (ateliers d'entretien du matériel, dépôts, halles à marchandises, etc.) ainsi que des bâtiments à vocation commerciale et administrative (notamment les bâtiments voyageurs des gares) soit ; certaines zones, proportionnellement très limitées mais quantitativement non négligeables, sont restées litigieuses très longtemps avant que l’État n'impose, entre 2005 et 2006, un arbitrage externe.

Entre le et le , Réseau ferré de France est propriétaire et gestionnaire du réseau ferré national, la Société nationale des chemins de fer français étant gestionnaire délégué, (défini par le décret 2002-1359), consistant concrètement en l'ensemble des infrastructures ferroviaires : voies, quais, postes d'aiguillage ; les bâtiments voyageurs des gares ainsi que plusieurs centaines de voies de service destinées au stationnement du matériel roulant appartiennent toujours à la SNCF.

Réunification de RFF et de la SNCF

Une nouvelle réforme du système ferroviaire est adoptée par le Sénat et l'Assemblée nationale en 2014. Elle prévoit la réunification de la SNCF et de RFF au sein d'une même entité au . À cette occasion une nouvelle organisation sera mise en place. La SNCF s'articulera autour de trois EPIC : un EPIC de tête SNCF, le gestionnaire de l'infrastructure SNCF Réseau et SNCF Mobilités chargé de l'exploitation des trainsProjet de loi portant réforme ferroviaire sur le site vie-publique.fr..

RFF cesse d'exister le et la nouvelle organisation de la SNCF est effective le .

La SNCF (par l'intermédiaire de SNCF Réseau et SNCF Mobilités) devient alors propriétaire du réseau ferré national et de l'ensemble des gares et infrastructures ferroviaires, elle est à la fois propriétaire, gestionnaire et exploitant du réseau.

La loi portant nouvelle organisation territoriale de la République (NOTRe) de 2015 donne la possibilité aux régions et intercommunalités de devenir propriétaires des lignes capillaires fret du réseau ferré national. Les lignes capillaires fret représentent environ de voies (soit 10 % du RFN)« Premiers résultats du plan de sauvegarde des lignes capillaires de fret ferroviaire », article L'Antenne du 29 août 2016..

Deux nouvelles lignes à grande vitesse sont mises en service le , la LGV Bretagne-Pays de la Loire et la LGV Sud Europe Atlantique, cette dernière étant financée grâce à un partenariat public-privé. Lors de l'inauguration de la LGV Bretagne-Pays de la Loire, le président Emmanuel Macron a déclaré : « la promesse que je veux qu’ensemble nous tenions pour les années à venir, c’est ceci : (…) ne pas relancer de grands projets nouveaux mais s’engager à financer le renouvellement des infrastructures »..