Robert Le Gall, de son nom complet Robert Jean Louis Le Gall, né le à Saint-Hilaire-du-Harcouët (Manche, France), est un prélat et liturgiste catholique français.

Il entre au noviciat de l'abbaye Sainte-Anne de Kergonan en 1963, où il prononce ses vœux perpétuels sept ans plus tard, le . Ordonné prêtre le , il poursuit sa vie monastique à Kergonan où il exerce les fonctions de prieur et d'hôtelier du monastère. Robert Le Gall est élu abbé de Kergonan en 1983, devenant à 37 ans le plus jeune abbé de l'histoire du monastère.

En 2001, il est nommé évêque de Mende, le plus petit diocèse de France. Quatre ans plus tard, Robert Le Gall convoque un synode diocésain destiné à dresser un bilan du travail d’évangélisation et à renforcer l’élan missionnaire de l’Église locale. Avant même de pouvoir mettre en œuvre les propositions issues de ce synode, il est appelé à succéder à Émile Marcus à la tête de l’archidiocèse de Toulouse, Saint Bertrand de Comminges et Rieux. Robert Le Gall prend possession de son siège le . Durant son épiscopat toulousain, il engage notamment un chantier de réorganisation des paroisses et des doyennés du diocèse. Démissionnaire pour raison d’âge, sa renonciation est acceptée en 2021, et il se retire l'année suivante dans l'abbaye Notre-Dame de Quarr sur l'île de Wight.

Spécialiste de liturgie, Robert Le Gall exerce des responsabilités importantes au sein de la Conférence des évêques de France, occupant la présidence de la Commission épiscopale pour la liturgie et la pastorale sacramentelle (CELPS) entre 2003 et 2011, et celle de la Commission épiscopale francophone pour les traductions liturgiques (CEFTL) entre 2004 et 2012. À ce titre, il supervise les travaux de la nouvelle traduction liturgique de la Bible en français, publiée en 2013. Parallèlement, Robert Le Gall est nommé membre de la Congrégation romaine pour le culte divin et la discipline des sacrements le , et occupe cette fonction pendant dix ans.

Biographie Enfance, études et débuts Fils d'un ingénieur, directeur des quais, des phares et des balises au port de Lorient, Robert Le Gall est issu d'une famille originaire de Brest, très marquée par la foi chrétienne.. Parmi les membres de sa famille, l'une de ses grandes-tantes maternelles était sœur passionniste dans un monastère de la Sarthe. Adolescent, Robert Le Gall fréquente le lycée privé Saint-Louis de Lorient. C'est lors d'un camp d'une semaine à Kergonan, en , qu'il envisage pour la première fois une vocation monastique..

Moine, prieur et père abbé de Sainte-Anne de Kergonan

Après trois mois en khâgne à Orléans, Robert Le Gall entre en 1963, à l'âge de 17 ans, au noviciat de l'abbaye Sainte-Anne de Kergonan. Il prononce ses premiers vœux monastiques le ., et commence des études de philosophie au monastère...

En 1967, il est appelé au service militaire. Il fait ses classes à Auvours, au sein du régiment d'infanterie de marine ( RIMa), puis est affecté à l'École militaire préparatoire technique (EMPT) du Mans en tant qu'éducateur-professeur. Il est libéré de ses obligations militaires en .

De retour à Sainte-Anne de Kergonan, il poursuit ses études de philosophie. Il prononce ses vœux perpétuels le ., puis quitte l'abbaye Sainte-Anne de Kergonan pour l'abbaye Saint-Pierre de Solesmes dans la Sarthe, afin de suivre une licence de théologie. Après avoir obtenu son baccalauréat en 1973, il est ordonné prêtre le par Pierre Boussard, évêque de Vannes. À la demande de dom Marcel Blazy, abbé, il continue ses études à l'université de Fribourg en vue d'une licence canonique en théologie dogmatique, qu'il obtient en . En juillet de la même année, il complète sa formation par un mois d'études bibliques en Israël..

Revenu à l'abbaye Sainte-Anne de Kergonan, dom Marcel Blazy lui demande d'enseigner la théologie de la liturgie aux étudiants du monastère. Il le nomme prieur le , puis deux jours plus tard, hôtelier du monastère. Il est ainsi chargé d'accueillir au nom de l'abbé et de toute la communauté, les visiteurs séjournant à l'abbaye. À la suite de la démission de dom Marcel Blazy, Robert Le Gall est élu quatrième abbé en 1983. À 37 ans, il est le plus jeune frère élu père abbé de l'histoire du monastère, jusqu'à l'élection en , de dom Jean-Vincent Giraud, à l'âge de 36 ans..

Évêque de Mende puis archevêque de Toulouse Mende

En , la nonciature apostolique lui propose de prendre la tête de l'évêché de Mende, ce qu'il accepte.. Le , Robert Le Gall est donc nommé évêque de Mende, le plus petit diocèse de France, une prudence du Saint-Siège à l'égard de celui qui n'avait eu jusque-là aucune expérience dans l'exercice de la charge pastorale d'une paroisse. Robert Le Gall est consacré le par le cardinal Paul Poupard. C'est la deuxième fois en France qu'un supérieur de monastère est propulsé à la tête d'un diocèse, après Bernard-Nicolas Aubertin, père abbé du monastère de Lérins, nommé évêque de Chartres en 1998.

Il choisit comme devise épiscopale (« De l'unité de la Trinité »), inspirée du de la constitution conciliaire , qui traite de l'unité de l'Église tirée de l'unité de la Trinité, reprenant ainsi sa devise abbatiale..

En 2005, quatre ans après le début de son épiscopat, Robert Le Gall convoque un synode diocésain, ce que Mende n'avait pas connu depuis le concile Vatican II. Selon Arnaud Join-Lambert, l'objectif de ce synode, tout comme ceux de Luçon, Nevers et Évry menés au même moment, est de réaliser un bilan sur le travail d'évangélisation et d'élan missionnaire, et de témoigner de l'Église locale auprès de tous les habitants du département.. Le synode, dont les réflexions portent sur le vivre ensemble, met en lumière la nécessité de partager le travail pastoral avec les laïcs, afin de faire face au vieillissement et au manque de prêtre dans le diocèse : en 2007, sur les 120 prêtres que compte Mende, seuls 20 d'entre eux ont moins de 65 ans.. Toutefois, certaines propositions, notamment celles qui suggèrent une présence évangélisatrice directe qui recherche le contact avec le tout-venant, ont suscité des débats au sein du diocèse..

Toulouse

Nommé archevêque de Toulouse le et chancelier de l'Institut catholique de Toulouse, il prend ses fonctions le ., avant de pouvoir mettre en œuvre les propositions du synode diocésain de Mende. Dès sa prise de fonction, Robert Le Gall exprime le souhait de se voir secondé par un évêque auxiliaire. Le , Hervé Gaschignard est nommé évêque auxiliaire de Toulouse par le pape Benoît XVI..

À la suite des attentats de mars 2012 à Toulouse, l’État invite les responsables religieux de la région toulousaine à des rencontres, dont Robert Le Gall, afin de rédiger une déclaration commune dans laquelle les communautés religieuses condamnent toute forme de violence, promeuvent le rapprochement entre les Hommes et appellent à lutter contre le racisme, la discrimination et l'exclusion.. Le texte, intitulé , est signé le par les représentants religieux juif, musulman, catholique, bouddhiste, protestant et anglican, en présence du ministère de l'intérieur, Bernard Cazeneuve, et de la ministre de l'Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem..

En 2014, devant la diminution du nombre de prêtres dans le diocèse de Toulouse, et pour faire face aux nouvelles réalités démographiques du département, Robert Le Gall annonce le lancement d'un chantier de réorganisation des paroisses et des doyennés du diocèse., intitulé .. Entrant en vigueur le , la réforme entérine la diminution du nombre des doyennés, passant de 28 à 16, dont 6 uniquement pour la ville de Toulouse. En 2018, le diocèse compte 133 prêtres en activité, pour 700 000 baptisés..

Au pic de la crise migratoire en Europe en 2015, il mobilise le diocèse de Toulouse en faveur de l'accueil des réfugiés fuyant la progression de l'État islamique, et en particulier, les chrétiens d'Orient. Il relaie ainsi l'appel du pape François du qui, à l’occasion du jubilé de la miséricorde, demande .. À la suite de cette mobilisation, la communauté chrétienne de Toulouse héberge une quinzaine de familles de réfugiés..

À l'été 2017, l'institut catholique de Toulouse traverse une grave crise de gouvernance : accusé de harcèlement moral, le doyen de la faculté de philosophie, Andrea Bellantone, est l'objet d'une procédure de licenciement initiée par le recteur de l'institut catholique, le père Luc-Thomas Somme. Opposés à cette décision jugée arbitraire, une soixantaine de professeurs et d'intellectuels portent l'affaire auprès de la Congrégation pour l'éducation catholique, qui leur donne raison dans un courrier en date du .. En qualité de chancelier de l'institut catholique, Robert Le Gall est donc enjoint par le Saint-Siège à suspendre la procédure de licenciement, ce qu'il fait. Néanmoins, les tensions ne redescendent pas, les partisans du recteur se manifestant par des pétitions de soutien, tandis que les partisans du doyen appellent à la démission du père Luc-Thomas Somme.. À la suite de la rencontre des évêques responsables de l'Institut catholique de Toulouse le , Robert Le Gall réaffirme sa confiance à l'égard du père Somme, tout en demandant un rééquilibrage dans la gouvernance de l'institut catholique, notamment en associant davantage les doyens à la réflexion stratégique et budgétaire, et en veillant à une meilleure collaboration entre les facultés profanes et ecclésiastiques..

Conformément au droit de l'Église catholique qui demande aux évêques de remettre leur charge à l'âge de 75 ans, Robert Le Gall a demandé en de quitter son poste. Le pape François lui demande alors d’assumer quelques mois de plus la charge qu’il lui a confiée. Son successeur Guy de Kerimel est installé le ...

Évêque émérite Démissionnaire de sa charge d'évêque pour raison d'âge, il se retire en 2022 dans l'abbaye Notre-Dame de Quarr sur l'île de Wight, aspirant à retrouver la vie communautaire bénédictine. Toutefois, il exclut de retourner à l'abbaye de Kergonan, la communauté, en pleine crise interne, n'ayant pas encore élu de père abbé à la date de sa démission. En outre, Robert Le Gall considère que celle-ci .

Autres responsabilités Conférence des évêques de France

Entre 2001 et 2003, Robert Le Gall est membre de la Commission épiscopale pour les ministères ordonnés (CEMIOR), puis en , il est élu président de la Commission épiscopale pour la liturgie et la pastorale sacramentelle (CELPS). Il est réélu le pour un mandat de trois ans., avant de se voir remplacer en 2011 par Bernard-Nicolas Aubertin.. Entre 2004 et 2012, il préside également la Commission épiscopale francophone pour les traductions liturgiques (CEFTL)..

Après avoir été membre du Conseil pour l'unité des chrétiens et les relations avec le judaïsme en 2012, il est membre du conseil pour les relations interreligieuses et les nouveaux courants religieux entre 2017 et 2019.

Depuis 2022, il est évêque accompagnateur du Centre national des archives de l'Église de France (CNAEF).

Monde monastique

Entre 1984 et 1990, Robert Le Gall est membre du bureau des supérieurs majeurs de la région apostolique de l'Ouest, puis entre 1986 et 1992, membre du bureau de la Conférence monastique de France (CMF). Il est pendant plusieurs années administrateur de Monastic, association qui aide les monastères dans les questions commerciales, administratives et juridiques. En , il est nommé président de la Fondation des monastères, .

Organismes de dialogue interreligieux

Robert Le Gall est un des fondateurs du Groupe de Chevetogne, comité d'études catholique-orthodoxe pour l'unité, né à Rome en , à la fin du congrès des abbés bénédictins.

Saint-Siège

Liturgiste, il est nommé membre de la Congrégation romaine pour le culte divin et la discipline des sacrements le , ., il occupe cette charge pendant dix ans..

Prises de position Catholicisme traditionaliste