Corno Stella est un sommet des Alpes de d'altitude, situé intégralement en Italie, dans la vallée du Gesso, dans la province de Coni et dans les limites du parc naturel des Alpes maritimes (en ) qui constitue un parc naturel européen avec le parc national du Mercantour qui le jouxte de l'autre côté de la frontière franco-italienne. Ce sommet tient une partie de sa réputation de son inaccessibilité (la voie normale comporte un pas de IV).
Ce sommet constitué de gneiss, attire les alpinistes par la qualité de son rocher et l'ampleur de ses faces. Mais c'est surtout l'histoire de sa conquête, et le mythe qui l'entoure, qui en fait l'attrait, cette paroi étant devenue pour un temps le symbole de la difficulté technique dans les Alpes du Sud dans les années 1960.
Toponymie Corno Stella pourrait se traduire en français par « corne des étoiles ». Étymologiquement, ce nom proviendrait de la forme de corne que prend le sommet vue du haut du couloir de Lourousa, corne qui semblerait vouloir gratter les étoiles. Pour certains, et moins poétiquement, la « corne » du sommet semblerait désigner le Monte Stella, un des deux sommets voisins. Le Corno Stella constitue avec le Monte Stella, le Gelas di Lourousa et les sommets Sud et Nord de l'Argentera, le cœur du massif du Mercantour-Argentera.
Première ascension Les premières tentatives d'ascension se soldent par des échecs, parfois mortels..
D'abord réputé inaccessible, c'est Victor de Cessole, insatiable alpiniste niçois, qui entrevoit une possibilité de voie dans le centre de la face Sud. C'est le guide Jean Plent qui franchit le pas difficile ( impossible à protéger) et ainsi ouvre la voie du sommet, avec Andrea Ghigo, à son client le .
Bien sûr, les pitons n'existaient pas à l'époque et c'est à mains nues et chaussé de tricounis que Jean Plent, n'écoutant que son courage, se lancera dans ce passage-clé, connu sous le nom de « mauvais pas » d'une hauteur de 22 mètres.
Alpinisme : les voies majeures Les voies majeures se situent dans les faces nord et sud. Elles sont d'ampleur respectable : la face nord s'étire sur 600 m et la face sud sur 500 m.
Paroi sud/ouest Voie Première Date Première hivernale Date Voie De Cessole V. De Cessole, J. Plent, A. Ghigo 22 août 1903 M. Campia, N. Gandolfo, R. Nervo, A. Quaranta 10 janvier 1937 Spigolo Inférieur G. Ellena, L. Giugliano 21 août 1927 P.L. Revelli, F. Sorzana 20 janvier 1966 Voie Campia M. Campia, G. Ellena, R. Nervo 15 juillet 1945 D. Ughetto, F. Ruggieri 20 février 1961 Voie Dufranc (Diagonale) M. Dufranc, F. Cravoisier 15 août 1968 Patrick Berhault 8 février 1980 Voie Ruggeri-Ughetto D. Ughetto, F. Ruggieri 26 juillet 1960 Patrick Berhault 9 février 1980 Spigolo Supérieur G. Ellena, E. Soria 17 août 1930 D. Ughetto, F. Ruggieri 19 février 1962
Paroi nord/est Voie Première Date Première hivernale Date Voie du Diedre Rouge D.Ughetto, F.Ruggieri 11-12-13 juin 1962 J.Gounand, G.Grisolle 23-24-25 décembre 1971 Voie dell'Aspirazione M.Morgantini, V.Ravaschietto Juillet 1978 R.Piombo, M.Schenone 27 décembre 1988 Voie Siccardi G.Carbone, G.Salesi 20 juin 1976 Voie Rabbi M.Maccagno, C.Rabbi 24 juillet 1954 D.Ughetto, F.Ruggieri 12-13 février 1962 Voie Ellena G.Ellena, E.Soria 21 août 1932 Tarcisio e Tommaso Martini 20 janvier 1974
La voie du dièdre rouge en face Nord Dans les années 1960, la mode est aux voies directes (directe américaine aux Drus, directe Brandler Hasse à la Cima Grande dans les Dolomites).
Franck Ruggeri et Didier Ughetto, deux alpinistes français des Alpes-Maritimes, forment une forte cordée du moment. Après l'ouverture préalable d'autres voies au Corno Stella, ils n'en sont pas à leur coup d'essai sur cette montagne. Ils décident en 1962 de s'attaquer à l'ouverture d'une voie directe dans la face Nord. La voie qui leur semble logique est constituée d'un dièdre évasé et surplombant, fermé par un énorme toit.
Après sept tentatives infructueuses, ils comprennent qu'ils ne peuvent venir à bout des larges fissures de la voie avec le matériel d'alpinisme des années 1960. Franck Ruggeri, bricoleur de génie, a alors l'idée de fabriquer des coins de bois de largeur réglable (jusqu'à ) en guise de coinceurs pour constituer des points d'assurage. Forts de cette invention, les deux grimpeurs réussissent la voie en technique artificielle du 11 au . La voie qu'ils cotent V/A3, devient une des plus difficiles des Alpes du Sud..
La voie devient dès lors mythique et attire d'autres talentueux grimpeurs qui voudront y inscrire leur nom : par Jean Gounand et Georges Grisolles du 23 au . ; en libre par Patrick Berhault ; par Patrick Berhault en 1996 ; hivernale, le , en , encore par Patrick Berhault au cours de sa grande traversée des Alpes. ; en libre et en hiver, le , par Symon Welfringer et Xavier Cailhol, en .
La voie comporte dix longueurs et sa cotation actuelle est 6B/A1 ED (350 m) avec une longueur de 7A+/A1.
Sommet fétiche de Patrick Berhault, célèbre alpiniste niçois à la réputation internationale, il dira que c'est au Corno Stella qu'il a appris la montagne.
Annexes Notes et références
Liens externes Photos et récit d'une répétition de la voie du dièdre rouge
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