La deuxième bataille du Rocher de La Piochais se déroule le pendant la Chouannerie. Elle s'achève par la victoire des chouans qui tendent une embuscade à un convoi républicain parti de Fougères pour ravitailler le bourg patriote de Saint-Georges-de-Reintembault.

Prélude En , les chouans commencent à assiéger Saint-Georges-de-Reintembault, un gros bourg de qui est alors l'un des principaux bastions patriotes de la région... Saint-Georges dispose de fortifications et est défendue par une garnison de 300 à et gardes territoriaux. Selon les mémoires de l'officier royaliste Toussaint du Breil de Pontbriand, les patriotes lancent également des raids dans les communes environnantes et l'assassinat de quelques chouans isolés, surpris chez eux, décide Aimé Picquet du Boisguy à rassembler ses troupes pour attaquer le bourg.

Ne disposant d'aucune pièce d'artillerie pour prendre d'assaut les fortifications, Boisguy tente d'abord provoquer les patriotes pour les pousser à faire une sortie, mais sans succès. Il fait alors bloquer les avenues et détruire les moulins afin de réduire le bourg par la famine. Il envoie également Bonteville surveiller Fougères avec une partie de ses troupes. Le , ce dernier repousse entre Ernée et Fougères une petite colonne qui laisse quelques tués et prisonniers..

Le , les administrateurs du district de Fougères reçoivent une lettre du maire de Saint-Georges-de-Reintembault.. Ils lancent alors un appel à l'aide au général Quantin, chef d'état-major de l'armée des côtes de Brest, pour lui réclamer des troupes. Ils écrivent que : . De son côté Pontbriand écrit dans ses mémoires : .

Mais le , Fougères reçoit dans ses murs une colonne de 300 soldats venue d'Ernée et en route pour Avranches. L'adjudant-général Bernard, commandant de la ville, décide alors de profiter de ce renfort pour envoyer des secours à Saint-Georges. Le lendemain, la colonne, renforcée par une partie de la garnison de Fougères, se met en route avec ordre de ravitailler Louvigné-du-Désert en vivres et en munitions, puis de se porter sur Saint-Georges-de-Reintembault pour protéger l'évacuation du cantonnement.

De son côté, Boisguy est informé par Bonteville dans la nuit du 20 au de l'arrivée de renforts républicains à Fougères. Il abandonne alors le siège de Saint-Georges-de-Reintembault, lève tous les postes et rassemble ses troupes, avant de se porter sur Landéan pour rejoindre Bonteville. Il décide ensuite d'attendre les républicains au Rocher de La Piochais. — également orthographié La Plochais, La Piochaye ou La Plochaye — situé au milieu de marais, sur la route de Landéan à Louvigné-du-Désert.. Le lieu avait été le théâtre d'un précédent combat en juillet qui s'était achevé à l'avantage des chouans.

Forces en présence D'après le rapport au département du commissaire provisoire de Fougères, l'escorte est forte de plus de 500 hommes, dont 300 de la colonne d'Avranches, auxquels sont adjoints des troupes de la garnison de Fougères. Les chouans sont quant à eux estimés entre et , ce qui semble exagéré.

Pour l'officier royaliste Toussaint du Breil de Pontbriand, les chouans sont environ . Il estime que les républicains alignent le même nombre d'hommes, dont venus des frontières et de la garnison de Fougères, commandés par un dont il ne donne pas le nom et par le chef de bataillon Joré, le commandant des carabiniers à pied.

Déroulement thumb|left|upright=1.2|Vue en 2016 des hauteurs du Rocher de la Piochais depuis la route de Fougères.

Le combat s'engage le 30 frimaire, soit le .. Du côté des chouans, Bonteville commande le flanc droit, Saint-Gilles le centre et Dauguet la gauche avec ses Normands. Boisguy prend quant à lui la tête d'une troupe de 400 hommes pour prendre le convoi à revers. Le rapport républicain fait mention de .

D'après le récit laissé par Toussaint du Breil de Pontbriand, les chouans arrivent à la pointe du jour au Rocher de La Piochais, où ils prennent position. Peu après dans la matinée, les troupes républicaines font leur apparition sur la route de Fougères. Cependant elles repèrent l'embuscade et se mettent en formation en lançant des railleries et des insultes aux chouans, avant de marcher baïonnette au canon pour les déloger de leur position. Selon Pontbriand : . Les chouans les laissent s'approcher jusqu'à une distance de 20 pas puis ouvrent le feu. Après avoir essuyé plusieurs décharges meurtrières, le commandant républicain ordonne la retraite et ses troupes rétrogradent en bon ordre sous le feu des royalistes. Peu après, à l'autre bout de la colonne, Boisguy enfonce l'arrière-garde avec ses 400 hommes et se saisit des voitures de vivres et de pains destinées à ravitailler Saint-Georges. Les républicains sont alors attaqués de tous côtés, avec les marais sur leurs flancs. À l'avant-garde, le commandant du convoi met sa troupe en formation carré et Joré fait de même à l'arrière-garde après avoir rallié les fuyards. Mais les républicains, à découvert, restent constamment sous le feu des chouans, qui sont protégés par les marais et restent embusqués derrière les fossés et les haies. Bonteville, Saint-Gilles et Dauguet lancent alors une charge sur le carré de l'avant-garde et leur supériorité numérique permet de l'écraser rapidement. Le carré de Joré et de ses carabiniers résiste plus longtemps, les hommes de Boisguy y pénètrent un instant, puis en sont délogés, avant qu'une deuxième attaque ne s'avère décisive. Les lignes républicaines sont disloquées et les soldats en déroute s'enfuient vers Fougères. Les combats ont duré trois heures.

Pertes Les pertes des républicains sont particulièrement lourdes. Dans un premier rapport adressé au Directoire, les administrateurs républicains de Fougères écrivent que Association bretonne et union régionaliste bretonne, Comptes rendus, procès-verbaux, mémoires, Volumes 121-122, 279... Le lendemain du combat, le commissaire provisoire de Fougères écrit au département que .. Les corps auraient été enterrés à la prairie de Chevaux-Morts.

Dans ses mémoires, Toussaint du Breil de Pontbriand affirme que les pertes des chouans sont de 39 tués et d'environ 40 blessés, tandis que celles des républicains s'élèvent à plus de tués. Il affirme également qu'il ne rentra pas 200 hommes sans blessure à Fougères.

Conséquences Cette défaite est vécue comme une catastrophe par les patriotes de la région. Le rapport du commissaire provisoire de Fougères à l'administration du département exagère la situation et témoigne de la panique des patriotes : . Ses supplications sont cependant entendues : Gabriel d'Hédouville, général en chef de l'Armée des côtes de Brest, envoie une colonne commandée par le général Rey renforcer la place de Fougères, le général Bonnaud arrive également avec 400 hommes pour renforcer les cantonnements et l'adjudant-général Bernard reçoit l'ordre de maintenir à Fougères les survivants de la bataille de la Plochais. D'après Pontbriand, le général de brigade Jean Humbert arrive également en urgence à Fougères depuis Vitré avec 800 hommes..

Notes et références Notes

Références

Bibliographie .

Rocher de La Piochais 17951221 Rocher de La Piochais 17951221 Catégorie:Chouannerie en Ille-et-Vilaine Rocher de La Piochais 17951221 Catégorie:Décembre 1795 Catégorie:21 décembre