Le château de Beauvais est un château français situé sur la commune de Lussas-et-Nontronneau en Dordogne, dans le Périgord vert, à 6 kilomètres de Nontron. Le château et son pigeonnier sont partiellement inscrits au titre des monuments historiques le . Cette inscription partielle est annulée et remplacée le par une inscription du château et de la totalité des extérieurs, consultée le 11 août 2023..
Présentation Le château de Beauvais, est un vaste bâtiment carré, flanqué de deux tours rondes à mâchicoulis, qui domine l'étroit vallon qui le sépare du bourg de Lussas. Cet ancien repaire noble est mentionné dans un acte de 1450 . Avant de devenir une demeure seigneuriale, le site abrite dès le Moyen Âge central une importante dépendance agricole et foncière rattachée à la commanderie templière du Soulet (Gouts-Rossignol). Connu sous le nom latinisé de Belverium (ou Belver), le domaine occupe une position de hauteur stratégique sur une colline. Il est séparé de la paroisse de Lussas — qui dépend alors temporellement de la châtellenie des Bernardières et de la baronnie de Mareuil — par une terre frontière boisée ou inculte appelée « le Sauvage ».
Bénéficiant d'un statut juridique indépendant exempt des taxes des seigneurs laïcs voisins, le domaine du Temple s'organise autour d'un chef-d'œuvre d'ingénierie hydraulique : un puits monumental de 50 mètres de profondeur creusé manuellement dans la roche calcaire. Ce puits, dont la construction précède historiquement le reste des bâtiments, s'avère indispensable à la survie de la garnison et du bétail sur ce point haut. Après l'arrestation des Templiers en 1307 et la dissolution de leur Ordre en 1312, le domaine de Belverium est dévolu à l'Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, qui en conserve la gestion domaniale. C’est aujourd’hui un bel exemple d'architecture archaïsante de cette région du Périgord. Un colombier imposant et un puits couvert complètent l'ensemble.
Historique Au sortir de la guerre de Cent Ans, les Hospitaliers réorganisent leurs terres et afferment le domaine. En 1450 le site est explicitement mentionné dans les textes sous le statut de repaire noble. C'est à cette époque que la famille de Conan prend possession des lieux. Des baux du XVe siècle indiquent que les Conan mettent la « terre de Belves » en location à des fermiers locaux mais se réservent contractuellement la jouissance exclusive de la cour fermée, du puits et de la grande salle (l'aula) du repaire.
N'y résidant pas de manière permanente en raison de leur alliance avec la puissante famille de Maumont et de leur ancrage au château de Connezac, ils maintiennent à Beauvais leur droit de justice et une présence seigneuriale intermittente. Le 21 janvier 1472, Agnès de Maumont, devenue veuve de Thibaut de Conan ( écuyer du Duc de Bretagne et Comte du Périgord, capitaine de la ville de Nontron) fait dation des revenus du domaine de Belverium à son fils Élie de Conan afin de financer ses études de droit à l'Université de Paris (la Sorbonne).
La campagne principale de construction date de la 2e moitié 16e siècle à l'initiative d'un membre de la famille du Faure, descendant de Jean Faure dit Baillot, marchand de fer de Nontron, qui acheta en 1502, les paroisses de Lussas et de Fontroubade et en devint seigneurLe Correspondant: religion, philosophie, politique, volume 97, 1879, page 25..
Catherine des Cars, veuve d'Alain du Faure de la Roderie, baron de Saint Martial, comtesse de Beauvais, légua le château à son frère Annet, marquis des Cars. Il est le 1 er écuyer de la Grande Mademoiselle. Puis son fils Thomas devient seigneur de Beauvais. Il épouse la petite fille de Nicolas Fouquet. Par arrangement familial c’est sa nièce Gabrielle des Cars, marquise de Saint Projet, qui devient comtesse de Beauvais. Elle mourut sans enfants en 1760. Elle est enterrée dans la chapelle dite des Cars (toujours propriété actuellement du Château) attenante à l’église de Lussas. Ses héritiers sont Charles de la Ramière et son fils Gabriel, seigneur de Puycharnaud et dernier baron de Nontron, qui vendit le château en 1762 à Arnaud Souc du Plancher de La GarelieBulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, volume 16, 1889, pages 201-202.et à son épouse Marie-Madeleine Chérade de Montbron.
En 1872, Victor-Alexandre Robin, maire de Cognac et négociant en cognac l'achète aux héritiers de Nicolas Grand-DuchazeauBulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, volumes 21 à 22, 1894, page 448., maire de Lussas qui l’avait acheté aux héritiers Souc en 1829.
Au début du XXe siècle, il est par héritage la propriété de son neveu André CallandreauBulletins et mémoires de la Société archéologique et historique de la Charente, 1924, page XXII.. En 1964, sa nièce et filleule Marie Hériard en hérite et le lègue en 1974 à sa nièce Bernadette Capbern-Gasqueton à l’occasion de son mariage avec le comte Bernard de Maillard.
Divers Le château de Beauvais est sous le nom de Beaulignac un des lieux de l'intrigue du roman d'Isabelle de Pindray d'Ambelle Monsieur de Puyloubard (1926).
Galerie
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie ...
Articles connexes Liste des châteaux et demeures de la Dordogne Liste des monuments historiques de l'arrondissement de Nontron
Beauvais Catégorie:Monument historique en Dordogne Catégorie:Monument historique inscrit en 2011 Beauvais