L’Akagi (en japonais : 赤城) est un porte-avions en service dans la marine impériale japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale.

Seul navire de sa classe, lAkagi joue un rôle essentiel dans l'attaque de Pearl Harbor en et il est détruit quelques mois plus tard, avec trois autres porte-avions (Kaga, Sōryū et Hiryū), par les bombardiers des porte-avions et lors de la bataille de Midway le .

Nom Conçu à l'origine comme un croiseur de bataille, les conventions en vigueur dans la marine impériale imposaient qu'il soit affublé du nom d'une montagne. C'est ainsi qu'il reçoit le nom du mont Akagi (littéralement « Château Rouge »), volcan de la préfecture de Kantō.thumb|300px|left|L’Akagi en juin 1927 dans sa configuration initiale pendant ses essais à la mer. On remarque ses deux ponts d'envol superposés (l'un en surplomb du hangar supérieur, l'autre à l'extrême avant permettant l'envol direct à partir du hangar inférieur - la plateforme intermédiaire ne communique pas avec les hangars) et sa cheminée dirigée vers l'eau. La fumée noire au-dessus du pont est un essai d'écran de fumée Le nom lui resta après sa conversion en porte-avions (tout comme le Kaga), contrastant avec les autres porte-avions de l'époque qui recevaient le nom de créatures volantes.

Description, conception Le porte-avions Akagi est mis en chantier comme croiseur de bataille de la classe Amagi, à Kure (Japon). Pour respecter les contraintes du traité de Washington de 1922, lui et son sistership lAmagi doivent être convertis en porte-avions. Cependant, lAmagi est détruit lors du grand tremblement de terre de Kantō en 1923; la construction des autres croiseurs de bataille de cette classe (lAtago et le Takao) est annulée et les coques déjà commencées sont démantelées. Seul navire restant de sa classe, lAkagi est lancé le et terminé par les chantiers de Yokosuka comme l'un des deux premiers grands porte-avions japonais le . Lors de sa modification, il est doté de deux hangars, dont l'un communique avec le pont d'envol avant, lequel permet l'envol direct des appareils embarqués, ce qui lui donne une allure particulièreComparable aux porte-avions britanniques , et .. Il témoigne alors des expérimentations aéronavales de la marine japonaise dans les années 1930Histoire & Stratégie, n° 9, janvier-mars 2012, p. 23.. Il possède un double pont d'envol, pas d'îlot et une cheminée sur le côté du navire et dirigée vers le bas.

thumb|300px|left|LAkagi à Sukumo en avec son nouveau pont d'envol continu et son nouvel îlotLe porte-avions Akagi fut totalement refondu en 1935-1938, acquérant alors un pont d'envol s'étendant sur toute la longueur du bâtiment, acquérant les dimensions de sur , et une capacité d'emport augmentée, passant de 61 à 91 appareils. Du fait de l'augmentation de la taille des appareils embarqués, cette capacité a toutefois diminué en 1942. La refonte a conduit à placer l'îlot du côté bâbord du vaisseau, ce qui est très inhabituel (le seul autre porte-avions à partager cette caractéristique avec lui est son contemporain HiryuL'îlot du porte-avions Shōkaku devait à l'origine être monté selon ce même principe (afin que soit constituée la division de porte-avions avec le Zuikaku son sistership symétrique) mais est finalement installé à tribord lors de sa construction.) ; la finalité de cette disposition est de faire opérer les porte-avions par paire, en symétrie axiale, de manière à attribuer à leur groupe aérien respectif un circuit de vol sans risque d'interférence mutuelle.

Le développement de ce type de porte-avions dans la marine impériale (pour lAkagi comme pour le Kaga) est révélateur de l'état d'esprit qui suit le traité naval de Washington : lAkagi est en fait entièrement conçu pour être transformé en navire de ligne en cas de conflit : les emplacements de tourelles, magasins à munitions, et tous les équipements destinés à recevoir les pièces d'artillerie lourde d'un cuirassé sont mis en œuvre à bord ; le pont d'envol en bois et le hangar doivent être rapidement démontés pour faire de la place aux canons. En 1935, les amiraux japonais considérent le porte-avions comme l'égal du navire de ligne. LAkagi et le Kaga sont donc repensés comme des porte-avions à part entière et les plans de conversion en croiseur de bataille sont abandonnés.

Appareil moteur À la construction, il se compose de quatre groupes de turbines à engrenages, actionnant quatre hélices. La vapeur est fournie par dix-neuf chaudières à combustion mixte, charbon-fuel. Les cheminées sont au nombre de deux, sur tribord. La plus en avant des deux est la plus grande et est dirigée vers la surface de la mer. La seconde, plus petite, est verticale et dépasse de peu le niveau du pont d'envol. La puissance de l'appareil moteur est de et donne au navire une vitesse de .

À la refonte, les chaudières originales sont conservées mais la chauffe au charbon abandonnée. Au départ, les deux cheminées originales soent remplacées par un collecteur de fumées horizontal sous le pont d'envol comme sur le Kaga à l'origine. Supprimé par la suite, il est remplacé par une cheminée unique sur tribord, vers le centre du navire et inclinée vers la surface de la mer. La puissance de cet appareil moteur est portée à ce qui permet de garder au navire sa vitesse maximale de 31 nœuds malgré l'augmentation de son déplacement.

Armement thumb|Canons jumelés antiaériens de de lAkagi. L'image montre leurs positions basses sur la coque qui limitent énormément leurs champs de battage.À sa construction, le porte-avions est doté pour le combat de surface de de . Ces pièces sont disposées en doubles à l'avant, positionnées sur les côtés du pont d'envol intermédiaire, et en casemates, 3 sur chaque bord, à l'arrière du navire au niveau du pont batterie.

L'armement antiaérien se compose de de , en jumelés. Ils sont positionnés sur de chaque côté du pont d'envol supérieur, mais au niveau du pont d'envol intermédiaire. Ces sont regroupés au centre du navire, avec les deux derniers légèrement en retrait par rapport aux autres.

Lors de sa refonte de 1935-38, les deux tourelles de sont supprimées. Les en casemates sont conservées à leur place. L'armement antiaérien lourd d'origine est conservé. Il est le seul des porte-avions d'escadre dans ce cas.

Une artillerie antiaérienne légère de est aussi ajoutée. Elle est composée de jumelés, 7 sur bâbord : 3 en avant de l'îlot, 4 autres sur bâbord à l'arrière des affûts de , et 7 sur tribord : 3 en avant de la cheminée, et là aussi 4 à l'arrière des affûts de .

Histoire

Les années qui suivirent, il servit au large de la Chine comme navire amiral de la . En , la Marine impériale regroupa la (Akagi et Kaga), la (Hiryu et Soryu) et la (Shōkaku et Zuikaku) en une force unique, la Kidô Butai (Force d'attaque). L’Akagi prit part, comme vaisseau-amiral, à l'attaque de Pearl Harbor et à la campagne en océan Indien.

thumb|250px|left|Le porte-avions japonais Akagi en avril 1942

Pearl Harbor Pendant la Seconde Guerre mondiale, sous le commandement du capitaine Hasegawa Kiichi, il porta le pavillon du vice-amiral Chūichi Nagumo, commandant la Kido Butai dans l'attaque de Pearl Harbor en . Il lança deux vagues d'attaques sur Oahu. Les vingt-sept avions-torpilleurs Nakajima B5N « Kate » attaquèrent l', l', l', l' et l', les neuf Mitsubishi A6M attaquant la base aérienne d'Hickam Field. Les dix-huit Aichi D3A « Val » de la deuxième vague attaquèrent l', l' et l'.

En janvier 1942, l’Akagi appuya l'invasion de Rabaul dans les îles Bismarck. Le , il lança un raid aérien sur Darwin, en Australie, coulant neuf navires dont l'. En mars, il appuya l'invasion de Java.

Début avril, sous le commandement du capitaine , il prit part au raid sur l'océan Indien. Le , il lança un raid sur Colombo (Ceylan), participant à la destruction des croiseurs et . Le 9, il attaqua Trincomalee et coula le HMS Hermes et son escorte. Le 19, il prit part à la poursuite des porte-avions et après le lancement du raid de Doolittle sur Tokyo.

Midway

Le , l’Akagi appareilla avec la Kido Butai pour attaquer les îles Midway. Il embarquait vingt-six chasseurs Mitsubishi A6M « zéro », vingt-et-un bombardiers en piqué Aichi D3A « Val » et vingt-et-un torpilleurs Nakajima B5N « Kate ». Le , il lança un raid contre l'atoll et fut attaqué par des avions américains embarqués et basés à terre sans encaisser de coup au but. À , il fut attaqué par les bombardiers en piqué de l'USS Enterprise et touché par une seule bombe. L'impact fit cependant exploser les munitions et le carburant des avions en cours de réarmement dans le hangar, en plein préparatifs pour un raid contre les porte-avions américains. L'incendie alimenté par le carburant d'aviation se révéla impossible à contrôler. Deux autres impacts très proches de la coque mirent le gouvernail en avarie.

À , l'amiral Nagumo transféra son pavillon sur le croiseur Nagara. L’Akagi fut mis en panne à et son équipage évacué, à l'exception du capitaine Aoki et du personnel affecté au contrôle des avaries. Il brûla toute la nuit, mais ne coula pas. L'amiral Yamamoto ordonna son sabordage le et il fut achevé à par les torpilles des destroyers japonais Arashio, Hagikaze, Maikaze et Nowaki. Les pertes parmi les marins s'élevèrent à .

Ce sabordage ainsi que le naufrage des porte-avions Kaga, Hiryu et Soryu lors de la bataille de Midway marque le début du déclin de l'aéronavale japonaise, qui fut définitivement détruite lors de la bataille du golfe de Leyte et qui mit un terme à la menace japonaise dans le Pacifique.

Pendant de nombreuses années, l'emplacement de l'épave de lAkagi resta inconnu. Elle fut retrouvée par le vaisseau d'exploration RV Petrel le mais des problèmes techniques empêchèrent son exploration. Elle repose à de profondeur. Cette découverte s'est inscrite dans le cadre du projet Midway du RV Petrel qui consistait à répertorier les emplacements des différentes épaves des navires ayant sombré lors de cette bataille en 1942. Les recherches ont eu lieu dans le secteur du monument national marin de Papahānaumokuākea. Outre lAkagi, l'épave du porte-avions japonais Kaga a également été retrouvée.

L'exploration de l'épave de lAkagi par le navire EV Nautilus a été diffusée en direct le . Contrairement à l'épave du Kaga presque entièrement enterrée dans le sable, lAkagi repose sur sa quille, permettant l'observation du chrysanthème abîmé au fil des années, et de ce qui reste de l'écriture du nom du navire sur la poupe.

Images

Notes et références

Bibliographie

Voir aussi Articles connexes Porte-avions Seconde Guerre mondiale Liste des croiseurs japonais Kaga_(porte-avions) Sōryū Hiryū Chūichi Nagumo

Liens externes

Table des déplacements sur combinedfleet.com Photos de l’Akagi sur le site de l'Histoire Navale Américaine WW2DB: Akagi

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