Le Syndicat national Force ouvrière des lycées et collèges (SNFOLC) est un syndicat de personnels de l'éducation du second degré, affilié à la FNEC FP-FO.
Historique Lors de la scission de la CGT en , à l'exception du secteur de l'apprentissage public (futur enseignement professionnel), seule une faible minorité des adhérents de la Fédération de l'Éducation nationale optent pour Force ouvrière. Aucun syndicat d'enseignants constitué ne s'affilie à la nouvelle confédération. C'est pourquoi sont créées de nouvelles organisations : le Syndicat du personnel de l’enseignement du second degré Force Ouvrière (en 1948), le Syndicat national de l’enseignement technique Force Ouvrière (en 1948) ou le Syndicat national des instituteurs Force Ouvrière (en 1950)...
Il s'agit d'exprimer un double refus : refus d'un syndicalisme autonome jugé peu efficace et peu solidaire, refus d'un syndicalisme soumis à un parti politique, lui-même inféodé à une puissance étrangère : « il n'y a d'indépendance et de force que dans la lutte commune de tous les travailleurs pour la défense de leurs intérêts et la conquête de droits nouveaux au sein de la CGT Force Ouvrière libre de toute emprise politique. Il n'y a de défense laïque réelle que dans une organisation syndicale qui rejette le totalitarisme sous toutes ses formes, qu'il soit réactionnaire ou stalinien. Il n'y a de défense active de l'École Publique, de l'Éducation Nationale, ce service public qui est le germe de tout progrès social futur, que dans un syndicalisme confédéré qui se détermine et se conduise lui-même »L'Université Force Ouvrière, , janvier 1949, ..
1948-1963 : le Syndicat national de l'enseignement technique Force Ouvrière À l'origine du Syndicat national de l'enseignement technique Force Ouvrière (SNET-FO) se trouve le Syndicat National de l'enseignement Technique-formation professionnelle CGT créé en 1945 qui compte fin 1946, Le Travailleur de l'enseignement technique CGT , décembre 1946, . et en , Le Travailleur de l'enseignement technique CGT , février-mars 1948, .. Son secrétaire général, Charles Artus, militant du PCF, fait voter par son Bureau national le , une motion qui dénonce la démission du Bureau confédéral de la CGT le des cinq partisans de Force Ouvrière : Léon Jouhaux, Robert Bothereau, Albert Bouzanquet, Pierre Neumeyer et Georges Delamarre qui s'opposaient aux grèves insurrectionnelles lancées à la suite du renvoi des ministres communistes du gouvernement Ramadier le . Charles Artus refuse de consulter ses adhérents pour savoir s'ils veulent que la FEN reste à la CGT, s'affilie à Force Ouvrière ou devienne autonome. Or 20 à 30 % Guy Brucy, La FEN ou l'unité préservée au risque de l'autonomie, . des adhérents du Syndicat National de l'Enseignement Technique-formation professionnelle CGT sont favorables à FO. Fin Marie-France Galand Jean Molères, « Scission syndicale l’autonomie de la FEN », Cahiers du Centre Fédéral, centre fédéral d'histoire sociale, de recherches, de formation et de documentation de la Fédération de l’Éducation Nationale, , 1994, ., ils décident de quitter leur ancienne organisation pour en fonder une nouvelle. Ils tiennent leur congrès constitutif dans un centre d'apprentissageLe Syndicaliste des lycées et collèges du , . de PantinApprentissage et syndicalisme, , juin – juillet 1958, . et choisissent comme secrétaire général Pierre Galoni.
Pierre Galoni fait alors aussitôt l'objet d'une violente campagne de dénigrement de la part de la CGT : « nous assistons présentement à un déploiement de forces de la Grosse artillerie Force Ouvrière. Galoni se déplace et, pour attirer la clientèle P.E.G. dans son giron, leur signale que l'assimilation aux Professeurs de C.C. est une chose souhaitable et meilleure. […] De qui se moque-t-on ? Et l'exhibition de Galoni ne serait-ce qu’un numéro de cirque ? »Le Travailleur de l'enseignement technique CGT , janvier 1949, .. « A la façon d'une sèche qui lance son brouillard pour masquer sa retraite, le fin lettré, Galoni – qui mélange Claudel et le syndicalisme – a dans son dernier canard (, sic) tenté de brouiller les cartes »Le Travailleur de l'enseignement technique CGT , novembre 1949, .. accuse « le camarade Galoni » d'employer des « procédé[s] malhonnête[s] déjà usé[s] », de recourir à la « provocation des plus vulgaires »Le Travailleur de l'enseignement technique CGT, , octobre 1949, ., aux « basses manœuvres », bref de n'être qu'un « vulgaire bateleur d'estrade » qui ne laissera « finalement que l'image d'un pitre maladroit, vantard et ridicule »Le Travailleur de l'enseignement technique CGT, , avril-mai 1950, .. prédit l'échec de sa démarche : « après la valse des millions (40 millions ) c'est chez nous le détachement de M. Galoni pour constituer son syndicat scissionniste. Où sont passés ses adhérents ? L'expérience prouve que les maîtres de la trahison ne sont pas suivis »Le Travailleur de l'enseignement technique CGT , février mars 1948, ., tout en enrageant de voir qu'il parvient à convaincre de plus en plus de collègues : « c'est bien répugnant de constater que nombre de moutons de Panurge suivent aveuglément ceux qui, malgré le devoir qui leur incombe, ont cru bon, au moment où l'action battait son plein, de rompre l'unité syndicale en foulant aux pieds les règles statutaires, la discipline syndicale et le coude à coude fraternel qui unissait la classe ouvrière »Le Travailleur de l’enseignement technique CGT, , mars 1948, ..
Le , l'hebdomadaire Force Ouvrière annonce de manière un peu optimiste le ralliement de l'ensemble du Syndicat national de l'enseignement technique branche centreForce ouvrière, , , .. Artus s'empresse de démentir la nouvelle, et dans son numéro suivant, le journal rectifie l'erreur, non sans ironie. « Il a raison. Ce n'est pas en effet le bureau et la C.A. dont on connaît la couleur politique. Ce sont les syndiqués »Force ouvrière, , , .. La rédaction en profite pour donner la parole à Pierre Galoni, qui peut ainsi exposer ses objectifs. Il assure vouloir défendre « les intérêts de tout le personnel des centres » sans « faire aucune démagogie », combattre tout ce qui porte atteinte au principe de laïcité comme « les méthodes de noyautage qui tendent à transformer nos centres en écoles au service d'un parti », enfin « malgré l'absence de moyens matériels et financiers [poursuivre], avec ténacité, [le] travail d'organisation, aussi bien dans l'académie de Paris que dans toutes les autres région de France. »
Les questions d'ordre catégoriel sont en effet au cœur des préoccupations du nouveau syndicat. Le SNET-FO soutient la loi -230 du portant statut des centres d'apprentissageVoir le texte de la loi -230 du publié au JO du , page 01943 et sq. et consultable sur Légifrance. car son article 4 annonçant des décrets fixant les règles relatives au recrutement, à la rémunération, au classement, à l'avancement et à la discipline des personnels y exerçant ouvrait la voie à de véritables statuts pour les différentes catégories d'agents y exerçantLoi -230 du publiée JO du , page 01943 et disponible sur le site Légifrance.. La bataille est rude. Au parlement, le Parti Communiste vote contre le texte et dans la rue, la CGT mène campagne contre lui. Aussi, lorsqu'en 1950 la CGT propose au SNET-FO, l'unité d'action sur la question du statut des Professeurs d'Enseignement Général des Centres publics d'apprentissage, Pierre Galoni, au nom du Bureau national, décline poliment l'invitation : « nous consacrerons tout notre temps à l'élaboration ou à l’application des différents statuts et à l'aboutissement des revendications qui nous sont à peu près communes. Mais il ne paraît pas nécessaire que notre action syndicale soit commune pour qu’elle soit efficace. Chacun de notre côté nous employons les moyens d'action qui nous sont propres. L'essentiel est que nous aboutissions »Le Travailleur de l'enseignement technique CGT , mars 1950, .]. Un an plus tard, il accepte cependant d'appeler, avec la CFTC et la CGT, les personnels à faire grève le pour hâter la promulgation du statut des PEGLe Travailleur de l'enseignement technique CGT , juin 1951, .. La revendication est entendue par le ministère et quelques jours plus tard est publié le décret -756 du portant règlement d'administration publique relatif au statut particulier des directeurs, professeurs d'enseignement général et surveillants généraux des centres publics d'apprentissageVoir le texte du décret -756 du publié au JO du , page 06309 et sq. et consultable sur Légifrance..
La lutte pour les statuts des PTA de l'enseignement technique est beaucoup plus compliquée car, à la différence des PEG, ils étaient encore contractuels. Par ailleurs, certains à la CGT s'y opposent, craignant que cette fonctionnarisation des professeurs techniques et leur nouveau mode de recrutement par concours et sur titres ne soient de nature à rompre les liens avec le monde ouvrierPhilippe Guillen, Petite Histoire illustrée du syndicalisme enseignant, sur le site de l'URSEN-CGT.. Le SNET-FO explique aux agents concernés l'intérêt pour eux de devenir fonctionnaires et cette opinion l'emporte. Les responsables nationaux de SNET-FO de la CGT, de la CFTC et du SNAA (futur SNETAA) réunis le en commission de techniciens appellent tout le personnel des centres d’apprentissage à discuter en commun afin d'envisager tous les moyens d'action propres à faire aboutir la titularisation de tout le personnel avant le Le Travailleur de l'enseignement technique CGT , février-mars 1953, .. Ils obtiennent le décret -458 du portant règlement d’administration publique relatif au statut particulier des directeurs, professeurs d'enseignement général, professeurs d'enseignement technique théorique, professeurs techniques et surveillants généraux des Centres d’apprentissage publicsVoir le texte du décret -458 du publié au JO du , page 04598 et sq. et consultable sur Légifrance.
Bien des années après, à la tribune du du Syndicat national Force ouvrière des lycées et collèges, Pierre Galoni portait témoignage de l'issue heureuse de ce combat : « l'une des gloires de Force Ouvrière c'est précisément d'avoir obtenu la fonctionnarisation de tous dans tous les secteurs de l'enseignement y compris celui de l'enseignement technique ».
Le syndicat accueille favorablement l'ordonnance -45 du Voir le texte de l'ordonnance -45 du publiée au JO du , page 00376 et sq. et consultable sur Légifrance. rendant la scolarité obligatoire jusqu'à 16 ans au lieu de 14 précédemment. Pierre Galoni observe cependant que la mesure ne marquera pas de progrès social dans l'enseignement professionnel où l'article 38 de la loi Astier du Voir le texte de la loi du publiée au JO du page 7744 et sq. et consultable sur Gallica. faisait obligation aux jeunes gens de recevoir des cours jusqu'à 17 ans, « certaines associations patronales en avaient même inscrit l'obligation jusqu'à 18 ans dans leurs conventions collectives » Apprentissage et syndicalisme, janvier 1959, , ..