Le Nouvel Obs (intitulé au départ Le Nouvel Observateur jusqu'au ., date où il est rebaptisé L'Obs, jusqu'au ) est un magazine d'actualité hebdomadaire français, créé en 1964 par Claude Perdriel et Jean Daniel.. Il est l'héritier de France Observateur, lui-même successeur de L'Observateur politique, économique et littéraire né en 1950.
Historiquement situé à gauche et d’inspiration mendésiste puis sociale-démocrate, le titre revendique depuis 2020 une ligne de gauche progressiste. En 2025, il était diffusé chaque semaine à près de (diffusion payée).
Édité par la société Le Nouvel Observateur du Monde, Le Nouvel Obs est contrôlé par la holding Le Monde libre. Depuis 2024, son actionnaire de contrôle indirect est le Fonds pour l’indépendance de la presse, fonds de dotation auquel Xavier Niel a transféré la quasi-totalité de ses titres.
Historique vignette|droite|upright=2|L'ancien siège du journal, place de la Bourse (à gauche sur la photo), dans le de Paris, face au palais Brongniart et aux bureaux de l'Agence France-Presse.
L'origine du journal est L'Observateur politique, économique et littéraire, hebdomadaire de tiré, dès la première parution le , à . Il est fondé par d'anciens résistants et anciens rédacteurs de Combat, Gilles Martinet de l'AFP, Roger Stéphane, Claude Bourdet et Hector de Galard. Roger Stéphane en est le directeur et il est convenu que Claude Bourdet rédige la plupart des éditoriaux, Bourdet , tandis que Martinet donne lui semblant avoir surmonté leurs différences d'opinion. Suivent également Jacques Harmel, Jacques Lebar et Maurice Laval. Le journal obtient également la collaboration de Jean-Paul Sartre et devient l'Observateur aujourd'hui en 1953 puis France Observateur en 1954. Dans la France d'après-guerre, imprégnée de l'esprit de la résistance de gauche, France Observateur s'affirme comme un journal pugnace, mettant en avant la nécessité de donner leur indépendance aux colonies, faisant fuiter des rapports militaires en Indochine., dénonçant les scandales, la torture en Algérie. Le journal tire à plus de .
Début 1964, France Observateur subit des difficultés financières. Claude Perdriel, un industriel passionné par la presse, qui fondera plus tard Le Matin de Paris, et Jean Daniel, journaliste et écrivain, décident de relancer l'hebdomadaire qui devient le Nouvel Observateur le .
La ligne rédactionnelle du magazine, mise au point par des penseurs tels que Maurice Clavel ou Gilles Martinet, puis après 1964 Jean Daniel, est l'héritière d'une longue période d' aux gouvernements français de centre-droit et conserve une nette sensibilité , incarnée notamment par la présence du philosophe André Gorz, qui signe alors ses contributions sous le nom de Michel Bosquet. En 1965, la rédaction exige pour toute candidature journalistique au périodique une condamnation sans appel des interventions américaines au Viet-nam et à Saint-Domingue.
Le but du magazine est également de soutenir l'arrivée de la gauche sociale-démocrate au pouvoir.
En 1971, le journal participe au combat pour le droit à l'Interruption volontaire de grossesse en publiant le Manifeste des 343 femmes ayant avorté (alors que l'avortement était encore illégal). En , le chroniqueur scientifique du Nouvel Observateur, Alain Jaubert, se fait insulter et est passé à tabac en tant que journaliste par des policiers alors qu'il accompagne un manifestant blessé, à Paris. Le journaliste est placé en garde à vue et inculpé pour insultes, rébellion, coups et blessures à agents. En réponse, un manifeste recueille des signatures de journalistes..
En 1974, familièrement appelé le Nouvel Obs, le Nouvel Observateur tire à . La raison de ce succès tient avant tout à sa capacité à saisir l'esprit du temps : il est représentatif de l'évolution des mœurs et révèle au grand public les nombreux courants socioculturels des années post-68.
Après 1981, la proximité du journal avec le pouvoir socialiste de François Mitterrand (après avoir initialement soutenu Michel Rocard) a pour conséquence un effondrement des ventes. Jacqueline Rémy, auteur d'un livre sur l'histoire de l'hebdomadaire, précise à quel point le Nouvel Obs s'efforce de ménager Mitterrand ainsi que les proches du journal maintenant au pouvoirLa saga du Nouvel Obs : « On est des intellos, faut pas déconner ! », Blandine Grosjean, Rue89, 17 mars 2014.. Cette volonté d'épargner certains hommes politiques de gauche, directement inspirée par Claude Perdriel et Jean Daniel, se poursuit durant de longues années.
En 1984, à la suite de nouvelles difficultés financières, Claude Perdriel augmente le capital du Nouvel Observateur et en devient l'actionnaire majoritaire. De nouveaux journalistes sont engagés (Claude Weill, Olivier Péretié, Jean-Paul Mari...) et le concept du journal est modifié. Le Nouvel Observateur se rapproche du style « news magazine », relance l'idée des reportages et développe les faits de sociétés. Le supplément Obs de Paris apporte un regard sur la vie culturelle de la capitale tandis qu'un cahier économique est intégré au magazine à partir de 1985.
En , un supplément télévision fait son apparition, TéléCinéObs, dirigé par Richard Cannavo et diffusé à Paris, il devient national en . En 1995, Le Nouvel Observateur devient le premier magazine d'actualité français devant L'Express.
En 1999, nouvelobs.com, site d'information en continu sur Internet est lancé par Patrick Fiole (qui en dirige la rédaction) avec Christina Sourieau (direction des éditions électroniques). Une équipe spécialisée de journalistes est mise en place mais la modération est assurée par la société Netino.
En 2003, le supplément parisien, dont Guillaume Malaurie est rédacteur en chef, est rebaptisé Paris Obs. Le Nouvel Observateur se dote de suppléments régionaux dirigés par Patrick Fiole.
En , Le Nouvel Obs lance BibliObs, site consacré à l'actualité littéraire..
La direction du magazine a été assurée par Jean Daniel jusqu'en , date à laquelle Denis Olivennes a été nommé directeur général délégué du groupe Le Nouvel Observateur et directeur de la publication de l'hebdomadaire. La direction de la rédaction a été confiée à Michel Labro, qui a succédé en à Laurent Joffrin après son retour à Libération.
En 2011, Le Nouvel Obs lance une nouvelle plate-forme d'information participative, Le PlusAude Barron, « Le Plus, un site de plus ? », leplus.nouvelobs.com, 16 mai 2011.. Le Plus a été mis sur pied par l'équipe de développement interne de l'Observateur qui travaillait depuis des années sur le projet, et a recruté d'anciens collaborateurs du Post à la rédaction. Le Plus est aujourd'hui fort de près de de visiteurs uniques.
En , Laurent Joffrin est nommé président du directoire du Nouvel Observateur, directeur de la rédaction et de la publication du titre.. En , Nathalie Collin est nommée coprésidente du directoire du Nouvel Observateur, et directrice générale du groupe Le Nouvel observateur.. Laurent Joffrin et Nathalie Collin codirigeaient le quotidien Libération auparavant.
Le , Le Nouvel Observateur annonce le rachat des parts de l'ensemble des actionnaires. de la société Rue89 pour un montant de d'euros.. Ce rapprochement se traduit par une intégration de la régie et un comarquage du site rue89.com.
Le , Le Nouvel Observateur lance un mensuel de tendances, style de vie, mode et voyages intitulé Obsession..
Si, avec sa nouvelle formule lancée en 2011, Le Nouvel Observateur a enregistré la même année une hausse des ventes en kiosques de 7 %, soit la plus forte progression des news magazines, les chiffres des ventes reculent fortement les années suivantes.
Fin 2013, à la suite de pertes très importantes ( d'euros dans l'année), le journal cherche un acquéreur et en 2014, le processus s'accélère : en janvier, les hommes d'affaires Xavier Niel, Pierre Bergé et Matthieu Pigasse, déjà propriétaires du journal Le Monde, rachètent 65 % du Nouvel Observateur pour 13,4 millions d'euros« Nouvel Obs » : les coulisses d'une vente, Fabienne Schmitt, Les Échos, 15 janvier 2014.. Cette acquisition signifiant le désengagement partiel de Claude Perdriel« Niel, Pigasse et Bergé ont les mêmes idées politiques que les miennes », sur Puremédias, 24 janvier 2014, Laurent Joffrin publie le même mois un éditorial faisant le point de la situation ; en mars, confronté à l'érosion constante des ventes de l'hebdomadaire et en désaccord avec les nouveaux actionnaires, Laurent Joffrin démissionne du journal en même temps que Nathalie Collin, tout en restant éditorialiste. Leur démission communeLaurent Joffrin et Nathalie Collin quittent le Nouvel Observateur, Ozap.com, 13 mars 2014. est actée par un communiqué officiel du journal. Face à la crise d'une presse déstabilisée par Internet, les actionnaires principaux cherchent une personnalité capable d'incarner le renouveau, tandis que Claude Perdriel, agacé par certaines couvertures et la dérive financière du journal, ne soutient plus le directeur de la rédaction ; au mois d'avril, sur proposition des nouveaux actionnaires du titre., Matthieu Croissandeau est élu au poste de directeur, tandis que Nathalie Collin est remplacée par Jacqueline Volle comme directrice générale déléguée, chargée de la supervision de la direction financière, du numérique et de l'informatique ; le , l'Autorité de la concurrence autorise le rachat du Nouvel Observateur par le trio d'investisseurs Bergé-Niel-Pigasse, permettant ainsi de conclure l'opération annoncée en janvier. À la suite de ce changement d'actionnaires, une nouvelle formule est mise en place et, le , Le Nouvel Observateur devient L'Obs ; le , L'Obs est désigné « magazine de l'année 2015 » par le syndicat des éditeurs de la presse magazine (SPME)..
En , après le licenciement de la directrice adjointe Aude Lancelin, Mediapart et Le Figaro, puis bientôt la quasi-totalité de la presse, avancent que cette décision revêt une dimension politique. Selon Aude Lancelin, elle était en conflit avec la direction du magazine à propos de la couverture de Nuit debout notamment. Une motion de défiance à l'égard du directeur de la rédaction est votée par 80 % par des journalistes de L'Obs, ce qui constitue une première dans l'histoire du titre. La Société des rédacteurs évoque pour sa part « une mesure injustifiée, qui déstabilise profondément le journal, à moins d'un an d'une élection présidentielle ». L'ensemble des SDJ et SDR du groupe Le Monde (Courrier International, Télérama, la Vie) dénoncent cette mesure, « méthode inédite dans l'histoire de l'Obs comme dans celle du groupe Le Monde ». Pour le fondateur de Fakir, François Ruffin, la journaliste faisait, à la satisfaction de celui-ci, un travail « à rebours de tout ce que fait L'Obs, à savoir pro-PS, libre échangiste, libéral ».. Patrick Abate, sénateur PCF de la Moselle, dénonce un « licenciement contraire aux grands principes du droit de la presse ». Le , un collectif de quarante-cinq figures du monde de la pensée et de la culture publie dans Libération une tribune pour dénoncer ce licenciement comme « une opération de police intellectuelle ». Parmi les signataires figurent Denis Podalydès, Emmanuel Todd, Étienne Balibar, Claude Lanzmann, Michaël Fœssel, Benjamin Stora, Alain Badiou, Julia Cagé, Annie Ernaux ou encore l'ancien directeur du Monde Edwy Plenel.
En , face à des pertes de près de trois millions d'euros et des ventes en chute libre, la direction présente les détails du plan de restructuration de cinq millions avec une réduction des 40 postes de journalistes sur 180, une fusion plus poussée avec Rue89 et un recentrage de Le Plus..
En , L'Obs est condamné par le conseil de prud'hommes de Paris à verser à son ex-directrice adjointe Aude Lancelin pour l'avoir licenciée « sans cause réelle et sérieuse ».