vignette|redresse=1.1|Peinture murale de Benoît Brisefer au 119 Rue Haute, à Bruxelles. Benoît Brisefer est une série de bande dessinée jeunesse créée en 1960 par l'auteur belge Peyo dans le du journal Spirou. Peyo va être épaulé par plusieurs collaborateurs aussi bien pour les dessins que pour le scénario, dont les plus fameux sont Will, qui créa les décors de la petite ville de Vivejoie-La-Grande, et François Walthéry, qui signera le graphisme de plusieurs histoires. En 1993, la série est relancée avec Pascal Garray au dessin et Thierry Culliford au scénario.
Neuf histoires sont publiées dans Spirou dans les années 1960 et 1970, dont la plupart sont reprises dans les sept albums parus aux éditions Dupuis. Après une longue interruption de la série, due notamment au succès des Schtroumpfs qui accaparent Peyo, elle est relancée par ses enfants après la mort de celui-ci en 1992 : six albums sont publiés jusqu'en 2004, puis un septième en 2015, aux éditions du Lombard.
La série met en scène un jeune garçon nommé Benoît Brisefer vivant à Vivejoie-La-Grande, qui a la particularité de posséder une force surhumaine qu'il perd néanmoins quand il s'enrhume. Avec son ami le chauffeur de taxi Jules Dussiflard, qui ignore tout de sa force, il vit des aventures policières, fantastiques ou encore d'espionnage, mais toujours teintées de poésie.
Univers Synopsis La série raconte les aventures d'un petit garçon poli et serviable, qui à première vue ressemble à tous les écoliers de son âge. Nommé Benoît Brisefer, il possède une force surhumaine qu'il perd chaque fois qu'il est enrhumé. Rares sont les adultes qui connaissent son secret, pas même son ami, le chauffeur de taxi Jules Dussiflard. Ensemble, ils vont déjouer les plans de bandits et filous en tout genre.
Personnages vignette|redresse=1.1|Benoit Brisefer aux éditions Rombaldi. Benoît Brisefer Benoît Brisefer, héros de la série, est un petit garçon âgé d'une dizaine d'années. S'il ressemble à tous les garçons de son âge, il possède la particularité d'être doté d'une force surhumaine (les raisons de cette force ne sont pas précisées). Il peut soulever les charges les plus lourdes (une bétonnière, une armoire, une voiture, un rocher de plusieurs tonnes…), sauter très haut, courir très vite et dispose d'un souffle puissant. Néanmoins, cette force est également un handicap pour lui car il ne parvient pas à la contrôler, ce qui l'amène à bon nombre de destructions accidentelles. Par exemple, il casse involontairement les jouets des autres enfants qui, par conséquent, ne veulent plus jouer avec lui ; il se retrouve ainsi souvent seul. Il a la particularité de perdre sa force lorsqu'il s'enrhume, ce qui arrive dans chaque histoire afin de laisser l'intrigue se développer. Bien qu'il tente de dissimuler sa force la plupart du temps, il essaie à plusieurs reprises mais en vain d'en convaincre les adultes, la plupart d'entre eux se disant qu'il s'agit d'un mensonge enfantin ou qu'il y a un « truc », Benoît étant parfois empêché de le prouver à cause de son rhume.
Bien que Benoît semble connaître l'origine de sa force, comme le montrent ses tentatives systématiquement interrompues de l'expliquer à d'autres personnes, celle-ci restera mystérieuse tout le long de la série.
Il habite la petite ville de Vivejoie-la-Grande. C'est un garçon très poli, qui aime la nature et réussit à l'école. Sur le plan familial, le lecteur ne sait pratiquement rien, sinon qu'il a un oncle, Placide, membre des services secrets. De fait, aucune histoire ne mentionne ses parents ou des frères et sœurs. Benoît loge pourtant dans une maison normale. Dans certaines cases de la bande dessinée, alors que Benoît est chez lui, des phylactères font parfois apparaître la voix d'un adulte restant invisible (son père ou sa mère ?) et qui s'adresse à lui. Dans l'histoire Le Fétiche, sa logeuse est une certaine « Madame Minou ». Au cours de ses aventures, Benoît rencontre de nombreux enfants, mais aussi des adultes qui font parfois office, pour lui, de figures paternelles ou maternelles, comme Monsieur Dussiflard ou Madame Adolphine. Il porte toujours le même costume et un béret, même pour des occasions spéciales comme la remise des prix à l'école.
Jules Dussiflard Jules Dussiflard est un chauffeur de taxi, second personnage de la série et meilleur ami de Benoît Brisefer. Il a les cheveux blancs et une moustache. Avant de conduire sa vieille voiture bleue, il a longtemps joué dans un orchestre de jazz. Il aime l'aventure et est souvent, malgré lui, à l'origine de celle-ci. Il fait sa première apparition dans Les Taxis rouges, la première histoire de la série.
Madame Adolphine Madame Adolphine est une femme très âgée, à la vie sans histoire. À son insu, elle sert de modèle à un inventeur, Monsieur Vladlavodka, qui désire construire un robot ayant l'apparence, le comportement et la voix d'une personne humaine. Après une erreur de réglage dans l'agencement final, il s'avère que le robot à l'apparence de Madame Adolphine est une voleuse, braqueuse de banques et chef de gang. Elle apparaît pour la première fois dans la deuxième histoire intitulée Madame Adolphine, puis le robot revient comme chef d'une petite bande de bandits qui domine la ville de Monte San Sone dans l'histoire Lady d'Olphine puis dans Hold-up sur pellicule.
Serge Vladlavodka Passionné par la robotique, Serge Vladlavodka est le fabricant du robot à l'effigie de Madame Adolphine et également responsable de son changement d'attitude à la suite d'une erreur de réglage. Il joue un rôle important dans Madame Adolphine, Hold-up sur pellicule et dans L'Île de la désunion où il est enlevé par des bandits à la solde d'un général qui souhaite construire une armée de robots.
Placide Placide, dit Tonton Placide, est l'oncle de Benoît Brisefer. Il est membre du Service Auxiliaire de Protection des Personnalités Étrangères au Territoire, S.A.P.P.E.T. En clair, c'est un garde du corps, un gorille. Il apparaît dans le quatrième album de la série, Tonton Placide. Résidant à la campagne, il accueille son neveu qui vient passer les vacances d'été. Placide possède toutes les caractéristiques du garde du corps : une carrure d'athlète imposante très utile dans les bagarres, une précision au tir extraordinaire, et une parfaite connaissance du pilotage de tout type d'engin. C'est le seul membre direct de la famille de Benoît dont on apprend l'existence, et celui avec lequel Benoît s'entend le mieux. Comme la plupart des adultes de la série, Placide ne croit pas à la force extraordinaire de son neveu. Il est également l'un des personnages principaux de l'histoire John-John.
Monsieur Bodoni Monsieur Bodoni est le directeur du cirque qui porte son nom. Il apparaît pour la première fois dans la cinquième histoire intitulée Le Cirque Bodoni, puis au début de la septième histoire intitulée Le Fétiche. Dans le premier volet, il est aidé par Benoît Brisefer alors que son cirque est au bord de la faillite. Dans le second, il renseigne, par erreur, la méchante Démonia. Il a une fille, Mona, qui est une très bonne amie de Benoît. Il est aussi l'un des rares adultes à connaître le secret de Benoît.
Églantine Églantine est la fille de l'horticulteur Hyacinthe Pépin et vit à Bourg-Lilas, un village près de celui de Benoît Brisefer. Elle apparaît pour la première fois dans la onzième histoire intitulée Le Secret d'Églantine. Il s'agit d'une petite fille rousse douée comme Benoît Brisefer d'une force surhumaine, à la suite d'un accident dans l'atelier de son père où elle avale accidentellement un mélange de plusieurs produits toxiques. Comme Benoît Brisefer, elle possède un point faible qui lui fait perdre sa force : pour Églantine, il s'agit des roses, qui l'affaiblissent lorsqu'elle respire leur parfum. Elle souhaite absolument cacher sa force, et nie même quand Benoît Brisefer dit l'avoir vue en train de porter un cheval.
John-John John-John est le fils d'un célèbre acteur protégé des paparazzis par Tonton Placide. Il apparaît pour la première fois dans la treizième histoire intitulée John-John. Il va devenir ami avec Benoît Brisefer alors qu'ils sont dans les montagnes de Fingerspitze, à l'abri des photographes. Il est capturé par des bandits mandatés par un promoteur immobilier qui souhaite construire des complexes de luxe à la place d'un petit village. C'est aussi l'un des seuls à être au courant de la particularité de Benoît.
Historique Création de la série thumb|Peyo, le créateur de la série. Au début de l'année 1960, Charles Dupuis souhaite rapatrier dans le journal Spirou la série Poussy de Peyo, jusque-là publiée dans le quotidien Le Soir. Peyo accepte, mais, fidèle, il souhaite refaire une série pour le quotidien belge qui a été le premier à lui faire confiance comme auteur de bande dessinée. De son imagination germe alors l'idée d'un petit garçon terriblement fort, qui perd sa force quand il est enrhumé, dénommé François Lebaucu, puis par la suite Benoît Brisefer. Apprenant le projet, Charles Dupuis veut absolument la série dans Spirou. Peyo, obligé d'accepter, crée encore une nouvelle série pour Le Soir, Jacky et Célestin. Débordé par le travail, Peyo recrute comme assistant Will, ancien dessinateur de Tif et Tondu pour le journal Spirou, qui a passé deux ans au Lombard avant de démissionner. Ce dernier est chargé de dessiner les décors de la première histoire de Benoît Brisefer intitulée Les Taxis rouges.
Début de la série La série fait son apparition dans le journal de Spirou du avec l'épisode Les Taxis rouges. La série connaît rapidement un grand succès, notamment auprès du public féminin. Très pris désormais par les quatre séries qu'il dessine, plus celle qu'il scénarise, Peyo devient un spécialiste des retards. Ainsi la seconde histoire de la série, Madame Adolphine, n'est publiée qu'à partir du du . Si Will est toujours là pour créer les décors, Peyo n'arrive toujours pas à respecter les délais de livraison de ses planches et doit appeler les collègues à l'aide. C'est ainsi que Roba, auteur de Boule et Bill, l'aide à dessiner les gangsters de l'histoire. Après cet épisode, Will quitte Peyo pour travailler sur ses propres séries. En , un jeune homme de dix-sept ans nommé François Walthéry débarque au studio de Peyo. Il a été présenté à Peyo par l'intermédiaire d'Yvan Delporte, le rédacteur en chef de Spirou.
La période Walthéry Pendant plusieurs années, François Walthéry va se faire la main sur la série Jacky et Célestin et réalise les décors des Schtroumpfs, puis au début de l'année 1966, Peyo lui propose de reprendre la série Benoît Brisefer. Il est seul pour le dessin, car Will a repris sa série Tif et Tondu et n'a plus beaucoup de temps pour d'autres activités. Peyo décide donc de mettre fin à leur collaboration. Pour le scénario, il collabore avec Yvan Delporte qui l'a déjà aidé pour le scénario de certaines histoires des Schtroumpfs. Entre les trois hommes, la méthode de travail est bien rodée : après une discussion entre Peyo et Yvan Delporte, ce dernier écrit les dialogues puis les transmet à Peyo qui les corrige. François Walthéry récupère ensuite le scénario fini, et dessine entièrement l'histoire. Cette troisième histoire intitulée Les Douze Travaux de Benoît Brisefer paraît dans Spirou du au . Pour la première fois, Peyo écrit le nom de l'un de ses assistants sur la couverture d'un de ses albums. Sur les 10 % du prix de vente de chaque album alloués aux droits d'auteur, 5 % représentent les droits du personnage et les 5 % restants sont partagés de la manière suivante : les deux tiers vont à Peyo en tant que scénariste et décorateur, et un tiers au dessinateur François Walthéry. thumb|François Walthéry, dessinateur de quatre histoires de la série (ici en 2009).