Val-Bélair est un des 35 quartiers de la ville de Québec (Québec, Canada), et l'un des quartiers de l'arrondissement de La Haute-Saint-Charles. Il s'agit d'une ancienne ville ayant fusionné à Québec le .
Le quartier d'aujourd'hui est légèrement plus grand que le territoire de l'ancienne ville. Il comporte, en plus des limites de l'ancienne ville, une portion du territoire du quartier Neufchâtel de l'ancienne ville de Québec (situé à l'ouest de l'autoroute Henri-IV et au sud de la route Sainte-Geneviève)Neufchâtel, Duberger, Les Saules : de seigneurie en banlieue, Les quartiers de Québec, 1988 ainsi qu'une toute petite portion de l'ancienne ville de Sainte-Foy, le secteur du Lac-Côté.
Histoire À l'époque de la Nouvelle-France, le territoire de Val-Bélair est partagé entre plusieurs seigneuries.
L'une d'entre elles, le Fief de Bélair, est concédé à Guillaume Bonhomme en 1682 puis la concession ratifiée le par le roi Louis XIVDemers, Marcel, Les premiers propriétaires in La Seigneurie de Bélair 1682-1996, Édition Marcel Demers, Val-Bélair, 1996, , .. Le territoire mesure une lieue de front sur deux lieues dans l'axe perpendiculaire au fleuve Saint-Laurent, entre la rivière Jacques-Cartier et la seigneurie de St-Augustin, et comprend le Mont Bélair ainsi que le Lac Bonhomme. À sa mort, le , le territoire est divisé entre les enfants de Guillaume Bonhomme, partage difficile qui demandera l'implication de l'intendant Jacques Raudot. Nicolas, portant le surnom de Seigneur du lac, revend sa part aux Jésuites en 1710. Son frère Guillaume doit mettre aux enchères sa part pour régler une dette d'honneur le ; François-Étienne Cugnet, qui en prend possession, revendra en 1733 également le territoire aux Jésuites. Les autres enfants Bonhomme feront de même de 1733 à 1743 et l'ensemble du territoire appartient finalement aux Jésuites. En 1800, alors que meurt le dernier Jésuite à Québec et puisque l'ordre a été dissous en 1777 par le pape Clément XIV, le territoire de la seigneurie devient "Terre de la Couronne" britanniqueDemers, Marcel, L'épopée des Jésuites in La Seigneurie de Bélair 1682-1996, Édition Marcel Demers, Val-Bélair, 1996, , pp. 29-31.. Le , l'Acte des municipalités et des chemins du Bas-Canada donne naissance aux divisions municipales au Bas-Canada et le territoire est rattaché à la municipalité de paroisse de Saint-Ambroise-de-la-Jeune-Lorette.
Saint-Gérard-Majella La paroisse de Saint-Gérard-Majella (parfois orthographié Magella) est fondée en 1906 puis détachée de L'Ancienne-Lorette et de Saint-Ambroise-de-la-Jeune-Lorette à l'occasion de son élection canonique en 1909. Les autorités ecclésiastiques considéraient en effet que les résidents de « la montagne à Bonhomme » avaient trop de chemin à faire pour se rendre à l'église de à Saint-Ambroise-de-la-Jeune-Lorette (qui devint Loretteville). Elle donnera son nom à la municipalité de paroisse créée la même année, qui comprend déjà les mêmes limites que la future ville de Val-Bélair. La paroisse est nommée d'après saint Gérard Majella (1726-1755), prêtre rédemptoriste, canonisé en 1904, soit peu de temps avant sa création. Les habitants vivent de l'industrie du bois et de la chasse. Un service de buanderie viendra s'y établir par la suite et emploiera plusieurs habitants.
En 1914, les premiers chalets sont installés sur le chemin qui deviendra plus tard le Boulevard Pie-XI. Des conflits éclatent rapidement entre les ruraux de la Montagne à Bonhomme et les résidents temporaires, entre autres sur le sujet des taxations. En 1933, la municipalité de Val-Saint-Michel est créé dans les débats à partir du territoire de Saint-Gérard-Majella. La nouvelle ville de Val-Saint-Michel demeure au début une ville d'été, produit du phénomène nouveau de villégiature. Ce n'est d'ailleurs qu'en 1951 qu'un résidant permanent de l'endroit fut élu maire, alors qu'auparavant seuls des résidents de Québec possédant un pied-à-terre à Val-Saint-Michel s'étaient retrouvés à la mairie.
Bélair En 1965, la municipalité de Saint-Gérard-Majella devient une ville et son nom est modifié pour Bélair, du nom de la seigneurie concédée en 1682 par l'intendant Jacques de Meulles et le gouverneur Le Febvre de La Barre à Guillaume Bonhomme, laquelle était également connue jadis sous l'appellation de Bélair. D'ailleurs, un secteur de la ville portait le nom Bélair en rappel du noyau central de l'ancienne municipalité homonyme. La paroisse conserve le nom de Saint-Gérard-Majella.
Maires de Saint-Gérard-Majella / Bélair 1910-1913 : Odilon Rochette (Premier maire de Saint-Gérard Majella) 1913-1918 : Xavier Légaré 1918-1924 : Joseph-Thomas Savard 1925-1927 : Xavier Légaré 1927-1928 : Charles Savard (terme complété par Adélard Savard) 1929-1935 : Désiré Beaumont 1935-1939 : Joseph-Omer Daigle 1939-1943 : Philippe Rochette 1944-1947 : Pierre "Petit" Daigle 1947-1955 : Alexandre Daigle 1955-1963 : "Grand" Pierre Daigle 1964-1969 : Gaston Robitaille 1969-1972 : Normand Soucy 1972-1973 (mars) : Gaston Robitaille (deuxième mandat) 1973 (mars)-1977 (mars) : Léopold Bélanger (maire de Bélair puis de Val-Bélair)
Hommages toponymiques La rue du Capitolin porta le toponyme de « rue Robitaille », entre 1960 et 1969, en l'honneur du maire de Saint-Gérard-Majella et de Bélair, Gaston Robitaille dans les municipalités de Saint-Gérard-Majella et de Bélair.
Seconde Guerre mondiale Tant Bélair que Val-Saint-Michel bénéficient d'une forte augmentation de la population lors de la Seconde Guerre mondiale, à partir de 1939, alors que beaucoup d'habitants civils travaillent à la base militaire et aux usines d'armement voisines. Après la guerre, la villégiature se développe et apporte son lot de nouveaux résidents. Les règlements de construction et d'habitation laxistes combinés à des prix de terrains bas amènent également des résidents pauvres de Québec à venir s'y installer.
Tellement que le gouvernement du Québec déclare Bélair « sous-développé », ce qui deviendra un frein majeur à son développement, les institutions financières refusant de prêter afin de ne pas voir leur investissement déprécié. Lorsque la ville révise ses règlements d'urbanisme quelques années plus tard, la construction reprendra. Le développement de la base militaire de Valcartier contribuera également à l'apport de nouveaux résidents et au développement résidentiel jusqu'aux années 1970.
Val-Bélair gauche|vignette|Claude Beaudoin, maire de Val-Bélair de 1982 à 2001. vignette|Logo de l'ancienne ville de Val-Bélair. Le développement de nouvelles infrastructures pour accueillir les résidents coûte cher, et les deux villes sont fortement endettées. Un premier projet de fusion avec la ville de Sainte-Foy ne se réalise pas. Afin de réduire les doublons, la municipalité de Bélair prendra le nom de « Val-Bélair » le , par suite de la fusion intervenue entre Bélair et Val-Saint-MichelSI, "Bélair et Val-St-Michel peuvent se fusionner", À Propos, 19 septembre 1973, p.3. La nouvelle municipalité est régie par la Loi sur les cités et villes et, à compter de la première élection générale en novembre de la même année, le nombre des membres du conseil est fixé à sept, soit un maire et six conseillers. Une promesse du gouvernement provincial d'une subvention d'un million de dollars pour effacer la dette ne se concrétise pas, les finances s'embourbent et la ville sera mise brièvement sous tutelle quelques années après sa création, en .
Les habitants de Val-Bélair, campagnards près de la ville à l'origine, et fruits d'un parcours chaotique, servent dans les années 1980 de têtes de turc à quelques représentants des médias locaux et humoristes. Cependant, à la suite d'une campagne de promotion importante et au slogan « Val-Bélair, ville de la nature », d'une amélioration des infrastructures municipales et d'un embellissement floral des artères, elle connaît au début des années 1990 une expansion de sa population, en partie grâce à Claude Beaudoin, maire durant près de 20 ans. Elle passera ainsi de habitants en 1971 à plus de habitants en 2002. Lors des élections municipales de 1998, le nombre de conseillers passe à huit afin de refléter cette augmentation. De nouvelles infrastructures (écoles, bibliothèque, activités de loisirs et culturels) sont mises en place et plusieurs commerces s'y ouvrent. Val-Bélair devient progressivement une banlieue où bon nombre de jeunes familles viennent s'installer, tout en travaillant souvent à l'extérieur des limites de la ville.
Maires de Val-Bélair 1974-1977 (mars) : Léopold Bélanger 1978-1982 : Yvan Dubé 1982-2001 : Claude Beaudoin
vignette|Le centre-ville de Québec, vu depuis la base de plein-air La Découverte.
Anciens emblèmes Les armoiries de l'ancienne ville sont fleurdelysées pour représenter l'attachement au Québec, présentent deux portails représentant les deux principales voies d'accès à la ville (nord et sud), l'omniprésence de la forêt et un chevron inversé (le « V » de Val-Bélair). Les couleurs utilisées principalement sont l'argent (blanc), le sable (noir), le gueules (rouge) et l'or (jaune). La version latine de la devise « Que l'unité se fasse » y est inscrite.
En , l'ancienne ville se choisit un emblème floral, soit l'Iris sanguina, connue également sous le nom de Snow Queen (Reine des neiges).
Regroupement avec Québec La ville de Val-Bélair est fusionnée à la ville de Québec avec toutes les autres villes de la Communauté urbaine le lors d'une réorganisation des entités municipales à la grandeur de la province de Québec orchestrée par le gouvernement du Québec dirigé par le Parti québécois. Il intègre d'abord l'arrondissement Laurentien, mais à la suite de la dissolution de ce dernier le , il fera dès lors partie de l'arrondissement de La Haute-Saint-Charles. L'appellation Val-Bélair est toutefois préservée et identifie maintenant un secteur correspondant au territoire de l'ancienne ville. Lors du recensement de 2001, Val-Bélair compte habitantsEncyclopédie de l'Agora, chiffre ajusté à près de habitants en 2002.
Un nouveau gouvernement libéral, élu lors des élections générales de 2003, permet aux habitants des anciennes villes fusionnées par le gouvernement précédent de voter sur la question de reconstitution de leur ancienne municipalité. En 2004, les habitants de Val-Bélair, bien qu'ils obtiennent la tenue d'un référendum en raison du nombre suffisant de personnes ayant signé un registre à cet effet, finissent par ne pas voter en faveur de la reconstitution. Les résultats sont cependant serrés, les partisans du maintien au sein de la ville de Québec l'emportent dans une proportion de 50,24 %. Le résultat s'inscrit dans celui de la majorité de leurs nouveaux concitoyens de la nouvelle grande ville qui votent en faveur du maintien au sein de Québec, à l'exception de ceux de L'Ancienne-Lorette et de Saint-Augustin-de-Desmaures.
Ainsi, aujourd'hui, le quartier de Val-Bélair est situé dans la deuxième couronne périphérique du centre-ville. En effet, sa vocation est celle d'un quartier hautement résidentiel agrémenté de plusieurs parcs de proximité.
Portrait du quartier actuel
Géographie et transports gauche|vignette|Le boulevard Pie-XI. vignette|La rivière Nelson en hiver.
Val-Bélair occupe un territoire de dans la partie nord-ouest de la ville. Elle est bornée à l'est par le quartier Des Châtels, au sud par le quartier de l'Aéroport (Sainte-Foy-Sillery-Cap-Rouge) et à l'ouest par la municipalité de Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier. Ceinturée au nord par les Laurentides et la Garnison Valcartier, elle s'étend sur une série de collines de faible pente, dominée par le Mont-Bélair avec ses 485 mètres au-dessus du niveau de la mer. Elle est parcourue par un réseau de ruisseaux, rivières, petits lacs et étangs, dont les principaux sont la rivière Nelson et le Lac Bonhomme. Son territoire non-développé est boisé par une forêt mixte riche en conifères, bouleaux et peupliers.