La fête de la Saint-Nicolas est issue de la célébration religieuse du , telle que fixée par le calendrier liturgique de l'Église catholique. Prenant de l'ampleur et quittant le cadre strictement religieux au fil des temps, elle met en scène saint Nicolas, un personnage quasi-légendaire inspiré de l'évêque lycien Nicolas de Myre et de son compatriote, mais ayant vécu deux siècles plus tard, le moine Nicolas de Sion, dont les traditions hagiographiques se confondent à tort depuis le . Une légende, en particulier, racontait qu'il avait sauvé des orphelins d'une mort atroce.

Lors des célébrations dont le déroulement peut différer selon les régions, saint Nicolas récompense les bons comportements des enfants en les gratifiant de cadeaux ou de friandises, souvent assisté d'un compagnon à l'allure menaçante, qui est chargé de punir ceux qui n'ont pas été sages.

C'est une tradition vivace dans de nombreux pays d'Europe qui se déroule dans les jours précédant le , jour de célébration du saint dans les églises chrétiennes.

Origines La Saint-Nicolas est une fête inspirée de l'évêque lycien du , Nicolas de Myre, appelé aussi Nicolas de Bari, et d'un moine actif dans la même région au , Nicolas de Sion, les traditions hagiographiques confondant les deux personnalités à partir du .

Certains historiens rapprochent la légende du dieu Odin du personnage de saint Nicolas... Odin chevauche un cheval blanc Sleipnir, vole dans les airs et est le chef de la chasse fantastique. Au cours de la christianisation, le pape Grégoire a fait valoir que les conversions étaient plus faciles si les gens étaient autorisés à conserver les formes extérieures de leurs traditions tout en affirmant que les traditions étaient en l'honneur du Dieu chrétien. La tradition de saint Nicolas est l'une d'elles, en convertissant Odin à un homologue chrétien..

La tradition explique que, dès le , une relique (une phalange du saint) fut transférée depuis Bari vers le duché de Lorraine, et il fut édifié au Sud de Nancy une grande basilique dédiée au saint, à Saint-Nicolas-de-Port. Vénéré et très souvent invoqué, il deviendra très rapidement le saint patron de la Lorraine. Port étant une cité réputée pour ses foires et marchés, le culte de saint Nicolas se répandit très rapidement au-delà des frontières du duché de Lorraine et, notamment, outre-Rhin où la tradition demeure également très vive..

Légende thumb|left|Saint Nicolas et aux Pays-Bas. À la différence de la majorité des régions françaises, et notamment des traditions lorraines et alsaciennes, le père Fouettard néerlandais est traditionnellement grimé en noir. Vers le apparaît une légende qui semble forgée sur la combinaison d'un « malentendu littéraire », transformant « trois innocents » protégés par le saint en « trois enfants », et d'un « malentendu iconographique », dans lequel ces trois innocents incarcérés deviennent trois enfants dans un cuveauVoir les travaux de cité par ... Ces deux malentendus constituent le terreau d'une légende qui se développe particulièrement dans les régions franco-allemandes..

La légende veut ainsi que, l'hiver approchant, trois enfants, partis glaner dans les champs, se perdent sur le chemin du retour ; attirés par la lumière filtrant des fenêtres d'une maison, ils s'approchent et frappent à la porte. L'homme qui leur ouvre, Pierre Lenoir (Peter Schwartz dans la culture germanique), boucher de son état, accepte de leur donner l'hospitalité pour la nuit. En fait, sitôt les enfants entrés, il les tue, puis, à l'aide d’un grand couteau, les coupe en petits morceaux, pour finalement les mettre dans son saloir (un grand baquet empli de sel), afin d'en faire du petit salé.

Saint Nicolas, chevauchant son âne, passe par là et frappe à son tour à la porte du boucher. L'homme, n'osant pas rejeter un évêque, le convie à dîner. Son invité lui demandant du petit salé, le boucher comprend qu'il est découvert et, pris au piège, avoue tout. Le saint homme étend alors trois doigts au-dessus du tonneau de petit salé, reconstituant et ressuscitant ainsi les trois enfants.

Saint Nicolas enchaîne ensuite le boucher à son âne et le garde auprès de lui pour le punir. Celui-ci devient le père Fouettard, être mauvais, dont le rôle est de réprimander les enfants désobéissants et les cancres, fort de son caractère violent et irascible. Toujours vêtu de noir, caché sous une cagoule et une épaisse barbe noire, il incarne tout l'opposé de saint Nicolas, en somme, qui arbore une belle barbe blanche, des vêtements colorés d'évêque (mauve et blanc, avec une crosse, dorée à l'origine, puis rouge et blanche, ce qui le rapproche du Père Noël actuel (Saint Nikolaus devint Santa Klaus)), et donne toujours l'image d'une personne bienveillante.

Fête Au , la Saint-Nicolas est toujours fêtée dans un grand nombre de pays d'Europe, parmi lesquels : la France, l'Allemagne, la Suisse, le Luxembourg, la Belgique, les Pays-Bas, la Russie, la Pologne, la Croatie, l'Autriche… Dans la nuit du 5 au Saint-Nicolas d’été en Lorraine, par Kévin Goeuriot, Historien de la Lorraine, écrivain et professeur d’histoire-géographie, le saint passe dans les maisons pour apporter aux enfants sages des friandises : fruits secs, pommes, gâteaux, bonbons, chocolats et de grands pains d'épices. Dans la Flandre française, le Hainaut français, le Boulonnais, l’Artois, l’Alsace, la Lorraine, la Belgique et la ville suisse de Fribourg, dont il est le saint Patron, saint Nicolas défile dans les rues le .

Personnages associés

Saint Nicolas est accompagné de différents personnages selon les régions ou les pays, chargé de menacer ou de distribuer des coups de trique aux enfants qui n'ont pas été sages ou de les emporter dans leur sac et qui donne, parfois, du charbon, des pommes de terre et des oignons ou quiche. Dans les folklores des pays de l'ancien empire austro-hongrois, saint Nicolas est souvent associé au Krampus. Dans le folklore alsacien et lorrain germanophone, son acolyte se nomme Hans Trapp, Rubelz, etc. En Allemagne, saint Nicolas peut être accompagné de Ruprecht ou Serviteur Ruprecht (Père Fouettard) et Houseker (variante orthographique : Housécker) au Luxembourg. En Suisse, saint Nicolas est entouré de ses pères Fouettard, appelés Schmutzli, en suisse allemand. Dans le Sud-Ouest de l'Allemagne, il est accompagné de Belsnickel. En Pologne, Ryszard Pospiech est l'acolyte de saint Nicolas.

Fête des vieux garçons À l’instar de la fête de la Sainte-Catherine pour les vieilles filles, la Saint-Nicolas est la fête des vieux garçons. Saint Nicolas est « le patron vigilant des vieux garçons ».

Traditions locales thumb|La Fête de saint Nicolas par Richard Brakenburgh en 1700. vignette|Le jour de la Saint-Nicolas dans une école maternelle aux États-Unis. Décembre 2013. Allemagne La Saint-Nicolas est célébrée en Allemagne depuis le . Nikolaus, accompagné par le Knecht Ruprecht (Ruprecht, Robert le valet), descend du ciel dans une luge chargée de petites gourmandises et de cadeaux. Saint Nicolas et l'Avent, en Allemagne et en Autriche, sont au moins aussi populaires que le Père Noël. Le soir du , les enfants placent leurs chaussures nettoyées dans un endroit particulier. Le matin du , ils vont très vite voir s'il y a des cadeaux et des friandises dans leurs chaussures.

Dans la région de Hanovre et en Westphalie, on l'appelle aussi Klas ou Bullerklas ; c'est à lui que les enfants adressent leurs prières.

Autriche thumb|Saint Nicolas et le Krampus (Autriche, début 1900). thumb|La Famille impériale d’Autriche fêtant la Saint-Nicolas (vers 1760). Saint Nicolas défile le soir du dans les rues accompagné de personnages tout droit sortis de l'enfer, les Krampus. Saint Nicolas, que l'on nomme Nikolo ou Niglo dans l'est de l'Autriche et Santaklos ou Klos dans le Tyrol et le Vorarlberg, questionne les enfants pour savoir s’ils connaissent leur catéchisme et leurs prières. Si les enfants répondent correctement à ses questions, le grand saint leur distribue des noix, des pommes, des oranges et des cadeaux.

Les Krampus qui l'entourent font peur à la foule. Portant un masque de diable cornu et de grosses fourrures, ils agitent des chaînes, poursuivent les gens avec des bâtons. Gare aux enfants qui ne répondraient pas bien aux questions de saint Nicolas ; les mauvais diables essayent alors de les emmener en Enfer dans leur Buckelkraxen : leur hotte !

Dans certaines parties de l'Autriche comme la Haute Styrie et dans la vallée de l'Enns, saint Nicolas est aussi accompagné de Schab. Les Schabs sont des personnages rembourrés de paille avec de longues antennes sur la tête, des grelots et un fouet. Ils accomplissent les Nikolospiele ou « jeux de saint Nicolas ». Précédant saint Nicolas, ils battent une mesure à six temps et marchent à pas lent en faisant claquer leur fouet pour chasser les démons de l'hiver selon la légende..

Belgique thumb|Arrivée locale de Sinterklaas à Rumst. thumb|Santons wallons représentant saint Nicolas. Chez les néerlandophones, saint Nicolas est appelé Sinterklaas et, comme aux Pays-Bas, il débarque d'un bateau venu d'Espagne monté sur un cheval blanc. Chez les francophones, il se déplace avec un âne. Il est accompagné d'un , aussi appelé « Hanscrouf » ou « Zwarte Piet ». Parfois, il y a deux « Pères Fouettard ».

Au nord comme au sud du pays, il vient la nuit du 5 au pour déposer cadeaux et friandises – notamment des figurines en chocolat, des nic-nacs ou des spéculoos à son effigie – dans les souliers des enfants sages. Il est de tradition de laisser un bol d'eau ou de lait et une carotte devant la cheminée de la cuisine ou du salon pour l'âne, et un verre d'alcool (peket en région liégeoise) pour le saint. Il est de tradition de manger des cougnous lors de la Saint-Nicolas..

Saint Nicolas passe, début décembre, dans les écoles ou dans les centres publics pour demander aux enfants quels cadeaux ils désirent, pour voir s'ils ont été sages pendant l'année, et pour leur donner des friandises. Les enfants sont souvent invités à rédiger une lettre qu'ils adressent au « grand saint ». Un service de la poste belge répond gratuitement aux enfants qui lui envoient une lettre à l'adresse Rue du Paradis , 0612 CIEL..

Plusieurs semaines avant l'arrivée du grand saint, les écoliers se doivent de déposer une paire de chaussures chaque soir devant la porte de leur chambre. Ceux qui ont été sages découvrent chaque matin une friandise typique différente chaque jour : massepain, chocolat, clémentine, guimauve, etc.

La Saint-Nicolas en Belgique est également une tradition estudiantine qui veut que l'on dépose une assiette ou une paire de chaussures la veille devant sa porte et que chaque cokoteur (locataire de chambre d'étudiant, cothurne) y dépose discrètement des friandises. À Mons, à Bruxelles, à Liège. et à Namur, il existe aussi la Saint-Nicolas des étudiants : un cortège défile dans la ville avec des chars et les étudiants collectent des piécettes auprès des passants ainsi que devant les écoles secondaires pour s'offrir des bières lors de la guindaille qui clôt la journée.

Dans certaines universités et établissements d'enseignement supérieur, un étudiant (souvent faisant partie du comité estudiantin) se déguisait en saint Nicolas et passait d'auditoire en auditoire pour fêter saint Nicolas avec tous les étudiants présents au cours ce jour-là.

France

Saint-Nicolas est particulièrement fêté dans le nord et l'est de la France, de manière généralisée en Lorraine, Alsace, Ardennes, Hauts-de-France et dans l'extrême nord de la Franche-Comté (autour de Belfort et Montbéliard), et de manière plus diffuse dans le reste du pays.