L'expression Salishes de la côteDéfinition et terminologie de Salishes sur le Larousse ou Salishes du littoral ou Salishes côtier (en anglais Coast Salish) fait référence, d'un point de vue linguistique, culturel ou ethnographique, à un sous-groupe de populations autochtones salishes dont les langues ou dialectes d'origine présentent des caractéristiques communes qui ont entraîné leur classification dans un sous-groupe de langues salishe, appelé « langues salishes de la côte ». Le mot « côte » désignant la côte des détroits de Géorgie et de Juan de Fuca de la côte de l'océan Pacifique.

Introduction

La connaissance des débuts de l'histoire des Salishes de la côte passe par l'archéologie; les documents écrits n'apparaissent qu'à la fin du lorsque les Européens ont découvert et pris en compte ce peuple. À cela s'ajoutent la tradition orale et la recherche sur les arbres qui portent des traces d'interventions humaines, la Culturally Modified Trees.

Les Salishes de la côte, semi-nomades, vivaient surtout du saumon. Au plus tard après le ils menèrent une vie plus agricole qui a notoirement transformé le paysage. Apparurent alors pendant des siècles des grands villages habités de temps en temps l'hiver.

Les sociétés se composaient d'une noblesse dominante, du peuple et d'esclaves pour la plupart prisonniers de guerre et leurs descendants. Ces esclaves étaient aussi une marchandise de commerce, objet d'échange sous forme de dons rituels entre les groupes dominantspour la signification de l'esclavage cf. Leland Donald : Aboriginal salvery on the Northwest Coast of North America, Berkeley : University of California Press, 1997. De même que l'appartenance à la noblesse, la dignité de chef était le plus souvent héréditaire dans certaines familles mais pouvait être refusée.

La région particulièrement pluvieuse était couverte de forêts tempérées qui fournissaient le matériau pour des totems de plus de , pour les maisons, pour la nourriture, les vêtements et les couvertures. Les métaux en revanche étaient très rares.

Les canoës, aptes à la haute mer, permettaient de mener des guerres le long des côtes et un commerce important. Les voies de commerce et les routes maritimes connues furent également utilisées par les explorateurs et marchands de peaux européens. Ils étaient également porteurs de maladies inconnues qui firent disparaître plusieurs tribus : dès 1775 les Salishes furent décimés par la variole. Vint aussi une période de grandes guerres caractérisée par des pillages des peuples du Nord accentuée par les armes venues d'Europe.

En 1846 les États-Unis et la Grande-Bretagne séparèrent l'immense Oregon Country en suivant le : ils tranchèrent dans des domaines, des liens de famille et de commerce traditionnels. La mise en œuvre de cette colonisation fut la cause de combats à Washington, tels que les guerres Puget-Sound. L'installation de réserves indiennes au Canada entraîna un grand morcellement de l'habitat ; aux États-Unis en revanche plusieurs tribus étaient souvent rassemblées si bien que de nouvelles relations apparurent appelées tribes.

En Colombie-Britannique les Salishes ont d'abord joué un grand rôle économique avant que des lois inspirées par la plupart des industriels réduisent leur importance : de façon similaire aux États-Unis ils furent réduits à n'être que des régions inhospitalières. En parallèle les deux États ont suivi des stratégies variées pour une assimilation par la force. Elle commença des deux côtés par une évangélisation , elle mena à l'interdiction des expressions artistiques les plus importantes, exclut tous les habitants autochtones du droit de vote et aboutit au transfert obligatoire de tous les enfants dans des établissements avec internat ; en 2008 le Canada leur présenta des excuses. Pendant cette période la population chuta, la plupart des langues disparurent et l'exode rural vers les villes fut si important qu'aujourd'hui la plus grande partie des Salishes de la Côte y habitent encore.

La situation ne s'arrangea que grâce à une modification de droit que les représentants des tribus arrachèrent des tribunaux suprêmes. Grâce à des frontières ouvertes et à la prospérité croissantes de certaines tribus mais surtout grâce à la prise de conscience croissante de leurs valeurs culturelles communes, on assista partiellement à une renaissance de la communauté des groupes salishes. Beaucoup de tribus se battirent pour être reconnues en tant que tribus, premier pas pour participer à des négociations sur leur souveraineté et leur pays. Des associations de tribus concentrèrent les efforts, des frontières furent tracées, des droits souverains accordés.

Pendant plusieurs décennies aux États-Unis on a essayé de dissoudre le domaine des tribus en le morcelant et le privatisant; la plus grande partie des réserves canadiennes resta propriété des tribus. Depuis 1993 la Colombie-Britannique essaie d'imposer cette privatisation en échange de réserves plus étendues (BC Treaty Process), mais peu d'accords ont été signés jusqu'ici. Depuis 2007 il est difficile de savoir si ce BC Treaty Process peut et doit se poursuivre.

Peuple Salishe Les populations salishes regroupent de nombreuses tribus distinctes plus ou moins proches entre elles en fonction de leur langue, de leur culture ou de leur mode de vie ancestral. Une classification des salishes n'est donc pas facile. On peut cependant distinguer trois grandes familles : Les Bella Coola (ou Nuxálk) qui vivent sur la côte nord de la Colombie-Britannique Les Salishes de la côte qui vivent autour des détroits de Géorgie et de Juan de Fuca Les Salishes de l'intérieur qui vivent à l'intérieur des terres de part et d'autre de la frontière entre la Colombie-Britannique et l'État de Washington.

Définition culturelle et linguistique

Le terme général « salishe » (on utilise souvent en français l'orthographe invariable d'origine anglaise « salish » ainsi que l'adjectif « salishen », en anglais on utilise le substantif salish et l'adjectif salishan) fait référence, d'un point de vue linguistique, culturel ou ethnographique, à des populations amérindiennes originaires du sud de la Colombie-Britannique au Canada et du nord des États de Washington, Idaho et Montana aux États-Unis, dont les langues d'origine présentent des caractéristiques communes. C'est un mot qui a été utilisé à l'origine en linguistique et il ne provient pas du nom des tribus concernées, bien qu'il existe une tribu d'indiens Flatheads qui s'appellent eux-mêmes « Salishes ».

Territoires Le territoire de l'ensemble des populations salishes est situé dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique au Canada et dans le nord de l'État de Washington aux États-Unis.

Le territoire des populations salishes de la côte recouvre, lui, la majeure partie des bassins du détroit de Géorgie et de la baie Puget et inclut des parties des villes de Vancouver en Colombie-Britannique et de Seattle dans l'État de Washington Biens immatériels autochtones au Canada : une étude ethnographique - 2.3 Les Salishes de la côte de l’océan Pacifique - Site du ministère de l'industrie canadien. Cette région fournissait des ressources importantes à ses habitants : ceux-ci pouvaient pêcher le saumon et l'eulakane dans les rivières, recueillir les crustacés et les mollusques le long des rivages ou chasser les phoques et les cétacés dans l'océan. Les forêts fournissait du bois (thuya et pruche) ainsi que des baies et des racines comestibles.

Populations Actuellement les populations salishes de la côte sont organisées en plus de soixante-dix « bandes » différentes, une bande étant le terme officiel (dans le cadre de la « loi sur les Indiens ») qui désigne l'unité élémentaire du gouvernement des populations amérindiennes vivant au Canada. La population régie par une bande est appelée « nation ». Les nations salishes de la côte regroupent plus de Régates de pirogues salishes de la Côte - Site du Musée virtuel du Canada.

On utilise les expressions suivantes pour distinguer certains sous-groupes parmi les Salishes de la côte : Langues salishes de la côte nord : comox (sliammon, klahoose, homalco), sechelt (shishalh) et pentlach (les Pentlatch ont disparu) Langues salishes de la côte centrale (ou salishe central) : squamish, halkomelem, nooksack et salish des détroits Langues salishes de Puget Sound et le détroit Juan de Fuca) : klallam, lushootseed, twana, chehalis, quinault

La côte est la région de Colombie-Britannique où s'est établi le plus grand nombre d'immigrants européens. Parmi toutes les populations indiennes de la province, les tribus salishes de la côte ont donc été celles dont le mode de vie a été le plus perturbé depuis la fin du .

Préhistoire Ce qui concerne la Préhistoire des Salishes de la côte et de leurs ancêtres ne se révèle que par les fouilles archéologiques ou plus tard par la tradition orale. Sur environ de fouille répertoriés en Colombie-Britannique on n'accorde chaque année que 400 autorisations de fouilles concentrées sur des bâtiments. Voilà pourquoi il y a souvent des conflits car la plupart des sites de l'histoire des Salishes se trouvent sous terre ou en partie sous des collines de coquillages (shell middens) de plusieurs mètres de hauteur. Ce n'est qu'en 1995 qu'on a réussi à négocier avec une tribu de Colombie-Britannique, les Nanooses, un droit de regard sur les sites archéologiques. Malgré des recherches à peine soutenues au début les résultats des dernières décennies sont notables. De même en Washington. En 2003 un compte-rendu archéologique constatait qu'il y avait archéologiques, des villages entiers jusqu'à des arbres, qui ont été modifiés par l'homme pour des motifs culturels (Culturally Modified Trees)M. Leland Stilson, Dan Meatte et Robert G. Whitlam : A Field Guide to Washington State Archeology, 2003, p. 14.

Lors de la première phase de colonisation par l'homme le paysage a subi des modifications importantes. Cette phase fut marquée par des glaciers, la fonte des neiges, des côtes mouvantes, un niveau de la mer nettement plus bas, des raz-de-marée puis la ligne des côtes modelées par des affaissements et des relèvements dus à la fonte des énormes masses de glace. Beaucoup d'objets ont donc disparu définitivement. Voilà en partie pourquoi on trouve très peu d'objets antérieurs au cf. Mitochondrial Population Genomics Supports a Single Pre-Clovis Origin with a Coastal Route for the Peopling of the Americas, in : The American Journal of Human Genetics 82/3 (3 mars 2008) pp. 583-592 our Renée Hetherington, Andrew J. Weaver, Álvaro Montenegro : Climate and the migration of early peoples into the Americas, Geological Society of America Special Papers 2007, pp. 113-132..

Une des plus anciennes fouilles de la Colombie-Britannique se trouve près de Namu. Y ont vécu entre le des groupes semi-nomades qui ont fabriqué des outils en pierre de volcan. Des recherches plus récentes envisagent qu'on a utilisé des embarcationsFarid Rahemtulla : Design of Stone Tool Technology during the Early Period (env. - av.J.-C.) at Namu, Central Coast of British Columbia, Diss. Simon Fraser University, Vancouver 2006..

Traditionnellement les Salishes de la Côte supposent qu'ils ont toujours vécu là où ils sont actuellement. On raconte souvent des histoires sur la création parfois d'animaux à forme humaine, de créateurs ou ancêtres des tribus actuelles. À cela s'ajoute l'image d'un magicien suprême qui a créé les paysages, les animaux et les plantes et les bases de l'organisation de la société. Peut-être qu'elles contiennent les souvenirs de la période d'immigration et d'un délugeBrian Thom : Coast Salish Transformation Stories : Kinship, Place and Aboriginal Rights and Title in Canada, document à discuter pour la Annual Meeting of the Canadian Anthropology Society, Toronto 1998.

À partir de la période Milliken