Le château de Chambord est un château situé dans la commune de Chambord, à de Blois dans le département de Loir-et-Cher, en région Centre-Val de Loire (France).
Construit au cœur du plus grand parc forestier clos d'Europe (environ ceint par un mur de de long), il s'agit du plus vaste des châteaux de la Loire. Il bénéficie d'un jardin d'agrément et d'un parc de chasse classés au titre des monuments historiques.. Qualifié de , Chambord est le seul domaine royal encore intact depuis sa création.
Chambord a été considérablement modifié au cours des 28 années de sa construction (1519-1547), pendant lesquelles le chantier a été supervisé par Pierre Nepveu. Le château étant en voie d'achèvement, exhibe son énorme symbole de richesse et de puissance en accueillant à Chambord son ancien rival, l'empereur Charles Quint.
Le château et son domaine font l'objet de plusieurs classements : inscription au patrimoine mondial de l'organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) en 1981 puis classement depuis 2000 au sein de la région naturelle du Val de Loire entre Sully-sur-Loire et Chalonnes. ainsi que dans le réseau Natura 2000 en 2006. Le château figure également sur la première liste française de monuments historiques de 1840. et constitue l'une des composantes du réseau des résidences royales européennes..
Étymologie Le nom Chambord — du gaulois cambo-rito — signifie « passage sur la courbe » : il désigne donc un gué dans la courbe d'une rivière.. Ce gué crée un marécage sur lequel est construit un pont mentionné dès 1307 dans le testament du comte de Blois, Hugues II de Blois-Châtillon, alors propriétaire du terrain..
Géographie Le château est situé dans la région naturelle de la Sologne, sur une courbe du Cosson, petit affluent du Beuvron, lui-même affluent de la Loire, à environ de la rive gauche de la Loire..
Il est positionné à à l'est de Blois, à au sud-ouest d'Orléans et au sud-sud-ouest de Paris, dans le territoire de la commune française de Chambord., l'arrondissement de Blois, le département de Loir-et-Cher et la région Centre-Val de Loire.
Les lignes d'autocars 2 et 18 du réseau départemental de mobilité interurbaine (RÉMI) desservent le domaine de Chambord depuis la gare de Blois..
La RD33 traverse le domaine. La sortie 16 de l'autoroute A10 est située à au nord du château.
vignette|center|400px|Le château se situe dans la partie ouest du Domaine national de Chambord (rectangle). La zone colorée au nord-ouest désigne la partie du parc ouverte au public ; la ligne bleue figure le mur d'enceinte du domaine.
Histoire
Moyen Âge Dès la fin du Haut Moyen Âge, Chambord accueille un château fort, au 3, destiné aux comtes de Blois20. Thibault VI et sa veuve y signent notamment des chartes à la fin du et au début du .. Le château est situé à une lieue au nord de la forteresse de Montfrault.
Comme l'ensemble des possessions des comtes de Blois, le château de Chambord passe de la maison de Châtillon à celle des ducs d'Orléans en 1397, avant d'être rattaché à la couronne de France lorsque Louis d'Orléans devient Louis XII de France en 1498, le petit château fort étant déjà à cette époque une maison de plaisance et de chasse..
Époque moderne vignette|gauche|upright=0.7|Portrait de François , réalisé par Jean Clouet vers 1525. , début des travaux. Le vœu de François En 1516, , roi de France depuis 1515, auréolé de sa victoire à Marignan, décide la construction d'un palais à sa gloire, à l'orée de la forêt giboyeuse de Chambord. Le désir du roi est de réaliser une ville nouvelle à Romorantin sur les plans de Léonard de Vinci et à Chambord un grand édifice dans le style néoplatonicien. Le projet se nourrit de l'humanisme d'Alberti, qui a défini les principes de l'architecture Renaissance, dans son traité , inspiré de l'architecte romain Vitruve. Il repose sur la géométrie, les rapports mathématiques et la régularité...
Le est l'acte de naissance de Chambord lorsque François donne commission à François de Pontbriand, son chambellan, d'ordonner toutes les dépenses qu'il y aurait à faire pour la construction du château.. Dès lors s'ouvre sur le site de Chambord le chantier d'une immense création architecturale, qui doit initialement servir non pas d'une résidence permanente, mais d'un nouveau château de chasse en annexe du château de Blois. Lors de cette période de chantier, le roi n'y logera que en de règne. : le projet primitif ne présente qu'un château-donjon accolé au milieu de l'un des grands côtés d'une enceinte rectangulaire. Le donjon forme un corps de logis indépendant, dont chaque étage est divisé en quatre cantons par quatre salles disposées en croix.. Cette nouvelle « merveille du monde » est destinée à immortaliser son constructeur, François , le « prince architecte ».. Les archives sur la genèse du plan de Chambord ne sont pas conservéesAprès le rattachement de la Chambre des comptes de Blois à la Chambre de Paris, les archives de la Chambre de Blois ont été placées en 1775 à la Chambre des comptes de Paris où le dépôt est trop petit, si bien qu'elles subissent une destruction ou une dispersion partielle à la fin du . Quelques pièces, dispersées entre des collections privées, sont réapparurent au dans des collections publiques. Pour l'essentiel, les documents pouvant être retrouvés sont compilés vers le milieu du par l'érudit Louis de La Saussaye, les historiens Louis Jarry et surtout Joseph de Croy. Source : ., mais il est probable que Léonard de Vinci, installé à Amboise à la fin de l'année 1516, y fût associé, ainsi que l'architecte Domenico Bernabei da Cortona dit Boccador.
Les travaux débutent par la destruction de plusieurs bâtiments, dont l'ancien château des comtes de Blois et l'église du village, et par la réalisation des fondations du donjon carré flanqué de quatre tours, initialement conçu comme un bâtiment autonome. Interrompu entre 1525 et 15261., période des catastrophes que sont la défaite de Pavie et l'incarcération du roi à Madrid, le chantier reprend à partir de 1526. Le roi modifie son projet par l'adjonction de deux ailes latérales au donjon primitif, dont l'une doit accueillir son logis. Le château de Chambord et son parc, dossier enseignant sur chambord.org, . auraient travaillé à la construction du château, dont le plan a été remanié. Le dessin de Andrea Palladio montre un escalier central à quatre voléesAndrea Palladio, I quattro libri dell'architettura, 1570, p. 65., dont seules deux furent réalisées. André Félibien, à la suite de son enquête menée dans le Blaisois en 1680, construit l'hypothèse que les grandes salles d'entrée étaient initialement ouvertes. Plusieurs maîtres-maçons se succèdent ou travaillent simultanément, par exemple Jacques Sourdeau, Pierre Nepveu et Denis Sourdeau..
Le donjon est achevé lorsque l'empereur du Saint-Empire romain germanique, Charles Quint, grand rival du roi de France, est accueilli à Chambord par François , dans la nuit du 18 au , alors qu'il quitte l'Espagne pour Gand, sa ville natale, qu'il veut châtier d'avoir refusé sa contribution aux frais de guerre. Le cortège est reçu par des ballets et des jonchées de fleurs dans un somptueux décor de tapisseries..
L'aile royale à la pointe Nord de l'enceinte du château est achevée en 1544. Une galerie extérieure portée sur des arcades et un escalier à vis sont ajoutés vers 1545, alors que se poursuivent les travaux de l'aile symétrique (aile de la chapelle), et d'une enceinte basse fermant au sud la cour, à la manière d'une forteresse médiévale, comme au château de Vincennes.
François meurt en 1547. Le roi a finalement passé très peu de temps à Chambord ( au total en de règne). Il a pris l'habitude de disparaître en forêt pour y chasser en compagnie d'un petit groupe d'intimes - composé de beaucoup de dames - que les contemporains appellent la « petite bande » du roi...
Les travaux de l'aile de la chapelle se poursuivent sous le règne d'Henri II, mais ils sont interrompus par sa mort en 1559. Le traité de Chambord est signé en 1552 au château entre le roi et des princes allemands s'opposant à Charles Quint..
La période qui suit ne bénéficie pas au château. Les séjours royaux se raréfient pendant une centaine d'années, alors que l'édifice continue de susciter l'admiration de ses visiteurs. Des travaux de consolidation sont réalisés en 1566 sous le règne de Charles IX, mais Chambord se révèle trop éloigné des lieux de séjours habituels de la Cour et semble promis à une lente disparition. Henri III puis Henri IV n'y résident pas et n'y entreprennent pas de travaux. À la mort d'Henri III en 1589, le château passe à sa sœur, Marguerite de Valois, dernière enfant légitime d'Henri II. Elle tient Chambord en pleine propriété jusqu'au 10 mars 1606, lorsqu'elle en fait don au dauphin Louis. Elle en retient cependant l'usufruit jusqu'à sa mort en 1615, mais elle ne s'y rend jamais et n'y entreprend semble-t-il aucun travauxParis, AN, Y//145, f. 78v-80r. .
, l'achèvement du projet de François vignette|Tableau représentant le château et son domaine réalisé en 1722 par Pierre-Denis Martin. thumb|Plan du rez-de-chaussée du château de Chambord et de ses abords, s.d. Archives nationales. Louis XIII ne se rend que deux fois à Chambord. La première fois en 1614, à l'âge de treize ans. Puis en 1616, alors qu'il rentre de Bordeaux avec la nouvelle reine Anne d'AutricheLouis de La Saussaye, , ..
À partir de 1639, le château est occupé par le frère du roi exilé dans le Blésois. Gaston d'Orléans avait reçu en apanage le comté de Blois en 1626.. Ce dernier y entreprend des travaux de restauration entre 1639 et 1642, notamment l'aménagement d'un appartement, des aménagements dans le parc et des travaux d'assainissement des marais alentour. Mais la chapelle demeure toujours sans toiture à cette époque.
Il faut attendre l'avènement de Louis XIV pour que soit achevé le projet de François . Le Roi-Soleil comprend le symbole que représente Chambord, manifestation du pouvoir royal, dans la pierre et dans le temps. Il confie les travaux à l'architecte Jules Hardouin-Mansart qui, entre 1680 et 1686, achève l'aile ouest, la toiture de la chapelle (la plus grande pièce du château), ainsi que l'enceinte basse, qui est couverte d'un comble brisé destiné aux logements du personnel.
Louis XIV effectue neuf séjours au château : le premier en 1650 et le dernier en 1685.. Le roi se rend parfois à Chambord accompagné par la troupe de Molière qui y joue devant lui deux comédies-ballets et les musiques de Jean-Baptiste Lully et les chorégraphies de Pierre Beauchamps : Monsieur de Pourceaugnac. est joué le et Le Bourgeois gentilhomme le . à l'occasion de la venue en France d'une ambassade turque..
Louis XIV fait aménager, au premier étage du donjon, le long de la façade nord-ouest donnant sur le parc, un appartement comprenant une antichambre, un salon des nobles et une chambre de parade. À cet effet, deux logis du plan initial sont réunis par l'adjonction du vestibule nord-ouest, qui est fermé du côté du grand escalier.
Il réside à Chambord en présence de Madame de Maintenon en 168533., mais les séjours de la cour se font rares depuis qu'elle s'est fixée à Versailles.
Le règne de Louis XIV voit également des projets de création d'un parterre devant la façade nord ainsi que du canal du Cosson.
, hôtes de marque et gouverneurs Le , Philippe V futur roi d'Espagne effectue une visite au château en compagnie des ducs de Berry et de Bourgogne.
Le roi Louis XV dispose du château pour y loger son beau-père Stanislas Leszczyński, roi de Pologne en exil, entre 1725 et 1733. En 1729 et 1730, au moins, le compositeur Louis Homet, alors en place à Orléans, est à son service en tant que maître de musique.. Le , le roi de Pologne et sa femme quittent l'inconfortable château de Chambord pour gagner les duchés de Lorraine et de Bar, qu'ils ont reçus à titre viager..