Laure Manaudou, née le à Villeurbanne, est une nageuse française pratiquant les quatre nages (brasse, papillon, crawl, dos crawlé) ayant obtenu des résultats nationaux et internationaux dans la quasi-totalité des distances de compétition : , , , , et . Lorsqu'elle s'impose à 17 ans sur nage libre aux Jeux olympiques d'Athènes, le 15 août 2004, elle est la deuxième championne olympique française de natation après Jean Boiteux à Helsinki en 1952. Elle gagne deux autres médailles dans ces Jeux : l'argent sur nage libre et le bronze sur dos, un exploit totalement inédit pour une nageuse française aux JO, et devient immédiatement une star nationale.
Laure Manaudou s'adjuge également deux titres mondiaux sur la même distance (2005 et 2007) et un autre sur (2007). Sur cette période, Laure Manaudou remporte en tout trois médailles olympiques, six médailles mondiales et treize médailles européennes. Licenciée jusqu'en 2006 au Cercle des nageurs de Melun Val de Seine où elle est entraînée par Philippe Lucas, elle rejoint le club de Canet-en-Roussillon (Canet 66 natation) avec son entraîneur après les Championnats d'Europe de natation 2006.
En mai 2007, elle quitte Lucas pour aller s'entraîner dans le club turinois de LaPresse Nuoto. À la suite des tensions apparues avec son entraîneur Paolo Penso, elle est mise à la porte de son club italien le . De à , elle est entraînée par son frère aîné, Nicolas, à Ambérieu-en-Bugey (Ain). Le , elle part à Mulhouse s'entraîner sous la direction de Lionel Horter, entraîneur au pôle France« Natation - FRA - Manaudou quitte Ambérieu », L'Équipe, . Elle connaît ensuite l'échec aux Jeux olympiques de Pékin sur toutes les distances où elle s'aligne.
Le , elle rejoint le « team Marseille 2012 by CNM » du Cercle des nageurs de Marseille où elle est entraînée par Romain Barnier et Emmanuel Poissier« Natation - Manaudou rejoint le team 2012 by CNM », L'Équipe, .. Le , Laure Manaudou annonce qu'elle met un terme à sa saison, puis, dans un entretien à Aujourd'hui en France du , qu'elle abandonne sa carrière de nageuse« Laure Manaudou : “c'est décidé, j'arrête” », leparisien.fr, 18 septembre 2009.
Cependant, en , elle décide de reprendre la compétition. En , lors des championnats de France à Dunkerque, Laure Manaudou remporte les titres des , et dos et se qualifie sur ces deux dernières distances pour les Jeux olympiques de Londres. Aux JO, elle est éliminée dès les séries, mais offre une des images fortes de ces Jeux en sautant au cou de son frère Florent à sa sortie du bassin en vainqueur du nage libre hommes. Après sa retraite sportive, elle officie fréquemment en tant que consultante sur les épreuves de natation dans les grands événements à la télévision.
Biographie Débuts Née le à Villeurbanne, Laure Manaudou est la fille de Jean-Luc Manaudou, employé de banque, joueur et entraîneur de handball, et d'Olga Schippers, , qui pratique le badminton. Ses parents se sont rencontrés sur une plage au Cap Fréhel. Désireux de lui apprendre à nager, ils l'ont inscrite à des cours de natation dès l'âge de quatre ans.
Elle a un grand frère, Nicolas, né un an jour pour jour avant elle, ancien nageur qui est son entraîneur de à , et un frère cadet, Florent, né en 1990, champion olympique du nage libre aux Jeux olympiques de Londres en 2012« Natation - Cadets - Florent Manaudou titré », L'Équipe, ..
De six à quatorze ans, elle fait partie du club de natation de la piscine Tournesol d'Ambérieu-en-Bugey, située à du domicile familial de Loyes.
Elle est remarquée par Philippe Lucas, entraîneur marié à une ancienne nageuse de l'équipe de France olympique, qui convainc ses parents de la laisser partir et leur promet d'en faire une championne. Les premières années, elle part vivre au foyer de son entraîneur à Melun avant de s'installer, à sa majorité, dans un appartement proche de la piscine de Melun.
Premiers succès En 2001, lors des Championnats d'Europe juniors à Malte, elle gagne deux médailles d'argent sur 50 et dos. L'année suivante, lors des Championnats d'Europe juniors à Linz, en Autriche, elle devient championne d'Europe juniors sur dos et double vice-championne d'Europe sur dos et quatre nages.
En 2003, lors des Championnats de France à Saint-Étienne, elle obtient cinq médailles d'or (400, 800, nage libre ; 50 et dos), bat quatre records de France et se qualifie pour les Championnats du monde de Barcelone. Privée de son entraîneur-mentor, elle obtient des résultats décevants ( du dos, du dos, du nage libre et du nage libre). Toutefois, l'année 2003 se clôt sur une médaille de bronze sur dos obtenue lors des Championnats d'Europe en petit bassin à Dublin.
En 2004, lors des Championnats de France à Dunkerque, elle obtient quatre titres nationaux (400 et 800 mètres nage libre ; 50 et 100 mètres dos). Lors des Championnats d'Europe à Madrid, elle obtient trois médailles d'or (400 mètres nage libre, 100 mètres dos et le relais 4 × 100 mètres 4 nages).
Aux Jeux olympiques d'Athènes en 2004, elle gagne trois médailles olympiques (médaille d'or sur nage libre, argent sur nage libre et bronze sur dos) et donne à la France sa première médaille d'or dans une épreuve de natation depuis Jean Boiteux à Helsinki en 1952.
En 2005, lors des Championnats de France à Nancy, elle obtient cinq titres nationaux (400, 800, nage libre ; 50 et dos). Aux Championnats du monde à Montréal, elle obtient la médaille d'or sur nage libre. Aux Championnats de France en petit bassin à Chalon-sur-Saône, elle remporte six titres nationaux (400, 800, nage libre ; 50, dos ; quatre nages) et bat huit records. Aux Championnats d'Europe en petit bassin à Trieste, elle obtient trois médailles d'or (400, nage libre et dos) et bat les records mondiaux du () et du nage libre (). À la fin de l'année, elle remporte les interclubs avec le CN Melun.
Consécration Lors des Championnats de France 2006 à Tours, elle gagne neuf titres nationaux (200, 400, 800, nage libre ; 100 et dos ; 200 et quatre nages ; relais nage libre avec son club de Melun) et bat le 12 mai 2006 le mythique record du monde du nage libre en grand bassin (), qui était détenu depuis les Jeux olympiques de Séoul en 1988 par l'Américaine Janet Evans, l'abaissant de à .
Le 6 août 2006, elle le bat à nouveau lors de la finale des Championnats d'Europe de natation 2006 à Budapest, l'abaissant à . Lors de ces Championnats d'Europe, elle obtient en tout sept médailles (quatre en or : 400 et nage libre, dos et quatre nages ; trois en bronze : nage libre, relais nage libre et quatre nages), égalant ainsi le record du nombre de titres dans un même Championnat d'Europe détenu par l'Allemande de l'Est Ute Geweniger (1981) et la Hongroise Krisztina Egerszegi (1993).
Elle a été sacrée championne des champions français par le quotidien L'Équipe en 2004, est décorée de la Légion d'honneur, se voit décerner le prix du patriotisme Maurice-Schumann, et le Grand Prix olympique de l'Académie des sports. En 2006, elle obtient même le Grand Prix général de celle-ci, du plus bel exploit sportif dans le monde, pour ses records du monde du 400 m nage libre battu à deux reprises, titres européens et nationaux.
Un bassin olympique Laure-Manaudou a été inauguré près de son centre d'entraînement de Melun. Par ailleurs Laure, en étroite collaboration avec son équipementier Arena, a lancé le 10 octobre 2005 Catch me if you can, une collection de vêtements de sport frappée du papillon — symbole des « quatre étapes » de sa vie depuis son départ d'Ambérieu-en-Bugey pour Melun —, qu'elle s'est fait tatouer à l'épaule.
Le 12 août 2006, Philippe Lucas annonce son départ du club avec Laure Manaudou pour rejoindre celui de Canet-en-Roussillon : Canet 66 natation. Elle reprend l'entraînement le 6 septembre 2006.
À l'occasion des championnats du monde de natation 2007 de Melbourne (Australie), elle confirme son statut de favorite en remportant deux médailles d'or sur le nage libre et sur le nage libre (dont elle bat le record du monde), deux médailles d'argent sur le nage libre et le dos et une médaille de bronze au relais féminin (avec Alena Popchanka, Sophie Huber et Aurore Mongel) et empoche de récompense. Elle est nommée meilleure nageuse de ces championnats du monde avec l'Américain Michael Phelps.
Le , François Pinault, fondateur du groupe PPR, a décidé de s'engager personnellement auprès de Laure Manaudou via Artémis, la holding patrimoniale présidée par son fils François-Henri, et de financer la carrière de la nageuse pendant les cinq années à venir. « C'est un partenariat historique et unique dans le sport français : c'est une opération de mécénat, pas de sponsoring. Laure n'aura aucune obligation », a déclaré Didier Poulmaire, avocat et agent de la nageuse. Celle-ci pourrait ainsi, « si elle en a l'envie et le temps », apparaître dans des soirées caritatives ou lors des défilés des marques de luxe du groupe, comme Gucci ou Stella McCartneyStéphane Joly, « Pinault mécène personnel de Manaudou », Le Journal du dimanche, .. Le contrat signé porterait sur plusieurs millions d'euros. Le chiffre d'un million d'euros annuel a été avancé. Il pourrait être prolongé si la championne olympique et du monde du nage libre participe aux Jeux olympiques de Londres en 2012« Natation - Manaudou signe avec Pinault », L'Équipe, ..
Mai 2007 : rupture avec Philippe Lucas et « aventure » italienne Le , Laure Manaudou décide de se séparer de son entraîneur pour partir s'entraîner en Italie et se rapprocher ainsi de son petit ami d'alors, Luca Marin« Natation - Manaudou quitte Lucas », L'Équipe, .. Elle a déclaré qu'« entre l'Italie et la France, je choisis Luca, l'amour de ma vie« En choisissant Luca, Manaudou provoque l'embarras des fédérations italienne et française de natation », Le Monde, . ».
Le , lors d'une conférence de presse à Canet-en-Roussillon, elle explique son choix de rejoindre le club turinois de LaPresse Nuoto et qu'elle va essayer de donner un nouvel élan à sa carrière, « changer d'entraînement », « modifier des choses » : « Il y a des choses que je voulais travailler et que Philippe ne voulait pas faire. Des choses qui, je pense, sont capables de me faire nager plus vite« Laure Manaudou part en Italie, où elle espère changer ses méthodes d'entraînement », Le Monde, .. » Elle a par ailleurs précisé qu'elle restait « française de toute façon » — elle conserve sa licence à Canet-en-Roussillon pour continuer à défendre les couleurs de la France dans les compétitions internationales — et qu'elle visait un nouveau titre aux Jeux olympiques de Pékin.
Réagissant au départ de son ancienne protégée, Philippe Lucas a déclaré lors d'une conférence de presse à Canet-en-Roussillon, le , que Laure Manaudou « part parce qu'elle a envie de moins travailler. Elle fuit le travail« Philippe Lucas ne mâche pas ses mots envers Laure Manaudou », Le Monde, .. » Ces propos surviennent après l'interview de la nageuse au quotidien italien La Stampa où elle affirme qu'elle ne « supporta[it] plus physiquement les entraînements » dirigés par Philippe Lucas (« Non reggevo più fisicamente gli allenamenti di Lucas« Manaudou: "Se finisse la storia con Luca resterei lo stesso in Italia" », La Stampa, .. »).