Judy Chicago, née Judy Cohen le à Chicago, est une artiste féministe et une universitaire américaine. Elle est connue pour ses installations telles que The Dinner Party et The Birth Project, toutes deux basées sur des thèmes féministes, et The Holocaust Project, illustrant les atrocités commises par les nazis durant la Seconde Guerre mondiale.
Biographie
Jeunesse et formation Née Judy Cohen, à Chicago., Judy Chicago est la fille de May Cohen, danseuse, qui a encouragé Judy et son jeune frère, Ben, à suivre leurs goûts artistiques, et d'Arthur Cohen, qui, bien qu'il soit issu d'une famille de rabbins depuis plusieurs générations, a rejeté le judaïsme orthodoxe pour devenir militant syndicaliste marxiste.
Enfant, elle suit des cours d'art à l'Art Institute of Chicago. En 1957, elle entre à l'Université de Californie à Los Angeles (UCLA), où elle obtint une licence en beaux-arts en 1962, puis une maîtrise en beaux-arts (MFA) en peinture et sculpture en 1964. Après ses études secondaires, elle entre au . Elle poursuit ses études en beaux-arts à l'Université de Californie à Los Angeles(UCLA) où elle obtient le Bachelor of Arts (licence) en 1962, suivi d'un Master of Fine Arts (master en beaux-arts) en 1964. Dès 1962, elle devient membre de la très sélective Phi Beta Kappa......
Carrière Judy Chicago est active dès le milieu des années 1960 et ses premières œuvres coïncident avec l'émergence du minimalisme. Elle se tourne ensuite vers la technique de l'installation pour exprimer ses convictions d'artiste féministe avec des oeuvres significatives comme The Dinner Party dans les années 1970, Birth Project dans les années 1980, et The Holocaust Project dans les années 1990.
Minimalisme et première installation En 1966, son œuvre Rainbow Pickets est exposée au « Primary Structures », une exposition minimaliste de référence tenue au Jewish Museum.
Elle développe, dans une logique assimilée au finish fetish, une pop vernaculaire typiquement californienne créée à partir de matériaux industriels comme le plexiglas, la lucite, le vinyle ou le polyester.
En 1967, elle crée Feather Room, une première installation monumentale de 8m sur 8 et 3,5m de hauteur, composée de plumes blanches, de bâches légères et d’un système lumineux.
Art féministe En 1970, elle développe le premier programme d'art féministe à l’université d'État de Californie à Fresno. C'est également au cours de l'année 1970 qu'elle change à l'état civil son nom de famille « Cohen Gerowitz » pour « Chicago », afin, d'une part, de rendre hommage à sa ville natale, d'autre part de se débarrasser « de tous les noms qui lui avaient été imposés par la domination sociale masculine ». Sa démarche est inspirée notamment des Black Panther Party, qui pensaient que leurs noms de famille ne servaient qu'à renforcer leur « condition d'esclaves ».
En 1971, Judy Chicago et Miriam Schapiro développent conjointement le programme d'art féministe au CalArts. Les deux femmes encouragent les étudiantes à s'exprimer sur leurs expériences et soutiennent leurs aspirations. Elles organisent ensemble une des toutes premières expositions d'art féministe : Womanhouse, 17 projets illustrant des expériences de femmes dans une société discriminante en écho au livre de Betty Friedan La Femme mystifiée du au . Les deux artistes théorisent une représentation spécifique des femmes, basée sur l'image d'une centralité vaginale. Judy Chicago produit cette année là Red Flag, une photolithographie montrant un tampon hygiénique rougi de sang menstruel, qu’une femme tire de son vagin.
Ses thèses sont amplement débattues dans les cercles féministes : certaines lui reprochent son essentialisme, « on naît femme, on ne le devient pas », opposant à la détermination biologique de ces images une construction culturelle et sociale. En 1973, Judy Chicago cofonde avec Sheila Levrant de Bretteville et Arlene Raven le Feminist Studio Workshop, espace d'exposition d'art féministe, mais aussi d'éducation artistique, exclusivement réservé aux femmes qui deviendra ensuite le Woman's Building.
Dans son autobiographie, la créatrice a expliqué le moteur de son art : sa lutte pour faire reconnaître une culture spécifique des femmes.
The Dinner Party
Judy Chicago est mondialement connue pour son œuvre The Dinner Party (1974-1979)... Cette œuvre, qu'elle a mis 5 ans à réaliser avec l'aide de 400 bénévoles, a été vue par des millions de personnes. Don de l'artiste à la fondation Elizabeth A. Sackler, l'installation fait partie depuis 2002 de la collection permanente du Brooklyn Museum of Art. Elle constitue la pièce centrale du Centre Elizabeth A. Sackler pour l'art féministe, un espace dédié au sein du musée inauguré en . The Dinner Party est un hommage à l'histoire des femmes sous la forme d'une grande table triangulaire comprenant 39 couverts dont les assiettes stylisées rendent hommage à 39 femmes célèbres. L'œuvre se veut être un monument à la mémoire des femmes exclues de l'Histoire.
Elle est considérée comme la première œuvre d'art féministe à grande échelle.
Œuvres monumentales Dans les années 1980-1990, Judy Chicago réalise plusieurs autres oeuvres monumentales dédiées à ses thèmes de prédilection. Birth Project (1980-1985) représente l’expérience de la maternité, entre douleur, réalisme et spiritualité ; Powerplay met en scène la construction masculine et les abus de pouvoirs ; Holocaust Project (1993) incarne la solution finale ; Resolutions (1994) marque un retour au thème féministe, qui sous-tend toute son œuvre.
En 2019, son installation The End: A Meditation on Death and Extinction au National Museum of Women in the Arts à Washington DC, aborde le thème de la mortalité, de la relation de l’humanité à la Terre et de sa destruction.
Autres activités Judy Chicago a travaillé comme directrice artistique de « Through the Flower », organisation à but non lucratif créée en 1978 pour soutenir ses travaux. Ses dernières œuvres sont regroupées dans la série Chicago in Glass. Elle est membre de l'association « Feminists for Animal Rights ».
Expositions En 2015, Xabier Arakistain propose une exposition monographique, Why Not Judy Chicago?, présentée à Bilbao et à Bordeaux..
Judy Chicago, considérée comme une des pionnières de l'art féministe aux États-Unis, voit sa première rétrospective en 2020, à l'âge de 81 ans, accueillie par le De Young Museum à San Francisco..
En 2024, trois expositions majeures lui sont consacrées à New York, Londres et Arles.
Hommages En 1972, elle est incluse dans , un collage féministe de Mary Beth Edelson..
Une biographie, Becoming Judy Chicago, par Gail Levin est publiée en .
Vie privée En 1961, Judy Chicago épouse Jerry Gerowitz, qui décède dans un accident de voiture deux ans plus tard, en 1963. En 1969, elle épouse le sculpteur Lloyd Hamrol dont elle divorce par la suite. En 1985, elle épouse le photographe David Woodman.
Écrits
, , , traduction française de Sophie Taam, Through The Flower - mon combat d’artiste femme'', avec une préface de Géraldine Gourbe, Presses du réel, 2018, 229 p. , , , , , , , , , .
Archives Les archives de Judy Chicago sont déposées et consultables à la bibliothèque Schlesinger de l'Institut Radcliffe pour les études avancées de l'université Harvard..
Prix et reconnaissance 2021 : cérémonie d'admission au National Women's Hall of Fame.
Notes et références
Annexes Bibliographie Essais et dictionnaires ,
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Articles ,
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Liens externes
Through the Flower, site de l'organisation féministe à but non lucratif créée par Judy Chicago en 1978 Film documentaire Judy Chicago & the California Girls The Dinner Party au Brooklyn Museum
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