Le Faou est une commune française du département du Finistère, dans la région Bretagne. Elle abrite le siège du parc naturel régional d'Armorique dont elle est membre.

Le Faou est un ancien port important de la rade de Brest, au carrefour entre le Léon et Brest au nord, la Cornouaille et Quimper au sud et la presqu'île de Crozon à l'ouest. Homologuée « petite cité de caractère.. » depuis 2016, « port d'intérêt patrimonial » depuis 2019, et « village étape » depuis 2022, elle est aujourd'hui réputée pour ses maisons à pan de bois recouvertes d'ardoises, son église Saint-Sauveur et la ville de Rumengol qui lui est rattachée.

Géographie Localisation

Le Faou est située au fond d'une ria de la rade de Brest, sur la « rivière du Faou », en face de Landévennec et au croisement des routes RN 165 (E 60) et D 42, à d'altitude. Les grandes villes les plus proches sont Plougastel-Daoulas à , Brest à , Quimper à , Crozon à .

Le Faou est géométriquement le lieu central du département du Finistère. En 1970, l'ancienne commune de Rumengol a été annexée par celle du Faou. La commune reste de modeste superficie : . Elle est le chef-lieu du canton du Faou.

La commune comprend également une petite exclave au sud, sur la route de Châteaulin, où se situe le hameau de Pen ar Vern.

Un site remarquable et une situation privilégiée

Le bourg du Faou est situé au fond de la ria de la Rivière du Faou, au fond de la Rade de Brest. Le finage communal se trouve pour sa partie sud pour une faible superficie dans l'entrée de la presqu'île de Crozon, pour sa partie nord au début de la presqu'île de Lanvoy (mais celle-ci se trouve en Hanvec) dont l'extrémité ouest est la Pointe du Glugeau et qui est limitée côté nord par l'anse (ria) de Kéroullé ; le côté est la commune avait peu de territoires avant la fusion avec l'ancienne commune de Rumengol, ce qui a considérablement augmenté sa superficie, qui inclut désormais une partie de la forêt du Cranou. vignette|gauche|Carte d'état-major de la région du Faou et de l'Aulne maritime. Du port et du faubourg Saint-Joseph au champ de foire, sur la route qui relie le pays de Léon à celui de la Cornouaille, s'étire une longue rue commerçante. Entre deux rives, un pont sur l'emplacement d'un gué ancien rappelle la notion de « point de passage obligé », à l'origine du développement de la cité, dont la création remonte au . Le Faou était alors un important relais de poste à cheval. Foires et marchés y étaient fréquents : en 1890, Adolphe Joanne en indique chaque dernier samedi du mois, ainsi que les , , , Adolphe Joanne, Dictionnaire géographique et administratif de la France et de ses colonies, consultable sur Gallica.

De tout temps, Le Faou est situé sur l'axe routier, voie romaine puis route royale, Quimper-Brest qui passait traditionnellement par Quéménéven, Châteaulin, Saint-Ségal, Le Faou, Irvillac, Saint-Urbain, Landerneau, Saint-Divy et GuipavasRené Kerviler, Étude critique sur la géographie de la presqu'île armoricaine au commencement et à la fin de l'occupation romaine, 1874, consultable sur Gallica. La voie romaine allant de Vorgium (Carhaix) à la pointe de Dinan dans la presqu'île de Crozon, via Brasparts, évitait Le Faou, passant par Rosnoën, l'Aulne étant traversée par un bac à Térénez. Ce rôle de carrefour explique la tradition artisane et commerçante de la petite cité, qui contraste avec les villages ruraux avoisinants, y compris par les costumes traditionnelsSite du cercle celtique Bro ar Ster goz du Faou ; Ibid. portés par ses habitants. La couleur rousse du costume des hommes explique l'appellation de pays Rouzic donné à la région du Faou, incluant Argol, Châteaulin, Dinéault, Gouézec, Landévennec, Le Faou, Lopérec, Pont-de-Buis-lès-Quimerc'h, Port-Launay, Rosnoën, Saint-Coulitz, Saint-Rivoal, Saint-Ségal et Trégarvan..

Le relief de la commune est assez accidenté, les altitudes allant du niveau de la mer à d'altitude, la mairie se trouvant à d'altitude. Le Faou est aussi caractérisé par des affleurements de grauwacke (dits « grauwacke » du Faou) datés du dévonien, noyau schisto-gréseux et de schistes argileux intercalés dans les quartzites de Plougastel, mais plus tendre, ce qui explique la dépression topographique du Faou par rapport aux hauteurs avoisinantes. centré|vignette|500x500px|Le Faou : vue de la ria du Faou du haut de la première motte féodale à 54 m d'altitude

La forêt du Cranou

La forêt du Cranou est en majeure partie sur le territoire communal d'Hanvec mais une partie se trouve sur le territoire de l'ancienne commune de Rumengol, désormais annexée par Le Faou (elle est située à à l'est du bourg du Faou).

Un port longtemps actif vignette|right|Le port du Faou en 1776 (dessin de Louis-François Cassas).

Longtemps, l'incommodité des transports terrestres témoigne de leur caractère secondaire au regard du dynamisme des voies navigables. Bénéficiant de la création de l'arsenal de Brest, Le Faou a longtemps assuré notamment le trafic du bois de la forêt de Cranou (située dans le prolongement des monts d'Arrée à Hanvec) vers les chantiers navals de Brest du à la fin du . Impliqué dans toutes les activités qui animent la rade, le port accueille aussi les bateaux qui naviguent sur l'Aulne et rejoignent le canal de Nantes à Brest.Armand du Châtellier écrit, évoquant le : « Il y a une belle forêt d'arbres de haute futaie qui descend jusqu'à la mer, et il y a au Faou, sur la rivière qui coule au pied de l'abbaye, des marchands de bois »Armand du Châtellier, Étude de quelques anciens couvents de la Bretagne, Mémoires de la Société académique de Maine-et-Loire, Société académique de Maine-et-Loire, 1896, consultable sur Gallica. Le transport du bois de chêne et surtout de hêtre (ar faou en breton), provenant de la forêt du Cranou, constitua longtemps l'essentiel du trafic. La « légende des Sept-Saints » donne une explication mythique à la qualité et à l'abondance du bois d'œuvre de la forêt du Cranou..

Une cale-embarcadère fut construite en 1835 (quai de l'ouest) et un autre quai en 1840 (quai de Quélern, du nom de son constructeur) ; ce dernier fut prolongé jusqu'au pont en 1878-1879Patrimoine région Bretagne.

Havre tranquille et protégé au fond d'une des nombreuses rias de la rade de Brest où se déverse la rivière du Faou, Le Faou s'est développé en tant que lieu d'échange. Le faible tirant d'eau pouvant remonter la ria ( maximum), uniquement à marée hauteRevue Annales de géographie, janvier 1901, consultable sur Gallica, a toutefois limité le trafic par le passé et explique que le port soit en désuétude désormais. Le port est ainsi décrit en 1890 : « Le port, qui se trouve à trois kilomètres de la mer, peut recevoir des navires calant de profondeur d'eau. L'échouage a lieu sur un fond de vase, et les embarcations sont exposées à un fort clapotis par les vents d'ouest. (…) Exportations : ardoises, beurre, bestiaux, grains, chanvre, lin, volailles, etc. (…) Les 41 navires () du port sont affectés, 40 à la petite pêche, 1 () au cabotageAdolphe Joanne, Dictionnaire géographique et administratif de la France et de ses colonies, 1890, consultable sur Gallica. » À la fin du , Le Faou est le de la rade de Brest, après Brest bien sûr, possédant même des chantiers navals.

B. Girard décrit ainsi le port en 1883 :

Malgré la situation en fond de rade de Brest, les parages et les accès au port du Faou sont dangereux si l'on en croit la fréquence des naufrages ; pour la seule période allant de 1890 à 1910, quatre au moins sont recensés. Le , la chaloupe Bonne Espérance sombre en baie de Daoulas (l'équipage est sauvé)Journal Le Petit Parisien du 21 décembre 1893, consultable sur Gallica. Le la Marianne, qui draguait du sable près du fort du Minou est englouti par une lame de fond (le patron Le Lann est noyé, les quatre hommes d'équipage sont sauvés)Journal la Croix du 16 juin 1896 et le , un bateau du Faou, La Jeanne sombre en merJournal la Croix du 11 octobre 1896. En , l'abbé Roy, curé du Faou, meurt noyé lors du chavirage d'un canot à voiles pris dans une tempête dans la rivière du Faou (les matelots et les trois jeunes prêtres qui l'accompagnaient sont sauvés)Journal Le Figaro du 20 février 1907, consultable sur Gallica et Le Petit Parisien du 21 février 1907, consultable sur Gallica. En mai 1910 un canot à vapeur, l'Express, venant de Brest et transportant sept voyageurs dont le commandant Pignault, qui commandait la place forte de Brest, se rendant au pardon de Rumengol chavira à l'entrée de la rivière du Faou, précipitant les voyageurs à la mer, mais tous furent sauvésJournal La Croix du 24 mai 1910, consultable sur Gallica.

Au début du , le port du Faou était encore actif : « L'essentiel du trafic était assuré par le commerce du bois de feu et de construction, par le sable d'amendement et par diverses marchandises : vin, conserves, grain, pierres de taille, ardoises, etc. Pour assurer ce trafic le port était fréquenté par une cinquantaine de sloops de la rade (caboteurs) et par les bagou-minou, chaloupes sablières. (…) Une grande activité régnait sur les quais : des diables tirés par deux chevaux amenaient les grumes de la forêt du Cranou, des poteaux de mines de même provenance étaient expédiés au pays de Galles. Plus de la moitié des bateaux étaient la propriété de leur patron, les autres appartiennent à des armateurs ou à des négociantsLe ChasseMarée. »

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le Faou et divers autres petits cours d'eau.

La « Rivière du Faou » (ou Ster Goz) est un petit fleuve côtier (nommé le Coatalan dans sa partie amont) qui prend sa source près du hameau de Labou en Quimerc'h, traverse la forêt du Cranou et se jette dans la rade de Brest par une ria de de large. Sa longueur est d'environ . À marée basse, on peut la considérer comme un affluent de l'Aulne, ce qu'elle fut par le passé en permanence lorsque le niveau de la mer était plus bas de plusieurs dizaines de mètres lors des dernières grandes glaciations quaternaires de Riss et de Würm.

« Rien de ce qu'on croit trouver en Bretagne (…). Ni rochers, ni vue grandiose de l'océan. Un port à l'embouchure d'une calme rivière, un coin tout à fait ignoré » : c'est ainsi que Le Faou est décrit en 1922La mort d'Hippolyte, La Revue hebdomadaire, avril 1922, consultable sur Gallica.

Philippe Le Guillou décrit ainsi les marées au Faou : la mer « ne bouge vraiment que les jours de tempête (...). Elle monte, elle descend, au moment de l'équinoxe et de ce qu'on appelle d'un mot magique les grandes marées, elle inonde l'esplanade du quai trop rectiligne construit au siècle dernier ; le port, aujourd'hui déserté, délimité par la terrasse bombée de l'église, ledit quai et le pont plutôt bas sous lequel passe la rivière du Faou, se vide ou se remplit, c'est tantôt un champ de vase travaillé de replis et de rigoles tantôt un plan d'eau lisse et calme »Philippe Le Guillou, "Les marées du Faou", 2003..

vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique du FaouLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat