Le régiment de tirailleurs sénégalais ( RTS) est un régiment français. Il présente la particularité d'avoir été le seul régiment des troupes coloniales en garnison permanente en Algérie, et ce, jusqu'à sa dissolution le (après avoir été renommé d'infanterie de marine en 1958).

Création et différentes dénominations : Création du régiment de tirailleurs sénégalais à partir des : bataillon de tirailleurs sénégalais bataillon de tirailleurs sénégalais bataillon de tirailleurs sénégalais : Renommé régiment de tirailleurs coloniaux () : Redevient régiment de tirailleurs sénégalais : Devient régiment de tirailleurs sénégalais (nouvelle formation du régiment de tirailleurs sénégalais) : Devient RIMa (dissous en 1962)

Historique

Formation et entre-deux-guerres (1919-1939)

Le est formé le par la fusion des , et bataillons de tirailleurs sénégalais de la division de Constantine., stationnés respectivement à Tolga, Faifar et Nemours. Dès sa création, le RTS a une implantation très dispersée sur la région constantinoise. Au cours de son existence, les différents chefs de corps ne cesseront de se plaindre de cette particularité qui rend difficile le maintien de la cohésion.

En , le part pour l'armée d'Orient (il est remplacé par le BTS) et un détachement de renfort part pour le Maroc. Entre 1919 et 1920, le régiment est amené à fournir de nombreux détachements, soit pour des tournées de police, soit pour des gardes de camps, dans le Constantinois, puis dans l'Aurès. Création de la nouba (musique militaire) en . Le RTS reçoit son drapeau qui est présenté aux troupes le .

Emplacement des unités du corps au : État-major du régiment et à Philippeville bataillon : état-major, Cie, Cie, 1 à Djidjelli, Cie à El Milia bataillon en entier à Biskra avec des détachements à El‑Kantara, Touggourt et El Oued bataillon : état-major, Cie, Cie, CM3 à Philippeville, Cie à Collo

Le , la dénomination de tirailleurs sénégalais est changée pour celle de tirailleurs coloniaux jusqu'au , date à laquelle le régiment reprend sa première dénomination.. Le Commandement Supérieur des Troupes Noires, dont dépendait le régiment depuis sa création, étant supprimé le , le corps est rattaché à la brigade d'infanterie d'Algérie (division de Constantine) à Sétif.

Campagne du Maroc (1925-1926) Le , le bataillon du RTC part pour le Maroc par voie ferrée à destination d'Oujda et le commandant Gondalma en prend le commandement à Guercif le . Ce bataillon comprend quatre compagnies ayant chacune un groupe de mitrailleuses. La reste à Biskra comme unité administrative et la forme la du bataillon.

Principales actions menées par le bataillon déployé au Rif : L'attaque de le et le (bataille de l'Ouergha) L'organisation et la défense du poste de Fez El Bali (mai – ) L'organisation et la défense du poste de Kella dès Sless (mai – ) L'attaque de Sker le L'attaque de Bou Azzoun et Moulay Djenane le

Pendant le conflit, le déplore, au combat, 10 tués, 9 blessés et un disparu.

Seconde Guerre mondiale

Guerre de 1939-1940 Le régiment, stationné à Philippeville, Djidjelli et Biskra, appartient en 1939 à la d'infanterie algérienne de la division de Constantine. Celle‑ci est dissoute à la mobilisation et le régiment rejoint la de protection..

Un détachement du régiment part en renfort pour la métropole, où il devient le 3/ RICMS. Il participe aux combats de Dury, Hébécourt, Sauflieu, Gratteponche et subit de durs bombardements. Pendant cette campagne, les Africains se sont distingués par leur moral élevé et leur discipline, malgré le manque de ravitaillement et les longues marches sous les bombardements.

Après l'armistice, le régiment rejoint la de la division de Constantine reconstituée dans l'Armée d'armistice. Il est alors stationné à Philippeville et Constantine.

Campagne de Tunisie Le RTS, stationné en Algérie, ne quitta pas l'Afrique du Nord durant la Seconde Guerre mondiale. En revanche, il prit une part active à la campagne de Tunisie ( corps d'armée français)., où il s'illustra sous le commandement du colonel Morlière. Cet épisode, le plus glorieux vécu par le régiment, est malheureusement peu connu. Et pourtant, le RTS a été l'un des premiers régiments français à reprendre le combat. Dès le , lendemain du débarquement des Alliés en Afrique du Nord, le bataillon quitte Constantine pour le front du nord tunisien, alors que le même jour, les premiers avions allemands se sont posés à Tunis‑El‑Aouïna. Son action, au cours de cette campagne, comporte trois phases : le Sud tunisien ( – fin ), la défensive (mars – ) et l'offensive (avril – ) dans le cadre de la division de marche d'Oran. Soit au total 51 militaires dont les tombes, qui s'échelonnent de la région de Gafsa à celle du Djebel Mansour ou du Zaghouan, constituent la trace glorieuse suivie par le RTS dans les combats de Tunisie.

Régiment de souveraineté Initialement destiné à rejoindre la d'infanterie coloniale, le régiment reste finalement comme régiment de souveraineté en Algérie, toujours dans le Constantinois..

Guerre d'Algérie et dissolution En , le régiment participe à la répression de Sétif, Guelma et Kherrata..

Le , le devient le de tirailleurs sénégalais, mais est recréé le même jour. Il stationne alors à Constantine, Guelma et Souk Ahras.

L'Algérie de 1954 à 1962, ce sera enfin huit ans de guerre, pour l'essentiel dans le massif de Collo. Le RTS, devenu RIMa le , achèvera sa mission lors de l'évacuation d'Oran ; il sera dissous au camp de Sissonne le .

Organisation

Garnisons

Chefs de corps Lieutenant-colonel Gateau 1928 : Colonel Croll 1935 : Colonel Delaissey 1937 : Colonel Séguela-Bongarçon 1942–1945 : Colonel Morlière

Traditions

Insigne vignette|300x300px|Insigne régimentaire du 15e Régiment de Tirailleurs Sénégalais L'insigne présente, sur une rondache d'azur, un phénix jaillissant d'un bûcher sous un soleil rayonnant. Les nuances de couleur varient selon les fabricants. Le tout broche sur l'ancre des troupes de marine, portant sur le jas l'inscription « ».

Le phénix est un animal fabuleux de la grandeur d'un aigle, aux ailes rouges et dorées, qui, dans la mythologie égyptienne, vivait plusieurs siècles, se brûlait lui‑même sur un bûcher et renaissait de ses cendres. Son symbole est repris à l'époque chrétienne comme symbole de la résurrection, tandis que dans la mythologie chinoise, sa légende est liée à l'invention de la musique et de la danse.

L'insigne a été créé en 1939 et la demande d'homologation présentée le par le général Duché, commandant la militaire. L'homologation, sous le numéro H.310, a été accordée le par décision ministérielle n°10 780 EMA/3.I.

Devise

Drapeau Le RTS reçoit son drapeau, qui est présenté aux troupes le .

Il porte, cousues en lettres d'or dans ses plis, les inscriptions suivantesDécision /SGA/DPMA/SHD/DAT du 14 septembre 2007 relative aux inscriptions de noms de batailles sur les drapeaux et étendards des corps de troupe de l'armée de terre, du service de santé des armées et du service des essences des armées, Bulletin officiel des armées, , 9 novembre 2007.Arrêté relatif à l'attribution de l'inscription AFN 1952-1962 sur les drapeaux et étendards des formations des armées et services, du 19 novembre 2004 (A) NORDEF0452926A Michèle Alliot-Marie. : 300x300px|centré Décorations régiment de tirailleurs sénégalais :

Cette citation comporte l'attribution de la croix de guerre 1939-1945 avec étoile de vermeilRépublique française, Guerre 1939-1945. Citation décision n°7. Le Secrétaire d'État aux Forces armées « Guerre » cite à l'ordre du corps d'armée. Fait à Paris, le 30 janvier 1950. Signé : Max Lejeune.

Ruban : 60x60px rouge, partagé par quatre bandes vertes, séparées entre elles et disposées de manière à laisser trois bandes rouges intérieures.

Étoiles : 60x60px bronze : citation à l'ordre du régiment ou à l'ordre de la brigade 60x60px argent : citation à l'ordre de la division 60x60px vermeil : citation à l'ordre du corps d'armée Palme : 60x60px bronze : citation à l'ordre de l'armée 60x60px argent : représente cinq citations à l'ordre de l'armée 60x60px vermeil : citation à l’ordre des Forces françaises libres (FFL)Décret n°514 relatif à l'attribution de la croix de guerre du 30 septembre 1942, JOFC du 24 novembre 1942

Personnalités ayant servi au sein du régiment Henri Muller (1900‑1944), résistant français, Compagnon de la Libération. René Lepeltier (1906‑1947), résistant français, Compagnon de la Libération. Albert Marty (1907‑1984), résistant français, Compagnon de la Libération. Victor Perner (1911‑1997), résistant tchécoslovaque, Compagnon de la Libération. Jacky Imbert (1929‑2019), parrain mafieux français.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie .

Articles connexes Liste des unités de tirailleurs sénégalais Grades de l'Armée de terre française

TIR SEN, 15 TIR SEN, 015 R, 015