Le régiment de tirailleurs sénégalais (ou RTS) est une unité de l’armée coloniale, au sein de l’armée française.
Création et différentes dénominations
Le régiment des tirailleurs sénégalais est un régiment d'infanterie coloniale, créé le au camp de Souge près de Bordeaux, à partir de tirailleurs provenant de trois dépôts d'A.O.F. Le a été formé à Thiaroye (Sénégal, au nord de Dakar), le à Ouakam (banlieue de Dakar) et le à Ségou (Région de Bamako, ethnie bambara, Mali). Avec son régiment frère, le RTS, il constitue l'un des éléments majeurs de la DIC, mise elle aussi sur pied à Souge en 1940, à laquelle il a été rattaché le .
Le , la division est dirigée sur Montélimar. Le , cette dernière quitte la Drôme pour rejoindre le théâtre d'opération du Nord-Est et laisse en route le RTS à Lyon au profit de l'armée des Alpes. Les premier et deuxième bataillons sont rattachés au groupement du général Mesmay et combattront « sans esprit de recul » dans les Mont d’Or Lyonnais. Le est rattaché au groupement du Colonel de Bissy, dépendant lui-même du groupement Général Cartier.
Colonels/chef-de-brigade 1940 : colonel Bouriand
Historique des garnisons, combats et batailles du RTS Seconde Guerre mondiale
vignette|La nécropole nationale de Chasselay, où sont enterrés 194 tirailleurs ainsi que 2 légionnaires tombés en 1940. vignette|Plaque commémorative de l'assassinat de deux tirailleurs sénégalais à Champagne-au-Mont-d'Or, en banlieue lyonnaise. Les 19 et , les Allemands du blindé se dirigent sur Lyon par la RN-7 d’Orléans et par la RN-6 de Dijon. Les négociations d'armistice ont commencé dans la clairière de Rethondes. Il faut gagner du temps en couvrant les arrières de l'armée du général Olry qui, jusqu'à maintenant contient la poussée italienne sur les Alpes. Pour cela et en raison du fait que Lyon est déclarée "ville ouverte", deux lignes de défense successives ont été, en hâte, mises sur pied. L'une au nord de Lyon (groupement de Mesmay) et l'autre au niveau des Préalpes (Vercors-Chartreuse… – groupement Cartier). Il s'agit de retarder au maximum l'avance allemande en attendant les signatures des armistices franco-allemand () et franco-italien (). Au nord de Lyon, le de tirailleurs sénégalais, seule unité vraiment opérationnelle, est le pivot du système de défense. Il tient avec deux bataillons en tête, de front dont seulement cinq couverts par le lit de la Saône. Ce régiment occupe l'espace entre la Saône d'Albigny et l'Azergues (affluent de la Saône) et interdit la RN-7 de l'Arbresle à Dardilly, la RN-6 de Lissieu-Montluzin à Limonest. Après de violents combats, quelques débris des deux bataillons engagés en première ligne, s’exfiltrent et rejoignent Saint-André-en-Vivarais où l’application de l’armistice, le à minuit les surprend.
Ces deux bataillons avaient reçu l'ordre de combattre sans « esprit de recul ». Le , à Montluzin (commune de Lissieu) les Allemands sont stoppés à cinq cents mètres devant le couvent. Après quelques heures d'affrontements, les Français sont submergés. Les Allemands envahissent le couvent et tuent ou achèvent tous les soldats africains. Les Européens de l'infanterie coloniale faits prisonniers subissent le même sort pour avoir commandé à des Noirs.
Le lendemain, l'ennemi est surpris à Chasselay par une partie du (la ). Le capitaine Gouzi qui n'est plus en mesure de s'exfiltrer vers le Vivarais avec les rescapés de son unité et avec l'accord de ses subordonnés, décide de ne pas se rendre et de se battre jusqu'au bout. Jusqu'à épuisement de leurs munitions, retranchés dans le château du Plantin, ils se battent farouchement. Après deux heures de combats, ils sont faits prisonniers. Les soldats allemands (régiment d’infanterie Groβdeutschland) séparent les prisonniers en deux colonnes successives, les Blancs marchent en tête, les Africains suivent qui prennent le chemin du village des Chères. Au lieu-dit "Vide-Sac", les deux colonnes de prisonniers sont stoppées dans leur déplacement. Les Allemands ordonnent aux Blancs de se coucher par terre. Quant aux Noirs, l'ordre leur est intimé de s'égayer dans le champ qui jouxte la route. C'est alors, que des chars allemands postés ici, à cet effet, ouvrent le feu sur eux à la mitrailleuse de bord et que les survivants de la tuerie sont ensuite achevés, écrasés sous les chenilles des chars. Actuellement, un tata (enclos où l'on inhume les héros morts au combat) a été construit sur cet emplacement : le Tata sénégalais de Chasselay (il s’agit d’une initiative privée, réalisée par souscription en 1942 mais inaugurée par les autorités de Vichy). Il contient les corps de cent quatre-vingt huit soldats africains et de cinq légionnaires, morts pour la France.
Dans le 9e arrondissement de Lyon, une partie de la D 306 (ancienne N 6), route qui permet d'accéder à Chasselay, est nommée avenue du RTS en leur honneur.
De 1945 à nos jours
Faits d'armes faisant particulièrement honneur au régiment
Citation :
Citation à l'ordre du Corps d'Armée :
Le présent ordre comporte l'attribution de la Croix de Guerre avec étoile vermeil. .
Décorations
Devise
Insigne
Personnalités ayant servi au régiment
Sources et bibliographie Julien Fargettas, Le massacre des soldats du de Tirailleurs Sénégalais : région lyonnaise, 19-, mémoire de maîtrise, Université Jean Monnet, Saint-Étienne, 2000
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Liste des unités de tirailleurs sénégalais Liste des régiments français Liste des grades dans l'armée française Bataille de la vallée du Rhône (1940)
Liens externes Tata sénégalais de Chasselay dans le Rhône article sur le RTS au combat de Sault Brénaz en juin 1940
TIR SEN, 025 R, 025 Catégorie:Unité militaire décorée de la croix de guerre 1939-1945