François Xavier de Schwarz, né le à Herrenwies dans le margraviat de Bade-Bade et mort le à Sainte-Ruffine, en Moselle, est un général français de la Révolution et de l’Empire.

Enrôlé officiellement dans l'armée française en 1776, il gravit progressivement les échelons de la carrière militaire et sert comme officier du régiment de hussards lorsqu'éclatent les guerres de la Révolution française. Participant à la lutte contre les puissances européennes liguées contre la France, il est capturé par les Britanniques au cours de l'infructueuse expédition d'Irlande en 1798, ce qui ne l'empêche pas de prendre, à son retour, le commandement du régiment de hussards. Avec ce dernier, il combat en Allemagne pendant la guerre de la deuxième coalition.

Sous le Premier Empire, Schwarz et ses hommes sont engagés à la bataille d'Austerlitz en 1805 avant de prendre part, sous les ordres du général Lasalle, à la poursuite des troupes prussiennes lors de la campagne de Prusse de 1806, et en particulier à la prise de la forteresse de Stettin dont il négocie la reddition. Ses services lui valent d'être promu, la même année, au grade de général de brigade. Affecté en Espagne dans le cadre de l'invasion française de ce pays, il est cependant défait par les forces espagnoles à El Bruc et Manresa en Catalogne. En , il est une nouvelle fois battu et fait prisonnier à la bataille de La Bisbal et demeure en captivité en Angleterre jusqu'à la chute de Napoléon.

Du fait de sa contre-performance en Espagne, les spécialistes de l'époque napoléonienne se montrent généralement très critiques des compétences du général Schwarz, que l'historien britannique Charles Oman décrit comme .

Biographie Du cadet-gentilhomme au colonel de hussards

François Xavier de Schwarz naît le à Herrenwies, dans le margraviat de Bade-Bade. Baron du Saint-Empire par sa naissance, il est le neuvième d'une fratrie de dix enfants issue du mariage de François Xavier de Schwarz, administrateur des domaines du margrave de Bade et ex-lieutenant des grenadiers à cheval de Bavière, titré baron du Saint-Empire en 1759, et de Marie Ursule Dürr, fille de nobles impliqués dans le domaine de la verrerie ; le général Alexandre de Schwarz (1719-1787), un vétéran de la guerre de Sept Ans qui a combattu au service de l'Autriche, de la Bavière et de la France, est son oncle ; ..

À l'âge de 7 ans, le jeune François Xavier est inscrit sur les contrôles du régiment des volontaires de Nassau hussards le et passe, le , au régiment des hussards de Chamborant en tant que cadet-gentilhomme. Il devient sous-lieutenant le puis lieutenant le . Cette année-là, dans le cadre des guerres de la Révolution française, il participe aux campagnes des armées du Centre et du Nord, où il obtient son brevet de capitaine le . Affecté à l'armée des Ardennes en , il est transféré à celle de Sambre-et-Meuse le , avant d'être nommé chef d'escadron le . Il sert ensuite aux armées d'Allemagne et de Mayence entre 1797 et 1798. Dirigé sur Ostende pour faire partie de l'expédition d'Irlande sous les ordres du général Jean Hardÿ, il est fait prisonnier par les Anglais à la bataille de l'île de Toraigh, le , alors qu'il se trouve à bord du vaisseau de ligne Hoche..

De retour en France sur parole le (son échange n'intervenant officiellement qu'en août de la même année), Schwarz se voit proposer le grade d'adjudant-général par le ministère de la Guerre, mais le refuse pour solliciter à la place le commandement d'un régiment. Conformément à ce vœu, et avec l'appui des généraux Lefebvre et Kellermann, il devient chef de brigade du de hussards le . À partir de cette date et jusqu'en 1801, il guerroie à l'armée du Rhin au sein de la division du général Richepance, avec laquelle il prend part à divers affrontements tels que les batailles d'Engen, Biberach et Erbach en 1800.

Bon officier de cavalerie, Schwarz ne montre en revanche guère d'appétence pour l'administration de son régiment, ce qui lui vaut cette appréciation du général Bourcier, inspecteur général de la cavalerie : . Il se montre en outre peu regardant sur la discipline de ses hommes, à tel point que le général Ney, après avoir passé en revue le hussards en , écrit à propos de son colonel : . Schwarz rejoint par la suite l'armée de Hanovre et y reste de 1803 à 1805. C'est durant cette période qu'il est fait chevalier de la Légion d'honneur le , puis officier de l'ordre le .

Sous l'Empire

En Allemagne, en Prusse et en Pologne

Le , dans le cadre de la campagne d'Allemagne, Schwarz et son régiment sont affectés à la brigade Picard de la division de cavalerie du général Kellermann, appartenant au corps de la Grande Armée sous les ordres du maréchal Bernadotte. Au moment de franchir le Rhin pour se porter contre les Austro-Russes en Bavière, le hussards aligne 355 cavaliers répartis en trois escadrons. Quelques mois plus tard, au , son effectif est de 487 sabres. Présent à la bataille d'Austerlitz le avec le reste de la cavalerie légère de Kellermann, le hussards participe aux multiples charges et contre-charges qui opposent les escadrons français à leurs homologues austro-russes dans la partie nord du champ de bataille.. En récompense de ses services, Schwarz reçoit la croix de commandeur de la Légion d'honneur le .

vignette|Le général Lasalle à la tête de sa « brigade infernale » pendant la campagne de 1806 (par Alphonse Lalauze).

Le , son régiment est transféré à la brigade de cavalerie légère du général Antoine Charles Louis de Lasalle. Celle-ci fait partie de la réserve de cavalerie du maréchal Joachim Murat et comprend, outre le hussards de Schwarz, le régiment de hussards du colonel Daniel Marx. À l'ouverture de la campagne de Prusse en octobre, les hussards de la brigade Lasalle marchent à l'avant-garde de l'armée française. S'ils ne participent pas aux batailles d'Iéna et d'Auerstaedt, restant auprès du corps de Bernadotte à Dornburg pendant toute la journée du , les et hussards prennent une part très active à la poursuite des forces prussiennes en retraite vers le nord. Engagée en pointe aux côtés de la brigade de cavalerie légère de Milhaud, la brigade Lasalle se dirige sur Potsdam puis vers Stettin ; le , elle se heurte en chemin, à Zehdenick, à un contingent de dragons prussiens qui est battu avec l'aide des cavaliers de Grouchy.

Après avoir contribué le 28 à la capitulation du corps du prince de Hohenlohe à Prenzlau, les deux régiments de hussards galopent en direction de la forteresse de Stettin, défendue par une importante garnison prussienne. Chargé par Lasalle de négocier la reddition de la place, Schwarz parvient à convaincre le gouverneur de la ville, le général von Romberg, de livrer Stettin aux Français et de se constituer prisonnier avec les quelque hommes de sa garnison. Le hussards affronte ensuite les Russes à la bataille de Golymin, le , où son colonel doit empêcher le régiment de se débander. Sur recommandation du maréchal Murat, qui parle de lui comme d'un , Schwarz est promu général de brigade le . Son successeur à la tête du hussards est le colonel Pierre César Dery.

Brièvement désigné pour commander le dépôt de cavalerie de Lenczyc le , Schwarz est appelé au commandement de la cavalerie du camp de Saint-Lô le 18 de ce mois. Il passe dans la militaire le suivant, avant d'être affecté au corps d'observation de l'Escaut à compter du mois d'août. Mis en disponibilité le à la suite de la dissolution de ce corps., il est finalement réemployé dans la militaire le suivant. Fait chevalier de l'ordre militaire de Maximilien-Joseph de Bavière en 1807, il devient par ailleurs, le , donataire d’une rente de sur le royaume de Westphalie, laquelle est constituée en majorat le .

Affectation en Espagne et première défaite à El Bruc

vignette|Attaque des guérilleros catalans sur les cuirassiers français de l'avant-garde de la brigade du général Schwarz (peinture de Francesc Cuixart i Barjau, 1897).

Le , Schwarz est désigné pour prendre le commandement d'une brigade de cavalerie du corps d'observation des Pyrénées-Orientales, sous les ordres du général Guillaume Philibert Duhesme. Sa brigade est formée du régiment de chasseurs à cheval italiens Prince Royal (504 sabres) et du régiment de chasseurs à cheval napolitains (388 sabres). Les soldats composant ces unités sont des conscrits dont la plupart n'ont reçu qu'une instruction rudimentaire. Quelques semaines plus tôt, les troupes napoléoniennes se sont assurées par la ruse de la possession de plusieurs points stratégiques à la frontière de l'Espagne, dans une manifestation d'hostilité croissante à l'égard de cet ancien allié de la France. Après le soulèvement du Dos de Mayo à Madrid, Napoléon ordonne à Duhesme de détacher hommes pour prendre Lérida et d'en diriger autres sur Valence afin d'y appuyer le corps du maréchal Bon-Adrien Jeannot de Moncey. Bien que ces directives fassent fi de l'ampleur de l'insurrection qui secoue alors l'Espagne, Duhesme cherche à se conformer aux instructions reçues et confie à Schwarz un contingent de hommes pour s'emparer de Lérida. Cette brigade ad hoc comprend le bataillon du régiment suisse (580 hommes), les et bataillons du régiment napolitain ( hommes), le bataillon du régiment de vélites italien (519 hommes), un escadron du régiment provisoire de cuirassiers (204 hommes) et quatre pièces d'artillerie. Dans le même temps, sur ordre de Duhesme, les hommes du général Joseph Chabran partent pour Valence. Si ce dernier peut compter sur trois bataillons d'infanterie et deux régiments de cavalerie français, Schwarz doit composer avec une force dont la valeur militaire est qualifiée de par l'historien britannique Charles Oman.

La colonne de Schwarz se met en route le mais est retardée de par des pluies diluviennes. Le 6, elle atteint le col d'El Bruc où 3 à 400 miquelets de Manresa l'attendent de pied ferme dans une forêt de pins. Schwarz ouvre les hostilités en engageant un bataillon qui parvient sans trop de difficultés à chasser la milice catalane des bois. Les manresans se retirent alors mais sont bientôt rejoints par d'autres formations de miquelets en provenance des localités environnantes. De son côté, Schwarz, qui a pris soin de faire précéder ses troupes d'un écran de tirailleurs, n'ose pas exploiter son avantage, redoutant la présence de troupes régulières espagnoles à proximité. Quoique les Catalans ne soient, selon toute vraisemblance, pas en état de résister à une attaque en règle, Schwarz, rompu au service de la cavalerie, l'est beaucoup moins à celui de l'infanterie, qui plus est sur un terrain accidenté. Il sait par ailleurs que les troupes napolitaines placées sous ses ordres ont la réputation d'être les pires d'Europe. Voyant que les miquelets sans cesse plus nombreux menacent à présent son flanc gauche, le général français déploie ses hommes en un gigantesque carré, à l'intérieur duquel canons et cavaliers trouvent refuge, et donne l'ordre de repli. Bien qu'entouré d'un essaim de tirailleurs, le carré ne tarde pas à essuyer le feu nourri des Catalans qui, à la vue des Français en retraite, se sont jetés à leur poursuite. Arrivée à hauteur du village d'Esparraguera, la colonne de Schwarz découvre que les habitants en ont barricadé l'accès et doit renoncer à la formation en carré pour contourner le village de part et d'autre ; à cette occasion, l'un des canons français bascule dans un cours d'eau lors du franchissement d'un pont et doit être abandonné aux miquelets. Réunis avec leurs troupes à l'autre bout d'Esparraguera, les officiers impériaux se montrent incapables de restaurer la cohésion parmi les soldats suisses, italiens et napolitains dont l'arrivée à Martorell dans la soirée se fait dans le plus grand désordre.

Échec à Manresa

vignette|Portrait du général François Xavier de Schwarz.