La fonderie de cloches Paccard est une société fabriquant des cloches depuis 1796, installée à Sevrier, dans le département français de la Haute-Savoie. Le site accueille également le musée Paccard.
Histoire Naissance et début de la fonderie L'histoire de la fonderie débute en 1796, en pleine période révolutionnaire, lorsqu'Antoine Paccard, alors syndic (maire) depuis 1795 du petit village de Quintal dans les environs d'Annecy, et forgeron agricole de son état, doit réaliser une nouvelle cloche pour l'église du village afin de remplacer celle qui avait été détruite lors de la Terreur. Son métier étant de forger des fers à chevaux et des bandes de roulement pour les roues des chars, il fait appel à un fondeur professionnel itinérant, Jean Baptiste Pitton, originaire de Carouge, afin d'équiper le clocher de l'église d'une nouvelle cloche..
De cette rencontre naît entre Antoine Paccard et ce métier un amour irrépressible. Âgé de , il apprend son métier en tant qu'apprenti du maître-fondeur Jean-Baptiste Pitton, puis il démarre un petit atelier de fonderie. Il fabrique son premier four à Quintal et l'exploite avec ses enfants, avant que ses descendants ne prennent la relève.
À sa mort en 1832, ses fils Jean-Pierre et Claude reprennent le flambeau de l'entreprise, qui se développe et connaît ses premières exportations. Après la mort de Jean-Pierre, son épouse, dite « la Fanfoué » participe à la direction de la fonderie.
L'installation à Annecy-le-Vieux De 1854 à 1857, Claude Paccard transfère la fonderie familiale de Quintal vers la commune d'Annecy-le-Vieux au lieu-dit « l'Abbaye ». Le chemin de fer vient d'arriver à Annecy.
Ses neveux, Georges et Francisque, font évoluer la fonderie en entreprise spécialisée. Georges Paccard redécouvre et met au point toutes les techniques de fabrication des cloches, des plus petites aux plus massives. Il fait alors appel aux conseils de spécialistes en acoustique et de mathématiciens pour rechercher la perfection dans le dessin de la courbe et dans la justesse des notes. La fonderie acquiert une réputation nationale et mondiale ; quelque sont coulées chaque année.En 1891, la fonderie coule la plus grosse cloche de France, la Savoyarde, un bourdon installé au campanile de la nouvelle basilique du Sacré-Cœur de Montmartre à Paris qui a été offerte par François-Albert Leuillieux, archevêque de Chambéry. Ce bourdon, toujours un des plus gros du monde, pèse , mesure de hauteur pour de circonférence extérieure, une épaisseur à la base de et un battant de . Un train de attelés sera utilisé pour tirer le chariot jusqu'au sommet de la butte parisienne.
En 1914, ses fils coulent la Jeanne-d'Arc, un bourdon de ; avec ce dernier, est mis au point le système d'accordage qui permet aux cloches de sonner parfaitement justes. Installé en 1920, ce bourdon disparaîtra dans l'embrasement de clocher de la cathédrale lors du bombardement de Rouen le ; pour le remplacer, un premier carillon de est installé en 1954 dans la cathédrale. En 1959, la Jeanne-d'Arc est refondue en un bourdon plus petit (), mais accompagné de cloches d'une tonne.
Pendant cet âge d'or commencé à la fin du , les carillons vont concurrencer les cloches et les horloges, et la fonderie dirigée par Alfred Paccard et ses cousins Henri et Louis va en devenir le grand spécialiste mondial. Parmi les plus importants carillons réalisés : tour Yolande de Chambéry (), université de Californie à Berkeley (), le carillon de Douai pour le beffroi de l'hôtel-de-ville (), cathédrale Saint-Bénigne de Dijon (), basilique Sainte-Thérèse de Lisieux (), église Saint-Blaise de Sévrier ( en 2001), le carillon du Mas Rillier ().
En 1950, le gouvernement américain commande , répliques exactes de la fameuse Liberty Bell, dont sont destinés à chacun des États ou territoires, ainsi qu'au District de Columbia. En juillet 1951, le gouvernement américain offre un des deux exemplaires restants (l'autre étant envoyé au Japon) à Annecy « en reconnaissance de l'habileté technique et de l'art de ses ouvriers et pour rappeler que la liberté est un héritage commun ». Cette cloche est installée dans la basilique Saint-Joseph-des-Fins d'Annecy. Au total, la fonderie coulera trois cents répliques de la Liberty Bell, dont l'une sera installée dans la propriété du chanteur Michael Jackson.
De 1975 à 1998, Pierre Paccard, après avoir obtenu son diplôme d'ingénieur de l'université de Lille, prend la direction de la fonderie.
En 1986, à l'occasion de la visite du Pape , deux cloches sont fondues : la première de a été offerte au pape qui a désiré qu'elle soit installée dans une église de Pologne ; la deuxième de , dénommée Karol, a été intégrée dans le carillon de la basilique de la Visitation à Annecy.
Depuis 1989 En 1989, après de présence, l'entreprise quitte le territoire d'Annecy-le-Vieux pour s'installer à Sévrier. La commune propose en effet des terrains dans la zone artisanale du Pontet, proche de l'agglomération d'Annecy afin de rationaliser les circuits de fabrication. Les locaux sont plus petits, mais plus adaptés et modernes. Ils permettent d'installer également le musée de la Cloche, devenu en 2004 le musée Paccard, où les souvenirs des deux siècles de ce mariage du fer et du feu sont exposés et où on explique aux visiteurs la magie de la transformation spectaculaire du métal brut en pièces d'art uniques.Philippe Paccard prend la direction de la fonderie à la suite de son père Pierre. Elle est toujours dirigée par la même famille depuis plus de et ses patrons, Philippe et Cyril Paccard sont les représentants de la de fondeurs. En 2003, la fonderie emploie avec un chiffre d'affaires de d'euros; en 2013, elle emploie .
Depuis sa création en 1796, la fonderie Paccard a coulé près de et carillons distribués dans le monde entier. L'entreprise fabrique et vend aussi tous les accessoires liés aux cloches et carillons : battants, montures, beffrois et charpentes, claviers de tour et d'étude pour les carillons. Elle est aussi ouverte aux nouvelles technologies et intègre aujourd'hui des composants électriques et électroniques de programmation de l'heure, ainsi que des sonneries. Elle pose également des paratonnerres. vignette|La World Peace Bell
La fin de a vu la création de plusieurs grosses cloches exceptionnelles : la World Peace Bell, aussi connue comme la cloche du millénaire, un bourdon de fondu à Nantes en 1998, qui est installé au Kentucky et a été inauguré le à minuit. Elle a été de 2000 à 2006 la plus grosse cloche en volée du monde et est à ce jour la deuxième plus grosse cloche en volée après celle de Gotenba au Japon ; la plus grosse sonnerie du monde constituée par un ensemble de trois cloches (, , ), installées dans la cathédrale de Markham en Ontario ; le plus grand carillon de France, installé à Chambéry (70 cloches)Liste des carillons d'Europe, sur le site Mondiale du Carillon, dernier accès en mars 2008 ; la cloche installée aux îles Tonga, qui a tinté en premier lors du passage en l'an 2000 ; la cloche du Mont-Valérien, posée sur un socle, qui ne sonne pas. Reprenant les dimensions de la Jeanne-d'Arc, elle est seulement un monument en bronze où figurent les noms des fusillées sur ce site lors de l'Occupation.
La fonderie a aussi installé de nombreux autres carillons comme ceux de Douai, Dijon, Lisieux, Saint-Étienne, Berkeley, Princeton et Washington et à Paris le carillon de l'église Saint-Jean Bosco. Le fameux carillon du beffroi de Bergues, entendu dans le film Bienvenue chez les Ch'tis, a été coulé par la fonderie Paccard.
Depuis peu, l'entreprise s'est orientée vers une nouvelle niche de production, mondialisation et diversification obligent : la conception et la fabrication de sculptures musicales s'intégrant dans l'espace urbain (mobilier urbain). La fonderie a également un site internet de vente de cloche de propriété. La fonderie s'est aussi spécialisée dans la fabrication de plaques commémoratives, dont deux figurent sur l'Arc de triomphe à Paris.
Un autre four à Quintal Une famille alliée à Paccard a également coulé des cloches. Ainsi, Nicolas et Joseph Beauquis, frères de Françoise Beauquis (mariée à Jean-Pierre Paccard) ont livré plusieurs cloches en Savoie, en Haute-Savoie et même en Isère. Ils ont construit leur propre fonderie et coulé de 1852 à 1881, soit pour un montant de . Deux cloches notables sont issues de cette fonderie, qui sonnent en « si bémol grave ». La première pèse et se trouve à l'église du Grand-Bornand. L'autre, plus lourde, pèse et se trouve au clocher de l'église de Mercury, en Savoie.
Exportation 80 % des ventes de la fonderie Paccard sont réalisées à l'export.
Musée Le musée de la Cloche est créé en 1984 à Annecy-le-Vieux par Pierre et Françoise Paccard. Il est transféré à Sevrier lors du déménagement de la fonderie en 1989. Rebaptisé musée Paccard en 2004, il est agrandi et rénové en 2020. En plus de la boutique, le musée propose un café et un salon de thé sous le nom d'« Au Paccard Gourmand », ainsi qu'un auditorium équipé d'un carillon musical pour les concerts.
Références
Voir aussi
Bibliographie ...
Articles connexes La Savoyarde Liste des plus grosses cloches
Liste des bourdons de France
Fondeur de cloches Campanologie
Liens externes
Fonderie de cloche Paccard Musée Paccard Ars Sonora
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