La Zizanie est un film français réalisé par Claude Zidi, sorti en 1978. Il met à l'affiche deux des plus grandes vedettes du cinéma comique français des années 1970 : Annie Girardot et Louis de Funès.
Synopsis Guillaume Daubray-Lacaze, maire libéral-conservateur d'une ville de province, est un industriel au bord de la faillite quand son usine, spécialisée dans la lutte anti-pollution, obtient d'un groupe japonais une commande énorme qui peut sauver son entreprise : de dépollution de l'air, les CX‑22, à livrer sous 90 jours. Mais il manque d'espace pour produire et stocker ces appareils car l'usine est sous-dimensionnée.
Le préfet refusant l'autorisation d'étendre l'usine sur les terrains voisins, Guillaume décide alors d'installer ses machines successivement : dans sa propre maison ; puis, une fois la maison saturée, dans le potager de sa femme Bernadette, horticultrice – Guillaume simulant une fuite de pétrole qui détruit les cultures ; et enfin dans le jardin d'hiver de sa femme : il congèle la serre pendant que Bernadette y dormait.
Furieuse, Bernadette quitte le domicile conjugal. Guillaume la retrouve à l'hôtel (Hôtel du Lion d'Or) où elle est descendue, et déclenche une rixe dans un bal costumé en découvrant qu'elle danse au bras de son médecin, le docteur Landry.
Guillaume promet à Bernadette de remettre la maison en état sans délai et ramène son épouse à la maison. Le couple s'endort et est réveillé à l'aube par le tintamarre des machines-outils : rien n'avait bougé le soir précédent, les ouvriers avaient seulement recouvert d'un drap lesdites machines.
Bernadette quitte alors à nouveau la maison et se présente comme tête de la liste « Défense de la Nature » contre son propre époux à l'élection municipale, épaulée par le docteur Landry.
Fiche technique Réalisation : Claude Zidi Scénario, adaptation : Claude Zidi avec la collaboration de Michel Fabre Dialogues : Pascal Jardin Assistant réalisateur : Jacques Santi Musique : Vladimir Cosma Images : Claude Renoir Chef Éclairagiste : Jacques Touillaud Décors : Théo Meurisse Montage : Robert et Monique Isnardon Son : Bernard Aubouy, assisté de Jean-Louis Ughetto, Jean-Bernard Thomasson Stagiaire son : Sophie Chabaut Caméra : Patrick Wyers, Jean-Paul Meurisse Assistant opérateur : Eduardo Serra Régie générale : Patrick Delaneux Costumière : Paulette Breil Coiffures : Alice Schwartz Maquillage : Anatole Paris, Louis Bonnemaison Ensemblier : Roger Joint Script-girl : Many Barthod Casting : Margot Capelier Mixeur : Claude Villand Effets spéciaux : Christian Bourqui, Henri Assola, Serge Ponvianne, assisté de Jean François Cousson et Patrick Torossian Cascades réglées par : Daniel Vérité - Doublure cascades « Louis de Funès » : Georges Fabre Accessoiristes : Marcel Laude Bruiteur : André Naudin Générique : Michel Saignes (Eurocitel) - Trucages : Euro-Titres Producteur délégué : Bernard Artigue Une production : les Films Christian Fechner Studios : Paris-Studios-Cinéma (Studios de Billancourt) Budget : (soit environ en ) Format : 2.35 : 1, CinemaScope Langue : français Genre : comédie Durée : 97 minutes Sortie :
Distribution vignette|Un des masques de Louis de Funès portés lors de la scène du bal masqué et le moulage sur le visage de l'acteur qui a servi à les fabriquer. Exposition sur Louis de Funès à la Cinémathèque, en 2020. Louis de Funès : Guillaume Daubray-Lacaze Annie Girardot : Bernadette Daubray-Lacaze Maurice Risch : « l'imbécile » Julien Guiomar : le docteur Landry Jean-Jacques Moreau : le contremaître et adjoint au maire Geneviève Fontanel : madame Berger Jacques François : le préfet Georges Staquet : le délégué-ouvrier Mario David : le camionneur Daniel Boulanger : le directeur du Crédit Agricole Nicole Chollet : Léontine, la servante des Daubray-Lacaze Ham-Chau Luong : Hirchumacho Ibrahim Seck : Ibrahim, un ouvrier Van Duong : le directeur financier Joséphine Fresson : la secrétaire de Guillaume Daubray-Lacaze Robert Destain : le directeur de l'hôtel Tanya Lopert : une amie de Bernadette Jacqueline Jefford : l'autre amie de Bernadette Patrice Melennec : un ouvrier Gabriel Marfaing : un ouvrier Jean Cherlian : un ouvrier Vincent Gardair : un ouvrier Henri Attal : un ouvrier Renaud Barbier : un ouvrier Farid Ben Dali : un ouvrier André Badin : M. Bernardin, un ouvrier Christine Hermann : une ouvrière Marcel Azzola : l'accordéoniste Philippe Brigaud : le notaire Hubert Deschamps : le réceptionniste de l'hôtel Pierre-Olivier Scotto : l'imitateur Takashi Kawahara : l'interprète de la délégation Éric Desmarestz : le nouveau chef du personnel Hubert Watrinet : le metteur en scène télé Beate Kopp : la femme maquillée avec l'accent anglais ne portant pas de masque à la soirée costumée de l'hôtel Éric Vasberg : un homme à la soirée costumée de l'hôtel Lionel Vitrant : un homme à la soirée costumée de l'hôtel Guy Di Rigo : un homme à la soirée costumée de l'hôtel Jacques Pisias : l'homme à la soirée électorale, dans le camp de Bernadette, apportant le téléphone au Landry et disant « Les nouvelles sont bonnes » Martin Provost Antoine Sammartano : le violoniste Clémentine Amouroux : la mariée qui dit « oui » à contrecœur
Bande originale vignette|upright=0.85|Vladimir Cosma, ici en 2007, compose la musique de La Zizanie.|alt=Un homme d'une soixantaine d'années posant en tournant le dos à un orchestre, la baguette de chef à la main, dans un studio d'enregistrement.
Vladimir Cosma compose la bande originale de La Zizanie, après L'Aile ou la Cuisse.. Il avait précédemment mis en musique Louis de Funès dans Les Aventures de Rabbi Jacob (1973) et le réalisateur Gérard Oury prévoyait de le reconduire pour Le Crocodile.. Cosma avait par ailleurs travaillé pour Claude Zidi sur La moutarde me monte au nez (1974), La Course à l'échalote (1975) et L'Animal (1977).
vignette|gauche|redresse=0.65|alt=Un homme aux cheveux frisés, souriant.|Pierre Perret, ici en 1985, écrit et interprète On sème la zizanie pour le générique, une chanson finalement refusée par Louis de Funès.
À la vue du film, Vladimir Cosma décèle une difficulté : . Dans sa composition, il innove en faisant la part belle aux expérimentations électroniques : ..
Le projet d'un générique de fin chanté par Pierre Perret émerge afin d'enrichir la bande originale. L'idée vient, selon les sources, de Cosma lui-même ou du producteur. Christian Fechner, issu de l'industrie musicale, aurait pensé à Perret pour capitaliser sur la ressemblance entre « zizanie » et « zizi », de son fameux tube. Sur le thème de Cosma, Pierre Perret écrit et chante On sème la zizanie, inventoriant les sources de discorde de l'époque, de la religion, l'argent à la géopolitique, sans oublier en autocitation qu'il .. Il livre une chanson jugée réussie par l'équipe, amusante mais aux paroles parfois osées. De Funès et sa femme la découvrent lors d'une projection de contrôle et s'insurgent contre cette chanson trop vulgaire à leur goût. Selon Cosma, l'acteur vedette . La chanson est donc supprimée du film. À trois semaines de la sortie en salles, Cosma est contraint de reprendre sa partition pour tirer en urgence une version instrumentale du générique. L'incident déçoit beaucoup le chanteur, qui s'oppose longtemps à l'exploitation du titre indépendamment du film.
Un premier album LP La Zizanie, bande originale du film sort en 1978 sous le label WEA, 1978, WEA.. Une partie de la musique est ensuite publiée en CD dans plusieurs compilations des œuvres de Vladimir Cosma à partir des années 1990 et dans le coffret Louis de Funès, bandes originales des films, , paru en 1998 et ré-édité en 2007, 1998, Play Time., 2007, Play Time.. Une version plus complète est disponible au sein du coffret de CD Vladimir Cosma, : 51 bandes originales pour 51 films édité par Larghetto en 2010, avant d'être publiée seule en 2016, 2016, CD, Larghetto Music.. Grâce à des négociations entre Cosma et Perret, cette anthologie dévoile le titre inédit On sème la zizanie trente-deux ans après. La chanson-générique est aussi présente sur le dernier CD du coffret Pierre Perret, l'intégrale paru en 2011 chez Naïve Records, 2011, coffret de CD, Adèle / Naïve Records..
Exploitation et accueil Sortie et promotion
La Zizanie sort en salles en France le à grand renfort de promotion.. Le film sera distribué entre 100 et 227 salles en province, ce qui était rare pour l'époque, et le marketing obtient un budget de 1,5 million de francs, dont rien que pour l'affichage. Toutefois, avant la sortie du film, Jean-Pierre Mocky attaque la production au tribunal pour plagiat parce qu'il avait auparavant proposé à Louis de Funès un projet baptisé Le Boucan dont le scénario ressemblait à celui de La Zizanie.. Il avait déposé deux versions de ce scénario à la Société des auteurs et compositeurs dramatiques en et en .. Le tribunal autorise la sortie de La Zizanie en raison des préjudices commerciaux considérables en jeu. Jean-Pierre Mocky gagne le procès et est indemnisé à hauteur de mais il y perd alors le soutien de la profession, l'industrie du cinéma n'acceptant pas qu'on aille devant les tribunaux..
Box office La Zizanie parvient à prendre la tête du box-office français avec dans ., délogeant ainsi Rencontres du troisième type, qui occupait la première place du box-office depuis deux semaines.. Bien qu'honorable, le démarrage de La Zizanie reste en deçà du démarrage un an et demi auparavant de L'Aile ou la Cuisse, qui avait démarré également en tête avec dans .. Sur Paris, le long-métrage occupe également la première place du box-office avec dans les où il est diffusé. La deuxième semaine reste correct avec - pour un cumul de - sur l'ensemble du territoire français, lui permettant d'occuper encore la tête du box-office. Bien qu'il reste encore en première position en troisième semaine en France avec et un cumul de depuis sa sortie, le film chute en seconde place du box-office parisien au profit de La Fièvre du samedi soir avec (soit un cumul de sur la capitale). C'est à partir de la quatrième semaine d'exploitation que La Zizanie perd la pole position, également au profit de La Fièvre du samedi soir avec enregistrée à cette période, pour un total de depuis sa sortie. Le film passe le cap des deux millions d'entrées en cinquième semaine, avant de quitter le top 30 hebdomadaire à la fin mai 1978 avec un total de depuis le début de sa diffusion en salles.
L'exploitation en salles française du long-métrage se termine avec , dont sur Paris., ce qui lui permet de se hisser à la neuvième place du box-office annuel.. Bien que le film soit un succès honorable., La Zizanie ne rencontre pas le même triomphe que L'Aile ou la cuisse et ses 5,8 millions d'entrées, puisqu'il s'agit d'une chute de 50% des entrées par rapport au film de 1976.
C'est un plus grand succès en Allemagne avec d'entrées, soit le dixième meilleur résultat de l'année..
Distinctions La Zizanie est sélectionné par deux prix en Allemagne de l'Ouest : 1979 : lauréat d'un Écran d'or (), pour son box-office allemand. ; 1979 : nomination au Jupiter Award du meilleur acteur pour Louis de Funès sur l'Internet Movie Database (consulté le )..
Exploitation ultérieure