Une ère astrologique correspond au temps nécessaire pour que le Soleil de l’équinoxe du printemps, observé depuis la Terre, traverse l’une des 12 constellations du zodiaque. Sa durée est traditionnellement évaluée à 2160 ans, soit 25920 ans pour un cycle complet de la précession des équinoxes.

Si les horoscopes continuent d’associer l’arrivée du printemps au signe du Bélier, comme le faisaient les Grecs et les Babyloniens, le soleil de l’équinoxe de mars se lève depuis l’époque romaine dans la constellation des Poissons – symbole paléochrétien – et se lèvera d’ici quelques siècles dans la constellation du Verseau.

Zodiaque vignette Vu depuis l’espace, le zodiaque est un cercle imaginaire de constellations entourant la trajectoire orbitale de la Terre et des autres planètes autour du soleil. Vu depuis la Terre, c’est la zone de la sphère céleste traversée par le soleil, la lune et les planètes. Au cours d’une année, le soleil se lève successivement dans les 12 constellations du zodiaqueLe zodiaque est une idéalisation mathématique du ciel : les 360 degrés du cercle de l’écliptique sont répartis en 12 x 30 degrés. En réalité, la taille des constellations varie (les Poissons s’étalent sur 49 degrés, tandis que l’envergure du Cancer n’est que de 21 degrés), le soleil ne glisse pas d’un degré quotidiennement (l’année solaire dure 365.24 jours) et le mois astrologique ne correspond pas au cycle lunaire..

Histoire La contemplation des astres est attestée dès le paléolithique supérieur dans l’art rupestre et pariétalPowell, Jonathan. (2019). From Cave Art to Hubble: A History of Astronomical Record Keeping., puis, avec la révolution néolithique, dans l’architecture mégalithique. L’astronomie est utile pour l’élaboration des calendriers, la planification agricole, les voyages et la navigation. L’astrologie comme pratique divinatoire émergea au IIe millénaire avant J.-C. (Enuma Anu Enlil).

Le zodiaque apparut pour la première fois en Babylonie, dans une tablette cunéiforme datée du V siècle avant notre èreCertaines des constellations le composant puisent leur origine plusieurs millénaires auparavant.Jusqu’alors, les astronomes mésopotamiens indiquaient les coordonnées du soleil, de la lune et des planètes en utilisant comme repères les étoiles fixes (par exemple « une coudée au-dessus », ou « un pouce en-dessous » de telle autre). Les signes du zodiaque permettent de localiser plus facilement les astres errants et d’inscrire leurs trajectoires dans un système géométrique.. Il se diffusa rapidement dans l’Empire perse, dans le monde hellénistique après les conquêtes d’Alexandre le Grand, en Arabie et jusqu’en Inde. Avec l’expansion du bouddhisme, le zodiaque atteignit la civilisation chinoise qui forgea un système alternatif.

Tout au long du Moyen Âge, l’astrologie dite « occidentale » se référa, tant dans le monde islamique que dans le monde chrétien, au Tetrabiblos écrit par Claude Ptolémée au II siècle à Alexandrie.

Cette discipline perdit de son prestige avec l’essor de la méthode scientifique. Elle est désormais considérée comme une « pseudoscience », dont les théories ne sont pas vérifiées (ou vérifiables) expérimentalementWouter Hanegraaf, Esotericism and the Academy: Rejected Knowledge in Western Culture, 2012, Cambridge University Press, p.171..

Précession des équinoxes Description du phénomène

La précession des équinoxes désigne le cycle de changement de direction de l'axe de rotation de la Terre, qui vacille comme une toupie sous l'influence gravitationnelle du soleil et de la lune.

L’axe de notre planète est incliné par rapport au pôle de l’écliptique. Cet angle se reporte sur l'inclinaison entre l'écliptique et l'équateur céleste. À l'intersection de ces deux cercles célestes se trouvent, diamétralement opposés, les deux points équinoxiaux où est situé le soleil à l'un des deux équinoxes. À mesure que les siècles s’écoulent, le mouvement gyroscopique de la précession entraîne un déplacement progressif des points équinoxiaux sur l’écliptique, dans le sens inverse de l’orbite terrestre.

Histoire de la découverte Antiquité La découverte de la précession des équinoxes est généralement attribuée à Hipparque, astronome grec du II siècle avant notre ère, qui fixa la durée du cycle à 36 millénairesDans le Timée, Platon donnait la même estimation pour sa « Grande Année » (ou « année parfaite ») au terme de laquelle le ciel retrouverait exactement la même configuration. On sait aujourd’hui avec la théorie du chaos que cette idée d’un éternel retour est illusoire. (un degré par siècle). Ses écrits, qui ont tous disparu, furent cités par Claude Ptolémée trois siècles plus tard dans son Almageste. La précession était alors pensée dans le cadre du géocentrisme, c’est-à-dire comme un mouvement de la sphère céleste plutôt que de la Terre.

Selon le mythographe français Charles-François Dupuis (Origine de tous les Cultes, 1795), la précession fut observée dès la plus haute antiquité, notamment par les Égyptiens. Dans les années 1920, l’assyriologue allemand Paul Schnabel affirma que la précession était connue deux siècles avant Hipparque par l’astronome babylonien KidinnuDr. P. Schnabel, « Kidenas, Hipparch und die Entdeckung der Präzession », Zeitschrift für Assyriologie, vol. 3, avril 1926, p.1-60.Florian Cajori, « Babylonian discovery of the precession of the equinoxes », Science, New Series, Vol. 65, n°1677, 18 février 1927, p.184.. Sa théorie fit l’objet d’une réfutation d’Otto Neugebauer.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, René Adolphe Schwaller de Lubicz, égyptologue controversé, prétendit que l’identification du phénomène prédatait Hipparque de plusieurs millénairesL’écrivain Michael Rice a tenu un discours comparable : « Il n'est pas certain que les anciens aient eu connaissance de la mécanique de la précession avant sa définition par Hipparque au IIe siècle av. J.-C. — mais en tant qu'observateurs méticuleux du ciel nocturne, ils devaient être conscients de ses effets. » Preuve en serait l’effort de réorientation des temples au fil des siècles, afin qu’ils demeurassent alignés sur les mêmes étoiles. Comme Schwaller de Lubicz, Rice se déclare même convaincu que cette connaissance de la précession constitua le principal fondement de la théocratie pharaonique : « En un sens, l'Égypte en tant qu'État-nation et le pharaon en tant que dieu vivant furent les produits de la conscientisation par les Égyptiens des mouvements astronomiques découlant de la précession. » (Michael Rice, Egypt Legacy, 1997, p.128). Ces théories ne sont pas reconnues par les égyptologues, faute de sources écrites attestant de tels savoirs astronomiques du temps des pharaons.. Giorgio de Santillana et Hertha von Dechend publièrent en 1969 Le Moulin d'Hamlet, un ouvrage de mythologie comparée défendant la thèse d’une connaissance préhistorique de la précessionCette hypothétique découverte préhistorique de la précession fut régulièrement brandie par des auteurs de « pseudohistoire » (par exemple John Anthony West, Graham Hancock ou Robert Beauval), y voyant la preuve d’une civilisation antédiluvienne oubliée..

Si ce lent glissement des étoiles fixes d’une génération à l’autre a pu être observé en des temps très reculés, l’astronomie archaïque n’était pas en mesure de l'expliquer par un mouvement gyroscopique de la Terre, et a fortiori d’en déterminer les causes physiquesCertains savants de l’Antiquité (Théon d'Alexandrie) et du Moyen Âge (notamment Thābit ibn Qurra et Ibrahim ibn Sinan à Bagdad) développèrent des théories de la « trépidation », selon lesquelles la voûte céleste oscillerait. Le déplacement des étoiles fixes se renverserait périodiquement, ce qui, selon les modèles, annulerait ou ralentirait le cycle précessionnel. Voilà, par exemple, pourquoi les tables alphonsines attribuent une durée de 49 millénaires à la précession. La théorie de la trépidation a dominé l’astronomie latine jusqu’à la Renaissance.. Cela ne les empêcha pas d’aboutir à des estimations parfois très précises quant à la durée du cycleLe Surya Siddhanta, traité d’astronomie indien composé au début du Moyen Âge, stipulait que le soleil équinoxial se déplaçait de 54 degrés sur le zodiaque, avant de faire marche arrière – « trépidation » –, au cours d’une longue oscillation de 7200 ans, avec un mouvement annuel de 54 secondes d’arc (rythme qui donnerait, dans le cadre d’un modèle de précession continue, un cycle de 24 000 ans). Au IV siècle, Yu XI, astronome au service de la dynastie Jin, quantifie le rythme de la précession à 1 degré tous les 50 ans, soient 18 000 ans pour un cycle complet (Anton Pannekoek, A History of Astronomy, 1961, p. 92). L’astronomie arabe reprit généralement les chiffres donnés par Ptolémée dans son Almageste (1 degré par siècle, soient 36 millénaires pour un cycle complet), tout en mentionnant d’autres estimations. Au X siècle, Al-Battani (Zij Al-Sabi) et Al-Soufi (Livre des étoiles fixes) écrivaient que le rythme de la précession correspondait à un degré tous les 66 ans – soient 23 760 ans pour un cycle complet. Au XIII siècle, l’astronome perse Nasir al-Din al-Tusi, au service des Mongols après la chute de Bagdad, publiait le Zij-i Ilkhani, un recueil compilé sous sa direction à l’observatoire de Maragha. Il attribuait à la précession un rythme annuel de 51 secondes d’arc, soient 25 411 ans pour un cycle complet, une estimation très proche de la réalité..

Époque moderne Il fallut attendre Copernic – Des révolutions des sphères célestes (1543) –, pour que la précession des équinoxes fût comprise comme un mouvement de l'axe de rotation de notre planète. Isaac Newton l’étudia dans le cadre de sa loi universelle de la gravitation – Principia Mathematica (1687) – et quantifia le mouvement annuel de la précession des équinoxes à 50 secondes d’arcLes équations de Newton furent ensuite revues et améliorées par les physiciens, notamment par d’Alembert au siècle suivant., soient 72 ans pour un degré, et 25920 ans pour un cycle complet. Cette estimation fut reprise au XVIII siècle par Voltaire, puis par d’Alembert dans un article de l’Encyclopédie.

Au XXI siècle De nos jours, les données récoltées par les satellites artificiels, la puissance de calcul des superordinateurs et diverses innovations technologiques (interférométrie à très longue base ou réflecteurs lunaires) permettent d’obtenir des mesures extrêmement précises. La valeur reconnue par l’Union astronomique internationale est de 50.28796195 secondes d’arc annuelles, soient environ 25 772 ans pour compléter un cycle. Il faudrait ajouter que le rythme de la précession est inconstant : sur une période de 500 millions d’années centrée sur le présent, les quelque vingt mille cycles écoulés présenteraient une durée moyenne de 25 676 ans. Par ailleurs, la précession des équinoxes se conjugue avec d’autres cycles (variations de l’excentricité orbitale et de l’inclinaison de l’axe, précession apsidale et nutation).

Âges astrologiques