Jean-Michel Boucheron, né le à Angoulême, est un homme politique français, ancien député et ancien maire socialiste d'Angoulême, condamné pour plusieurs malversations et détournements d'argent public.
Biographie Instituteur, Jean-Michel Boucheron est également franc-maçon dans la loge Les Hommes libres du Grand Orient de FranceSituée 11 place Jean-Faure à Angoulême.., la même loge qui a initié Omar Bongo, le président de la République du Gabon..
Parcours politique Maire d'Angoulême pour deux mandats consécutifs de 1977 à 1989 sous l'étiquette du PS, il est décidé à dynamiser la ville, il rouvre le Circuit des remparts, interrompu dans les années 1950, impulse la restauration du Vieil-Angoulême et l'accomplissement de travaux commencés sous la municipalité précédenteSuite du contrat Angoulême ville pilote signé en 1972 avec la DATAR..
Il est élu député le , dans la de la Charente et sera réélu en 1981, 1986 et 1988. Il sera donc député du au , du au , du au , et du au .
Il est nommé secrétaire d’État chargé des collectivités territoriales en dans le premier gouvernement de Michel Rocard. D'après Dominique Bussereau, il s'agit d'une erreur, François Mitterrand ayant pensé à son exact homonyme Jean-Michel Boucheron, député d'Ille-et-Vilaine.. Le mois suivant, il n'est pas reconduit à ces fonctions dans le second gouvernement Rocard.
Malversations Entre 1987 et 1989, Jean-Michel Boucheron perçoit de l'argent de la Compagnie générale des eaux (CGE), chargée de la gestion de l'eau de la ville d'AngoulêmeVoir sur francebleu.fr., mène grand train, fait des à travers le monde aux frais du contribuable angoumoisin en multipliant les taxes municipales par troisVoir sur franceinter.fr..
Ces malversations sont révéléesVoir sur liberation.fr. grâce à Marcel DominiciVoir sur charentelibre.fr., un ancien syndicaliste qui découvre, dès 1983,
En 1989, défait dès le premier tour de l'élection municipale, le député-maire laisse un trou de 164 millions de francs dans les finances de la ville et une dette de 1,2 milliard de francs avec des emprunts parfois à 20 % d'intérêts. et des pratiques de financement illégal.. Ce déficit a obéré les finances de la ville qui devint pour longtemps une des plus endettées de France. Pour combler ce déficit, la taxe foncière a été plus que doublée, atteignant de très forts taux.
Condamnations judiciaires En 1989, la chambre régionale des comptes constate un trou de 164 millions de francs dans les finances de la ville et accuse l’ancien maire de faux en écriture publique. Georges Chavanes, le successeur de Jean-Michel Boucheron à la mairie d'Angoulême, engage des poursuites judiciaires au vu de l'audit de la chambre régionale des comptes. L'ancien maire est inculpé le par Guy Joly, président de la de la chambre d’accusation de la cour d’appel de Paris, pour complicité de faux en écriture de commerce et usage, recel d’abus de biens sociaux et délit d'ingérenceL'Humanité, 25 mars 1991, lire en ligne..
Jean-Michel Boucheron s'enfuit en Argentine en février 1992 avec sa maîtresse et ouvre un restaurant à Buenos Aires « Chez Agnès ».
Le , il est inculpé à Bordeaux pour l'affaire dite du Citel (Centre international des techniques d'expression locale) :
Le , l'Assemblée nationale vote à l'unanimité la levée de son immunité parlementaire. Il est alors sous le coup d'une inculpation de complicité de faux, recel d'abus de biens sociaux et prise illégale d'intérêts (anciennement connue sous le nom de délit d'ingérence).
Le , alors qu'il est toujours en Argentine, Jean-Michel Boucheron est condamné par défaut pour trafic d'influence et faux et usage de faux à quatre ans de prison ferme, cinq ans de privation des droits civiques, civils et de famille, et à un million de francs d’amendeL'Humanité, 3 juin 1997, lire en ligne.. Il fait opposition, prétendant
Il est extradé le et jugé en pour par la du tribunal correctionnel de Paris qui confirme la peine de quatre ans de prison, mais lui accorde un sursis pour deux ans.
Il avait déjà été établi lors du premier procès une entente avec la CGE pour le marché de l'eau, contre une rémunération indirecte. Il lui est aussi reproché un système de fausses factures, des salaires reçus sans aucune justification et le détournement de aux dépens de la ville d’Angoulême.
Le Jean-Michel Boucheron est jugé pour fraude fiscale mais aussi pour organisation d’insolvabilité. En effet, l’ancien député a transféré les revenus issus de sa retraite parlementaire sur le compte de son épouse, pour être déclaré insolvable. Le , il est condamné à 18 mois de prison avec sursis, d’amende et la privation de ses droits civils, civiques et familiaux durant trois ans..
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Bibliographie
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