vignette|250px|redresse|Blason d'Aix-les-Bains.

L'histoire d'Aix-les-Bains est directement liée au lac du Bourget et surtout à ses sources chaudes qui en firent une station thermale des plus réputées au monde. L'analyse historique de la ville d'Aix-les-Bains doit être rapprochée de l'Histoire de la Savoie, si l'on veut mieux comprendre son évolution et ses influences culturelles. vignette|Arc romain de Campanus. vignette|Les Thermes romains.

Histoire chronologique Les origines Au Néolithique (entre -5000 et - 2500), des communautés sédentaires s'installent sur les berges du lac du Bourget. Des vestiges archéologiques ont été découverts lors de fouilles sub-aquatiques, montrant la présence de "cités lacustres" dont au moins deux sont à proximité des rives aixoises du grand port et de la baie de Mémars. Les vestiges de ces cités ont été inscrits au patrimoine mondial de l'Unesco en 2011.

Des traces d'occupation celtes ont été retrouvées autour des sources thermales en centre-ville, ainsi qu'une dédicace au dieu des sources Borvo.

Aquae : Aix la romaine

vignette|L'Arc de Campanus, Borgonio, 1674. vignette|L'Empire romain à son apogée. vignette|Découverte des thermes romains sous la pension Perrier, début . Les historiens s’accordent à dire qu’Aix est née de ses sources d’eau à l’époque romaine, sur les restes d’un habitat celtique. Les premières occupations du site ont été datées par Alain CanalCanal, Alain (sous la dir.). Rapport des fouilles en sauvetage sous la place Maurice Mollard. Lyon, Drac (dact.), 1992 du avant notre ère, cependant rien ne permet d’attribuer ces vestiges à un habitat fixe. Il ne nous reste que les ruines d’établissements publics et l’on serait bien en peine d’établir une esquisse de "l’Aquae" antique. La situation administrative du lieu est connue par l’épigraphie, qui nous apprend qu’Aix était au de notre ère un « vicus », doté d’un conseil de « decemlecti » (conseil municipal de dix membres)Textes épigraphiques ; Musée lapidaire d'Aix-les-Bains, faisant administrativement partie de la cité de Vienne. Quelques citoyens vivaient là avec, semble-t-il, des moyens assez importants pour offrir aux dieux un bois sacré, une vigne ou se faire construire un arc funéraire pour le cas de la famille des Campanii.

Les archéologues nous ont fait découvrir au cours de leurs fouillesFouilles du parking de l'Hôtel de ville, Alain Canal, 1988, un important complexe thermal, à proximité immédiate des sources. Sur une terrasse inférieure, à l’ouest, se trouvait l’arc funéraire de Campanus, probablement construit au et, plus en aval, une seconde terrasse portait le temple dit de « Diane », qui avait remplacé au un édifice circulaire plus ancien, probablement contemporain de l’Arc. Des vestiges de nécropoles ont été dégagés au nord du temple. Le Parc des Thermes, différents autres lieux éparpillés en ville, renferment de nombreux vestiges très divers : restes de nécropoles, poteries... Mais aucune pièce maîtresse qui aurait conduit à des fouilles archéologiques approfondies. À défaut, rien ne nous permet de connaître le vicus gallo romain d’Aquae, ni dans son étendue, ni dans la disposition de son habitat. Où les «romains» habitaient-ils ? Où se situaient leurs exploitations agricoles, les villages de leur personnel ; quelles étaient les activités du vicus... ? Le mystère est encore complet. Les seuls indices sont issus de la carte archéologique des vestiges dressée par les services archéologiques de la Drac, et l'archéologue Alain Canal de conclure, « Paradoxalement, si Aix a livré de nombreux documents illustrant l’ancienneté du site et la qualité de l’urbanisme monumental dès le début de l’Empire, nous n’avons aucune connaissance précise sur l’ordonnance de cette bourgade ».

En guise de synthèseLagrange Joël. Inventaire du patrimoine, http://www.patrimoine-aixlesbains.fr/, l'histoire de la période peut se résumer à l’occupation du site du centre-ville depuis le avant notre ère, puis par un aménagement progressif de la zone entre le et le . L’occupation semble s’être faite à partir de l’édification progressive du complexe thermal, autour duquel rayonnaient des édifices monumentaux présentés sur un système de terrasses, qui ont évolué plusieurs fois au cours de la période romaine. Si les sources chaudes furent à l’origine de l’emplacement choisi d’autres facteurs, comme la qualité du site, ont peut-être été déterminant.

Du Moyen Âge à la Renaissance vignette|Aix en 1674, d'après Borgonio, Theatrum Sabaudiæ. La connaissance de l’histoire d’Aix déjà bien pauvre à l'époque romaine, s’obscurcit encore par suite du manque de sources concernant la fin de l’Empire romain et le haut Moyen Âge. Nous en sommes réduits à des conjectures en étudiant les destructions dues aux invasions barbares qui ont laissé des traces d’incendies sur les villas gallo-romaines des environs (Arbin…). Toujours est-il que les Thermes romains d’Aix tombent en ruine à partir du et que la trace des aménagements urbains se perd.

Aix n'est de nouveau mentionné dans les sources qu’au , en 867, puis en 1011 au travers de chartes. Dans la seconde, le roi de Bourgogne Rodolphe III fait don de la villa d’Aix, qualifiée de siège royal, avec ses colons et ses esclaves à sa femme Ermengarde qui, à son tour, les transmet à l’Évêché de GrenoblePérouse, Gabriel. La vie d’autrefois à Aix-les-Bains. Chambéry : Dardel, 1922.. Cette charte nous apprend qu’Aix est une bourgade, possédant une église et des domaines agricoles. Le Grand Saint Hugues, évêque de Grenoble, en fit ensuite don au monastère Saint-Martin de Miséréré, au début du . Celui-ci érigea l’église en prieuré cure, sous le vocable de Sainte Marie. Le cartulaire de Saint Hugues révèle, à la fin du , l’existence de deux autres paroisses, celle de Saint Simond avec son église et celle de Saint Hippolyte (actuel faubourg de Mouxy) portant aussi un petit prieuré. La géographie urbaine commence à s’éclaircir : Il faut imaginer la petite bourgade, enserrée dans ses remparts, dont personne ne sait quand ils ont été construits. Le point central de la cité est le prieuré, à proximité de l’ancien temple romain. Ce centre pourrait être aussi le centre administratif puisqu’au moins depuis le , Aix est une seigneurie inféodée à la famille de Seyssel, qui y possède un château qui, même si nous ne savons pas le situer avec certitude était probablement à l’emplacement du château actuelLegay, Jean Pierre, (sous la dir.) ; Connille Jean François. Histoire d’Aix-les-Bains et de sa région. Aix-les-Bains : imp. De l’Avenir, 1988.. Deux hameaux sont attestés, Saint Hyppolyte, à proximité immédiate de la ville mais hors les remparts, avec comme centre un petit prieuré et à son côté, actuellement sous la villa Chevalley, une maison forte dépendant de la famille de SavoiePernon, Christine. Études des vestiges de la maison forte de Saint Paul et prospection. Lyon : Drac (dact.), 1993 que les dernières études date du . Un second village d’importance apparaît, Saint-Simond (Saint-Sigismond) doté lui aussi d’une église et d’un cimetière, érigée en paroisse, membre dépendant de Saint Hyppolyte.

Les textes laissent supposer l’existence des autres villages dont on n'a la trace certifiée qu’à partir de 1561, lors du dénombrement général de la population pour la gabelle du selArchives départementales de Savoie. Série SA À cette époque, sur les 1095 habitants d’Aix, 46 % logent dans le bourg ; Saint-Simond compte , Puer 91, Choudy 87, Lafin 86, et le reste des hameaux, soit une dizaine, se partagent le reste. (Marlioz ayant échappé à nos sources)Lagrange, Joël. Aix-les-Bains en 1561, aperçus démographiques. Aix-les-Bains : SAHA, 1998. Extrait d’Art et Mémoire N°13.. Cette géographie de l’habitat semble figée jusqu’à la fin du . L'abbaye voisine de Hautecombe possédait à Aix un assez grand domaine sur le haut de Saint-Simond.

Au début du , l'antique église Sainte-Marie fut victime d'un incendie dévastateur. Pour la reconstruire les aixois firent appel à Claude de Seyssel, un membre de la famille seigneuriale de la ville, qui s'était élevé à la dignité épiscopale. Il était en effet évêque d'Albi, et surtout conseiller particulier du roi de France Louis XII. Il est aussi l'auteur d'un certain nombre de traités de droit. Grâce à son appui les De Seyssel purent faire édifier une église collégiale, dotée d'un chapitre de douze chanoines, commandé par un doyen, dont la nomination revenait au comte. Une église fut édifiée sur la place, voisine du cimetière, qui comportait un chœur de style gothique flamboyant. Si le chœur appartenait à la collégiale, la nef elle, appartenait aux paroissiens et présentait un aspect plus sommaire. D'ailleurs la voûte mal construite s'écroula en 1644. Parmi les chapelles latérales, l'une était réservée aux De Seyssel d'Aix qui y enterraient leurs morts. La collégiale, devenu entièrement paroissiale après la Révolution, fut démolie en 1909, après la construction de la nouvelle église. Cette église était connue pour abriter une relique de la vraie croix, que l'on venait vénérer d'assez loinArt et Mémoire n°15, la collégiale Notre Dame,2000.. C'est aussi à la fin du Moyen Âge que le château seigneurial d'Aix fut reconstruit. Le plafond de la grande salle du rez-de-chaussée est daté de 1400. Quant au magnifique escalier d'honneur, il fut construit vers 1590.

Le , les thermes Victor Amédée III, la Révolution Le , un gigantesque incendie se déclare au centre-ville et détruit , soit près de la moitié de la ville. Pour la reconstruction on fait appel aux subsides du roi, qui imposa un plan d’alignement dont la réalisation fut confiée à l’ingénieur Garella. Ce plan allait plus loin qu’un simple plan de reconstruction puisqu’il prévoyait un véritable alignement des rues, et imposait certaines règles d’urbanisme : comme la construction de maisons de deux étages et d’un rez-de-chaussée ; il interdisait également les toits en chaume. Toutefois il était très limité dans son périmètre puisqu’il ne concernait que le quartier incendié, soit la rue principale (rue Albert ), la place centrale (Place Carnot) et la rue des Bains. Ce plan fut appliqué jusqu’en 1808 mais de manière sporadique car, comme la collectivité n’avait pas d’argent pour acheter les maisons à démolir en alignement, on se contentait d’interdire aux propriétaires de faire des travaux de rénovations jusqu’à ce qu’il leur soit nécessaire de reconstruire complètement leurs bâtiments qui tombaient en ruine. Au début du , les Aixois et le monde médical avaient commencé à être sensibilisés à la valeur des sources d’eau chaude d’Aix, grâce aux célèbres écrits du médecin dauphinois Jean Baptiste Cabias, qui fut suivi en ce domaine par d’autres médecins de renommée. En effet, depuis l’antiquité l’exploitation des sources d’eau chaude n’avait jamais totalement oubliée. On se baignait à Aix au Moyen Âge et jusqu’à la fin du , soit dans la seule piscine romaine existant encore, à l’air libre, soit chez l’habitant où l’on se faisait apporter l’eau thermale par porteur. Le roi de France Henri IV passe pour avoir fortement apprécié son bain aixois, selon Jean Baptiste CabiasLes Merveilles des bains d'Aix en Savoye. Réimpression textuelle de la première édition (1623) avec une préface par le docteur L. Brachet et une notice bibliographique Par V. Barbier.. En 1737, afin de protéger les eaux thermales des infiltrations d’eau du ruisseau qui traversait la ville, un important chantier fut programmé par l’Intendance Générale. Cela modifia la distribution urbaine du centre-ville, puisqu’il fallut creuser un nouveau lit au ruisseau des Moulins, à l’extérieur des remparts. Il fallut aussi reconstruire les quatre moulins du marquis d’Aix, jusque-là en centre-ville, le long du nouveau canal (actuellement montée des Moulins).