Philippe de Croÿ, d'Aerschot, né le à Valenciennes et mort le à Venise, est un aristocrate des Pays-Bas de l'époque de Charles Quint et de . Il est généralement loyal envers au cours de l'insurrection menée par Guillaume d'Orange à partir de 1568, sauf pendant quelques mois en 1576-1577. Membre du Conseil d'État des Pays-Bas, il devient après avoir reçu le pardon de vice-gouverneur général.

vignette|Philippe de Croÿ

Biographie Jeunesse Fils cadet du gouverneur de Hainaut (1496-1549) et d'Anne de Croÿ-Chimay (1501-1539), il hérite des titres de sa famille à la mort de son frère , assassiné en 1551.

Carrière au service de (1555-1576) Fait chevalier de la Toison d'or par en 1555 (année de l'abdication de Charles Quint et de l'avènement de son fils), il occupe à partir de cette date des fonctions de diplomate.

En 1563, il s'oppose à Guillaume d'Orange (« le Taciturne ») et aux autres nobles réformistes des États généraux des Pays-Bas qui demandent le départ du cardinal de Granvelle. Cette prise de position accroit sa faveur auprès de . Son loyalisme est accompagné de fortes convictions catholiques, qu'il exprimera notamment à la suite du massacre de la Saint-Barthélemy.

Lorsque la révolte des Gueux (1566) se transforme en guerre (1568), sous la direction de Guillaume d'Orange, il reste fidèle au souverain espagnol sous le gouvernorat du duc d'Albe (1567-1573), dont la politique de répression est mal vue de beaucoup de Néerlandais, même catholiques.

Les années 1576-1577 Il mène cependant une politique tortueuse en 1576, lorsque, à la suite de la mort inopinée du gouverneur général Luis de RequesensLuis de Requesens (1528-1576) est gouverneur général après le retrait de Ferdinand Alvare de Tolède, duc d'Albe, en 1573. (), le Conseil d'État devient, en l'absence de successeur désigné, l'organe principal du gouvernement des Pays-Bas. C'est une année de crise où les soldats de l'armée espagnole, non payés, se mettent à commettre des exactions dans les provinces de Brabant et de Flandre. La situation devient révolutionnaire lorsque les membres du Conseil d'État sont arrêtés par les autorités de Bruxelles et du Brabant (), qui convoquent alors les États généraux, mis responsables du gouvernement des Dix-Sept Provinces des Pays-Bas.

Philippe de Croÿ se met à leur service, bien qu'ils aient été réunis dans des conditions irrégulières. Cette période est marquée par le sac d'Anvers (4-), qui suscite un accord général, la pacification de Gand (), incluant les insurgés de Hollande et de Zélande, dans le but premier de faire partir les soldats envoyés de l'étranger (Italie, Espagne, mercenaires divers) par le roi d'Espagne.

C'est aussi le moment où le nouveau gouverneur général, don Juan d'Autriche (demi-frère de ), arrive à LuxembourgCapitale du duché de Luxembourg, une des Dix-Sept Provinces, mais peu active dans l'insurrection. (). Ce n'est qu'en qu'il est admis à entrer à Bruxelles, après avoir dû accepter la pacification de Gand et avoir fait effectivement partir les soldats espagnols. Philippe de Croÿ est alors nommé gouverneur militaire de la place d'Anvers.

Lorsque don Juan quitte Bruxelles, où il ne se sent pas en sécurité, pour Namur, dont il prend le contrôle militairement (), Philippe de Croÿ fait partie de ceux qui veulent le remplacer par un autre membre de la maison de Habsbourg, l'archiduc Matthias, frère de l'empereur , qui est désigné comme gouverneur général par les États généraux.

Le , Matthias et Guillaume d'Orange font leur entrée à Bruxelles. Le , Philippe de Croÿ a été nommé gouverneur (stathouder) du comté de Flandre, mais, lorsque les calvinistes prennent le contrôle de GandC'est l'épisode de la « république de Gand ». Cf. page nl Gentse Republiek. quelques semaines plus tard, il est fait prisonnier et n'est libéré qu'après avoir démissionné de son poste.

Le retour en grâce (1580-1595) Une fois libre, Philippe de Croÿ cherche à rentrer en faveur auprès de , dont il obtient le pardon en 1580. Il est alors nommé vice-gouverneur des Pays-Bas, auprès d'Alexandre Farnèse, successeur de don Juan, mort en , puis de ses successeurs. Il se retire en 1595 au moment où Pedro Enríquez de Acevedo devient gouverneur général (par intérim) et part pour Venise où il meurt peu après.

Descendance épousa en premières noces Jeanne Henriette d'Halewyn (née le , morte à Bergues le ) au château de Comines le ; elle lui donna les enfants suivants : , duc d'Aerschot (né le au château de Beaumont, où il est mort le ) ; Anne (née à Beaumont le , morte à Enghien le ), duchesse d'Aerschot, qui épousa le comte Charles d'Arenberg (1550-1616) ; Marguerite, Dame d'Halewyn et de Comines (née le , morte en 1614), qui épousa de Hénin-Liétard, (mort en 1598) puis le comte (1584-1631).

Après la mort de sa première femme, il épouse le Jeanne de Blois-Trélon († 1605), fille de , seigneur de Trélon, et de Charlotte d’Humières.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Album de Croÿ - , Recueil d'études sur les albums de Croy, 1998 ref. 475 Général Guillaume, , in Biographie nationale de Belgique, T. 4, 1873, col. 540

Articles connexes Albums de Croÿ

Liens externes

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