Pierronne la Bretonne (ou Pierrone) est une femme partisane de Jeanne d'Arc qui affirme avoir eu des apparitions divines. Elle est condamnée au bûcher pour blasphème et brûlée le .

À la fin du , l'écrivain Narcisse Quellien en fait une héroïne bretonne sous le nom de Perrinaïc et tente sans succès de lui faire élever une statue. Dès 1892, les historiens rappellent la rareté des sources existantes sur Pierronne et démontrent que Narcisse Quellien a forgé une légende autour des quelques informations disponibles sur cette mystique.

Biographie Pierronne est mentionnée sous ce nom dans deux passages du Journal d'un bourgeois de Paris, dont l'un résume un sermon du dominicain et inquisiteur Jean Graverent. Elle est aussi évoquée, sans être nommée, par le dominicain Johannes Nider. Ce sont les seules sources contemporaines où elle figure.

Elle fait partie, avec Catherine de La Rochelle, d'un petit groupe de femmes réunies sous la direction spirituelle du cordelier frère Richard. Ils célèbrent la Noël 1429 avec Jeanne d'Arc à Jargeau, soutenant la Pucelle qui est alors en plein doute, selon l'historien Germain Lefèvre-Pontalis. L'historien breton Arthur de La Borderie a une interprétation plus restrictive : selon lui, le texte du Journal d'un bourgeois de Paris permet juste d'affirmer que Pierronne était présente à Jargeau en même temps que Jeanne d'Arc à Noël 1429 et qu'elle a reçu la communion du cordelier Richard, comme Jeanne d'Arc. Édouard Jordan estime qu'en dehors de leur présence commune à Jargeau, .

Pierronne affirme son soutien à Jeanne d'Arc : selon le Journal d'un bourgeois de Paris, . Toutefois, il n'est pas possible de savoir ce que Jeanne d'Arc a pu penser de Pierronne..

vignette|gauche|Condamnation de Pierronne (Journal d'un bourgeois de Paris, éd. Alexandre Tuetey, 1881, p. 260).

Sans combattre Pierronne soutient la cause du Dauphin. Selon Germain Lefèvre-Pontalis, il est vraisemblable qu'elle suit Jeanne qui, au printemps 1430, est dans les environs de Paris. Arthur de La Borderie considère qu'il n'y a pas de preuve de ce compagnonnage.

Pierronne est capturée en mars ou à Corbeil par les Anglo-Bourguignons. Elle est amenée à Paris, jugée pendant six mois et brûlée le en place de Grève ou sur le parvis de Notre-Dame.

Ce qui est particulièrement grave pour ses juges, c'est qu'elle atteste avoir vu Dieu, selon le Journal d'un bourgeois de Paris : .. Ainsi, elle est condamnée, comme sorcière, pour blasphème, parce qu'elle affirme être prophétesse, que les propos de Jeanne d'Arc sont bien la voix de Dieu. et qu'elle-même a vu Dieu, qui lui est apparu sous une forme humaine. Cette familiarité revendiquée avec Dieu est considérée comme blasphématoire. Une autre femme arrêtée avec elle n'affirme pas avoir vu Dieu : les autorités la considèrent comme un peu simple d'esprit et la relâchent.

Légende vignette|gauche|redresse|Page de titre de Perrinaïc, une compagne de Jeanne d'Arc, de Narcisse Quellien..

En 1891, Narcisse Quellien publie un livre consacré à Pierronne la Bretonne, qu'il nomme Perrinaïc. Il en fait une héroïne bretonne, originaire de Gurunhuel, près de Guingamp, qui quitte sa région pour aller rejoindre Jeanne d'Arc et l'aider dans sa lutte contre les Anglais. vignette|redresse|Dessin dans Perinaïk, une Bretonne compagne de Jeanne d'Arc, de M. W. Pascal-Estienne.. En 1892, Germain Lefèvre-Pontalis, analysant cette œuvre, littéraire et non érudite, souligne que peu d'éléments sont connus sur Pierronne. En 1893, le nom même de Perrinaïc est qualifié par Arthur de La Borderie de .. Il le dit autrement l'année suivante : et démontre que le récit de Narcisse Quellien n'a pas de fondement historique. Un autre historien breton, Julien Trévédy, considère que ce livre est un roman. Il résume ainsi son opinion : ..

Multipliant brochures et conférences, Narcisse Quellien mène une campagne pour faire élever une statue colossale de Perrinaïc sur le mont Menez Bré. Les historiens sont sceptiques face à cette campagne. Arthur de La Borderie en relève l'insuccès et Édouard Jordan souligne que cet hommage . L'écrivain Edmond Biré résume ainsi cet épisode : , en lui donnant un nom qui sonne breton, mais qui n'existait pas. La faire naître à Gurunhuel permet de justifier la localisation du projet de statue, sur le mont Menez Bré tout proche.

En 1895, Germain Lefèvre-Pontalis relève les incohérences d'un autre livre, de M. W. Pascal-Estienne, intitulé Perinaïk. Une Bretonne compagne de Jeanne d’Arc. La même année, la campagne de Narcisse Quellien pour l'érection d'une statue prend fin, sans réalisation concrète..

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Bibliographie Études historiques . . . . . . .

Récits légendaires . . .

Articles connexes Jeanne d'Arc Katherine de La Rochelle

Liens externes Biographie de Perrinaïc (Imago Mundi)

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